par Webmaster | 23 04 26 | Actualitès, Sociétés
En visite hier mercredi à Nouakchott, la Directrice générale adjointe et Directrice régionale pour l’Afrique à l’Organisation Internationale du Travail (OI), Mme Fanfan Rwanyindo Kayirangwa, a salué la vision consistant à bâtir une Mauritanie plus inclusive.
Une vision où les citoyens bénéficient d’une couverture de protection sociale, a ajouté le haut responsable de l’OI, réaffirmant également la disponibilité du Bureau International du Travail à accompagner les efforts du gouvernement mauritanien dans la réalisation des objectifs de son programme relatifs à la promotion de l’emploi et au renforcement du système de sécurité sociale.
Fanfan Rwanyindo Kayirangwa a été reçue en audience hier mercredi à Nouakchott par le Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay.
Au cours de cette rencontre, les deux parties ont examiné les moyens de renforcer les relations de partenariat et de coopération entre la Mauritanie et cette organisation internationale, notamment dans les domaines du travail et de la sécurité sociale.
À l’issue de l’audience, la directrice régionale a exprimé, dans une déclaration à l’Agence mauritanienne d’information, ses remerciements au gouvernement de la République islamique de Mauritanie pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité dont elle a bénéficié depuis son arrivée dans le pays, saluant également l’invitation qui lui a été adressée.
Elle a ajouté avoir été honorée de rencontrer le Premier ministre, précisant que les discussions ont porté sur les résultats des forums généraux sur la sécurité sociale, qui constituaient l’objet principal de sa visite en Mauritanie.
Elle a indiqué que cette rencontre lui a permis de s’informer sur le mode de fonctionnement du gouvernement mauritanien, qui accorde une importance particulière au renforcement de la justice sociale à travers des politiques globales de sécurité et de protection sociale.
Ces politiques se reflètent dans la stratégie nationale et se sont concrétisées de manière tangible lors du forum général organisé en Mauritanie, a-t-elle précisé, estimant que cette orientation est en adéquation avec les objectifs et les programmes de l’Organisation internationale du Travail.
La rencontre s’est déroulée en présence de la ministre de la Fonction publique et du Travail, Mme Mariem Mint Boydiel Houmeid, du directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, M. Fouad El Mokhtar Nach, ainsi que du conseiller du Premier ministre, M. Haroun Adeighbi.
par Webmaster | 23 04 26 | Actualitès, Economie
La troisième édition du salon « Expo Mauritanie 2026 », qui s’ouvrira demain jeudi, connaîtra une participation record de 212 stands, dont 24 nouvelles unités industrielles, a annoncé le président de l’Union nationale du patronat mauritanien, M. Mohamed Zine El Abidine Ould Cheikh Ahmed.
Cette annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue à la veille de l’ouverture du salon.
Le président de l’Union a souligné l’ampleur de la croissance rapide de cet important événement économique. La première édition comptait 74 stands seulement, puis 174 lors de la deuxième édition, pour atteindre aujourd’hui ce chiffre record, traduisant un succès au-delà des attentes et dépassant les contraintes auxquelles avait été confrontée, il y a trois ans, la décision du bureau exécutif de l’Union de lancer un salon visant la promotion et le développement de l’industrie locale.
Il a salué ensuite l’attention particulière accordée par les autorités supérieures au secteur industriel.
Les acteurs économiques apprécient beaucoup le parrainage de Son Excellence le Président de l’ouverture du salon et l’intérêt constant qu’il accorde aux différentes éditions de l’Expo Mauritanie, a-t-il ajouté.
Il a également révélé l’approbation par le gouvernement de la création d’une zone industrielle intégrée sur une superficie de 800 hectares, précisant que 43 projets d’investissement ont déjà été soumis et que les travaux devraient démarrer dans les six prochains mois.
Le président de l’Union a par ailleurs présenté plusieurs indicateurs sectoriels économiques, indiquant que le secteur de la pêche compte 115 usines, dont 24 nouvelles unités, ainsi que 60 usines à Nouakchott dédiées au traitement et au stockage, et qu’il génère environ 400 000 emplois permanents et temporaires. Il a également souligné que la transformation locale des produits de la mer a permis d’augmenter leur valeur ajoutée jusqu’à 70 %.
Dans le secteur agricole, il a affirmé que l’autosuffisance en riz a été atteinte avec une stabilité des prix, accompagnée d’une expansion des superficies cultivées et d’une augmentation du nombre d’usines de décorticage, ce qui a renforcé la compétitivité et la qualité de la production.
Concernant la sécurité alimentaire et les industries de base, M. Mohamed Zine El Abidine Ould Cheikh Ahmed a indiqué que la capacité de stockage des céréales couvre actuellement 40 % des besoins du pays, avec une amélioration notable de la disponibilité des légumes à des prix abordables. Il a évoqué aussi la proximité de l’autosuffisance en produits laitiers longue conservation, en ciment et en gypse, ainsi que des avancées vers l’autosuffisance en fer à béton avec la mise en service d’une nouvelle usine, la troisième du genre sur le continent africain.
Dans le secteur des mines et de l’énergie, il a salué les efforts des orpailleurs artisanaux, précisant que leur production d’or a dépassé de 12 tonnes celle de la société « Kinross Tasiast ». Il a mis en avant par la suite les perspectives prometteuses du pays dans le domaine de l’énergie, susceptibles de renforcer la compétitivité de l’industrie nationale et de réduire les coûts.
Il a appelé enfin les journalistes à effectuer des visites de terrain dans les marchés et les exploitations agricoles de Nouakchott et de la région du Trarza afin de vérifier la disponibilité des produits et les niveaux des prix.
La conférence de presse s’est tenue en présence des membres du comité de supervision du salon « Expo Mauritanie 2026 », ainsi que de plusieurs personnalités économiques et médiatiques.
par Webmaster | 23 04 26 | Actualitès, Politique
FLASH BACK de la visite d’Etat du Président Mohamed Cheikh Ghazouani sur invitation du Président Emmanuel Macron
Le Président de la République Islamique de Mauritanie, MOHAMED CHEIKH GHAZOUANY et la Première DAME de Mauritanie, DR MARIEME DAH, à peine arrivés devant l’hôtel BRISTOL au 112 rue du Faubourg Saint Honoré 75008 PARIS, descendirent de leur « Carrosse » et allèrent faire un sympathique bain de foule à l’endroit de la diaspora mauritanienne en France venant l’accueillir dignement : belle et noble initiative présidentielle…
J’étais là, le dernier à lui avoir serré la main et dans la foulée, je lui ai remis, en mains propres, le courrier contenant le dossier du projet du futur centre culturel mauritanien à Paris. J’ai aussi remis, plus tard ce dossier au Ministre-Directeur de Cabinet du Président, au Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Etranger dont je fais partie à juste titre, bien sûr, après des échanges de bon aloi avec eux où ils m’ont promis d’en instruire le Président pendant leur séjour parisien.
La Directrice de cabinet de la Première DAME, grande et sympathique Dame aussi, IBTYSSAM DAH, m’a confirmé avoir remis ce dossier à la Première DAME, qui lui aurait dit, expressément, qu’elle accepte d’être « la marraine » du futur centre culturel mauritanien de Paris auprès du Président. , Et « la cerise sur le gâteau »,est ma rencontre inopinée et joyeuse avec une grande personnalité nationale et internationale, de surcroît, un très bon ami fidèle de jeunesse lycéenne Nouakchottoise, Notre Excellent Ministre ABDULLAH CHEIKH SIDIYA, après tant d’années « d’invisibilités », nous priment un petit temps en aparté dans l’un des salons de ce si majestueux Hôtel BRISTOL pour bavarder entre amis. Je lui ai parlé « passionnément » du projet et lui ai remis un exemplaire du dossier en question…Il m’a promis solennellement de parler au Président de son « promotionnaire » et Ami retrouvé et de faire un plaidoyer sur notre projet qu’il trouve innovant et utile SOFT POWER pour l’image extérieure de notre pays, dès qu’il sera seul avec le Président. Je lui fait confiance au regard de sa noblesse d’âme savante très inspirée et de son amitié sincère retrouvée, avec une pointe d’humour taquin, me dit-il : « Chérif, pense tu que les finances de notre pays, en ces temps de crises, pourraient financer cette importante entreprise, et je lui rétorqué, du tic au tac, je ne suis pas économiste comme vous, cher frère, mais, que si « d’aventure » le Président me confie officiellement ce projet, je serais capable ,sans fausse modestie, grâce à mon truchement politique auprès de mon réseau d’acteurs et décideurs publics et privés, en plus du dynamisme de la société civile française notamment les Fondations convaincues par ma démarche authentique, réaliste et passionnée,je trouverais, sans nul doute,I NCHAALLAH,les moyens de créer ce projet à Paris, c’est ça mon plan B, et sans trop être« prétentieux »ou enclin aux rêves prémonitoires ;ce futur centre culturel mauritanien sera inauguré pendant le ramadan prochain avec un grand concert mauritanien de MEDH ENNEBEWI, ça c’est de l’authentique et efficace diplomatie parallèle dont notre pays a besoin, in deed.. !
J’ai suivi, tel une vigie, tout le programme du Président et sa délégation comme si j’étais « très concerné »…Rien ne m’aura échappé, à part « l’invisible »,et RIEN, c’est déjà beaucoup, mais je ne vous en dirais RIEN, pour le moment…
ALHAMDOOLILLAH, Tout en invoquant, en prières silencieuses et intenses, notre créateur ALLAH azze we jelle, afin que le Président MOHAMED CHEÏKH GHAZWANY ne quitte pas Paris avant que je puisse le rencontrer à nouveau, j’ai été divinement exaucé, un miracle se produisit… La dernière soirée, ce samedi soir-là, j’étais à table, en solitaire, au si chic restaurant de l’hôtel BRISTOL, pas loin de l’entrée de cet espace et voilà que le Président apparaît accompagné de la Première DAME, et entouré de la « sécurité »française mauritanienne, je me lève donc pour « le saluer »et voilà qu’à une surprenante vitesse inouïe, je me suis retrouvé encerclé par ses gorilles et d’un signe du Président, ils se sont éloignés de ma modeste personne, on se serre la main et j’ose lui dire, vite, avec assurance, « Saheb L’vakhama,Monsieur le Président, très bon voyage de retour à notre pays et merci infiniment d’avoir redoré le blason de toute notre Mauritanie par votre sublime visite d’état de haute facture à la France et à son président ami, merci Monsieur le Président, Chookrann, j’en ai le cœur à mille et un carats d’émotions et de fierté… »,la Grande DAME a subtilement vu et entendu mes paroles et ils s’éloignèrent ensembles avec leur nuée de garde-corps vers l’espace VIP où ils étaient attendus, mais avant de bouger, j’ai eu droit à un duo de sourires complices et approbateurs, en me laissant seul, « gérer »ce silence fracassant et divin qui en dit long, meublé par l’esprit d’une mission accomplie, presque impossible pour le commun des mortels avec un beau défi, à moi-même, bien relevé, ALHAMDOOLILLAH,qu’ils soient bénis,INCHAALLAH.. !
Pour le reste, la réponse AD HOC ?,je m’inspirerais de l’adage maure : « Celui qui sait patienter, l’ombre viendra à lui… »,et dans le cas de cette ambition culturelle singulière ;une seule main n’applaudit pas et l’autre est une chance…
À ce moment-là de l’accueil de la diaspora où je l’ai salué et remis mon courrier concernant le projet du futur centre culturel mauritanien à ue j’ai prise sur le vif,de la première Dame, Dr Marième Dah,accompagnée par M me Fatimetou de l’ambassade de Mauritanie à Paris, pendant le bain de foule du couple présidentiel, accueilli par la diaspora mauritanienne en face de l’hôtel Bristol…
Avec Sidney Sokhona, député membre de la délégation mauritanienne…
Mealine néma Chérif
Source : chezvlane.com
par Webmaster | 22 04 26 | Actualitès, NTIC
Les travaux d’un atelier sur la vérification de l’information et la lutte contre les fake news organisé par le ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement avec la collaboration avec du centre Ekid pour les conseils ont débuté ce mercredi à Nouakchott.
L’organisation de cet atelier s’inscrit dans le cadre de la sensibilisation aux dangers de la désinformation médiatique, de l’ancrage d’une culture de vérification des informations et du renforcement des capacités des acteurs du secteur médiatique à traiter l’information de manière professionnelle, contribuant ainsi à la protection de l’opinion publique et au renforcement de la confiance dans le discours médiatique.
La rencontre vise à renforcer les compétences professionnelles en matière de vérification de l’information, à sensibiliser aux risques liés aux fausses informations et à leurs répercussions sur l’opinion publique et la paix sociale, à ancrer la déontologie du métier de journaliste et à encourager l’échange d’expériences entre les acteurs du secteur des médias.
Les participants suivront des exposés portant sur la description de la réalité de la désinformation médiatique, l’analyse des défis actuels et la prospective des outils de lutte, en partant du rôle du professionnel des médias en tant que créateur de conscience, gardien de la vérité et partenaire dans la protection de la société contre les dangers des rumeurs et de la désinformation.
L’organisation de cet atelier s’inscrit dans le contexte de l’accélération du flux d’informations et de la multiplication de leurs sources, a déclaré à cette occasion, le secrétaire général du ministère, M. Sidi Mohamed Jidou Khattrin selon lequel, la production d’informations n’est plus l’apanage des institutions professionnelles, d’où les défis liés à la crédibilité des contenus et à la propagation de la désinformation.
Les risques liés aux fausses informations s’étendent à l’influence sur l’opinion publique, à la menace de la paix sociale et à l’affaiblissement de la confiance dans les institutions, a-t-il ajouté, assurant que cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions de l’Etat, visant à soutenir les acteurs du secteur des médias, à accompagner les transformations numériques et à ancrer la déontologie professionnelle.
Le thème de l’atelier reflète une phase délicate où l’information a dépassé les limites du simple fait d’actualité dans un espace numérique ouvert, a mis en exergue, quant à lui, le directeur du « Centre Ekid pour le conseil », M. Babah Sidi Abdellah.
L’ambition du ministère et du centre est d’améliorer la qualité du contenu médiatique, de limiter la propagation des fausses informations et de renforcer la confiance entre les médias et le public, au service de la stabilité et de la préservation de la paix sociale, a-t-il précisé.
par Webmaster | 21 04 26 | Actualitès, Politique
Pour un apaisement politique durable : renouer le dialogue avec « le Premier des opposants » dans l’intérêt supérieur de la Nation
Monsieur le Président de la République,
Cette lettre ouverte – qui s’inscrit dans le sillage de celle adressée la semaine dernière à l’honorable député Biram Dah Abeid – est la seconde que je vous destine après celle de mars dernier sur la situation du secteur de l’Education : https://rapideinfo.mr/lettre-ouverte-sneiba-mohamed…/
Mon intime conviction, en m’adressant à votre Excellence aujourd’hui, est qu’il y a des moments dans la vie politique d’une nation où la parole publique doit se hisser à la hauteur des enjeux, non pour alimenter les clivages, mais pour tenter de les dépasser. La présente lettre s’inscrit dans cet esprit : celui d’un plaidoyer respectueux en faveur d’un choix politique que vous êtes sans doute le mieux placé pour incarner — celui du dialogue assumé avec le sieur Biram Dah Abeid qui, qu’on le veuille ou non, s’est imposé dans le paysage national comme « le premier des opposants ».
À la suite de la lettre ouverte récemment adressée au député Biram Dah Abeid, l’invitant à privilégier la sécurité collective sur la défense d’une cause jugée spécifique, celle des Haratines, un certain malaise s’est exprimé dans l’opinion. Non pas tant sur le fond du débat — qui mérite, à l’évidence, d’être posé — que sur la manière dont il a semblé opposer deux impératifs qui, en réalité, devraient se renforcer mutuellement : la cohésion nationale et la justice sociale.
Monsieur le Président,
Votre trajectoire politique et votre pratique du pouvoir ont, dès le départ, été marquées par une volonté claire de rompre avec les logiques de crispation. Votre arrivée à la magistrature suprême avait suscité une attente forte, celle d’un apaisement durable du champ politique, fondé sur l’écoute, la retenue et l’inclusion. Les premiers gestes de votre mandat — ouverture aux acteurs politiques, décrispation du climat — avaient donné corps à cette espérance.
C’est précisément parce que cette orientation initiale demeure l’un des acquis les plus précieux de votre gouvernance qu’il apparaît aujourd’hui nécessaire de la prolonger, voire de la réactiver, dans un contexte nouveau.
La Mauritanie, sous votre conduite, a consolidé des atouts importants : une stabilité institutionnelle enviée dans un environnement sahélo-saharien profondément instable, une crédibilité sécuritaire reconnue à l’international, et une trajectoire économique qui, malgré les contraintes, reste globalement maîtrisée.
Vous disposez, en outre, d’une majorité politique solide, structurée autour d’un parti au pouvoir revitalisé, depuis sa prise en main par l’ancien Premier ministre Mohamed Ould Bilal Messoud, et d’un gouvernement dont l’orientation pragmatique menée par M. El Moctar Ould Djay contribue à la continuité de l’action publique.
Ces éléments ne sont pas anodins : ils constituent le socle d’une autorité politique suffisamment affirmée pour permettre des gestes d’ouverture sans risque de fragilisation.
Et c’est dans ce cadre qu’il convient d’aborder la question, souvent délicate, de la relation avec l’opposition incarnée par Biram Dah Abeid.
Mais au-delà des catégories classiques — opposition institutionnelle, partis politiques, coalitions — une réalité s’impose désormais avec une certaine évidence : la centralité politique de Biram Dah Abeid dans le champ oppositionnel mauritanien. Car, quelles que soient les appréciations portées sur ses prises de position, ses méthodes ou ses combats, un fait demeure : ses résultats aux trois dernières élections présidentielles lui confèrent une légitimité politique singulière. Cette assise populaire ne relève pas d’une construction théorique ou médiatique, mais d’une réalité électorale, c’est-à-dire de l’expression, répétée et significative, d’une partie du corps social.
Ignorer cette réalité, ou tenter de la réduire à une dimension sectorielle, pour ne pas dire sectaire, comporte un risque : celui de créer un décalage entre la représentation institutionnelle du champ politique et sa réalité sociologique. À l’inverse, reconnaître cette centralité, sans pour autant adhérer à l’ensemble des positions qu’elle porte, peut constituer un levier puissant de stabilisation et d’intégration politique.
Monsieur le Président,
L’histoire politique — en Mauritanie comme ailleurs — montre que les moments de consolidation durable passent souvent par des gestes symboliques forts, capables de redéfinir les lignes de dialogue. Rétablir un contact direct, franc et assumé avec celui qui s’est imposé comme le principal opposant du moment ne serait ni une concession, ni un pari risqué. Ce serait, au contraire, un acte de lucidité politique et de maîtrise stratégique.
Un tel geste s’inscrirait dans la continuité de votre approche initiale du pouvoir. Il rappellerait que l’autorité de l’État ne se mesure pas à sa capacité à exclure, mais à sa faculté à intégrer les contradictions dans un cadre républicain. Il enverrait également un signal fort à l’opinion nationale : celui d’un leadership confiant, capable d’entendre les voix dissonantes sans y voir une menace existentielle.
Par ailleurs, dans un contexte régional marqué par des ruptures brutales, des transitions incertaines et des tensions sécuritaires persistantes, la Mauritanie a tout à gagner à renforcer son modèle de stabilité politique fondé sur le dialogue. Ce modèle, déjà reconnu à l’international, pourrait être consolidé par une démarche inclusive qui intègre, de manière constructive, les figures majeures du champ politique.
Il ne s’agit pas ici de gommer les divergences, ni de nier les tensions qui traversent la société mais de créer plutôt, de manière constructive, les conditions d’un échange structuré, où les désaccords peuvent être exprimés, encadrés et, dans la mesure du possible, dépassés. Dans cette perspective, la question des Haratines — au cœur de nombreuses mobilisations — mérite d’être abordée non pas comme un facteur de division, mais comme une composante essentielle du débat national sur la justice sociale et l’égalité.
Réengager le dialogue avec Biram Dah Abeid, c’est aussi reconnaître que certaines revendications, même lorsqu’elles sont portées de manière radicale, renvoient à des réalités sociales profondes qui ne peuvent être ignorées. C’est faire le choix de traiter ces questions dans un cadre politique plutôt que de les laisser se cristalliser en dehors des institutions.
Monsieur le Président,
Vous avez aujourd’hui les moyens politiques, institutionnels et symboliques d’initier une telle démarche. Vous avez surtout, au regard de votre parcours et de votre style de gouvernance, la crédibilité nécessaire pour lui donner un sens et une portée. Là où d’autres pourraient apparaître contraints, vous pouvez agir en position de force, guidé par une vision d’ensemble et une responsabilité historique.
En définitive, renouer le dialogue avec « le premier de vos opposants » ne serait pas seulement un geste politique parmi d’autres. Ce serait une décision structurante, susceptible de renforcer la cohésion nationale, de consolider la stabilité institutionnelle et de projeter l’image d’une Mauritanie capable de transformer ses tensions en ressources politiques.
C’est dans cet esprit, et avec le respect dû à votre fonction, que je vous adresse cet appel : celui de prolonger l’élan d’apaisement qui a marqué le début de votre mandat, en réouvrant les canaux du dialogue avec ceux qui, par leur poids politique réel, participent à la définition du paysage national.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
Sneiba Mohamed
Professeur à la veille de la retraite et journaliste
par Webmaster | 21 04 26 | Actualitès, Sociétés
La mort, ce phénomène naturel et qui doit être reçu comme tel parce qu’inéluctable, laisse pourtant une impression diffuse de grand vide, surtout quand l’être disparu est ce que l’on qualifie généralement de Grand Homme.
Ce vide, je l’ai ressenti bien avant la disparition de mon ami et frère Baham. J’ai commencé à le ressentir quand il avait cessé de nous recevoir dans le salon d’en bas, au rez-de-chaussée, pour se retirer dans les appartements de l’étage, ce « harem » où la maladie l’obligeait à rester, et à attendre, sans faiblir, la mort.
Se sachant atteint d’une maladie incurable et donc forcément mortelle, il a gardé, jusqu’au dernier moment, ce moral et cette force de caractère qu’on lui a toujours connus.
Continuant à nous recevoir, malgré tout, il nous forçait à penser que ce sont nous, en apparence saints et saufs, qui sommes mourants ! Pas lui.
C’est là, en plus de cette force de caractère, une force morale qui faisait de Baham cet homme résistant et imperturbable : La mort ne pourra emporter avec elle cette image de sérénité, cette stature de « Zaim » (le Chef incontesté et incontestable) qui a toujours été la sienne, quand il s’agissait de se singulariser des autres. Animateur infatigable de nos discussions, malgré les contraintes de la maladie, sans aucune pensée ou signe de faiblesse, Baham, de son vrai nom Mohamed El Hafedh, en imposait à tout le monde.
L’inéluctabilité de la mort passait à l’arrière plan pour ne laisser apparaître que ce qu’était Baham : un homme solide et vivace, par sa forte personnalité, sa présence d’esprit, son autorité.
Là où il était, là où il passait, il était le Chef. Une image qui restera gravée dans les esprits, même après sa disparition. Agent de police, il avait l’allure non feinte de l’Inspecteur ou même du Commissaire. Représentant de
la SNIM à Nouakchott, on le confondait avec cette institution jusqu’à le prendre pour le Boss. Ce qu’il était en réalité,
la SNIM devant en fait beaucoup de son prestige médiatique au travail et à la qualité des relations publiques et personnelles de Baham. Au Patronat, c’était lui le vrai patron.
Dans la société adraroise, il faisait figure de notable influent et écouté. Une image de l’Homme Baham que l’on retrouve là où il a servi. A Akjoujt, Nouadhibou, Nouakchott, il ne laissait jamais indifférent. Craint ou aimé, il obtenait ce qu’il recherchait : le respect sans lequel la personne vit toujours avec l’impression de manquer cette plénitude si nécessaire pour l’équilibre de l’être humain. Elle lui donnait la capacité de sortir du lot, d’être différent, sans arrogance ni volonté de déranger les autres. Sauf en cas exceptionnel de force majeure.
Il aidait, conseillait, aimait bien ses amis, qu’il accueillait chaleureusement chez lui, sans restriction, sans préavis. Moments de joie, de taquineries et de partage. Moments de communion, d’intimité, de sympathie et de fraternité qui donnent aux compagnons que nous étions l’impression d’être des privilégiés, partageant la vie d’un ami, de notre « Zaim » à nous, qui sait être dur quand il le fallait, souple au besoin, mais toujours en incarnant cette image qui résistera aux dures épreuves : Personnalité aimable mais indomptable.
J’ai tenté, sans grand succès, parce qu’il restera toujours quelque chose à dire sur les qualités de l’homme, un mini-portrait de mon ami Baham, pour évoquer ce vide qu’il laisse aujourd’hui derrière lui. Un vide intimement lié à la notion d’être. L’absence d’Etre. Le vide compris dans ses deux significations essentielles : »Absence complète d’un type de personnes… » « Sentiment pénible d’absence, de privations… ».
Baham était cet être qui refusait le vide. Aujourd’hui qu’il n’est plus, le vide reprend son droit plein et entier comme une entité en soi, comme une absence. Une absence cruellement ressentie par ceux qui connaissaient Baham – ils sont légion- et qui se rappelleront, jusqu’au jour de leur mort, que cet homme a vécu comme savent- et doivent- vivre les Hommes.
Ce vide sera ressenti tragiquement par son épouse Mariem, appelée intimement Mreyem, la femme courageuse, la vaillante mère de famille ; par ses fils Haiba et Sidi Mohamed pour le bien desquels il s’est tant dépensé ; par ses filles : Vatimetou la rebelle et la gentille Savia dite Hweyou qui regrettent, toutes les deux, de ne pas avoir eu la chance de croiser son dernier regard, retenues qu’elles étaient au Maroc pour des raisons de santé, ainsi que la sympathique Meylem, la fille intime du foyer demeurée aux cotés de sa mère, l’assistant, jusqu’au dernier soupir de son père.
Ce vide sera ressenti douloureusement par ses frères : le très respecté Mohamed Salem toujours plein d’humour et Mohamed Mahmoud dit Meyloud, l’homme jovial au sourire constant ; par ses sœurs du coté de son père ; par ses sœurs du coté de sa mère ; toutes confondues dont il s’occupait sans calcul.
Ce vide sera ressenti énergiquement par ses oncles maternels avec lesquels ils partagent des relations excellentes : Haiba le porte-étendard de la célèbre famille Hommody, Mohamed Said l’intellectuel éclairé, Mohamed Mahmoud l’homme d’Atar, Mohamed Laghdaf sous-contrôle médical-hélas !- à Paris depuis des années, Mohamed l’oncle discret et Ahmed Salem dit Isselmou l’intime du défunt et son homme de confiance ; par ses tentes maternelles encore vivantes : Meylem, Mariem et Rabia qui l’aimaient et le respectaient et qu’il savait entretenir avec beaucoup d’égards.
Ce vide sera tout autant ressenti par ses éternels amis intimes, les membres du « Club » : Mohamed Lemine Ould Hamoud dit Elemine le proche cousin et le grand frère très respecté, Mohamed Lemine Ould Cheiguer dit Guemmine ou « Chriv » de nature gai et détendu, Mohamed Ould Bdebba que l’on surnomme «ER Raiss »tout le temps accueillant et disponible, Nezahi Ould Nati l’intime parmi les intimes qu’il ne cessait de taquiner, Hmeimed le cousin, Baba l’ami distingué et son ancien directeur général, Sidi Mohamed Ould Nemine le cousin, le gendre, le familier parmi les familiers….et j’en oublie, tellement ses amis se recrutaient parmi toutes les couches, toutes les catégories, toutes les régions, toutes les tribus. Il en avait de tous les bords, de tout acabit.
Que dire de nous autres, habitués de la demeure, abonnés assidus et réguliers, invités à toutes les festivités organisées en permanence, de jour comme de nuit : Mohamed Ould Limam le plus calme et le plus sage, Louah provocateur et plein de bonté, Ammar le compagnon fidèle à la SNIM, moi-même et bien d’autres, peut-être moins réguliers, mais toujours bien accueillis et se sentant confortablement chez eux.
Que dire aussi des vétérans, Mohamed Lemine Ould Babbe proche cousin très aimé et admiré, Mohamed Ould Ejiwen le neveu, le spécialise de l’actualité, Babbah le cousin de Méderdra et Werzig le vrai fils de la maison, l’homme des protocoles.
Que dire enfin des neveux, des nièces, des proches parents ; des cousins en Adrar, au Tagant, au Trarza, en Assaba.
Que dire pour terminer, sauf cette expression, la seule qui sied en pareille circonstance : »INNA LILLAHI WA INNA ILEIHI RAJIOUNE ». Tirée du Saint Coran, elle est substantiellement intraduisible.
Que Dieu, le Miséricordieux, accueille Baham, de son vrai nom Mohamed El Hafedh Ould Ahmedou Ould Cheikh Ould Ejiwen dans son paradis.
Mohamed Abdellahi BELLIL