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Président des FLAM : notre ambition est de construire une Mauritanie réconciliée avec elle-même, où chaque citoyen bénéficie des mêmes droits, des mêmes chances et de la même dignité

Dans cette interview exclusive accordée à TRUST Magazine, Abibou Sall, président des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), revient sur son retour politique en Mauritanie après plusieurs années d’absence, expose sa vision d’une refondation nationale fondée sur la justice, l’égalité et la réconciliation, et détaille les ambitions politiques, sociales et économiques de son mouvement dans un contexte national qu’il juge décisif pour l’avenir du pays.

 

Après plusieurs années d’absence, le retour d’Abibou Sall en Mauritanie marque une séquence politique majeure. Entre dialogue national, réconciliation historique, réformes institutionnelles et repositionnement stratégique des FLAM, le leader politique affirme vouloir inscrire son mouvement dans une dynamique nationale inclusive, tournée vers la reconstruction d’un pacte républicain durable.

 

Question : Votre retour en Mauritanie après plusieurs années d’absence constitue un moment politique fort. Quel message principal souhaitez-vous adresser aujourd’hui aux Mauritaniens ?

 

Abibou Sall : La direction des FLAM a été absente de Mauritanie pendant plusieurs années, non par choix, mais par nécessité. Si nous tentons aujourd’hui ce retour, c’est parce que la situation nationale et régionale devient de plus en plus préoccupante.

 

La Mauritanie souffre des divisions, du manque d’entente entre les élites et de l’incapacité à construire un projet commun au service du pays. Pourtant, notre nation dispose d’immenses potentialités humaines et économiques.

 

Le message que nous adressons aux Mauritaniens est un appel à l’unité, au dialogue et au dépassement des clivages afin de construire ensemble une Mauritanie stable, juste et forte.

 

Les militants des FLAM sont ici pour contribuer à cette unité nationale, conformément aux valeurs qu’ils ont toujours défendues.

 

Question : Lors de vos récentes déclarations, vous avez insisté sur l’égalité, la justice et la dignité. Comment les FLAM comptent-ils concrètement traduire ces principes en projet politique national ?

 

Abibou Sall : Pour les FLAM, l’égalité, la justice et la dignité ne sont pas des slogans, mais les fondements d’un véritable projet national.

 

Concrètement, notre priorité est de bâtir des institutions fortes et crédibles, fondées sur l’État de droit. Cela implique une administration moderne, organisée autour de procédures claires, d’objectifs précis, et dotée des moyens humains, techniques et financiers nécessaires. Les fonctionnaires devront bénéficier de formations adaptées et être évalués sur leur capacité à servir tous les citoyens avec impartialité, dans le strict respect de la loi.

 

Notre projet repose également sur une réconciliation nationale véritable. Nous proposons la mise en place d’un processus de vérité, de justice et de réparation pour traiter des violences passées, des discriminations, des déportations et de l’esclavage et ses séquelles. Ce processus devra être transparent, inclusif et soutenu par les partenaires internationaux afin de garantir sa crédibilité et sa mise en œuvre effective.

 

Nous souhaitons aussi ouvrir un dialogue national pour repenser nos institutions et renforcer la participation de tous. Cela pourrait inclure la restauration d’un Sénat représentant les régions, ainsi qu’une reconnaissance institutionnelle du rôle des chefferies traditionnelles et des autorités locales, afin de valoriser nos cultures et de mieux ancrer l’action publique dans les réalités du terrain.

 

Enfin, nous faisons de l’éducation et de la promotion sociale une priorité absolue. Un vaste programme d’alphabétisation, de formation et d’accompagnement sera mis en œuvre en faveur des populations les plus marginalisées, notamment les anciens esclaves, les personnes victimes de discrimination et toutes les personnes vivant dans la pauvreté et l’exclusion.

 

L’ambition des FLAM est de construire une Mauritanie réconciliée avec elle-même, où chaque citoyen, quelle que soit son origine ou sa condition sociale, bénéficie des mêmes droits, des mêmes chances et de la même dignité.

 

Question : Vous appelez à une « réconciliation sincère » autour des blessures historiques du pays. Quelles mesures prioritaires proposez-vous pour parvenir à cette réconciliation nationale ?

 

Abibou Sall : Pour les FLAM, la réconciliation nationale ne peut être ni un slogan, ni un simple compromis politique. Elle doit être un processus sérieux, inclusif et courageux, permettant à la Mauritanie de regarder son histoire en face afin de tourner définitivement la page des injustices liées aux discriminations, aux déportations, aux exécutions extrajudiciaires, à l’esclavage et ses séquelles et aux exclusions de toutes sortes.

 

La première mesure prioritaire consiste à mettre en place une Commission Vérité, Mémoire et Réconciliation. Cette instance offrira à toutes les victimes, à leurs familles, mais aussi à ceux qui ont participé aux violations ou ont contribué à sauver des vies, la possibilité de témoigner librement. L’objectif est de documenter les faits, d’établir les responsabilités et de préserver cette mémoire dans les archives nationales, les programmes scolaires et des ouvrages de référence, afin que ces tragédies ne puissent plus jamais se reproduire.

 

La réconciliation ne doit pas être confondue avec la justice pénale. Dans un premier temps, l’essentiel est de reconnaître les souffrances, d’établir la vérité et de restaurer la confiance entre les Mauritaniens. Les questions judiciaires pourront suivre leur propre chemin, au rythme que la société et les institutions permettront, dans le respect de l’État de droit.

 

Parallèlement, il est indispensable de garantir le retour digne et sécurisé des réfugiés, des déportés, des exilés et de tous les membres de la diaspora qui souhaitent contribuer à la reconstruction du pays. Aucun Mauritanien ne doit être exclu de la nation.

 

Nous proposons également la création d’un Institut national de la Réconciliation, chargé d’accompagner les victimes dans leur reconstruction sociale, éducative, psychologique et économique, à travers des programmes de formation, d’insertion et de soutien durable.

 

Enfin, ce processus devra être conduit de manière indépendante, transparente et inclusive, avec l’appui technique et financier des partenaires internationaux, afin de garantir sa crédibilité.

 

La réconciliation sincère que nous appelons de nos vœux repose sur trois piliers : la vérité, la reconnaissance et la reconstruction. C’est à ce prix que la Mauritanie pourra se réconcilier avec son histoire et bâtir un avenir commun fondé sur la justice, l’égalité et la dignité pour tous.

 

Question : Vous avez évoqué les déportations, les discriminations et les injustices passées. Pensez-vous qu’un processus officiel de vérité et de réparation soit aujourd’hui possible en Mauritanie ?

 

Abibou Sall : Oui, un processus officiel de vérité, de réparation et de réconciliation est possible en Mauritanie. Tout dépend avant tout de la volonté politique de l’État, du rapport de force démocratique et de la capacité des acteurs nationaux à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation sur les intérêts particuliers.

 

Les blessures liées aux déportations, aux exécutions extrajudiciaires, à l’esclavage et ses séquelles, aux discriminations et aux exclusions ne pourront pas être effacées par le silence. Elles doivent être reconnues avec courage et responsabilité. L’État mauritanien a la capacité institutionnelle de mettre en place un processus crédible de vérité, de reconnaissance et de réparation, à condition de créer un climat de confiance et de garantir que cette démarche vise d’abord à reconstruire la nation.

 

Il est essentiel de rassurer toutes les parties prenantes afin que chacun puisse participer à ce processus dans un esprit d’apaisement et de responsabilité. L’objectif n’est pas de raviver les divisions, mais de permettre à la vérité d’être établie, aux victimes d’être reconnues et à la société de repartir sur des bases plus justes et plus solides.

 

Si les conditions politiques ne permettent pas, dans l’immédiat, de mettre en œuvre l’ensemble du processus, l’État peut déjà poser des actes concrets. Il peut engager un programme d’accompagnement des victimes, faciliter le retour des réfugiés et des exilés, soutenir leur réinsertion sociale et économique, et créer un Institut national de la Réconciliation chargé de la mémoire, du soutien et de la reconstruction.

 

Ces mesures constitueraient un signal fort montrant que l’État souhaite réellement améliorer le vivre-ensemble et préparer les conditions d’une justice pleine et entière lorsque la nation sera prête.

 

Pour les FLAM, la réconciliation n’est pas un report de la justice, mais un chemin vers une justice durable. C’est en reconnaissant les souffrances du passé et en réparant les injustices que la Mauritanie pourra bâtir une paix véritable, fondée sur l’égalité, la dignité et la citoyenneté pour tous.

 

Question : Les FLAM ont longtemps été perçues comme un mouvement de revendication identitaire. Comment redéfinissez vous aujourd’hui votre combat dans le contexte politique actuel ?

 

Abibou Sall : La perception selon laquelle les FLAM seraient un mouvement de revendication identitaire ne correspond pas à la réalité de leur histoire, de leurs textes fondateurs et de leur engagement politique. Depuis leur création, les FLAM portent un projet national fondé sur l’égalité, la justice, la liberté et la dignité pour tous les Mauritaniens, sans distinction d’origine, de langue ou de condition sociale.

 

Il ne s’agit donc pas d’une redéfinition de notre combat, mais d’une continuité. Les FLAM ont toujours dénoncé les discriminations, l’exclusion, l’esclavage et ses séquelles ainsi que les violations des droits humains, non pas pour défendre une communauté contre une autre, mais pour promouvoir l’émancipation de tous les citoyens et la construction d’un Etat véritablement démocratique.

 

Il est vrai qu’à certaines périodes de notre histoire, les populations noires ont été particulièrement touchées par les injustices. Mais notre combat n’a jamais été

communautariste. Il a toujours visé à garantir à chaque Mauritanien les mêmes droits, les mêmes chances et la même dignité.

Aujourd’hui, dans un contexte national fragile et dans un environnement régional et international de plus en plus incertain, nous voulons mieux faire connaître ce message. Les FLAM ne se battent pas contre des Mauritaniens ; elles se battent pour tous les Mauritaniens.

 

Notre objectif demeure le même : favoriser un dialogue national inclusif, aboutir à un nouveau pacte social fondé sur la vérité, la garantie des droits et l’égalité, et permettre à toutes les composantes du pays de construire ensemble une Mauritanie unie, réconciliée et prospère.

 

Question : Depuis près d’un an, un dialogue national est en cours de préparation. Les FLAM comptent-ils y prendre part, et sous quelles conditions ?

 

Abibou Sall : Les FLAM ont toujours défendu l’idée d’un dialogue national inclusif comme voie privilégiée pour résoudre les crises structurelles de la Mauritanie. Nous avons donc accueilli favorablement les premiers échanges engagés en amont de cette initiative.

À cette occasion, nous avions exprimé notre disponibilité à participer, à condition que le processus soit véritablement co-construit avec l’ensemble des forces politiques et sociales du pays. Cela impliquait une concertation sur l’ordre du jour, les modalités de participation, le cadre institutionnel et les garanties de mise en œuvre des conclusions.

 

Par la suite, nous avons constaté que le processus avait été engagé sans que nous soyons associés à la définition de son cadre, de ses modalités et de son ordre du jour, alors même que nous avions expressément demandé que ces éléments soient co-construits avec l’ensemble des parties prenantes. Les FLAM ont ainsi été écartées de la phase de préparation, puis n’ont reçu aucune invitation formelle depuis le lancement officiel du dialogue. Dans ces conditions, il est naturellement difficile de rejoindre un processus dont les règles ont été arrêtées sans notre participation. Nous restons néanmoins dans une position d’observation attentive, avec l’espoir sincère que cette initiative puisse malgré tout produire des résultats positifs pour la Mauritanie.

Notre conviction est claire : un dialogue peu inclusif a peu de chances d’aboutir à des résultats durables. Pour être utile, il doit s’attaquer aux causes profondes des difficultés du pays, et non à leurs seules conséquences. Il doit aborder sans tabou les questions de gouvernance, de justice, de réconciliation nationale, de partage du pouvoir, de réforme des institutions et de refondation du pacte social.

 

Nous pensons également que la parole des citoyens doit être pleinement prise en compte. Les consultations populaires, appuyées par les outils modernes d’analyse et de synthèse, peuvent permettre de faire émerger une vision collective fidèle aux attentes du peuple. La Mauritanie dispose de compétences nationales reconnues, notamment dans le domaine des nouvelles technologies, qu’il serait utile de mobiliser.

Si les conditions d’un dialogue sérieux, inclusif, transparent et orienté vers des solutions concrètes sont réunies, les FLAM y prendront toute leur place, avec le sens des responsabilités qui a toujours guidé leur engagement au service de l’unité nationale, de la justice et de la démocratie.

 

Question : Depuis votre retour, avez-vous entrepris des démarches pour rencontrer des leaders de l’opposition tels que Samba Thiam, Biram Dah Abeid ou Khally Diallo afin d’unir vos forces, ou envisagez-vous de mener votre combat de manière indépendante ?

 

Abibou Sall : Les FLAM ont toujours privilégié le dialogue et la coopération avec les forces démocratiques et les acteurs du changement en Mauritanie. Depuis de nombreuses années, nos militants, y compris au sein de la diaspora, apportent régulièrement leur soutien à diverses initiatives de l’opposition, qu’il s’agisse d’organiser des rencontres, des conférences ou des actions de mobilisation.

 

Nous partageons avec de nombreux responsables politiques une même ambition : construire une Mauritanie plus juste, plus démocratique et plus inclusive. Dans le cadre de mon retour au pays, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs figures importantes de l’opposition, notamment Mohamed Yahia vice-président de AJD-MR, Samba Thiam président de FPC, Biram Dah Abeid président de IRA, Mohamed Ould Maouloud président de l’UFP, Hamadi Ould Sidi Mokhtar président de Tawassoul et président de l’institution de

l’opposition démocratique, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna président de Al Ahd ainsi que Abdoulaye Baba SY secrétaire général de l’institution de l’opposition démocratique et porte parole du FRUD, entre autres.

D’autres personnalités que nous avions souhaité rencontrer n’étaient pas disponibles, mais cela ne remet nullement en cause notre volonté de poursuivre les échanges. Nous considérons qu’au-delà des sensibilités et des parcours de chacun, les forces attachées à la justice, à l’égalité et à la démocratie ont vocation à travailler ensemble.

 

Les FLAM n’ont jamais conçu leur combat comme une démarche isolée. Notre objectif n’est pas de défendre une position partisane, mais de contribuer à la construction d’un large rassemblement capable de porter les réformes profondes dont notre pays a besoin.

Nous sommes donc ouverts à toutes les collaborations sincères fondées sur des principes clairs : l’égalité entre les citoyens, la réconciliation nationale, le respect des droits humains et l’instauration d’un véritable État de droit. C’est dans l’unité et la complémentarité des forces démocratiques que la Mauritanie pourra relever les défis qui se présentent à elle.

 

Question : Les FLAM ont longtemps été perçues comme une organisation à forte dimension identitaire, voire séparatiste par certains. Le mouvement que vous incarnez aujourd’hui peut-il devenir un parti politique légalement reconnu par les autorités actuelles ?

 

Abibou Sall : Les FLAM ont souvent été présentées, à tort, comme un mouvement identitaire ou séparatiste. Cette lecture ne correspond ni à nos textes fondateurs, ni à notre histoire. Dès le Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé, notre démarche repose sur le dialogue, la justice et la refondation d’une Mauritanie unie, où toutes les composantes nationales vivent dans l’égalité et la dignité.

 

Notre emblème lui-même porte ce message d’unité. Il symbolise la diversité géographique, culturelle et humaine de la Mauritanie : le désert au nord, la vallée au sud, les différentes composantes du peuple mauritanien et leur rencontre au centre. Il exprime notre conviction profonde que la Mauritanie est une nation plurielle, une véritable « nation arc-en-ciel », dont la richesse réside dans sa diversité.

Les FLAM n’ont jamais eu pour objectif de diviser le pays, encore moins de le fragmenter.

Notre combat a toujours consisté à construire une nation réconciliée, fondée sur l’égalité des droits, la citoyenneté pleine et entière et le respect de toutes les identités qui composent notre pays.

 

S’agissant de notre évolution institutionnelle, toutes les options sont sur la table. Cette question fait l’objet de réflexions internes et dépendra également des garanties concrètes offertes par l’État en matière de pluralisme, de liberté d’organisation et d’égalité de traitement.

L’expérience du retour de 2013 invite à la prudence. Certains militants avaient alors créé les Forces Progressistes pour le Changement (FPC) dans l’espoir d’une participation politique normale. Malgré cet engagement, cette formation n’a pas obtenu la reconnaissance administrative attendue et est restée marginalisée.

 

C’est pourquoi toute démarche de transformation en parti politique devra s’inscrire dans un cadre clair, fondé sur des engagements précis des autorités. Quant à savoir si les FLAM peuvent être légalement reconnues, la réponse appartient avant tout à l’État mauritanien. Ce serait un signal fort démontrant que la Mauritanie est prête à accueillir toutes les forces politiques attachées à la justice, à la démocratie et à l’unité nationale.

 

Question : Votre retour a été marqué par un mobilisation impressionnante, de l’aéroport de Nouakchott jusqu’au centre-ville, sans intervention des forces de l’ordre, une situation autrefois inimaginable pour les FLAM. Quelle lecture faites-vous de cette évolution ?

 

Abibou Sall : Je tiens d’abord à préciser que les informations selon lesquelles les forces de l’ordre ne seraient pas intervenues ne sont pas tout à fait exactes. Une partie importante de nos militants a été empêchée de nous rejoindre et est restée bloquée dans les quartiers populaires. Ce groupe, qui transportait les drapeaux national mauritanien et celui des FLAM, a été bloqué et invité à se disperser. Notre présence dans l’enceinte de l’aéroport a également été très brève suite à l’intervention des gendarmes.

 

À la sortie de l’aéroport, nous avons rejoint le cortège venu nous accueillir. Plus loin, sur la route de Nouadhibou, les forces de sécurité ont interrompu le convoi en invoquant des impératifs de sécurité. Mon véhicule a été autorisé à poursuivre son trajet par un autre itinéraire, tandis que les autres véhicules ont été libérés progressivement (1 véhicule toutes les 15 à 20 minutes).

 

Il est important de souligner qu’à aucun moment les forces de l’ordre n’ont eu recours à la violence. Le commissaire de Tevragh Zeina a fait preuve de professionnalisme et de pédagogie en expliquant les raisons de cette intervention. Son attitude a contribué à préserver un climat de calme et de respect mutuel.

Au-delà de ces restrictions, ce que nous retenons surtout, c’est l’ampleur de la mobilisation populaire et la sérénité avec laquelle les événements se sont déroulés. La présence des FLAM sur le sol mauritanien, l’accueil chaleureux qui nous a été réservé par la population et l’absence de confrontation violente montrent que nos idées sont désormais davantage comprises et que notre engagement en faveur de l’unité, de la justice et de l’égalité est de plus en plus reconnu.

Nous y voyons un signe encourageant. Cela ne signifie pas que tous les obstacles ont disparu, mais cela montre qu’un dialogue apaisé et une participation politique ouverte sont possibles. C’est une évolution positive pour les FLAM, mais surtout pour la Mauritanie et pour l’ensemble de ses citoyens.

 

Question : Certains observateurs estiment que votre retour pourrait résulter d’un arrangement avec le pouvoir actuel dans le but d’affaiblir l’opposition. Que répondez-vous à ces interrogations ?

 

Abibou Sall : Je suis surpris par ce type d’interrogations, car elles ne correspondent ni à notre histoire ni à notre pratique politique. Les FLAM ont toujours travaillé en lien étroit avec les forces démocratiques et les mouvements d’opposition. Depuis des années, nos militants, y compris au sein de la diaspora, apportent leur soutien à de nombreuses initiatives visant à promouvoir l’alternance, la justice et la démocratie en Mauritanie.

Dans ces conditions, il serait incohérent d’imaginer que notre présence sur le terrain ait pour objectif d’affaiblir l’opposition. Quel en serait l’intérêt pour les FLAM ? Quel bénéfice pour le peuple mauritanien ? Notre engagement a toujours eu pour seul objectif de défendre les droits de tous les citoyens et de contribuer à la construction d’une Mauritanie plus juste, plus stable et plus prospère.

 

Je tiens également à rappeler que les FLAM n’ont jamais disparu du paysage national. Le mouvement est resté présent à travers ses militants, ses sympathisants et ses actions. Ce dont il est question aujourd’hui, ce n’est pas d’un « retour » au sens politique du terme, mais de la volonté de la direction du mouvement d’être davantage présente en Mauritanie afin d’accompagner directement les militants et de participer plus activement au débat national.

 

Les FLAM conservent leur totale indépendance politique. Nous dialoguons avec tous les acteurs, y compris les autorités, lorsque l’intérêt national l’exige, mais cela ne signifie en aucun cas un alignement ou un arrangement. Le dialogue est un outil politique normal ; il ne remet pas en cause notre liberté de parole ni notre exigence de justice, d’égalité et de démocratie. Notre seul accord est avec le peuple mauritanien. Notre seule ligne directrice est la défense de la dignité humaine, de l’État de droit et de l’unité nationale. Toute lecture contraire relève davantage de la spéculation que de la réalité.

 

Question : Vous avez dénoncé les inégalités sociales, le chômage des jeunes et le favoritisme. Quelles réformes économiques et sociales jugez-vous indispensables pour répondre à ces défis ?

 

Abibou Sall : Pour les FLAM, la première réforme économique et sociale est l’instauration d’une égalité réelle entre tous les Mauritaniens. Tant que l’accès à l’éducation, à l’emploi, au crédit, à la fonction publique et aux opportunités économiques restera marqué par les discriminations, le favoritisme et les inégalités, aucun développement durable ne sera possible. La priorité absolue est donc de garantir à chaque citoyen une existence administrative pleine et entière. Cela passe par un état civil accessible à tous, afin qu’aucun Mauritanien ne soit privé de ses droits fondamentaux faute de reconnaissance administrative.

 

Nous proposons ensuite une réforme profonde du système éducatif. L’école doit permettre à chaque jeune d’acquérir les compétences nécessaires pour répondre aux besoins du pays et accéder à l’emploi. L’alphabétisation, la formation professionnelle, l’enseignement technique et l’orientation vers les secteurs porteurs doivent devenir des priorités nationales.

 

La lutte contre le chômage des jeunes exige également une politique volontariste en faveur de l’entrepreneuriat. Il faut simplifier la création d’entreprise, faciliter l’accès au crédit, mettre en place des fonds de garantie et accompagner les jeunes porteurs de projets, en particulier dans les régions les plus défavorisées.

Nous plaidons aussi pour une administration fondée sur le mérite, la transparence et l’égalité des chances. Les recrutements publics doivent être exempts de favoritisme et reposer sur des critères objectifs.

 

Enfin, le développement économique doit renforcer la cohésion nationale. Les investissements publics doivent bénéficier à toutes les régions, réduire les inégalités

territoriales et créer davantage de liens entre les différentes composantes de la nation.

Notre ambition est de bâtir une économie inclusive dans laquelle chaque Mauritanien, quelque soit son origine ou son milieu social, puisse étudier, entreprendre, travailler et vivre dignement. C’est à cette condition que la Mauritanie pourra mobiliser pleinement ses ressources humaines et économiques (diaspora y compris) au service du bien commun.

 

Question : Votre mouvement prévoit une implantation renforcée sur l’ensemble du territoire national. Quelle stratégie adoptez-vous pour mobiliser au-delà de votre base historique ?

 

Abibou Sall : Notre stratégie repose sur une conviction simple : les FLAM ne s’adressent pas à une communauté particulière, mais à l’ensemble des Mauritaniens.

Notre projet politique est national et a vocation à répondre aux aspirations de tous ceux qui souhaitent vivre dans une Mauritanie fondée sur l’égalité, la justice, la fraternité et la dignité. Pour cela, nous irons directement à la rencontre des populations dans toutes les régions du pays. Il s’agit d’expliquer notre histoire, de clarifier nos positions et de présenter notre projet politique, afin que chacun puisse se faire sa propre opinion, au-delà des perceptions

ou des idées reçues.

 

Nous prévoyons de renforcer nos structures et de mettre en place des implantations sur l’ensemble du territoire national. Ces espaces permettront aux citoyens de s’informer librement, d’adhérer s’ils le souhaitent, mais aussi de contribuer activement à l’enrichissement de notre projet. Notre démarche est participative. Nous voulons écouter les réalités locales, comprendre les besoins propres à chaque région et adapter nos propositions en conséquence. Les solutions aux défis de la Mauritanie doivent être construites avec les citoyens, et non imposées d’en haut.

 

Au-delà de notre base historique, nous nous adressons à tous les Mauritaniens : jeunes, femmes, travailleurs, entrepreneurs, agriculteurs, éleveurs, fonctionnaires, membres de la diaspora et acteurs de la société civile.

Notre ambition est de bâtir un mouvement national, ouvert et inclusif, capable de rassembler toutes les énergies autour d’un objectif commun : construire une Mauritanie unie, réconciliée et prospère, où chaque citoyen trouve pleinement sa place.

 

Question : Comment envisagez-vous vos relations avec les autorités actuelles ? Êtes-vous dans une logique d’opposition, de dialogue ou de coopération conditionnelle ?

 

Abibou Sall : Notre position n’a jamais varié. Les FLAM ont toujours privilégié le dialogue, tout en conservant leur liberté de critique et leur indépendance politique. Depuis

leur création, elles ont tendu la main aux autorités pour contribuer à la recherche de solutions aux problèmes structurels du pays. Nous ne sommes pas dans une opposition systématique, ni dans une logique d’alignement. Nous sommes dans une démarche de dialogue exigeant et de coopération conditionnelle, fondée sur des principes clairs : le respect des droits humains, l’égalité entre les citoyens, la liberté d’expression, la justice et l’ouverture d’un véritable espace démocratique.

 

Si les autorités acceptent de prendre en compte les attentes de la population, de réduire les pratiques répressives, de reconnaître la légitimité des critiques constructives et d’associer toutes les forces nationales à la recherche de solutions, nous saluerons cette évolution et y apporterons notre contribution.

Nos relations avec les pouvoirs successifs ont souvent été déterminées par l’attitude des autorités elles-mêmes. Lorsque les libertés sont restreintes et que les revendications légitimes sont ignorées, il est naturel que les tensions persistent. À l’inverse, dès lors qu’un climat de confiance s’installe et que notre droit à participer pleinement à la vie nationale est reconnu, il n’existe aucune raison de refuser une coopération dans l’intérêt du pays. Nous sommes convaincus qu’aucun acteur, qu’il s’agisse du pouvoir ou de l’opposition, ne détient à lui seul toutes les solutions. Chacun peut apporter une part de réponse aux défis de la Mauritanie. Le dialogue ne consiste pas seulement à se rencontrer ponctuellement ; il implique un travail quotidien, des échanges sincères et la co-construction d’actions concrètes au service des populations.

 

Notre seule ligne directrice est l’intérêt du peuple mauritanien. Chaque fois qu’une initiative ira dans le sens de la justice, de l’apaisement politique et du développement du pays, les FLAM seront prêtes à y contribuer avec responsabilité et loyauté envers la nation.

 

Question : Quel rôle souhaitez-vous voir jouer la jeunesse mauritanienne dans la transformation politique et sociale que vous appelez de vos vœux ?

 

Abibou Sall : La jeunesse mauritanienne occupe une place centrale dans la transformation politique et sociale que nous appelons de nos vœux. Elle n’est pas seulement l’avenir du pays ; elle en est déjà l’une des principales forces de changement.

 

Les FLAM ont fait un choix clair : confier la direction du mouvement à une génération plus jeune, tout en organisant un accompagnement structuré par les aînés. Cette complémentarité permet d’allier l’énergie et l’innovation de la jeunesse à l’expérience et à la mémoire des anciens, afin d’assurer une véritable transmission des savoirs et des responsabilités.

Pour que la jeunesse puisse jouer pleinement son rôle, elle doit bénéficier d’une formation citoyenne et politique solide, lui permettant de comprendre les enjeux nationaux, d’analyser les projets proposés et de participer de manière éclairée à la vie publique.

 

Mais cette formation doit également répondre aux besoins concrets de l’économie. Le système éducatif, l’enseignement technique et la formation professionnelle doivent être construits en lien direct avec les besoins des entreprises, des administrations et des secteurs porteurs tels que l’agriculture, l’élevage, la pêche, les mines, les services et les nouvelles technologies. L’objectif est de former des jeunes immédiatement opérationnels, capables de trouver un emploi, de créer leur entreprise ou de contribuer efficacement au

développement du pays. Il est également indispensable de faciliter l’accès à l’emploi, à l’entrepreneuriat et au crédit, afin de transformer les compétences acquises en opportunités réelles.

 

Dans la vision des FLAM, la jeunesse doit être à la fois bien formée, pleinement consciente de ses responsabilités citoyennes et dotée de perspectives économiques concrètes. C’est en investissant dans une jeunesse éduquée, compétente et engagée que la Mauritanie pourra bâtir un avenir plus juste, plus prospère et plus uni.

 

Question : Pensez-vous que la Mauritanie est aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire politique ?

 

Abibou Sall : Oui, je pense que la Mauritanie se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire politique.

Les conditions semblent réunies, tant sur le plan national qu’international, pour engager une transformation profonde de notre pays. Les Mauritaniens aspirent de plus en plus à la justice, à l’égalité, à la transparence et à une gouvernance plus inclusive. Dans le même temps, les partenaires de la Mauritanie souhaitent voir émerger un pays durablement stable, réconcilié avec lui-même et capable d’offrir un cadre sécurisé pour des investissements de long terme.

 

La société mauritanienne a également beaucoup évolué. Grâce aux voyages, à l’accès à l’information et au développement des échanges, de nombreux citoyens découvrent une lecture plus objective de notre histoire. Ils prennent conscience des souffrances vécues par une partie de leurs compatriotes à travers les déportations, les exécutions extrajudiciaires, l’esclavage et ses séquelles et les discriminations persistantes.

Ce qui est essentiel, c’est que les victimes et leurs descendants ne portent pas un projet de vengeance. Leur aspiration profonde est de vivre en paix, dans la sécurité, la garantie des droits et l’égalité, au sein d’un pays qui appartient à tous ses enfants sans distinction.

C’est pourquoi nous pensons que le changement est non seulement possible, mais inévitable. La véritable question n’est plus de savoir s’il aura lieu, mais comment il sera accompagné. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que cette évolution se déroule dans le dialogue, l’apaisement et l’inclusion, afin qu’aucun Mauritanien ne se sente exclu du projet national.

 

Pour les FLAM, ce tournant historique représente une opportunité unique de refonder la Mauritanie sur des bases saines : la vérité, la justice, la réconciliation et la citoyenneté égale pour tous. Si nous savons saisir ce moment avec courage et lucidité, notre pays pourra enfin réaliser tout son potentiel humain, économique et culturel.

 

Question : Enfin, quelle vision portez-vous pour la Mauritanie des dix prochaines années ?

 

Abibou Sall : Dans les dix prochaines années, je souhaite voir émerger une Mauritanie réconciliée avec elle-même, stable, juste et pleinement tournée vers son développement. Notre première ambition doit être de garantir la souveraineté alimentaire du pays. La Mauritanie dispose de terres, d’eau, de savoir-faire et d’un potentiel humain considérable. En investissant massivement dans l’agriculture, l’élevage, la pêche et les infrastructures rurales, nous pouvons nourrir notre population, réduire notre dépendance extérieure et créer des milliers d’emplois.

 

Nous devons également mieux valoriser nos ressources naturelles. Qu’il s’agisse des minerais, du gaz, de la pêche ou de l’agriculture, une plus grande part de la valeur ajoutée doit être créée sur notre territoire. Même sans aller immédiatement jusqu’au produit fini, chaque étape de transformation locale permettra de générer davantage de revenus, d’emplois qualifiés et de ressources pour financer nos priorités nationales.

 

Ces ressources devront être investies en priorité dans l’éducation, la formation professionnelle, la santé, les infrastructures et le désenclavement des régions. Il est essentiel de faciliter la circulation des personnes, des marchandises et des idées afin de renforcer l’intégration économique et l’unité nationale.

Mais le développement économique n’a de sens que s’il s’accompagne d’un progrès social et politique. Dans dix ans, je souhaite une Mauritanie où chaque citoyen est

reconnu à l’état civil, bénéficie des mêmes droits, accède à une école de qualité, à des soins, à un emploi et à une justice impartiale.

 

Mon ambition est qu’au terme de cette décennie, plus aucun Mauritanien ne souffre de la faim, de l’exclusion ou du sentiment qu’il doit quitter son pays pour espérer vivre dignement. La Mauritanie doit devenir un pays où chacun peut étudier, travailler, entreprendre et construire son avenir en confiance.

C’est cette Mauritanie de justice, de prospérité partagée et de cohésion nationale que les FLAM souhaitent contribuer à bâtir avec l’ensemble des Mauritaniens.

TRUST Magazine

 

 

Début du convoyage des pèlerins mauritaniens de Médine vers la Mecque

L’opération de transfert des pèlerins mauritaniens de Médine à La Mecque a débuté aujourd’hui vendredi 15 mai courant, avec le départ du premier groupe pour accomplir les rituels du Hajj après avoir exécuter le rituels des 40 prières dans la ville du Prophète Paix et Salut sur Lui.

Les pèlerins sont partis à bord de bus où ils suivront des cours et des conseils dispensés par des juristes et des imams sur les règles du Hajj, y compris l’ihram, la talbiya et les types de rituels, en plus du comportement à tenir et ce que le pèlerin doit éviter pendant l’accomplissement des rituels.

L’opération de transfert des pèlerins mauritaniens vers La Mecque devrait se poursuivre progressivement dans les prochains jours.

La publication sans précédent de la BCM des Cahiers d’études en économie monétaire qualifiée de véritable virage intellectuel, analytique et institutionnel

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a officiellement lancé mardi dernier, mardi 12 mai 2026, sous la supervision du Gouverneur de la Banque d’Emission Monsieur Mohamed Lemine Ould Dhehby, le premier numéro des Cahiers d’Études en Économie Monétaire, publiés par le Centre d’Études en Économie Monétaire (CEEM).

Un évènement sans précédent qualifié par l’ex Gouverneur de la BCM Monsieur Abdel Aziz Ould Dahi, de signal fort de maturité institutionnelle et de véritable virage intellectuel, analytique et institutionnel, disant Bravo à la BCM pour cette avancée importante.

Ci-après l’intégralité de cet hommage :

La publication du premier numéro des Cahiers d’études en économie monétaire de la Banque Centrale de Mauritanie constitue une réalisation majeure et un signal fort de maturité institutionnelle.

En lançant une revue semestrielle à comité de lecture, portée par le Centre d’Études en Économie Monétaire, la BCM franchit une étape importante : celle d’une banque centrale qui ne se limite pas à conduire les politiques monétaires et financières, mais qui prend aussi le temps d’analyser, de documenter, de partager et de mettre en débat les transformations profondes de notre économie.

Ce premier numéro aborde des sujets structurants : la construction progressive d’une courbe des taux, les dynamiques de l’intermédiation financière, la réforme du régime de change, l’analyse du taux de change effectif réel, ainsi que le développement d’un modèle macroéconomique propre à la BCM.

Il s’agit là d’un véritable virage intellectuel, analytique et institutionnel. Cette publication s’inscrit dans la continuité des réformes structurantes engagées ces dernières années sous l’impulsion du Gouverneur Mohamed Lemine Dhehby, avec une ambition claire : renforcer la transparence, la qualité de l’analyse économique, la gouvernance des données et la capacité de la Banque Centrale à éclairer les décisions publiques.

Je tiens à féliciter chaleureusement la Banque Centrale de Mauritanie, le Centre d’Études en Économie Monétaire, le comité de rédaction, le conseil scientifique, ainsi que toutes les équipes ayant contribué à cette première publication.

Ce premier cahier est, sans aucun doute, le début d’une série appelée à enrichir durablement le débat économique et financier en Mauritanie.

Bravo à la BCM pour cette avancée importante

Une mauritanienne promue au sein de la haute administration du Crédit Agricole CIB pour bons et loyaux services

Une génération qui avance sans bruit mais avec impact, qui ne réclame pas sa place, mais la façonne, jour après jour. J’ai prêté cette phrase tirée d’un post publié en mars dernier par le confrère et compatriote Lassana Camara, sous le titre « une diaspora qui s’enracine et agit »,

en allusion aux exploits électoraux inédits réalisés par des expatriés mauritaniens en France, à l’occasion, de l’annonce des résultats des municipales françaises, dans une ambiance caractérisée par le péril de la droite.

Un post purement politique qui fait honneur à la Mauritanie et qui donne une bonne image de notre pays et de la valeur de ses femmes et hommes expatriés.

« C’est dans ce cadre que nous félicitons aujourd’hui, notre concitoyenne Maïry Kane, promue en récompense aux bons et loyaux services rendus au sein de l’Inspection Générale de Crédit Agricole CIB (CACIB), au poste de Chef de Mission Adjoint, avec une spécialisation en informatique.

Maïry occupait auparavant le poste d’auditrice IT et analyste de données au sein du cabinet d’audit Forvis Mazars, puis d’Inspectrice IT à l’Inspection Générale CACIB, rappelle-t-on.

Jouissant d’une licence de Gestion des Organisations (LSO) et d’un Master en Systèmes d’Information, Réseaux et Numérique (243) à Paris-Dauphine, cette ressortissante de Tékane dans le Sud mauritanien, la métropole nationale travail associatif de référence et engagé, parle l’Allemand, l’Anglais et le Français. »

L’annonce de sa nomination a suscité un grand élan de félicitations en Mauritanie, où sa promotion témoigne de la capacité des mauritaniennes et mauritaniens de la diaspora à se hisser à des postes toujours plus élévés, tant en politique que dans l’économique ou le numérique.

Le Crédit Agricole CIB, dont le siège est situé en France, en région parisienne (Montrouge), a été élu « Best International Sustainable Bank » (Meilleure banque internationale durable) pour la Chine continentale et Hong Kong par FinanceAsia lors des 30èmes FinanceAsia Awards 2026, réitérant son succès de l’année précédente, rappelle-t-on.

Cette distinction récompense son leadership dans la finance durable et ses objectifs du plan « ACT 2028.

La banque vise à l’horizon 2028, la mobilisation de 240 milliards d’euros de financements de la transition et 1 milliard d’euros de revenus issus de la finance durable.

En termes d’expertise, la banque est reconnue pour son rôle de pionnier en finance durable, avec des équipes basées à Hong Kong, Singapour, Tokyo et en Chine continentale.

Chinguitel annonce l’obtention de la première licence 5G pour développer l’avenir numérique en Mauritanie

Dans une étape stratégique qui marque l’aube d’une nouvelle ère de transformation numérique en Mauritanie, la société Chinguitel a annoncé aujourd’hui avoir officiellement obtenu la première licence d’exploitation des réseaux de cinquième génération (5G) dans le pays.

Cette avancée technologique représente un saut qualitatif qui reflète l’engagement constant de l’entreprise à offrir à ses clients les solutions de télécommunications les plus modernes et les plus avancées au monde, indique la socièté.

L’obtention de la licence 5G ne constitue pas seulement une évolution technologique, mais également un engagement de « Chinguitel » à développer et améliorer de manière globale l’infrastructure de son réseau.

Cette technologie permettra des vitesses de transfert de données ultra-rapides, dépassant largement les normes actuelles, ainsi qu’un temps de latence extrêmement réduit, ouvrant ainsi la voie à des applications innovantes dans les domaines de la santé numérique, de l’enseignement à distance et des villes intelligentes.

L’entreprise mettra également l’accent sur l’amélioration de la qualité de la couverture et de la stabilité du service afin de garantir une expérience utilisateur exceptionnelle, répondant aux attentes des particuliers comme du secteur professionnel.

Cette réalisation reflète également la profondeur des liens fraternels et des racines historiques unissant la Mauritanie et le Soudan. Chinguitel apparaît ainsi comme un symbole vivant de la solidité de ces relations authentiques, affirmant son rôle de passerelle de communication fraternelle visant à renforcer la coopération historique et à la transformer en une réalité technologique et de développement au service des intérêts communs des deux pays.

À cette occasion, le Directeur Général de Chinguitel, l’ingénieur Gafar Saleh, a déclaré :

« L’obtention de la première licence 5G traduit notre grande confiance dans le marché mauritanien et dans son climat d’investissement attractif. Nous sommes déterminés à accompagner la vision nationale de transformation numérique et nous poursuivrons nos investissements dans le développement de notre réseau afin d’offrir les meilleurs services, contribuant ainsi à la croissance de l’économie nationale et à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens. »

La société prévoit de lancer prochainement les phases opérationnelles du projet selon un calendrier ambitieux, afin de garantir une exploitation optimale de cette technologie révolutionnaire

Les Haratines et la face cachée de la question … Par le maire de Boulahrath, l’ingénieur Baba Brahim Boïlil

Un examen approfondi de l’histoire de la question des Haratines dans ce pays révèle des points clés qui ont façonné cette injustice historique. On peut la résumer en trois phases :

1. La lutte contre l’esclavage : Cette phase a été marquée par les efforts des nationalistes Haratines qui ont milité et exercé des pressions en ce sens, aboutissant au mouvement « El Hor » en 1978.

2. La lutte pour la reconnaissance morale du sort des Haratines : Cette phase a permis de briser la stigmatisation et la honte que certains Harratines ressentaient en prononçant le mot. Les mouvements nationalistes Haratines ont joué un rôle important dans cette prise de conscience, notamment le mouvement IRA, la Fondation Sahel, SOS Esclaves et le Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines.

Ces deux phases ont été déterminantes dans l’histoire de la cause Haratines, contribuant à sensibiliser toutes les couches de la société. La société dans son ensemble a pris conscience de l’ampleur et de la gravité de ce problème pour l’avenir du pays. Les Haratines ne tolèrent plus la perpétuation de l’injustice, et aucun segment de la société mauritanienne n’ignore leurs griefs ni la nécessité de trouver des solutions.

Par conséquent, la phase actuelle exige une lutte d’une tout autre ampleur que les précédentes. La prise de conscience sociale nécessaire concernant ce problème a atteint un point critique, et pour préserver la légitimité, la noblesse et l’humanité de la cause, elle ne peut se limiter aux deux phases précédentes.

La phase actuelle requiert un effort collectif de la société pour trouver des solutions appropriées et des mécanismes novateurs qui intègrent des solutions fondamentales à ce problème et à d’autres enjeux nationaux urgents qui menacent l’unité du pays. Ces solutions devraient reposer en priorité sur la promotion de la scolarisation, l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables, la facilitation de leur accès à l’éducation à tous les niveaux et la création d’un développement local ciblant les zones où se concentrent les inégalités telles que l’ignorance, l’isolement et le manque d’accès aux services publics.

La responsabilité de résoudre ce problème et d’autres enjeux nationaux majeurs incombe principalement à l’État, car il est le véritable garant de la sécurité, de la stabilité et de la continuité du pays. Cependant, cela n’exonère pas les dirigeants communautaires, les élites, les intellectuels et les professionnels, queles que soient leurs origines ou leur appartenance ethnique, de leur responsabilité nationale et morale de présenter des solutions saines et légitimes aux différents problèmes, de manière à rassembler tous les citoyens.

Concernant les actions de l’État à travers ses différentes phases dans la poursuite de cette noble et légitime cause, on peut les résumer en trois étapes :

1. L’abolition de l’esclavage en 1981 : elle a été l’aboutissement de luttes de sensibilisation qui ont permis à la société de comprendre la nécessité de cette décision.

2. La lutte contre les séquelles de l’esclavage : elle a impliqué la création de tribunaux spécialisés et a résulté d’une lutte qui a permis de prendre conscience de l’importance de cette mesure.

3. La recherche de solutions de développement et la création de programmes : pour traiter la question de Haratines et d’autres préoccupations nationales, c’est l’étape que nous traversons actuellement.

Tant que le problème persiste, quiconque observe les mesures et les programmes actuels du gouvernement constatera l’importance accordée à l’éducation et au développement social. Ce sont là les véritables solutions au problème social des Haratines et aux autres problèmes nationaux liés aux griefs historiques.

La lutte des Haratines doit aujourd’hui se concentrer sur l’éducation et l’amélioration des conditions sociales des groupes vulnérables, car l’éducation est essentielle pour briser le cycle de l’ignorance et du dénuement. Une personne instruite est avant tout consciente d’elle-même et, ensuite, consciente de ses droits.

Dans la perspective d’un État civil multiethnique et multiculturel, nous devons rechercher des solutions globales et inclusives, exemptes de sélectivité, qui englobent tous les groupes vulnérables qui font partie d’un présent dans lequel l’État se trouve malgré lui, en raison de l’héritage d’un passé révolu.

Le gouvernement a fait sous la direction de Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, de la protection sociale et de l’éducation un objectif stratégique. Plusieurs programmes ont été lancés pour soutenir les groupes vulnérables, majoritairement Haratines, témoignant de la conscience qu’a le Chef de l’État de la sensibilité des enjeux nationaux, en particulier la question Haratines.

Conformément aux directives de Son Excellence le Président, le gouvernement a mis en place de nouveaux programmes et approches pour garantir l’égalité des chances et améliorer l’accès à l’éducation pour les groupes défavorisés. Ces programmes comprennent :

1. Le Programme scolaire républicain : Ce programme offre un accès égal à l’éducation à tous les citoyens dans un environnement d’apprentissage unique et financé par l’État, en levant les obstacles et en favorisant les échanges.

2. Le Programme d’excellence républicain : Ce programme s’adresse aux enfants issus des familles les plus vulnérables, scolarisés au collège et au lycée. Il prend en charge leur hébergement, leurs repas, leurs fournitures scolaires et leur verse une allocation mensuelle. Les bénéficiaires ont été sélectionnés par le biais du registre social, et la majorité sont Haratines. La phase pilote initiale a concerné plus de 300 enfants de différentes wilayas de Mauritanie.

3. Programme de bourses d’études supérieures pour les enfants inscrits au registre social : Ce programme permettait à tous ceux qui avaient obtenu une note de 9 ou plus à l’examen du baccalauréat de bénéficier d’une bourse universitaire. Plus de 6 000 élèves, majoritairement Haratines, en ont bénéficié.

4. Programme d’internat pour élèves : Ce programme s’adressait aux élèves issus de familles défavorisées inscrites au registre social, majoritairement Haratines, et leur offrait un logement décent sous la tutelle de l’État.

5. Programme de développement des villes solidaires : Ce programme visait à lutter contre l’habitat informel et à faire évoluer les mentalités dans les zones rurales, principalement habitées par des Haratines, en créant des regroupements modernes dotés de services publics complets.

Le premier projet pilote a été lancé en 2025 dans la municipalité de Boulahrat, relevant de la moughataa de Barkeol.

6. Programme de solidarité : Ce programme a bénéficié à la majorité des familles pauvres, notamment en milieu rural, majoritairement Haratines, grâce à une aide financière régulière qui dynamise l’économie locale.

7. Programme national d’assurance maladie (CNAM) : Ce programme couvrait la majorité des familles pauvres inscrites au registre social, majoritairement des Haratines, par l’intermédiaire de la délégation « Taazzour ».

8. Programme de solidarité sanitaire « CNASS » : Ce programme vise à fournir des soins de santé aux personnes travaillant dans le secteur informel, majoritairement des Haratines.

Tous ces programmes ciblent spécifiquement les groupes vulnérables et marginalisés, en particulier les Haratines, une initiative louable qui fait honneur au gouvernement et au chef de l’État.

Que se passerait-il si ce travail était accompagné soutenu par une campagne de sensibilisation et d’éducation communautaire mettant l’accent sur la nécessité pour ces groupes vulnérables, notamment les Haratines, d’avoir accès à ces programmes ?

Est-il nécessaire de mettre en place des programmes de sensibilisation et d’éducation communautaires pour souligner l’importance d’inclure ces groupes vulnérables, notamment les Haratines, dans ces programmes ?

Quel serait l’impact si le gouvernement et l’État adoptaient les propositions et solutions des leaders communautaires, des intellectuels et des experts concernant nos problèmes nationaux, au lieu de s’accrocher à des approches dépassées et qui, par leurs méthodes rigides et figées, font peut-être plus de mal que de bien ?

La lutte pour une cause sociale doit-elle rester stagnante, cantonnée au seul problème lui-même ? N’est-il pas temps de passer du problème à la recherche et à la mise en œuvre de solutions ?

Diverses problématiques nationales liées à des griefs historiques, comme la question des Haratines, exigent une approche globale qui implique tous les Mauritaniens et concilie la légitimité de ces problèmes avec l’impératif de coexistence pacifique entre tous les citoyens au sein d’un État civil moderne.

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