par Webmaster | 12 04 26 | Actualitès, Éducation
L’éducation est une priorité nationale majeure, étant donné qu’elle est le moteur fondamental du progrès des nations et des peuples, a déclaré hier vendredi 11 avril courant, la ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement, Mme Houda Mint Babah.
Cette déclaration a été faite lors d’un exposé présenté par la ministre sur le thème « Réalisations et perspectives d’avenir du secteur de l’éducation et réforme du système d’enseignement », dans le cadre du programme « Redevabilité » organisé l’AMI, Radio Mauritanie et Al-Mauritania TV.
Le rôle de l’éducation ne se limite pas à la transmission des connaissances et des compétences, mais s’étend bien au-delà, visant à devenir un rempart solide pour la société et à renforcer les valeurs d’harmonie sociale, de coexistence, de responsabilité et de respect mutuel, a ajouté Mme Houda.
Toujours selon elle, tout manquement au comportement reflète, en partie, des lacunes dans l’éducation, insistant sur le rôle essentiel de celle-ci dans la formation des individus et la préparation des générations capables de contribuer au développement du pays.
Son Excellence le Président de la République a placé l’éducation au cœur de ses programmes « Mes engagements » et « Mon ambition pour la patrie », convaincu que la souveraineté éducative est tout aussi importante que la souveraineté territoriale, a-t-elle souligné.
Le projet d’École républicaine incarne cette vision, suite à la définition de ses principes par les Forums nationaux pour la réforme de l’éducation et à la ratification par le Parlement de la loi-cadre le régissant, lançant ainsi un processus de réforme globale fondée sur une vision claire.
Elle a indiqué que parmi les piliers essentiels de ce projet figurent la limitation de l’enseignement fondamental aux écoles publiques, l’intégration des langues nationales et la révision des programmes scolaires. Ces réformes ont été mises en œuvre dans un contexte où le système d’enseignement souffrait d’un manque d’infrastructures et de ressources humaines, ainsi que de programmes fragmentés, ce qui a nécessité des décisions audacieuses pour faire progresser le processus de réforme.
La ministre a expliqué que le diagnostic de la situation de l’éducation révélait un manque de clarté de vision et une disparité d’accès à l’éducation selon les groupes sociaux : l’enseignement privé était destiné aux classes aisées, l’enseignement libre aux classes moyennes, tandis que l’enseignement public restait la seule option pour les classes les plus défavorisées, ce qui a rendu nécessaire une restructuration complète du secteur.
Elle a affirmé que la réforme comprenait le lancement d’ateliers de grande envergure sur le recrutement, les infrastructures, la réforme des programmes et l’amélioration des conditions de travail des enseignants, considérés comme la pierre angulaire du processus éducatif. Elle a souligné que depuis 2019, 29 % des établissements scolaires construits depuis la création de l’État mauritanien ont été achevés et que 47 % du personnel éducatif a été recruté durant la même période.
Elle a ajouté que la réforme comprenait la révision des programmes et l’élaboration, pour la première fois, de programmes unifiés, la réhabilitation des écoles de formation des enseignants, le renforcement de la formation initiale et continue, et la création d’un institut pour la promotion et l’enseignement des langues nationales.
La ministre a insisté sur le fait qu’après quatre ans de lancement du projet d’École républicaine et cinq ans de réforme des programmes, on peut affirmer que la souveraineté éducative est acquise.
En réponse aux questions des participants au programme « Redevabilité », la ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement a déclaré que la question de la formation d’enseignants qualifiés est un défi mondial, soulignant que ce défi est principalement lié à la formation initiale et continue.
À cet égard, elle a expliqué que le département a adopté un système de formation continue lié au parcours professionnel, dans le but d’accroître l’efficacité et d’améliorer les performances, notant qu’avant 2020, il n’existait pas de programmes de formation unifiés dans les écoles de formation des enseignants, chaque école ayant adopté ses propres programmes, et qu’il n’y avait pas de conditions claires concernant les taux minimaux requis pour l’inscription, que ce soit pour les enseignants d’arabe ou de français.
Elle a souligné que des réformes essentielles avaient été introduites dans le système de formation, notamment la standardisation des programmes et l’adoption de nouvelles conditions d’admission dans les écoles de formation des enseignants, y compris l’exigence d’obtenir une note d’au moins 10 pour les enseignants d’arabe et de français, et de 8 pour ceux qui possèdent un double diplôme, en plus de soumettre les candidats à une évaluation lors de leur entrée dans les écoles de formation.
La ministre a affirmé que la réforme de la formation continue, parallèlement à la réforme des écoles de formation des enseignants et à l’augmentation de leurs capacités, a contribué à fournir des enseignants compétents, capables de suivre le rythme des exigences de la réforme de l’enseignement.
Elle a assuré que les mesures prises pour améliorer les conditions de travail des enseignants se sont concrétisées, 1 363 enseignants ayant bénéficié du soutien du Fonds de logement des enseignants, toutes les démarches ayant été entreprises en présence des syndicats.
250 millions d’ouguiyas ont également été versées fin 2018 à 500 enseignants, en plus de la multiplication de l’indemnité de l’éloignement (augmentation de 150 %) et des hausses successives de l’indemnité de scolarité, portée de 9 à 12 mois.
Concernant la surpopulation dans les établissements scolaires, la ministre a déclaré que des efforts importants avaient été déployés pour y remédier, affirmant que les programmes en cours dans le secteur œuvrent sans relâche à améliorer la situation et à surmonter ce défi.
S’agissant des manuels scolaires, elle a expliqué que des progrès remarquables avaient été accomplis, le nombre d’ouvrages distribués étant passé de 50 000 en 2019 à 2,4 millions actuellement, soit une multiplication par quarante.
En conclusion, la ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement s’est félicitée de cette rencontre de haut niveau, qui permet au gouvernement d’échanger avec les citoyens et les personnes intéressées par le processus éducatif en général, et de renforcer les canaux de communication sur les différentes questions relatives à la réforme du système d’enseignement.
Elle a indiqué que le projet « École républicaine » avait rencontré un vif succès au cours de ses quatre premières années.
Certes, la ministre a reconnu certaines lacunes, mais a souligné que la poursuite des efforts permettra de former, au sein de l’École républicaine, une génération élevée et éduquée ensemble, une génération qui hisse et salue le drapeau au quotidien, une génération imprégnée des valeurs du patriotisme et affranchie de toute discrimination, renforçant ainsi la cohésion sociale et contribuant à la mise en place d’un système scolaire inclusif pour tous les enfants de la nation.
par Webmaster | 12 04 26 | Actualitès
INITIATIVE POUR LA SAUVEGARDE DE L’ENTENTE MAURITANO-SENEGALAISE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les bureaux exécutifs des sections mauritanienne et sénégalaise de l’Initiative pour la Sauvegarde de l’Entente Mauritano-Sénégalaise (ISEMS) ont officiellement clôturé, ce 11 avril 2026, les travaux de leur réunion bilatérale annuelle, tenue à l’hôtel Talhaya de Rosso, en Mauritanie.
Tenue dans un esprit de fraternité et de coopération renforcée, cette session avait pour objectif de faire le point sur les actions menées et de définir les priorités stratégiques en vue de consolider les liens historiques entre la Mauritanie et le Sénégal.
Allocutions d’ouverture
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le Président de la Section Mauritanie, Monsieur Ahmed Bezeid Deida, a souhaité une chaleureuse bienvenue à la délégation sénégalaise. Il a salué l’engagement des participants dans le développement de l’ISEMS et remercié les autorités locales et particulièrement monsieur le maire de Rosso pour leur appui à l’organisation de cette rencontre. Il a également remercié les hôtels Talhaya pour avoir abriter la réunion et couvert toute son organisation. Une mention spéciale été faite à l’endroit des autorités religieuses présentes a travers leurs représentants dans la Wilayas du Trarza
En réponse, la Présidente de la Section Sénégal, Madame Maimouna Diagne, a exprimé sa gratitude à la section mauritanienne pour son accueil chaleureux et a réaffirmé la volonté commune des deux sections d’œuvrer pour une collaboration bénéfique aux communautés riveraines.
Résultats des travaux
À l’issue des travaux, les deux parties ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une diplomatie citoyenne active et d’un partenariat transfrontalier dynamique. Les échanges ont permis d’identifier et de valider les grandes orientations du plan d’action conjoint 2026-2027.
Actions prioritaires retenues
Les actions suivantes ont été définies comme prioritaires :
1. L’organisation d’un Forum économique de l’Entente, réunissant les acteurs économiques des deux rives ;
2. La tenue d’une conférence académique sur l’histoire des relations entre les deux peuples ;
3. La mise en place d’un programme de jumelage entre les communes frontalières afin de fluidifier les échanges locaux.
4. Organisation d’activités socio-culturelles dont deux festivals l’un à Kaedi et l’autre à Rosso.
Appréciation du contexte bilatéral
Les deux parties se félicitent de l’excellence des relations entre la République du Sénégal et la République Islamique de Mauritanie, ainsi que de la convergence de vues sur les enjeux majeurs actuels et sur la recherche de solutions concertées aux défis communs, dans le respect de leur fraternité et de leur histoire partagée.
Elles encouragent les dirigeants des deux pays à poursuivre dans cette dynamique constructive.
L’ISEMS salue également les avancées récentes du dialogue officiel entre Dakar et Nouakchott, notamment en ce qui concerne l’accord relatif aux conditions d’entrée et de séjour des personnes.
Elle se félicite par ailleurs de la mise en œuvre de projets structurants d’intégration économique, tels que le projet gazier commun ou la construction du pont de Rosso.
Rôle de l’ISEMS
L’Initiative réaffirme son rôle de facilitateur de dialogue et de prévention des tensions, notamment sur des questions sensibles telles que : – Le partage des ressources naturelles (hydrocarbures, pêche) ou, – La mobilité des populations (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs).
Les Présidents des deux sections ont appelé les citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue, du respect des lois des pays et à privilégier le dialogue, tout en saluant la dynamique actuelle visant à « construire des ponts plutôt que des murs ».
Fait à Rosso, le 11 avril 2026
Pour la Section ISEMS Mauritanie
M. Ahmed Bezeid Deida
Président
Pour la Section ISEMS Sénégal
Mme Maimouna Diagne
Présidente
par Webmaster | 12 04 26 | Actualitès, Politique
Les autorités mauritaniennes ont arrêté deux députées d’opposition pour avoir publié des vidéos contenant de vives critiques à l’égard du président Mohamed Ould Ghazouani, provoquant une vague d’indignation et de condamnations.
La police mauritanienne avait interpellé hier vendredi, la députée Gamou Achour à son domicile sis dans la Moughataa d’Arafat relevant de Nouakchott Sud, quelques heures seulement après l’arrestation de la députée Mariem Mint Cheikh.
Mme Achour a été arrêtée peu après avoir participé à une manifestation devant la brigade spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité, pour protester contre l’arrestation de sa collègue Mariem Mint Cheikh.
Les deux députées ont été arrêtées suite à la diffusion en ligne de vidéos, dans lesquelles elles critiquent avec virulence le président Ghazouani.
Les deux parlementaires militent au sein du Mouvement IRA (l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste), un mouvement anti-esclavagiste dirigé par le défenseur des droits de l’homme et député Biram Ould Dah Ould Abeid.
Les blocs parlementaires d’opposition ont condamné l’arrestation des deux députées, la qualifiant d’« illégale et en violation flagrante de leur immunité parlementaire », et ont exigé leur libération immédiate. Ils ont fait valoir que ces arrestations avaient été effectuées « sans respect des garanties légales relatives à l’immunité parlementaire ».
Dans une déclaration commune, ces blocs ont également affirmé que l’arrestation des députées constituait « une escalade arbitraire du pouvoir exécutif et une violation du principe de séparation des pouvoirs ».
Pour sa part, le député Biram Ould Dah Ould Abeid a déclaré que l’arrestation des deux députées « constitue une injustice et une violation de la loi », considérant qu’elle avait été effectuée sans respect des procédures légales relatives à la levée de l’immunité parlementaire.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, M. Ould Abeid a expliqué que l’arrestation des deux députées constituait, selon ses termes, une violation de l’autorité législative et une attaque directe contre le mouvement auquel elles appartiennent. Il a accusé le régime de tenter de créer des tensions ethniques en ciblant les militants de l’IRA, appelant plutôt à se concentrer sur les problèmes de corruption et d’inflation, plutôt que de s’engager dans ce qu’il a qualifié de « polarisation ethnique ». Il a également exhorté ses partisans à se concentrer sur les questions de subsistance, les mettant en garde contre le risque de se laisser entraîner dans des tentatives de détournement d’attention des priorités économiques et sociales.
Ould Abeid a affirmé que le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani devrait se préparer à quitter ses fonctions à la fin de son mandat, tout en critiquant la politique gouvernementale en matière d’autorisation des partis et de nominations.
En réponse à ces sorties médiatiques de l’IRA, le parquet a déclaré avoir décidé d’ouvrir une enquête et d’engager des poursuites contre les deux parlementaires « prises en flagrant délit ». Dans un communiqué, le parquet a ajouté que « le fait d’être pris en flagrant délit constitue une exception manifeste au principe d’immunité parlementaire, conformément à l’article 50 de la Constitution mauritanienne et à l’article 85 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ».
Le parquet a confirmé que les agissements des deux parlementaires ont été retransmis en direct : « ce qui constitue un cas juridiquement établi de flagrant délit, avec ses conséquences directes, et autorise le parquet à engager des poursuites immédiates.» Il a souligné que l’application de la loi « demeure un principe non susceptible de réduction ni d’exception, sauf disposition expresse du texte. Tout acte relevant du champ d’application de la loi sera poursuivi et fera l’objet des procédures légales nécessaires, quels que soient le statut de l’auteur ou les circonstances.»
Le parquet a réaffirmé sa « ferme volonté d’exercer ses fonctions avec la plus grande fermeté et constance, afin de garantir l’État de droit, de protéger la société, de préserver l’intégrité des institutions et de défendre les droits et la réputation des personnes. »
par Webmaster | 12 04 26 | Actualitès, Economie
Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) de la Mauritanie ont bondi de 1 574 % au premier trimestre 2026, soit une augmentation de près de 16 fois par rapport à l’année précédente, confortant ainsi la position du pays comme acteur émergent clé sur le marché mondial de l’énergie.
Selon l’étude « Arab and Global LNG Markets Update » pour le premier trimestre 2026, publiée par l’Energy Research Unit (basée à Washington), les exportations mauritaniennes ont atteint environ 703 000 tonnes entre janvier et fin mars 2026, contre seulement 42 000 tonnes au cours du même trimestre de 2025, année où le pays a commencé à exporter.
Sur une base trimestrielle, les exportations ont progressé de plus de 140 000 tonnes par rapport aux 560 000 tonnes enregistrées au dernier trimestre de l’année précédente.
Cette forte augmentation est due à la pleine capacité du champ gazier Great Tortue Ahmeyim (GTA), qui est une coentreprise avec le Sénégal, composée d’une unité flottante de liquéfaction d’une capacité de 2,3 millions de tonnes par an.
Les exportations devraient dépasser les 3 millions de tonnes en 2026, soit une hausse de 100 %, selon une source gouvernementale s’exprimant auprès d’une plateforme énergétique spécialisée.
La situation géographique de Nouakchott lui confère un avantage logistique grâce à sa position sur l’Atlantique et sa proximité avec les ports méditerranéens, ce qui en fait une option plus stable et plus sûre dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles qui menacent les routes maritimes traditionnelles.
Les exportations de GNL de la Mauritanie ont atteint un niveau record au premier trimestre 2026, avec des chiffres mensuels records.
Le pays a débuté l’année avec des exportations de 218 000 tonnes en janvier, dépassant régulièrement les 200 000 tonnes par mois.
En février, la dynamique positive s’est poursuivie, les exportations atteignant 232 000 tonnes, soit une hausse de 1 006 % par rapport aux 21 000 tonnes environ enregistrées en février 2025.
Cette progression s’est maintenue en mars, les exportations atteignant 253 000 tonnes, un record absolu pour la Mauritanie, soit une augmentation de 1 047 % par rapport aux 22 000 tonnes environ du même mois en 2025.
Cette croissance est portée par GTA, un projet avec un potentiel d’une capacité opérationnelle estimée à près de 3 millions de tonnes lors de sa première phase, puis de 5 millions de tonnes lors de la seconde, et enfin de 10 millions de tonnes par an une fois toutes les phases achevées.
En extrayant du gaz à 2 850 mètres de profondeur sous le niveau de la mer, ce projet positionne la Mauritanie comme un fournisseur fiable et durable d’énergie à l’échelle mondiale.
A propos des pays importateurs de GNL de Mauritanie, l’Europe dominait la liste des Etats importateurs au cours du premier trimestre 2026 :
Turquie : 214 000 tonnes
Égypte : 152 000 tonnes
Italie : 108 000 tonnes
Destination inconnue : 76 000 tonnes
Allemagne : 71 000 tonnes
Espagne : 60 000 tonnes
Grèce : 23 000 tonnes
La Turquie est le premier importateur au cours du premier trimestre de cette année, avec un pic d’importations d’environ 98 000 tonnes en février.
L’Égypte se classe deuxième avec 153 000 tonnes importées. Le mois de mars a enregistré le plus fort volume d’approvisionnements sur le marché égyptien, avec environ 76 000 tonnes.
L’Italie a reçu la totalité de son quota du premier trimestre, soit environ 108 000 tonnes, en janvier, ce qui en fait le troisième importateur de GNL mauritanien.
76 000 tonnes supplémentaires sont apparues au cours du premier trimestre de cette année, mais leur destination demeure inconnue.
Contrairement au premier trimestre 2025, où la Chine avait absorbé la totalité des exportations mauritaniennes (environ 42 000 tonnes), Pékin était totalement absente des exportations durant les trois premiers mois de 2026.
https://attaqa.net/2026/04/12
par Webmaster | 12 04 26 | Actualitès, Politique
La Direction de la communication et des relations publiques de l’État-major général des Forces armées (EMGA) a catégoriquement démenti aujourd’hui samedi 11 avril courant, les informations relayées par certains médias et réseaux sociaux, selon lesquels, l’armée malienne s’est infiltrée dans le territoire mauritanien.
Dans son communiqué publié pour la circonstance l’EMGA a apporté au public concernant ces informations infondées, évoquant des intrusions faites par des patrouilles des forces maliennes dans des villages situés, « prétendument, en territoire mauritanien ».
“Afin de clarifier la situation, nous confirmons qu’il s’agissait de visites de terrain dans les villages de Lebezia (à 6 kilomètres de la frontière nationale), Kat’a al-Dafou’ (à 7 kilomètres de la frontière), Ahl Ibrahim (à 10 kilomètres de la frontière) et Foussat (à 8 kilomètres de la frontière) », indique ledit communiqué.
Et d’ajouter : ces visites avaient déjà eu lieu et ces zones, comme indiqué sur les cartes officielles, sont toutes situées en territoire malien, aux distances susmentionnées de la frontière nationale.
L’EMGA a exhorté par aussi tous les médias à faire preuve de rigueur et de responsabilité dans la diffusion de ces informations.
Il a insisté par ailleurs sur l’importance d’éviter tout sensationnalisme ou la diffusion d’informations inexactes susceptibles d’engendrer une confusion et une peur injustifiées.
« Nous assurons les citoyens que nos forces armées suivent de près la situation et restent pleinement vigilantes afin de protéger les frontières nationales et de garantir la sécurité du pays, souligne le communiqué précité, selon lequel, en cas de violation, les autorités compétentes seront les premières à en informer le public en toute transparence.
par Webmaster | 11 04 26 | Actualitès, Politique
Ce qui se joue aujourd’hui à notre frontière avec le Mali ne peut être lu uniquement comme une crispation conjoncturelle. Cela s’apparente davantage à une stratégie de diversion bien connue :
lorsqu’un pouvoir est fragilisé sur le plan interne, la tentation est grande de déplacer le centre de gravité du débat en désignant une menace extérieure. En alimentant une tension frontalière, on suscite un réflexe de ralliement national, ce que la science politique décrit comme l’effet “rassemblons-nous autour du drapeau”. La peur, l’émotion et le sentiment patriotique deviennent alors des instruments de consolidation du pouvoir, reléguant au second plan les difficultés économiques, sociales ou politiques internes.
Cependant, réduire la situation à ce seul mécanisme serait incomplet et intellectuellement confortable. Car dans le cas précis de la frontière mauritano-malienne, il existe une réalité structurelle que nous ne pouvons ignorer : l’absence, ou du moins l’imprécision, de la délimitation sur de larges portions, notamment au sud et au sud-est. Cette indétermination territoriale n’est pas théorique ; elle se traduit concrètement par un enchevêtrement humain et spatial. Des villages mauritaniens se retrouvent parfois situés au-delà de localités maliennes, et inversement. Les populations, elles, vivent ces espaces comme continus, bien loin des découpages administratifs hérités.
C’est précisément cette complexité, mal comprise voire incomprise par les populations locales, qui rend la situation actuelle particulièrement inflammable. Lorsqu’une tension politique vient se superposer à une géographie déjà floue, le risque de malentendus, d’incidents et d’escalade devient considérable. Le divisionnisme observé du côté de Bamako agit alors comme un catalyseur sur un terrain déjà fragile.
Dès lors, il nous appartient aussi de prendre notre part de responsabilité, non pas dans l’origine de la tension, mais dans la gestion de ses facteurs aggravants. Une première mesure de bon sens consisterait à sécuriser humainement notre présence en relocalisant, de manière concertée et digne, les ressortissants mauritaniens installés dans les zones les plus ambiguës vers des territoires clairement établis comme relevant de notre souveraineté. Parallèlement, la mise en place d’une veille stratégique, à la fois sécuritaire, administrative et sociale, s’impose pour mieux anticiper et contenir les risques à ces frontières sensibles.
Enfin, il faut garder à l’esprit une évidence trop souvent oubliée : il n’y a jamais de vainqueur dans une guerre, encore moins lorsqu’elle oppose des peuples voisins, liés par l’histoire, les échanges et parfois même les liens familiaux. Et cela est d’autant plus vrai lorsque l’un des deux pays traverse déjà une crise profonde. Dans un tel contexte, la responsabilité première est d’éviter l’irréversible.
Mahmoud Mmbn