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De la clandestinité à la reconnaissance : L’ARPRIM célèbre un demi-siècle de combat pour le Pulaar

Un demi-siècle d’engagement, de résilience et d’impact. Fondée en 1974 dans un contexte marqué par des défis majeurs, l’ASSOCIATION POUR LA RENAISSANCE DU PULAAR EN MAURITANIE (ARPRIM) a célébré hier samedi 6 juin courant, à l’ancienne Maison des Jeunes son cinquantième anniversaire.

Cette commémoration historique, ouverte en présence du Ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, M. El Houssein Ould Meddou, marque non seulement la reconnaissance d’un parcours exceptionnel, mais pose aussi les jalons d’une Mauritanie unie, inclusive et résolument tournée vers la modernité.

La citoyenneté : Boussole de l’action gouvernementale

La citoyenneté constitue la véritable boussole de l’action menée par le gouvernement du Premier Ministre, M. El Moctar Ould Djay, sous la vision du Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a déclaré M. Meddou dans son discours prononcé à cette occasion.

« Toutes les institutions issues des niveaux politique ou économique ont pour objectif principal de renforcer et de consolider l’unité nationale et de prendre soin de la diversité culturelle », a déclaré le ministre, louant l’ARPRIM pour ses cinquante années d’efforts continus. En effet, l’Association a su transformer le patrimoine pulaar en une composante essentielle et harmonieuse du paysage culturel national, a-t-il affirmé.

Cinq décennies de combat : De la clandestinité à la reconnaissance

Prenant à son tour, le président de l’ARPRIM M. Bocar Amadou Ba, a retracé l’histoire de l’organisation. Née en 1974 de la volonté d’une poignée de pionniers sans grands moyens, l’association a mené ses premiers combats dans des conditions difficiles, voire dans la clandestinité.

L’ARPRIM a activement contribué aux grandes avancées linguistiques du pays, notamment en 1979 avec la création d’un institut pour la promotion des langues nationales et en 2022 avec le lancement d’une réforme éducative majeure réintroduisant leur enseignement à l’école.

L’ARPRIM s’est également illustrée par son combat quotidien contre l’analphabétisme dans les villes et les villages, se distinguant par la publication de« Fooyre Ɓamtaare », le seul journal intégralement édité en Pulaar en Mauritanie et l’un des rares de la sous-région.

Le défi du futur : L’intégration numérique

Pour l’ARPRIM, ce cinquantenaire n’est pas seulement une célébration du passé, mais un rendez-vous avec l’avenir. Face à la révolution technologique, l’association a modernisé sa plateforme en ligne pulaar.org. Cette transition numérique comprend plusieurs innovations majeures : Dictionnaires numériques interactifs, ressources pédagogiques en ligne pour les écoles, constitution de corpus linguistiques pour préparer l’intégration du Pulaar dans l’intelligence artificielle de demain L’événement s’est clôturé par un défilé folklorique et une grande marche pédestre symbolique sur la place de l’ancienne Maison des Jeunes, illustrant la diversité des métiers traditionnels mauritaniens, suivie de la visite d’une exposition culturelle par le Ministre et la délégation officielle.

En unissant la volonté politique de l’État et le dynamisme de la société civile, la Mauritanie réaffirme sa foi en un destin commun basé sur le respect de sa riche diversité.

Mohamed Mohamed Lemine

mdhademine@yahoo.fr

Syndicat des Journalistes Mauritaniens : Une équipe inclusive pour un nouveau souffle syndical

Dans une atmosphère marquée par la concorde et la responsabilité professionnelle, le Syndicat des Journalistes Mauritaniens a annoncé ce soir la formation de son nouveau bureau exécutif, marquant le début d’une nouvelle phase de travail syndical visant à renforcer la position des journalistes mauritaniens et à défendre leurs droits matériels et moraux.

Le président Ahmed Salem Sidi Abdallah a veillé à ce que le nouveau bureau exécutif représente toutes les institutions médiatiques publiques et privées ainsi que la presse libre et indépendante.

La composition du nouveau bureau exécutif est la suivante :

Président : Ahmed Salem Sidi Abdallah

Premier vice-président :Khdeija Al-Moujtaba

Deuxième vice-président : Aziz Soufi

Troisième  vice-président : Amadou Sy

Secrétaire général : Ahmed Mohamed Mustafa

Premier Secrétaire général adjoint, Al-Hassan Amar Jowdah

Deuxième Secrétaire général adjoint, Mouna Mohamed

Secrétaire chargé de la de formation : Salek Zeid

Secrétaire chargé des relations extérieures : Bakari Gueye

Secrétaire chargé des activités, Suleyman Al-Farwa

Secrétaire chargé de la diversité culturelle et des médias alternatifs, Djadié Kamara

Secrétaire chargé des branches et des associations, Mokhtar Babetah

Secrétaire chargé des femmes journalistes : Meima Mohamed Znagui

Secrétaire chargé des photographes et techniciens :Moulay Eyih.

Secrétaire chargé de la déontologie professionnelle : Mohamed Abderahman Al-Moujtaba

Secrétaire chargé des conflits et des plaintes : Hamadi Ideidbi

Secrétaire chargé de la culture et des médias : Mokhtar Baba Ahmedou

Secrétaire chargé du Fonds de solidarité journalistique : Ahmed Cheikh Rabbani

Secrétaire chargé des libertés : Cheikhani Sidi

Secrétaire chargé des finances : Aminetou Yeba

Commissaire aux comptes : Tayba Al-Ghawth.

L’annonce du nouveau bureau exécutif a été faite lors d’une réunion convoquée par le président au nouveau siège du syndicat, qui a été la première mesure importante prise par le président.

A noter que le lieu et le bâtiment ont été choisis selon des spécifications dignes du statut du Syndicat des journalistes mauritaniens.

Route atlantique : La Mauritanie face à une pression migratoire accrue en Afrique de l’Ouest

Réparties sur cinq embarcations de fortune, ces personnes tentaient de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries, confirmant la recrudescence des départs depuis les côtes ouest-africaines.

Les opérations de secours se sont succédé à un rythme effréné, mettant en lumière la dangerosité de la route de l’Atlantique :

28 – 30 mai : L’intervention la plus massive a permis de mettre en sécurité 435 migrants à bord de trois pirogues en détresse.

31 mai : Une quatrième embarcation transportant 143 passagers a été localisée et assistée par les autorités maritimes.

2 juin : Aux premières heures du jour, 110 migrants ont été sauvés à huit milles nautiques de Nouakchott. Leur moteur était tombé en panne au milieu d’une mer agitée.

Samedi matin : Les garde-côtes ont intercepté une pirogue de 193 personnes au large du marché aux poissons de Nouakchott. Partie de Banjul (Gambie), l’embarcation transportait 27 femmes et 12 mineurs. Une femme a succombé durant la traversée et un passager a dû être hospitalisé d’urgence.

Le profil des rescapés illustre la dimension régionale de cette crise. Si les ressortissants du Sénégal et de la Gambie forment le contingent le plus important, les autorités ont également identifié des migrants venus du Mali, de Sierra Leone, de Guinée, de Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Bénin et du Burkina Faso.

Face à ce flux migratoire continu, la Mauritanie a intensifié sa surveillance côtière et le démantèlement des réseaux de passeurs, en étroite coopération avec ses partenaires internationaux. Les garde-côtes ont réaffirmé que l’ensemble des rescapés avait été pris en charge dans le strict respect des conventions humanitaires et du droit international de la mer

 

Pour une retraite décente en Mauritanie : Finissons-en avec la dépendance prolongée à l’emploi

La réforme des retraites en Mauritanie constitue aujourd’hui un enjeu majeur, à la fois social, économique et générationnel. Face à la faiblesse persistante des pensions versées aux retraités, les pouvoirs publics ont privilégié, ces dernières années, une solution consistant à prolonger la durée d’activité des agents publics. L’âge légal de départ à la retraite a ainsi été porté à 63 ans pour les fonctionnaires et à 68 ans pour les enseignants du supérieur.

Dans certains cas, des retraités sont également nommés à la présidence de conseils d’administration d’établissements publics afin de compléter leurs revenus grâce aux salaires, indemnités et jetons de présence associés à ces fonctions.

Si ces mesures visaient à préserver un niveau de vie minimal pour les retraités, elles révèlent aujourd’hui leurs limites. Le relèvement de l’âge de départ à la retraite ne constitue pas une réponse structurelle à la faiblesse des pensions. Il ne fait que repousser le problème tout en maintenant les futurs retraités dans une dépendance prolongée à l’emploi public pour garantir des revenus décents.

Une administration qui peine à se renouveler

Cette situation produit des effets importants sur le fonctionnement de l’administration et sur le marché de l’emploi. Le maintien prolongé des agents en activité ralentit le renouvellement des effectifs, limite l’accès des jeunes diplômés à l’emploi public et freine l’émergence de nouvelles compétences et de nouvelles méthodes de gestion.

Dans un pays dont la population est majoritairement jeune, cette réalité est particulièrement préoccupante. Le chômage et le sous-emploi des jeunes demeurent des défis majeurs. Or, l’occupation prolongée des postes par des agents proches de la retraite réduit les perspectives professionnelles de toute une génération et nourrit un sentiment de frustration face au manque d’opportunités.

Par ailleurs, cette politique exerce une pression croissante sur la masse salariale de l’État et contribue parfois à une concentration des responsabilités au sein d’une même génération, au détriment du renouvellement institutionnel.

Le cas particulier des enseignants du supérieur

La situation des enseignants du supérieur illustre particulièrement les contradictions du système actuel.

En fixant leur âge de départ à la retraite à 68 ans alors que l’espérance de vie en Mauritanie se situe autour de ce même niveau, le système conduit certains enseignants à exercer leur activité professionnelle pratiquement jusqu’à la fin de leur vie active. Après plusieurs décennies de service, beaucoup disposent alors de peu de temps pour profiter réellement de leur retraite.

Cette réalité soulève une question fondamentale de justice sociale et de dignité humaine. La retraite ne doit pas être considérée uniquement comme un mécanisme financier. Elle représente également un droit au repos, à la sécurité économique et à une vie décente après une longue carrière au service de la collectivité.

Les limites des nominations de retraités

La pratique consistant à nommer certains retraités à des postes de présidents de conseils d’administration constitue également une solution de circonstance dont les effets demeurent limités.

Si ces nominations permettent à quelques bénéficiaires de maintenir un niveau de revenu acceptable, elles ne concernent qu’une minorité de retraités. Elles créent des inégalités entre anciens fonctionnaires, alourdissent les charges des établissements publics et réduisent les possibilités d’accès des jeunes cadres aux postes de responsabilité.

Surtout, elles entretiennent une dépendance excessive à l’égard des nominations administratives ou politiques pour compenser l’insuffisance des pensions. Une telle approche ne saurait remplacer une réforme durable du système de retraite.

Relever les pensions pour restaurer la dignité des retraités

L’objectif de la réforme ne devrait plus être de maintenir artificiellement les agents en activité, mais de garantir aux retraités des revenus suffisants leur permettant de vivre dignement sans être contraints de continuer à travailler.

Dans cette perspective, le relèvement des pensions à hauteur de 80 % du dernier salaire net constituerait une avancée sociale majeure. Toutefois, cette mesure ne produirait pleinement ses effets que si elle s’accompagnait d’un mécanisme d’indexation régulière sur l’évolution du coût de la vie.

L’inflation et la hausse continue des prix des produits de première nécessité réduisent progressivement le pouvoir d’achat des retraités. Sans indexation, même une pension revalorisée finit par perdre une partie importante de sa valeur réelle. Préserver durablement la dignité des retraités implique donc de protéger leurs revenus contre l’érosion monétaire.

Un investissement pour l’avenir

Les données démographiques plaident en faveur d’une telle réforme. La Mauritanie dispose d’une population jeune, l’espérance de vie demeure relativement modérée comparativement à de nombreux pays, et le nombre de cotisants potentiels pourrait augmenter grâce à une meilleure insertion professionnelle des nouvelles générations.

Une réforme ambitieuse des pensions permettrait d’améliorer les conditions de vie des retraités tout en favorisant le renouvellement des effectifs au sein de l’administration. Elle ouvrirait davantage de perspectives aux jeunes diplômés, encouragerait l’innovation dans les institutions publiques et contribuerait à dynamiser l’économie nationale.

La réforme des retraites ne doit donc pas être perçue comme une simple charge budgétaire. Elle constitue un investissement stratégique dans la cohésion sociale, la justice intergénérationnelle et le développement du pays.

Construire un modèle de retraite plus humain

La Mauritanie ne peut durablement construire son avenir en maintenant ses jeunes à l’écart du marché du travail pendant que des retraités continuent d’occuper les mêmes fonctions faute de pensions suffisantes.

Le véritable enjeu est désormais de bâtir un système de retraite plus humain, plus juste et mieux adapté aux réalités démographiques et sociales du pays. Un système fondé à la fois sur la dignité des anciens, qui ont consacré leur vie au service de la nation, et sur l’intégration effective des nouvelles générations dans la vie économique et administrative.

C’est à cette condition que la réforme des retraites pourra devenir un véritable levier de progrès social et de développement national.

 

Par Salem ABEIDNA, professeur en économie, ancien doyen de la faculté des Sciences Juridiques et de l’Economie

Ruée vers l’or en Mauritanie : Des pans entiers de terres transformés en zones mortes, alerte une ONG

L’ONG Pro-Environnement (OPE) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée de l’écosystème mauritanien. Dans un communiqué publié ce samedi 6 juin 2026, l’organisation pointe directement du doigt les dérives de l’exploitation aurifère et appelle les autorités à des actions immédiates pour protéger les générations futures.

Une triple menace sur l’écosystème

– Le Secrétaire Général de l’OPE, Ahmed Salem Deida, décrit une situation environnementale devenue critique sous le double effet du dérèglement climatique et de la pression humaine. Mais c’est le secteur de l’or qui cristallise aujourd’hui les plus vives inquiétudes de l’organisation. L’ONG dénonce une double menace :

– Le péril chimique industriel : Certaines usines de traitement de l’or recourent à des substances hautement toxiques. Ces produits font peser un risque sanitaire et écologique majeur sur la faune, la flore et les réserves d’eau.

Le fléau de l’orpaillage artisanal : Menée en dehors des normes de sécurité élémentaires, l’extraction artisanale provoque un véritable ravage des sols, transformant des pans entiers du territoire en terres mortes et hautement dégradées.

Un appel solennel à l’État

Face à ce constat alarmant, l’OPE interpelle directement les autorités compétentes. L’organisation exige une prise de conscience urgente et l’adoption de mesures réglementaires et de contrôle strictes pour stopper cette destruction programmée.« La protection de l’environnement est une responsabilité collective », rappelle Ahmed Salem Deida, insistant sur le fait que la préservation des terres, de la biodiversité et de la santé publique constitue un devoir moral impératif envers les générations présentes et futures.

Programme « Fraternité » : Houda Babah ouvre les écoles d’excellence aux milieux défavorisés

Le département est déterminé à instaurer une gouvernance transparente et équitable, a déclaré aujourd’hui jeudi 4 juin courant, à l’Assemblée Nationale, la ministre de l’Éducation nationale et de la Réforme du système de l’enseignement Mme Houda Babbah.

La ministre a révélé devant les députés, l’ambition de restaurer le rôle central de l’école publique pour en faire un levier d’unité nationale, de citoyenneté et de développement économique.

Lors de cette séance de questions orales, Mme Babbah a détaillé les piliers de la refonte globale du secteur :

Ressources humaines : Recrutement massif de milliers d’enseignants et revalorisation substantielle de leur situation financière.

 

Modernisation : Numérisation intégrale de la gestion administrative pour optimiser le pilotage du secteur.

Inclusion culturelle : Élargissement de l’offre éducative et promotion active des langues nationales.

Mme Babah a également mis en avant le succès du programme social « Fraternité », qui illustre l’impact des politiques éducatives en vigueur.

Elle a insisté sur les nouvelles directives permettant aux élèves brillants issus de milieux défavorisés d’intégrer les établissements d’excellence.

Désormais, l’accès à ces filières d’élite repose strictement sur l’égalité des chances et le mérite personnel, via des critères transparents qui s’affranchissent des barrières sociales.

Considérant la refonte éducative comme le socle des politiques publiques, la ministre a conclu en réitérant la détermination de l’État à pérenniser le développement de l’école républicaine et à garantir un enseignement de qualité pour toutes les franges de la société.

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