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Mauritanie et Algérie renforcent leur coordination militaire… Quel est le rôle du Mali?

Dans un contexte régional de fortes transformations, la coordination militaire entre la Mauritanie et l’Algérie n’est plus un luxe diplomatique ni la simple continuation de relations de bon voisinage. Elle est devenue un choix stratégique dicté par l’évolution rapide des réalités de terrain, notamment la dégradation de la sécurité au Mali et l’érosion des accords régionaux qui ont régi la région du Sahel au cours de la dernière décennie.

La première réunion de coordination sécuritaire de 2026, qui s’est tenue récemment à Tindouf, entre les délégations militaires de haut niveau des deux pays, n’était pas en effet un événement de routine dans le cadre de la coopération bilatérale. La participation du commandant de la Deuxième Région militaire mauritanienne et du commandant du Secteur Opérationnel Sud algérien témoigne d’un changement de paradigme : d’une planification centralisée, on passe à une approche de terrain plus en phase avec les réalités frontalières.

Les discussions relatives au développement de mécanismes conjoints de coordination en matière de sécurité indiquent que les deux pays ne se contentent plus d’échanger des informations, mais s’orientent vers la construction d’un système opérationnel intégré fondé sur la préemption, le déploiement coordonné et, le cas échéant, l’intervention parallèle.

La dynamique actuelle de la coordination militaire mauritanienne-algérienne trouve son origine dans la visite déterminante du lieutenant-général Saïd Chengriha à Nouakchott en octobre 2014, qui a marqué un tournant, faisant passer la coopération traditionnelle à un partenariat plus structuré et approfondi. Depuis cette visite, la mise en œuvre concrète de cette coopération s’est amorcée au niveau des zones militaires frontalières, où les commandants assurent désormais la liaison opérationnelle de cet accord stratégique, grâce à une coordination directe sur le terrain. Cette coordination permet de traduire les conclusions de la visite de Chengriha, initialement fixées au stade d’accords, en une doctrine opérationnelle commune.

Une dynamique croissante

Cette étape s’inscrit dans le prolongement d’une série accélérée de réunions et de visites militaires réciproques, notamment la visite d’une délégation militaire mauritanienne de haut niveau en Algérie fin mars, et les réunions d’état-major consacrées à l’évaluation des activités conjointes et à la planification de la phase suivante. Par ailleurs, la visite du directeur de la sécurité de l’armée algérienne à Nouakchott et les séances de travail qui l’ont accompagnée avec les responsables du renseignement militaire mauritanien témoignent que la coopération ne se limite plus aux aspects traditionnels, mais englobe désormais des domaines sensibles tels que le renseignement, la sécurité des frontières et la lutte contre les réseaux transnationaux.

Cette évolution reflète, en substance, une volonté de construire ce que l’on pourrait appeler une « doctrine de sécurité partagée » entre les deux pays, fondée sur une compréhension convergente de la nature des menaces et sur une volonté de partager la charge de leur confrontation.

Le facteur de pression

Mais derrière cette dynamique militaire se profile le Mali, facteur de pression qui redéfinit les priorités. Depuis la prise de pouvoir de la junte militaire actuelle à Bamako, le pays s’est engagé dans une confrontation avec ses voisins régionaux, aboutissant non seulement à l’annulation de l’accord de réconciliation de 2015 entre Bamako et les Touaregs, dont l’Algérie était le principal instigateur, mais aussi à la rupture des relations diplomatiques avec l’Algérie.

Cette décision compromet l’un des piliers les plus importants de la stabilité dans le nord du Mali, ouvrant la voie à une reprise du conflit armé et exacerbant l’instabilité frontalière, qui affecte directement la Mauritanie et l’Algérie.

Plus inquiétant encore, le comportement des autorités maliennes ne se limite plus à la sphère intérieure, mais s’étend à ses voisins par l’escalade des tensions avec Nouakchott. Ces tensions se sont traduites par des accusations mutuelles, des actes de harcèlement contre les habitants des villages frontaliers, et même des pertes humaines, dans un scénario qui évoque une escalade incontrôlée.

Le comportement des autorités mauritaniennes ne se limite plus à la sphère intérieure, mais s’étend désormais à la périphérie, à travers l’escalade des tensions avec Nouakchott.

Dans ce contexte, la frontière commune entre la Mauritanie et l’Algérie, longue d’environ 460 kilomètres, acquiert une importance accrue. Elle n’est plus seulement un espace d’échanges commerciaux ou de contrebande traditionnelle, mais s’est transformée en une zone de contact complexe où convergent réseaux criminels organisés, routes migratoires irrégulières et mouvements de groupes armés.

Dès lors, la coordination des patrouilles conjointes, l’échange d’informations en temps réel et l’harmonisation des évaluations de la situation sécuritaire deviennent une nécessité pratique, et non une option politique.

Ce qui est frappant dans le rapprochement mauritanien-algérien, c’est sa progression constante, indépendante des fluctuations des relations de la Mauritanie avec les autres acteurs régionaux. Ceci témoigne de l’engagement de l’Algérie à consolider son partenariat avec Nouakchott comme un choix stratégique à long terme, affranchi des conjonctures.

À l’inverse, la Mauritanie, qui a relativement bien réussi à maintenir sa neutralité dans les conflits du Sahel, semble comprendre que le maintien de cet équilibre exige le renforcement de ses frontières orientales en partenariat avec une puissance régionale majeure comme son voisin, l’Algérie.

Construire un équilibre

Les spécialistes du Sahel estiment que cette coordination croissante entre la Mauritanie et l’Algérie s’inscrit dans un effort plus large de reconstruction d’un équilibre sécuritaire régional, compte tenu du déclin des rôles traditionnels, de l’émergence de nouveaux acteurs et de l’évolution des menaces.

Les observateurs s’accordent à dire que la situation sécuritaire au Sahel, marquée par une recrudescence des activités terroristes et l’expansion des groupes armés sur de vastes territoires, notamment le long des frontières nord de la Mauritanie et sud de l’Algérie, nécessite une coopération sécuritaire renforcée entre les deux pays, en particulier en matière de partage de renseignements, de contrôle des frontières et de lutte contre la contrebande et le crime organisé.

L’approche sécuritaire n’est plus réactive, mais proactive, et repose sur la mise en place de réseaux de coordination flexibles, capables de s’adapter à un environnement en constante évolution.

Ce qui se passe aujourd’hui entre la Mauritanie et l’Algérie ne relève pas d’une simple coopération militaire traditionnelle, mais d’une réévaluation conjointe…

La fonction des frontières et le rôle des armées nationales dans un espace régional ouvert à toutes les possibilités. Face à l’impasse au Mali et à l’escalade des tensions, Nouakchott et Alger semblent avoir opté pour une coordination discrète et profonde, dont l’objectif principal est de sécuriser leur sphère d’influence commune et d’empêcher la propagation du chaos, quel qu’en soit le prix.

 

Abdallahi Maouloud

El Qhods El Arabi

Le Parti El Islah organise un débat sous le thème « El Islah (réforme) face à la corruption »

Le Parti El Islah « La réforme » a organisé aujourd’hui samedi 25 avril 2026, un débat sous le thème « El Islah face à la corruption »,  dans la salle de réunion relevant de son siège central à Nouakchott.

Cette table ronde avait été présidée par le Président du Parti El Islah, le professeur Mohamed Ould Talebna, qui a présenté d’emblée, après avoir souhaité la bienvenue aux invités et experts, les fondements dudit débat et la vision du parti par rapport à la problématique de la corruption. Plusieurs personnalités politiques et universitaires, experts et des représentants d’organisations de la société civile avaient pris part à ces discussions.

Le parti El Islah est l’une des premières formations politiques à présenter sa vision stratégique, articulée autour de vingt points qui constituent le cœur du débat politique national, a affirmé dans  son discours d’ouverture de cette table ronde, le professeur Mohamed Ould Talebna.

Parmi ces points, il a cité la vision du parti sur la question de la corruption, qui découle de la responsabilité politique, la plus haute responsabilité, une responsabilité confiée par Allah le Tout-Puissant à l’humanité.

Ce débat sur la problématique de la corruption s’inscrit dans le cadre du soutien à la Stratégie nationale anticorruption 2023-2030, articulée autour de cinq piliers et instituée par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le Parti El Islah s’est engagé à soutenir Son Excellence le Président de la République dans la lutte contre la corruption, l’extrémisme et les forces du nihilisme, disant que la corruption du point de vue de son parti ne se limite pas à la corruption financière ou à la mauvaise gestion, mais englobe la corruption au sens le plus large.

Par la suite, le Secrétaire exécutif chargé des Affaires politiques, M. Mohamed Saleck Ould Brahim, a présenté la vision du Parti El Islah pour lutter contre la corruption et son impact profond sur l’État et la société. Le phénomène de la corruption, sous toutes ses formes, constitue un obstacle majeur à toute tentative de transition démocratique, de stabilisation et de construction d’un État fort, a-t-il souligné. Toujours selon lui, la vision du parti El Islah repose sur une approche sérieuse et efficace de la lutte contre la corruption, présentant par la suite les mesures proposées par le parti à ce sujet.

La parole a ensuite été donnée au premier intervenant du Parti El Islah, Ahmed Ould Mohamed Vall Ould Eleya, ancien commissaire régional à la retraite et ancien directeur de la police judiciaire, membre du Comité des sages et membre du Conseil national du Parti El Islah. Il a été suivi par le Dr Sow Mamadou, professeur de sciences politiques à l’Université de Nouakchott et membre du Bureau exécutif du Parti El Islah.

Le débat a été enrichi par une série d’interventions précieuses présentées par les invités, experts et personnalités influentes, à commencer par M. Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre et ancien sous-secrétaire général des Nations Unies ; M. Mohamed Ould Hanani, ancien président de la Cour suprême ; M. Sidi Ould Ahmed Deya, ancien ministre et inspecteur Général d’État ; Dr Abidine Ould El Khayr, ancien ministre de la Justice et président du Centre national d’arbitrage.

Étaient également présents à ces échanges, le magistrat de la Cour des comptes, Dr Idriss Horma Bebana ; l’ancien directeur de l’Autorité de surveillance des marchés publics, l’ingénieur Ahmed Bab Cheikh ; le professeur agrégé Khalil Enahoui ; l’ancien Wali Sall Saidou ; l’ex secrétaire général de plusieurs Départements ministériels, l’ingénieur Idoumou Ould Abdi Ould Jiyid ; l’ancien ministre Mohamed Vall Ould Bilal ; l’avocat Mohamed Ould Babah, membre du barreau national ; l’ancien Sénateur Mohamed Ould Ghadda, directeur de l’organisation Transparency International Inclusive; les universitaires Dr Cheikh Ould Zein Ould El Limam ; l’ancien député Jemal Ould Mokhtar El Lahy ; l’ancien sénateur Haimoud Ould Ahmed ; le professeur Mohamed El Lemine Ould El Vadel, représentant la Coalition nationale pour la citoyenneté et la lutte contre la corruption ; l’ancien Wali et administrateur civil Isselmou Ould Eminou ; et l’ancien sénateur El l Mustapha Sidatt, secrétaire général de l’organisation Transparency International.

Outre les intervenants, plusieurs personnalités nationales ont assisté à l’événement, parmi lesquelles le professeur et homme politique Isselmou Ould Mahjoub, l’ancien sénateur Mohamed Lemine Ould Bneijara, le journaliste Abdallah Ould Mohamedou, l’expert international et sociologue Dah Ould Khtour, le colonel (à la retraite) et chercheur El Boukhary Mohamed Mouemel, Dr Didi Ould Saleck, président du Centre maghrébin d’études stratégiques, l’économiste Abdel Aziz Wane et le chercheur Brahim Ould Khattry.

Ce débat s’est tenu en présence de plusieurs figures importantes du Parti El Islah.

Dr Coumba Ba à la tête de la Francophonie : une ambition légitime portée par la vision stratégique de la Mauritanie

Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres et la montée en puissance du soft power, la candidature de la Mauritanie au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, portée par Coumba Ba, s’impose comme une démarche à la fois ambitieuse, cohérente et profondément stratégique.

Depuis plusieurs années, la Mauritanie affirme progressivement sa place sur la scène internationale. À travers une diplomatie active, équilibrée et pragmatique, elle développe un soft power fondé sur le dialogue, la stabilité et sa capacité à créer des ponts entre différentes aires culturelles.

Car la Mauritanie n’est pas un pays comme les autres : elle est à la fois africaine, arabe et sahélienne — un véritable carrefour géopolitique et culturel. Cette singularité lui confère une légitimité particulière pour porter les valeurs de la Francophonie dans un monde de plus en plus fragmenté.

Un ancrage africain et arabe assumé

Loin des lectures simplistes, la Mauritanie a toujours su conjuguer ses appartenances multiples. Son engagement au sein des organisations régionales africaines et arabes témoigne d’un ancrage solide, reconnu et assumé.

Dans ce contexte, la candidature de Coumba Ba apparaît comme l’expression naturelle de cette identité plurielle, capable de dialoguer avec toutes les sensibilités de l’espace francophone — de l’Afrique de l’Ouest au Maghreb, en passant par le Moyen-Orient.

Une vision présidentielle structurée

Contrairement à certaines perceptions, cette candidature ne relève ni du hasard ni de l’improvisation. Elle s’inscrit dans une vision stratégique portée au plus haut niveau de l’État, notamment par Son Excellence Mohamed Ould Ghazouani, Président de la République.

Tout indique que cette ambition a été mûrement réfléchie et préparée dans la durée. Le choix de Coumba Ba s’inscrit ainsi dans une démarche structurée visant à positionner durablement la Mauritanie au sein des grandes instances internationales.

Un profil d’excellence au service d’une mission globale

Dans un environnement aussi exigeant que celui de la Francophonie, le choix du leadership est déterminant. Et sur ce point, Coumba Ba s’impose comme une évidence.

Par son parcours, son expertise et sa connaissance des dynamiques internationales, elle incarne une figure de compétence et de rassemblement, capable de porter une vision moderne, inclusive et pragmatique de la Francophonie.

Son profil ne se limite pas à répondre aux exigences du poste : il correspond pleinement aux défis actuels et futurs de l’organisation.

Un leadership féminin porteur d’avenir

Au-delà de ses dimensions diplomatiques et stratégiques, la candidature de Coumba Ba met également en lumière une réalité essentielle : la montée en puissance du leadership féminin en Mauritanie et en Afrique. Dans un contexte où les organisations internationales s’engagent de plus en plus en faveur de l’égalité des genres et de l’inclusion, cette candidature constitue une opportunité majeure de promouvoir une représentation plus équilibrée aux plus hauts niveaux de décision.

Elle incarne non seulement l’excellence et la compétence, mais aussi une vision renouvelée du leadership, plus inclusive, plus collaborative et mieux ancrée dans les réalités contemporaines. Soutenir cette candidature, c’est également affirmer la place des femmes africaines dans la gouvernance mondiale et contribuer à faire évoluer durablement les équilibres au sein des instances internationales.

Mobiliser toutes les forces : un impératif stratégique

L’histoire récente montre que les grandes candidatures internationales ne réussissent que lorsqu’elles sont portées collectivement.

À l’image de la candidature de Sidi Ould Tah à la tête de la Banque africaine de développement, le succès repose sur une mobilisation coordonnée et stratégique.

Il est donc essentiel que :

l’État mobilise une équipe dédiée de haut niveau ;

la diplomatie mauritanienne déploie pleinement son expertise ;

la société civile s’engage activement.

Les intellectuels, les étudiants, les diasporas et les partenaires de la Francophonie ont un rôle clé à jouer. Un plaidoyer structuré, discret mais efficace doit être mené dans les capitales et les cercles d’influence.

Dépasser les critiques : vers une Francophonie du XXIe siècle

Certaines critiques évoquent une contradiction liée à la place de la langue arabe en Mauritanie. Cette lecture réductrice passe à côté de l’essentiel.

La Mauritanie incarne aujourd’hui une dynamique d’ouverture et de dialogue, capable de dépasser les clivages linguistiques. La Francophonie du XXIe siècle ne saurait être réduite à une seule langue : elle est un espace de coopération, de valeurs et d’influence.

À ce titre, la Mauritanie est non seulement légitime, mais également bien placée pour contribuer à son renouvellement.

Un moment historique à saisir

La candidature de Coumba Ba dépasse largement une ambition individuelle. Elle constitue une opportunité stratégique majeure pour la Mauritanie de renforcer son rôle sur la scène internationale.

Toutes les conditions semblent aujourd’hui réunies : une vision claire, une candidate de grande qualité, une diplomatie expérimentée et des ressources humaines engagées.

Il appartient désormais à la Mauritanie de transformer cette ambition en réussite.

Par Amadou Ba, Expert en Gouvernance et Droits Humains

Le développement d’une coordination sécuritaire conjointe au centre de discussions militaires entre Nouakchott et Alger

Des délégations militaires algérienne et mauritanienne se sont rencontrées à Tindouf, où elles ont  discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune »

La délégation de l’armée mauritanienne,  conduite par le colonel Cheikh Sidi Bouya Saleck, commandant de la Deuxième Région militaire (frontalière avec l’Algérie), et celle de l’Armée nationale populaire algérienne était dirigée  par le général de division Meradji Kamal, commandant du Secteur opérationnel Sud à Tindouf (également frontalier avec la Mauritanie), avaient participé à cette réunion.

L’armée mauritanienne a indiqué que les deux parties ont discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune ».

Cette réunion intervient alors que les deux pays sont confrontés à des défis communs, notamment la menace que représentent les organisations terroristes contrôlant des zones dans les pays sahéliens voisins, en particulier le Mali, frontalier de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que la menace que représentent les réseaux criminels transnationaux organisés et les réseaux de trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes opérant dans la région du Sahara.

Depuis 2016, l’exploitation artisanale de l’or s’est développée en Mauritanie, attirant des dizaines de milliers de jeunes qui prennent le risque de pénétrer dans des zones militaires fermées et de franchir la frontière algéro-mauritanienne pour extraire de l’or en territoire algérien. Cette pratique a conduit à l’arrestation de certains d’entre eux par l’armée algérienne.

L’exploitation artisanale de l’or est l’une des questions les plus sensibles, gérée avec prudence de part et d’autre de la frontière algéro-mauritanienne, par crainte que des groupes extrémistes ou des réseaux criminels n’exploitent cette activité pour financer leurs opérations.

Pour relever ce défi, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente à Nouakchott en avril 2021 afin de créer un comité frontalier conjoint. Ce comité est chargé de coordonner et de développer la coopération dans les domaines de la sécurité, de l’économie, de la culture et de la gestion des crises dans les régions frontalières.

Il a été annoncé à l’époque que l’objectif du comité est de renforcer les échanges économiques, commerciaux, culturels et sportifs entre les régions frontalières, ainsi que de sécuriser la frontière commune et de lutter contre la criminalité organisée et l’immigration irrégulière, dans le cadre de la réponse aux enjeux de sécurité et de développement.

Par ailleurs, cette réunion sur la sécurité fait suite à celle du comité de coopération bilatérale, qui s’est tenue début avril en Algérie. Lors de cette réunion, les participants ont discuté de projets de coopération conjoints, dont le plus important est la route reliant Tindouf (Algérie) à Zouérat (Mauritanie).

Ce projet est présenté comme l’un des plus importants pour le développement des deux pays. L’Algérie souhaite l’utiliser pour accéder au marché ouest-africain via la Mauritanie, tandis que Nouakchott ambitionne de diversifier ses importations en s’ouvrant davantage au marché algérien.

Longue de 850 kilomètres, la route traverse un désert accidenté et inhabité. Sa construction est assurée par plus de dix entreprises algériennes. Malgré l’avancement des travaux, la route se heurte à d’importantes difficultés liées à l’environnement difficile dans lequel elle est construite.

L’année dernière, les autorités algériennes ont confirmé leur intention d’achever la route au plus tard en juillet de cette année, soit dans un délai de trois mois seulement. Cependant, certains éléments laissent présager un possible retard. La réunion s’est tenue à l’extrême sud-ouest de l’Algérie, près de la frontière entre les deux pays, dans le but de « développer une coordination sécuritaire conjointe », selon un communiqué de l’armée mauritanienne.

L’armée mauritanienne a précisé sur sa page Facebook qu’il s’agissait de « la première réunion de coordination sécuritaire de 2026 », en référence aux rencontres de sécurité organisées par les chefs militaires des deux pays.

Chargh El Ewsatt

Le Parquet Général revient sur les circonstances du décès de la jeune Fatimata Hamadi Ba

Le procureur de la République près la wilaya de Nouakchott Nord, M. Cheikh Baye Ould Sidi, a tenu vendredi soir, au siège du tribunal, une conférence de presse conjointe avec le directeur général du Centre national hospitalier et un médecin légiste, consacrée à l’éclairage de l’opinion publique sur les circonstances du décès de la jeune Fatimata Hamadi Ba.

Le procureur de la République a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans le cadre du souci du ministère public d’informer l’opinion publique sur le déroulement de l’enquête, soulignant que le parquet a été surpris par la diffusion de photos de la défunte sur certaines plateformes et sites après la remise du corps à sa famille pour inhumation. Il a appelé l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité et à respecter la vie privée de la victime.

Il a précisé que le traitement du dossier a été conduit sur deux volets : le premier relatif aux circonstances de la découverte du corps, de son transport et de son autopsie, et le second portant sur les investigations en cours visant à identifier les personnes ayant été en contact avec la défunte avant son décès.

Selon ses déclarations, le corps a été découvert dans la matinée du samedi 18 du mois en cours à proximité de la mosquée dite « mosquée Ould Ahmedou », dans la moughataa de Dar Naim. Il a été immédiatement transféré, après alerte des autorités compétentes, vers l’hôpital Cheikh Zayed, où il a fait l’objet d’un examen initial par un médecin généraliste et la police technique et scientifique, sous la supervision du parquet.

Il a ajouté qu’en l’absence de tout document d’identité sur la victime, ses empreintes digitales ont été relevées puis confrontées au fichier national des empreintes, permettant ainsi son identification grâce à son numéro national d’identité.

Sa famille a ensuite été contactée et informée des mesures prises, avant que le corps ne soit transféré au Centre national hospitalier pour autopsie, à la demande des proches.

Le procureur a également indiqué que l’enquête a inclus l’exploitation des données téléphoniques, permettant d’identifier une personne ayant été en contact avec la victime dans la moughataa d’Arafat, laquelle a été interpellée. Ses déclarations ont conduit à un second individu, identifié comme étant celui qui hébergeait la jeune femme dans un appartement meublé situé à Tevragh-Zeina, à proximité du carrefour dit « Carrefour Jambour ».

Les investigations ont permis de reconstituer les horaires d’entrée et de sortie de la victime de cet appartement. Le principal suspect a ensuite été localisé et interpellé au Sénégal, puis remis aux autorités mauritaniennes, dans un délai n’excédant pas 48 heures.

Le procureur de la République a réaffirmé l’engagement du ministère public à exercer ses missions avec fermeté, dans le respect de la loi et pour la protection de la sécurité publique, appelant à la rigueur dans la diffusion des informations.

De son côté, le directeur général du Centre national hospitalier a précisé que l’autopsie a été réalisée conformément aux normes médicales et légales en vigueur, après réception du corps et ouverture de l’enquête judiciaire.

Le médecin légiste, le Dr Ahmed Ould Zeine, a indiqué que l’autopsie s’est déroulée en deux phases : une première phase d’examen externe ayant révélé des éraflures superficielles, et une seconde phase d’examen interne portant sur les organes vitaux, notamment le cœur, les poumons et le cerveau.

Il a affirmé que les résultats ont montré une intégrité générale des organes vitaux, sans lésions graves ni éléments permettant d’établir un traumatisme susceptible d’être la cause directe du décès.

Un rapport médico-légal détaillé a été établi et le corps a été remis à la famille conformément aux procédures légales en vigueur.

Enfin, le parquet a rappelé, dans un communiqué publié à l’issue de la conférence de presse, qu’il demeure à la disposition de la famille de la victime afin de répondre à toute démarche jugée utile pour garantir l’intégralité de ses droits, dans le strict respect de la loi et de la présomption d’innocence.

Le Président nomme son quota au Conseil de l’Autorité Nationale Anti-Corruption

La Présidence de la République a annoncé par décret publié aujourd’hui vendredi 24 avril 2026, la liste des personnes nommées par le Président Mohamed Cheikh El Ghazouani, membres du Conseil de l’Autorité Nationale Anti-Corruption.

Les membres coptés sont : :

– Ahmed Mohamed Salem Massoud ;

– Baba Amadou Ndiaye ;

– Sidi Abdullah Mohamed El-Mokhtar El-Bechir ;

– Ammar Mohamed Lemine El Mouch ;

– Mohamed Djèh, Sidaty Mohamed EL Mahfoudh ;

-Mariem Bilal Salem.

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