par Webmaster | 11 04 26 | Actualitès, Politique
Ce qui se joue aujourd’hui à notre frontière avec le Mali ne peut être lu uniquement comme une crispation conjoncturelle. Cela s’apparente davantage à une stratégie de diversion bien connue :
lorsqu’un pouvoir est fragilisé sur le plan interne, la tentation est grande de déplacer le centre de gravité du débat en désignant une menace extérieure. En alimentant une tension frontalière, on suscite un réflexe de ralliement national, ce que la science politique décrit comme l’effet “rassemblons-nous autour du drapeau”. La peur, l’émotion et le sentiment patriotique deviennent alors des instruments de consolidation du pouvoir, reléguant au second plan les difficultés économiques, sociales ou politiques internes.
Cependant, réduire la situation à ce seul mécanisme serait incomplet et intellectuellement confortable. Car dans le cas précis de la frontière mauritano-malienne, il existe une réalité structurelle que nous ne pouvons ignorer : l’absence, ou du moins l’imprécision, de la délimitation sur de larges portions, notamment au sud et au sud-est. Cette indétermination territoriale n’est pas théorique ; elle se traduit concrètement par un enchevêtrement humain et spatial. Des villages mauritaniens se retrouvent parfois situés au-delà de localités maliennes, et inversement. Les populations, elles, vivent ces espaces comme continus, bien loin des découpages administratifs hérités.
C’est précisément cette complexité, mal comprise voire incomprise par les populations locales, qui rend la situation actuelle particulièrement inflammable. Lorsqu’une tension politique vient se superposer à une géographie déjà floue, le risque de malentendus, d’incidents et d’escalade devient considérable. Le divisionnisme observé du côté de Bamako agit alors comme un catalyseur sur un terrain déjà fragile.
Dès lors, il nous appartient aussi de prendre notre part de responsabilité, non pas dans l’origine de la tension, mais dans la gestion de ses facteurs aggravants. Une première mesure de bon sens consisterait à sécuriser humainement notre présence en relocalisant, de manière concertée et digne, les ressortissants mauritaniens installés dans les zones les plus ambiguës vers des territoires clairement établis comme relevant de notre souveraineté. Parallèlement, la mise en place d’une veille stratégique, à la fois sécuritaire, administrative et sociale, s’impose pour mieux anticiper et contenir les risques à ces frontières sensibles.
Enfin, il faut garder à l’esprit une évidence trop souvent oubliée : il n’y a jamais de vainqueur dans une guerre, encore moins lorsqu’elle oppose des peuples voisins, liés par l’histoire, les échanges et parfois même les liens familiaux. Et cela est d’autant plus vrai lorsque l’un des deux pays traverse déjà une crise profonde. Dans un tel contexte, la responsabilité première est d’éviter l’irréversible.
Mahmoud Mmbn
par Webmaster | 11 04 26 | Actualitès, Éducation
Dans un geste poignant qui souligne la profondeur de la mémoire artistique, le Festival du film palestinien de Houston a annoncé que sa 19e édition serait dédiée à la mémoire du regretté acteur palestinien Mohammed Bakri.
Cet hommage exceptionnel salue son illustre carrière et ses contributions essentielles qui ont marqué durablement le cinéma palestinien et arabe. Son nom est désormais un symbole pour cette édition qui célèbre l’art comme témoignage vivant et moyen efficace de résistance culturelle.
Le festival s’ouvre en beauté avec la projection du court-métrage « The End » du réalisateur Ward Kayyal, immédiatement suivi du documentaire « Once Upon a Time in Gaza » des réalisateurs Tarzan et Arab Nasser. Ce duo d’ouverture annonce une programmation cinématographique riche et variée, reflétant l’expérience palestinienne à travers des voix et des visions diverses.
La très attendue 19e édition se tiendra du 1er au 3 mai 2026 au cinéma Bateman, moderne et situé dans le nouveau Sarofim Hall de l’Université Rice à Houston. Pendant trois jours, le festival proposera une programmation unique mêlant projections et rencontres artistiques, réunissant des chefs-d’œuvre de longs métrages, de documentaires et de courts métrages. Cette programmation, soigneusement élaborée, vise à mettre en lumière la diversité et la richesse artistique de l’expérience humaine palestinienne.
Pour approfondir cet hommage, le festival présentera une projection spéciale et exclusive du dernier film de Mohammed Bakri, un moment cinématographique poignant qui ravive son génie artistique ultime et confère une dimension humaine profonde à cet hommage, résonnant avec force sur grand écran.
Le programme est également riche en projections de films en coproduction, notamment le film égypto-palestinien « We Still Have a Show » des réalisateurs Mai Saad et Ahmed Al-Danaf, présenté en avant-première américaine, ce qui confère une importance particulière à sa sélection. On y trouve également « Traces of Home » de la réalisatrice Colette Ghunim, qui tisse l’histoire captivante d’une Mexicaine et de son mari palestinien, explorant les liens culturels et humains qui les unissent.
Pour les passionnés de cinéma palestinien, le festival propose une sélection pointue d’œuvres marquantes, dont le documentaire « Habibi Hussein » du réalisateur Alex Bakri, ainsi que des chefs-d’œuvre cinématographiques qui présentent la réalité palestinienne sous divers angles humains et visuels, tels que « The Voice of Hind Rajab » de la réalisatrice Kaouther Ben Hania, qui est entré dans l’histoire comme le seul film arabe à avoir figuré sur la liste finale des nominations aux Oscars dans la catégorie Meilleur film international.
Le programme de cette année met en lumière les productions palestiniennes contemporaines les plus récentes et les plus marquantes, reflétant avec finesse la diversité des récits entre expérimentation artistique et réalisme cru, mémoire personnelle et collective. Parmi ces œuvres soigneusement sélectionnées figurent :
« Gaza Bride 17 » de Wassim Khair
« 10 Minutes Smaller » de Nesreen Yassin
« Hind Under Siege » de Naji Salameh
« Meeting with the Three Families » de Shahd Shahrouri
« I Know You Can Hear Me » de Youssef Salhi
« Conquest » de Nada Khalifa
Cette édition exceptionnelle se clôture par la projection spéciale du court-métrage « Endangered » du réalisateur Saeed Zagha, suivie de « Palestine 36 » de la réalisatrice Annemarie Jacir. Cette soirée de clôture célèbre le parcours du cinéma palestinien et sa capacité renouvelée à évoquer l’histoire et à relire le présent avec optimisme.
Grâce au généreux soutien de l’Université Rice, le festival offre au public une expérience cinématographique moderne et novatrice. L’affiche du festival, conçue par des enfants de l’école privée Al-Wafaa de Gaza, rescapés de la guerre, confère à l’édition 2026 une dimension humaine unique. Cette œuvre exprime avec force résilience et espoir, incarnant le pouvoir de l’imagination d’une nouvelle génération qui, avec courage, continue de raconter l’histoire palestinienne au monde.
par Webmaster | 10 04 26 | Actualitès, Politique, Tribunes
L’insécurité au Sahel occupe de moins en moins de place dans le paysage médiatique et diplomatique. A-t-elle réellement diminué d’intensité ? Ses dynamiques évoluent-elles vers l’apaisement ? Ou bien l’attention du monde s’est-elle simplement déplacée ?
Pour une fois, je ne répondrai pas “kham”*, bien que le champ de la réflexion géopolitique se prête volontiers à ce type de doute qui m’habite.
En effet, une question se pose : à défaut d’avoir contribué efficacement à la résolution de la crise sahélienne, de grandes puissances militaires — Russes, Américains et Israéliens — ont-elles, de fait, réussi d’une certaine façon à en détourner les regards ?
Très probablement.
Sont-elles seules à la manœuvre ?
Certainement pas.
Une manière, pour tous — volontairement ou non — d’aggraver la situation ?
Sans doute.
Mais attention.
Ne nous arrêtons pas aux seules manifestations structurelles ou conjoncturelles — celles qui émergent à la surface : fragilités socioéconomiques, vulnérabilités climatiques, ou sur les facteurs exogènes liés aux crises et guerres externes.
Passons-les en revue, certes.
Mais la clé réside ailleurs :
elle se joue dans la lutte pour le cœur et l’âme de la société — autrement dit : dans la sécurité axiologique.
1. Des fragilités structurelles internes… et le paradoxe qui n’en est pas un
Au-delà du contexte de fragilité, l’analyse des agrégats socioéconomiques révèle une crise de confiance, qui se décline à deux niveaux.
En interne, la pauvreté, la vulnérabilité climatique, l’énorme poids de l’économie informelle et la faiblesse institutionnelle se conjuguent pour affaiblir la légitimité de l’État et favoriser des formes alternatives d’organisation sociale et sécuritaire.
Dans plusieurs pays du Sahel, l’incidence de pauvreté multidimensionnelle touche plus des deux tiers de la population — atteignant près de 80 % au Niger et plus de 85 % au Tchad —, tandis que des millions d’actifs évoluent dans une économie informelle quasi généralisée. Les taux de chômage « ouverts », (globalement inférieur 10%), masquent en réalité un sous-emploi massif et des trajectoires de survie économique. À cela s’ajoute une forte vulnérabilité climatique (avec des indices pouvant atteindre 9,06), qui alimente tensions sur les ressources, conflits locaux et déplacements.
L’indice de perception de la corruption n’incite pas à la confiance : il se situe globalement entre 22 et 40.
Vus de l’extérieur, ces mêmes indicateurs alimentent une perception de risque chez les partenaires internationaux, qui tendent à privilégier des engagements prudents, fragmentés, voire à contourner les États.
Il en résulte un paradoxe qui n’en est pas un : les pays qui ont le plus besoin d’appui sont aussi ceux qui inspirent le plus de méfiance, car le retour sur investissement stratégique y est perçu comme incertain.
Les acteurs internationaux — bailleurs, investisseurs ou partenaires sécuritaires — tendent ainsi à limiter leur exposition au risque.
L’engagement obéit dès lors à une logique transactionnelle, où la relation entre pays s’apparente de plus en plus à un « deal », fondé sur un bénéfice attendu, direct et mesurable — certains l’affichant désormais ouvertement.
Sous cet angle, l’intérêt relativement modeste qu’accorde actuellement l’administration américaine au Sahel prend tout son sens.
Les agrégats ne décrivent donc pas seulement des situations chiffrables : ils structurent les rapports de confiance qui conditionnent l’intensité et la nature des engagements internationaux vis-à-vis du Sahel.
2. La loi de proximité d’abord, avant la question des « juntes militaires »
Le « déclassement » du Sahel sur l’échelle des priorités internationales s’explique, certes, par des facteurs exogènes. Mais cet argument s’accompagne souvent d’un autre, plus commode, qui en atténue la portée : la situation interne à ces pays est fréquemment mise en avant pour souligner les changements politiques anticonstitutionnels, notamment dans le Sahel central (Burkina Faso – Mali – Niger).
Autrement dit,
« c’est par leur faute si le monde se détourne d’eux, à cause des coups d’État », insinue-t-on.
Sauf que le problème sahélien ne se réduit pas à une question de « juntes militaires au pouvoir ».
La question se pose. C’est même une évidence.
Mais est-elle la cause — ou la conséquence — des déséquilibres dans les relations internationales ?
À cet égard, il est une loi que les journalistes connaissent bien : la loi de proximité.
L’attention va d’abord à ce qui est proche de nous, à ce qui nous touche, à ce qui nous concerne directement.
Les États, à leur manière, n’y échappent pas.
Ils regardent d’abord là où leurs intérêts sont engagés, là où leur sécurité est directement en jeu.
Le reste — même grave — devient secondaire.
C’est pourquoi le Sahel passe aujourd’hui d’un théâtre central à un espace de crise secondaire.
Comparé à l’Ukraine et au Moyen-Orient, il apparaît — notamment du point de vue européen et occidental — comme moins prioritaire, pour au moins trois raisons de proximité :
• L’Ukraine présente une proximité géographique — elle touche directement l’espace européen.
• Le Moyen-Orient présente une proximité stratégique — il engage des enjeux énergétiques et sécuritaires majeurs.
• Ces deux théâtres présentent aussi une proximité politique et culturelle — alliances, valeurs, appartenances.
À l’inverse :
• le Sahel ne présente qu’une proximité indirecte — d’où une priorité relative.
Le tableau suivant illustre bien ce glissement dans la politique étrangère des États-Unis, de l’Union européenne et d’autres acteurs. Il porte — entre autres — sur l’aide humanitaire, l’aide militaire, l’architecture sécuritaire et humanitaire, ainsi que sur la diplomatie.
3. Du Socle axiologique et de l’exception mauritanienne
La région du Sahel — notamment la zone correspondant à l’ancien G5 Sahel — est aujourd’hui le théâtre de crises sécuritaires ouvertes, marquées par une violence persistante et une dégradation continue des équilibres étatiques et sociaux.
Seule la Mauritanie arrive depuis 2011 à y échapper largement.
Comment expliquer cette « exception mauritanienne » ? Sur quelle base intellectuelle pourrait-on l’analyser ? Et dans quelle mesure le concept émergent de sécurité axiologique permet-il d’en rendre compte ?
Si les facteurs structurels et géopolitiques permettent d’éclairer certaines dynamiques, ils ne suffisent pas à expliquer les écarts observés entre les pays du Sahel. Une autre lecture s’impose, plus profonde : celle des fondements axiologiques des sociétés, c’est-à-dire l’ensemble des valeurs, normes et référentiels qui structurent le rapport des individus à l’État, à la religion et à la communauté. Autrement dit, l’ensemble des systèmes de valeurs fondamentaux d’une société ou d’un État — normes, croyances, identités, principes éthiques, religieux et culturels — considérés comme un bien collectif essentiel à sa cohésion interne et à sa résilience face aux menaces.
La sécurité axiologique (du grec axios = valeur) peut ainsi être entendue comme la capacité d’un système social et politique à produire de la cohérence, de la légitimité et de l’adhésion autour de ce socle de valeurs.
C’est à la lumière de cette grille de lecture que peut être analysée l’exception mauritanienne, à travers trois dimensions principales.
a. Une singularité politico-culturelle : au-delà de la « westernocratie »
Les pays francophones du Sahel, héritiers du droit constitutionnel français, se définissent formellement comme des États laïcs. Toutefois, la Mauritanie fait exception. La constitution du pays est on ne peut plus clair à ce sujet, notamment ses articles 1; 5 et 23 qui stipulent, respectivement :
- La Mauritanie est une République islamique, indivisible, démocratique et sociale. «
- L’Islam est la religion du peuple et de l’État.
- Le Président de la République est le Chef de l’État. Il est de religion musulmane. »
Contrairement à la France et à d’autres pays occidentaux, le principe de laïcité peine à trouver un ancrage historique et sociologique pleinement consolidé sur le continent africain. Son adoption par plusieurs États sahéliens peut ainsi apparaître comme une transposition — presque mimétique — d’un modèle politique extérieur, que l’on pourrait qualifier, non sans simplification peut-être un peu excessive, de « westernocratie » (de western : Occident ; et de kratos : pouvoir).
En s’y référant, ces États peuvent donner le sentiment à certaines franges de leurs populations d’un système normatif distancié, voire étranger aux référents locaux.
En s’en démarquant, la singularité mauritanienne se décline d’abord dans son rapport au modèle étatique et à son environnement régional. Elle s’inscrit dans une trajectoire distincte, où le référentiel religieux conserve une place explicite dans la structuration de l’État et de la société.
b. Un discours alternatif au discours extrémiste
Si la singularité islamique mauritanienne s’ancre dans un référentiel politico-culturel assumé constitutionnellement, elle se décline également dans l’attention portée au champ religieux et dans sa régulation en pratique.
La démarche s’est notamment traduite par l’élaboration d’un discours religieux modéré, ancré dans le rite malikite, la doctrine acharite et le soufisme sunnite, les fondements traditionnels de l’islam en Mauritanie.
Sa formalisation a donné lieu à la publication, en 2020, d’un guide par le ministère des Affaires islamiques, sous le titre : Le discours religieux alternatif au discours de l’extrémisme.
c. Une sécurité axiologique à projection diplomatique
Au-delà des dimensions internes — politiques, religieuses ou sociales —, le socle axiologique se prolonge également dans l’espace diplomatique, où il est appelé à devenir un facteur structurant des positionnements étatiques et des dynamiques régionales.
Dans le contexte sahélien actuel, cette dimension apparaît avec acuité à travers la crise de confiance préoccupante entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le camp occidental.
Cette rupture ne relève pas uniquement de divergences stratégiques ou sécuritaires ; elle traduit plus profondément une dissonance axiologique, portant sur des référentiels de légitimité, des modèles de gouvernance et des modes d’intervention extérieure.
Dans cet environnement fragmenté, la Mauritanie adopte une posture d’équilibre.
Sans s’inscrire dans une logique de rupture ni dans un alignement exclusif, elle privilégie une approche fondée sur la préservation de ses propres constantes axiologiques et sur une gestion pragmatique de ses partenariats, en maintenant des liens de coopération et d’amitié avec l’ensemble des acteurs.
Sa posture se distingue également par la cohérence entre le plan interne et le plan externe.
Le développement d’un discours religieux modéré ne constitue pas seulement un outil de régulation interne face à l’extrémisme ; il participe aussi, naturellement, à la projection d’une image de stabilité et de légitimité dans l’espace régional et international.
Sa diffusion au-delà des frontières nationales répond, par ailleurs, à des demandes exprimées par certains pays et institutions partenaires, contribuant ainsi à protéger, projeter et négocier ces valeurs fondamentales dans l’espace international, afin de prévenir les conflits, contenir les crises et stabiliser les relations internationales.
Dans cette perspective, la sécurité axiologique ne se limite pas à la protection des valeurs au sein de l’État.
Elle devient un instrument de positionnement diplomatique, permettant de naviguer dans un environnement marqué non seulement par les tensions et les recompositions d’alliances, mais aussi par une fragmentation croissante des référentiels axiologiques à l’échelle internationale.
Les perceptions divergentes du droit international et les lectures contrastées de la souveraineté traduisent en effet un décalage croissant des référentiels.
À cela s’ajoute un recours parfois sélectif aux principes normatifs — selon une logique de deux poids, deux mesures — qui contribue à brouiller les repères communs.
Dans un contexte marqué de surcroît par la montée des logiques de puissance et des dynamiques populistes, les incompréhensions entre partenaires ne peuvent que s’accentuer.
Dans cet environnement, où les repères normatifs tendent à se fragmenter, la constance axiologique apparaît ainsi moins comme un héritage que comme une ressource stratégique.
Mais dans le contexte sahélien actuel, marqué par de fortes contraintes de temporalité, comment et jusqu’où peut-elle aller, alors même que les dynamiques de prévention — notamment écologique et axiologique — s’inscrivent dans le temps long, à la différence des actions militaires et politiques, inscrites dans l’urgence ?
En guise de fin…
Au Sahel, la crise s’aggrave — pendant que le monde regarde ailleurs, en vertu d’une « loi de proximité » qui hiérarchise les urgences.
Mais sous le visible, c’est autre chose qui se meut : les valeurs, les légitimités, les repères. Là se joue, en silence, l’équilibre des États — et peut-être leur basculement.
La trajectoire mauritanienne s’y inscrit, à sa manière, captant les curiosités stratégistes ; elle suggère, plus qu’elle ne démontre.
Un souci de cohérence — entre ce que l’on est et ce que l’on projette.
Et si, au fond, la stabilité au sahel ne relevait pas d’abord de la force… mais de la fidélité à soi — dans cette lutte pour le cœur et l’âme de la société ?
Colonel (e/r) El Boukhary Mohamed Mouemel
mauriactu.info/fr


par Webmaster | 10 04 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
Le Député Yahya Ould Loud a condamné avec fermeté et dénoncé ce qu’il a appelé « le traitement illégal et dégradant infligé par les autorités mauritaniennes aux citoyens expulsés des États-Unis, placés en détention dès leur arrivée à l’aéroport et privés de leur liberté sans aucun fondement juridique clair.
Le citoyens interpellés aujourd’hui (NDLR hier jeudi 9 avril) avaient été conduits par la suite au siège de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité et traités comme des criminels sans inculpation ni justification légale, indique le parlementaire dans un communiqué dont ci-après l’intégralité : .
Je condamne fermement et dénonce avec la plus grande véhémence le traitement illégal et dégradant infligé par les autorités mauritaniennes aux citoyens expulsés des États-Unis, placés en détention dès leur arrivée à l’aéroport et privés de leur liberté sans aucun fondement juridique clair.
Le citoyens interpellés aujourd’hui (NDLR hier jeudi 9 avril) avaient été conduits par la suite au siège de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité et traités comme des criminels sans inculpation ni justification légale.
Les événements, au cours desquels quatre jeunes mauritaniens arrivés à 19h00 par un vol Royal Air Maroc ont été interpellés et maintenus en détention provisoire, constituent un dangereux précédent et une violation flagrante des droits constitutionnels garantis à tout citoyen, notamment le droit à la liberté, à la dignité et à la protection contre les arrestations arbitraires.
Je rejette catégoriquement cette approche qui criminalise les citoyens en raison de leur situation migratoire ou de leurs opinions supposées.
J’affirme que traiter nos concitoyens de la sorte constitue une grave atteinte à l’État de droit, perpétue une logique d’arbitraire et de discrimination et sape la confiance entre les citoyens et les institutions de l’État. Par conséquent, j’exige :
• La libération immédiate et inconditionnelle de tous les citoyens détenus sans fondement juridique.
• Une explication officielle et urgente du fondement juridique de ces agissements.
• Une enquête transparente sur ces pratiques et la mise en cause des responsables.
• Des garanties que de telles violations ne se reproduiront pas et que les droits des citoyens rentrant chez eux seront respectés.
J’annonce également que je soumettrai demain matin une demande d’interrogatoire parlementaire urgente à Son Excellence le Ministre de l’Intérieur, afin de l’interroger sur ces pratiques graves et leur légalité, et d’exiger que le gouvernement assume pleinement ses responsabilités en matière de protection des droits des citoyens et de préservation de leur dignité.
Député : Yahya Ould Loud
Date : 9 avril 2026