par Webmaster | 6 04 26 | Actualitès, Economie
Ces derniers temps on fait beaucoup de comparaisons entre la Mauritanie et le Sénégal en se cristallisant sur la nouvelle crise énergétique provoquée par le conflit Irano-américain.
Face à cette crise Iran-USA qui agit comme un choc extérieur brutal sur les prix du pétrole le Sénégal et la Mauritanie ont adopté des stratégies énergétiques opposées : l’un capitalise sur sa nouvelle production pour sécuriser sa souveraineté, l’autre se tourne vers la constitution de stocks et les subvention pour amortir le choc. Une stratégie offensive pour le Sénégal et défensive pour la Mauritanie.
La stratégie du Sénégal mise sur la production locale, le pays subit de plein fouet la hausse des coûts, mais dispose d’un atout majeur avec ses nouveaux champs offshore. Le levier principal est le pétrole. Le champ Sangomar, en production depuis 2024, a déjà sorti environ 36 millions de barils en 2025, générant des revenus significatifs pour l’État .Le deuxième levier est le gaz par l’exploitation commune avec la Mauritanie du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) qui a débuté ses exportations de GNL en 2025 .
L’objectif du Gouvernement est de réduire la vulnérabilité structurelle du pays aux chocs externes. En produisant localement, le Sénégal espère à terme stabiliser ses coûts énergétiques et alléger sa facture d’importation, qui représente une charge lourde pour l’économie .
Contrairement au Sénégal, la Mauritanie se positionne sur la défensive en augmentant le stockage et en maintenant les subventions.
Sans production pétrolière propre (sa manne à venir est surtout gazière), la pays se protège par des moyens plus classiques mais coûteux.
Pour renforcer ses stocks Nouakchott, a accéléré l’importation de produits pétroliers. Cinq navires étaient attendus fin mars 2026 pour garnir les réserves nationales .
D’un autre côté le gouvernement a maintenu un système de subventions pour contenir les prix à la pompe. Cela a un coût estimé à environ 625 millions de dollars (25 milliards d’ouguiyas) pour 2026, une somme considérable pour les finances publiques .
L’approche mauritanienne est beaucoup plus pragmatique. Elle tend à protéger les ménages et les entreprises (pêche, transport) de l’inflation immédiate, quitte à faire supporter la facture par le budget de l’État, en attendant les revenus gaziers futurs .
Mais il n’en demeure pas moins que les deux pays font face à un risque commun celui d’une inflation alimentaire.
Au-delà du carburant, les deux pays partagent une même inquiétude ,celle de l’explosion du prix des denrées alimentaires. La guerre au Moyen-Orient perturbe l’acheminement des engrais (notamment l’urée) et allonge les trajets maritimes . Cela renchérit mécaniquement le coût du pain et des produits de première nécessité, mettant sous tension le pouvoir d’achat des populations .
En conclusion ,le Sénégal parie sur le long terme en exploitant ses ressources pour gagner en indépendance, tandis que la Mauritanie gère l’urgence en stockant et en subventionnant, misant sur les revenus gazier, quitte à mettre à mal son équilibre budgétaire dans l’immédiat.
par Webmaster | 5 04 26 | Actualitès
Quarante-cinq patients ont été opérés lors de la campagne gratuite de consultations et d’interventions chirurgicales en urologie organisée au centre communal de santé N°2 « Baghdad », à Nouadhibou, par la mairie de Nouadhibou en partenariat avec la Fundacion UROINTEC d’Espagne.
Cette coopération médicale entre dans le cadre des orientations du président de la république et de son premier ministre dans le but de développer la santé publique et d’assister les populations.
Plusieurs cas de prostate et de complications urinaires ont été soignés. « Et au-delà de ces interventions, des dizaines de patients dont leurs cas ne sont pas compliqués ont reçu des traitements et des conseils, précise Brahim Mohamed Mahmoud chargé de la coopération et de la décentralisation.
L’équipe de la Fundacion UROINTEC comprenait un technicien de bloc, un anesthésiste, une infirmière et quatre chirurgiens. A noter que les opérations sont faites avec la technique Endoscopie et des appareils médicaux performants.
Au cours de ces journées médicales, la mission médicale a été assistée par le personnel du centre de santé. Selon le responsable, tous les malades ont pu bénéficier de consultations gratuites, durant les trois jours d’activités médico-chirurgicales.
Il a tenu à rassurer qu’aucune complication pré ou post opératoire n’a été enregistrée, concernant les opérations de chirurgie de tous les patients qui sont passés à la table de chirurgie. « Nous venons de clôturer la campagne en urologie, d’où sur les 229 patients consultés, 45 ont été opérés suivant l’endoscopie », a-t-il indiqué.
Et, une source d’affirmer que pour la réussite de cette campagne, d’importants moyens ont été mis à la disposition de l’équipe médicale pour l’obtention de ces bons résultats.
« Nous remercions le Député-maire de Nouadhibou, M. EL Ghassem Ould Bellali pour les initiatives et ces accompagnements d’avoir donné le sourire aux familles et aux malades qui souffraient de ces affections mais qui n’avaient pas des solutions », a déclaré le parent d’un patient.
« La mairie de Nouadhibou entreprend d’importants efforts dans le secteur de la santé des citoyens », souligne un homme ayant bénéficié des soins de la part de cette mission.
Cette campagne gratuite en urologie s’est déroulée du 1er au 4 avril, soit 04 jours dans l’objectif de suivre les malades et de les soigner. L’équipe médicale effectuera deux visites par an à Nouadhibou dans le cadre du partenariat avec la marie. Pour rappel, l’Urologie est la spécialité médicale qui s’occupe de l’appareil urinaire chez l’homme et la femme, ainsi que de l’appareil génital chez l’homme.
Durant son séjour dans la capitale économique, la mission a reçu la visite de SE, le Consul d’Espagne à Nouadhibou, Francisco Navarro et elle a été saluée à son départ ce dimanche, à l’aéroport international par le Député-maire, El Ghassem Ould Bellali.
Par Aboubakrine SIDI
par Webmaster | 5 04 26 | Actualitès, Sociétés
Les ministères du Commerce, du Tourisme et de l’Élevage ont conclu hier samedi 4 avril courant, un accord avec les syndicats de bouchers de Nouakchott pour plafonner les prix de la viande rouge.
Cette mesure vise à réguler le marché, limiter la flambée des prix, renforçant ainsi le pouvoir d’achat des citoyens.
Les prix au kilogramme sont désormais ainsi plafonnés en ouguiyas anciennes :
– 3 500 ouguiyas pour les ovins/caprins,
– 2 700 pour les bovins/camelins,
– 3 000 pour les côtelettes du chameau (El Velka).
Le gouvernement, représenté par le ministère du Commerce et du Tourisme, avait précédemment conclu un accord avec l’Union nationale du patronat mauritanien pour plafonner les prix des biens de consommation de base.
Cet accord est toujours en vigueur, les deux parties ayant réaffirmé leur engagement jeudi dernier.
par Webmaster | 5 04 26 | Actualitès, Politique
Le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Mohamed Bamba Meguett, a quitté Nouakchott ce dimanche matin à destination de Lomé (République togolaise), à la tête d’une délégation parlementaire de haut niveau.
Mohamed Bemba Meguett prendra part à la 17ᵉ Conférence des présidents d’Assemblée et de section de la région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), prévue du 7 au 9 avril à Lomé.
En marge de cette rencontre, le Président de l’Assemblée nationale assistera, à l’invitation de son homologue togolais, à la cérémonie d’ouverture solennelle de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale du Togo.
Le Président de l’Assemblée nationale est accompagné d’une délégation composée de messieurs :
Sid’Ahmed Mogueya, député et membre de la section mauritanienne de l’APF ;
Mohamed Khallihenna Horma, directeur de cabinet du Président de l’Assemblée nationale ;
Sall Mohamed, conseiller à l’Assemblée nationale ;
Ethmane Camara, directeur du protocole et de la coopération à l’Assemblée nationale.
Cette mission s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération interparlementaire et de la concertation entre les institutions législatives de l’espace francophone.
par Webmaster | 5 04 26 | Actualitès, NTIC
La plateforme nationale « Houwiyeti », développée par l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS), a été distinguée lors des AFRICA T-AWARDS 2026 dans la catégorie « Projets étatiques ».
Distinguée dans la catégorie « Projets étatiques », cette solution numérique portée par l’ANRPTS consacre les avancées de la Mauritanie en matière de transformation digitale et de services publics.
Le trophée a été réceptionné à Dakar par Mouhamed Ould Ahmed Dadda El Ghadhi, Premier conseiller à l’ambassade de Mauritanie, représentant la mission diplomatique, aux côtés des membres de la délégation de l’ANRPTS. La cérémonie s’est tenue samedi soir, lors d’un dîner de gala au Grand Théâtre National de Dakar, en présence de nombreux décideurs publics, experts du numérique et acteurs du secteur privé africain.
Cette distinction confirme la place croissante de la Mauritanie parmi les pays africains engagés dans la transformation numérique de leurs administrations. Déjà nominée dans cette catégorie, la plateforme « Houwiyeti » s’est démarquée par son approche intégrée, axée sur la modernisation des services publics et l’amélioration de l’expérience citoyenne.
Lancée le 26 décembre 2023 par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, « Houwiyeti » constitue un pilier central de la stratégie nationale de digitalisation. Elle vise à rapprocher l’État des citoyens à travers des solutions numériques accessibles, sécurisées et inclusives.
La plateforme permet la gestion centralisée de nombreux services administratifs, notamment les documents d’identité, l’état civil ou encore les titres de voyage. Accessible via smartphone, elle offre aux citoyens la possibilité d’effectuer diverses démarches à distance, y compris dans les zones les plus reculées.
Sur le plan technique, « Houwiyeti » s’appuie sur des technologies de pointe : reconnaissance biométrique faciale, infrastructure à clé publique (PKI), chiffrement de bout en bout et systèmes avancés de cybersécurité. Ces dispositifs garantissent à la fois la fiabilité des données et la souveraineté numérique du pays.
Au-delà de l’innovation technologique, les impacts sont déjà visibles : simplification des procédures administratives, réduction des coûts, amélioration de la transparence et production de données fiables pour la prise de décision publique.
Cette consécration aux AFRICA T-AWARDS 2026 vient ainsi saluer une vision ambitieuse : celle d’un État mauritanien résolument tourné vers le numérique, plaçant le citoyen au cœur de ses priorités.
TRUST Magazine
par Webmaster | 5 04 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
Le 31 mars 2026, le gouvernement mauritanien a annoncé une hausse des prix des carburants. Le gasoil est passé de 512 à 563 ouguiyas, soit une augmentation de 10 %. L’essence a grimpé de 511 à 589,7 ouguiyas, soit 15,3 %. Simultanément, plusieurs mesures d’accompagnement social ont été déployées. Le SMIG a été relevé à 50 000 ouguiyas. Un transfert direct de 30 000 ouguiyas a été accordé à 124 000 ménages. Une aide de 45 000 ouguiyas a été prévue pour les fonctionnaires percevant moins de 130 000 ouguiyas.
À première vue, il s’agit d’un ajustement calibré, accompagné, maîtrisé. Mais cette décision agit surtout comme un révélateur. Elle met à l’épreuve non seulement un équilibre économique fragile, mais aussi une organisation sociale profonde, faite de solidarités tacites, de compromis discrets et d’arbitrages que les statistiques ne capturent pas.
La question de l’adéquation se pose immédiatement. Le transfert de 30 000 ouguiyas couvre-t-il réellement le surcoût mensuel généré par la hausse pour un ménage médian dont le budget transport et alimentation absorbe déjà l’essentiel des revenus ? La réponse conditionne tout le reste. Si l’accompagnement compense, la réforme est équilibrée. S’il ne compense qu’en partie, il légitime politiquement une décision dont le coût réel est externalisé vers les ménages les plus contraints.
La crise énergétique actuelle s’inscrit dans un mouvement global. Depuis 2022, les tensions géopolitiques maintiennent les prix du pétrole à des niveaux élevés et volatils. Le FMI souligne que les pays importateurs nets d’énergie, en particulier en Afrique subsaharienne, subissent de plein fouet ces fluctuations. La Banque mondiale observe que ces chocs se diffusent rapidement dans les économies domestiques, en renchérissant les coûts de transport, puis les prix alimentaires.
Ces dynamiques ne s’appliquent pas à des sociétés abstraites. En Mauritanie, elles traversent des structures sociales spécifiques, où l’économie formelle ne dit pas tout.
Une part importante de la résilience des ménages repose sur des mécanismes parallèles. La famille élargie joue un rôle central. Les transferts de la diaspora complètent les revenus. L’informel absorbe les chocs. Ce système, souple et profondément enraciné, constitue depuis longtemps une réponse aux limites de la protection sociale institutionnelle.
Mais cette force est aussi une fragilité.
En Mauritanie, un revenu ne soutient pas un individu. Il soutient souvent plusieurs foyers, plusieurs générations, parfois plusieurs villages. Le fonctionnaire urbain finance les besoins d’un village. Le commerçant soutient une fratrie. Le jeune actif porte des responsabilités qui dépassent largement sa situation personnelle. La hausse des carburants ne se traduit donc pas uniquement par une augmentation des dépenses. Elle provoque une recomposition silencieuse des équilibres familiaux. Moins de transferts. Moins de déplacements. Des arbitrages plus contraints. Des renoncements discrets. Ces ajustements n’apparaissent dans aucun tableau macroéconomique, mais ils constituent le cœur vivant de la réalité sociale.
La Mauritanie présente une vulnérabilité structurelle particulière. Elle importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés. Ses capacités de stockage restent limitées. Sa logistique est concentrée entre peu d’opérateurs. Toute variation des prix internationaux se transmet donc rapidement, presque mécaniquement, à l’économie nationale.
C’est ici que la question de la concentration du marché devient décisive, et qu’elle mérite d’être posée franchement. Le FMI recommande depuis plusieurs années de remplacer les subventions généralisées par des dispositifs ciblés. La Mauritanie s’inscrit dans cette trajectoire. Mais la libéralisation d’un marché concentré, sans renforcement préalable de la régulation, ne produit pas nécessairement une allocation efficace. Elle peut produire une rente. Lorsque quelques acteurs contrôlent l’approvisionnement, la logistique et la distribution, la suppression des subventions transfère le risque vers le consommateur final sans que la concurrence vienne en discipliner le prix. La question n’est pas théorique. Elle est au cœur de ce que la réforme produira réellement, au-delà de ce qu’elle annonce.
La réponse budgétaire de l’État est par ailleurs contrainte par des rigidités réelles. Le service de la dette et la masse salariale absorbent une part croissante des dépenses publiques, réduisant les marges d’ajustement disponibles. La loi de finances 2026 reflète ces tensions. Le Code général des impôts adopté en 2019 a modernisé le cadre fiscal, mais la question de l’élargissement de l’assiette reste ouverte. Une réforme qui renchérit les coûts pour les ménages sans élargir simultanément la base redistributive de l’État creuse l’écart entre l’effort demandé et la capacité à le compenser durablement.
La comparaison internationale permet de situer ces choix. Au Sénégal, les subventions énergétiques ont atteint jusqu’à 4 % du PIB entre 2022 et 2023, forçant un rééquilibrage progressif. Au Maroc, la suppression des subventions sur les carburants en 2015 s’est accompagnée d’un renforcement des investissements publics et d’une réforme fiscale visant à élargir l’assiette et à mieux redistribuer la charge. Ces expériences partagent une leçon commune : l’ajustement énergétique n’est soutenable que s’il s’inscrit dans un mouvement plus large de restructuration des finances publiques et de renforcement de la régulation.
Les contraintes régionales ajoutent une pression supplémentaire. Dans les pays de l’Alliance des États du Sahel, l’insécurité perturbe les circuits commerciaux et fragilise les échanges transfrontaliers. Pour les éleveurs mauritaniens, ces restrictions limitent les débouchés, réduisent les revenus et accentuent la dépendance à des marchés locaux saturés.
Dans les régions du Hodh El Chargui, du Hodh El Gharbi, du Gorgol, du Brakna et de l’Assaba, ces tensions prennent une forme concrète. La faible pluviométrie accroît les risques liés à la période de soudure. La hausse du carburant renchérit le transport des denrées. L’accès aux marchés devient plus coûteux. L’insécurité alimentaire progresse.
Le carburant, dans les zones rurales, n’est pas seulement un intrant économique. Il conditionne l’accès à l’eau, la mobilité du bétail, le fonctionnement des marchés hebdomadaires. Une variation de son prix modifie l’ensemble des équilibres locaux. Elle agit sur la production, sur la consommation, et sur la cohésion sociale de territoires déjà exposés.
À Nouakchott, la crise révèle une autre forme de dépendance. L’absence de transport public structuré, combinée à une urbanisation rapide, a produit un modèle fondé sur la mobilité individuelle. Cette organisation, viable dans un contexte de coûts énergétiques modérés, devient fragile dès que ces coûts augmentent. La consommation de carburant est difficilement compressible à court terme. Les ménages ajustent ailleurs, sur l’alimentation, sur la santé, sur l’éducation. Ces arbitrages restent invisibles, mais leurs effets s’accumulent et finissent par se lire dans les chiffres de la pauvreté.
Il faut ajouter à cela ce que les données ne mesurent pas directement. Le ressenti.
Une politique publique ne se juge pas uniquement à ses paramètres techniques. Elle se juge à sa lisibilité, à la perception qu’en ont les citoyens, à sa capacité à produire de la confiance. Lorsque les efforts demandés ne sont pas compris, ou ne sont pas perçus comme équitablement répartis, la contrainte économique peut se muer en tension sociale. La Mauritanie porte une histoire où la relation entre l’État et les citoyens a été traversée par des phases de distance, parfois de défiance. Toute réforme structurelle exige donc un travail d’explication, de présence, de pédagogie, qui ne se substitue pas à la décision mais lui donne sa légitimité dans la durée.
Le rôle de l’État ne se limite pas à ajuster les équilibres budgétaires. Il consiste à structurer un cadre collectif, à réduire la dépendance aux stratégies individuelles de survie, à investir dans des infrastructures qui diminuent les vulnérabilités, notamment le transport public, l’intégration des marchés ruraux et la sécurisation des circuits logistiques. Des initiatives émergent dans la gestion des déchets et la transition environnementale, témoignant d’une volonté réelle de transformation. Elles restent toutefois sectorielles. L’enjeu est désormais de les articuler dans une vision cohérente, capable de relier les politiques entre elles et de produire des effets concrets dans la vie quotidienne des citoyens.
La Mauritanie est à un point de bascule. Les instruments existent. Mais leur articulation, leur cohérence et leur capacité à être perçus comme un projet collectif détermineront si cette période est vécue comme une contrainte subie ou comme un tournant assumé.
La hausse des carburants, en ce sens, n’est pas un simple ajustement. Elle expose les limites d’un modèle dépendant des importations énergétiques, peu intégré territorialement, reposant largement sur des mécanismes sociaux informels et sur un marché de l’énergie insuffisamment régulé. Elle pose une question que les chiffres seuls ne peuvent pas trancher. Comment répartir l’effort de manière perçue comme juste ? Comment reconstruire la confiance entre l’État et la société ? Comment passer d’une logique d’adaptation individuelle à une logique de structuration collective ?
La Mauritanie ne fait pas face à une crise isolée. Elle fait face à une convergence de contraintes, énergétiques, budgétaires, sociales, territoriales, qui appellent une réponse à la même échelle.
Ce qui se joue ici dépasse le prix du gasoil. C’est la question de savoir quel modèle de développement la Mauritanie choisit, et pour qui.
Mansour LY
Juriste-Consultant-Analyste Politique