par Webmaster | 13 05 26 | Actualitès, Economie
Le Club des Entrepreneurs de Mauritanie (CEM) s’est réuni le Week-end dernier, plus précisément le samedi 9 mai courant à EST Formations à Nouakchott, avec au programme présentation du bilan d’activités, des états financiers et du budget 2026.
Cette Assemblée générale a été l’occasion, selon un post publié par le CEM sur Linked In, l’occasion de souhaiter la bienvenue à ses nouveaux membres, d’échanger sur ses partenariats en cours, ses axes de développement pour l’année et les moyens de renforcer la visibilité et la dynamique collective du Club.
Le CEM cite parmi les temps forts de cette réunion, l’élection d’Ahmed Kharachy (MGTR) comme membre complémentaire du bureau exécutif.
Kharachy succède à Abderrahman Salem, rappelé à Dieu en cours de mandat, paix à son âme.
« Le CEM avance, et c’est ensemble qu’on y arrivera », conclut le Club dans son tweet également posté sur les réseaux sociaux.
Créé en décembre 2018, le Club des Entrepreneurs de Mauritanie, est une initiative réunissant des entrepreneurs de tous horizons investis dans l’aventure entrepreneuriale et fédérés par un engagement commun en faveur d’un développement durable et responsable du secteur privé en Mauritanie.
L’ambition du club est de promouvoir un modèle de développement économique moderne des PME-TPE en Mauritanie.
par Webmaster | 13 05 26 | Actualitès, Tribunes
La Mauritanie traverse une époque délicate. Les tensions sociales, les frustrations accumulées, les discours de rupture et les radicalités identitaires occupent désormais une place importante dans l’espace public. Les réseaux sociaux amplifient les colères, simplifient les débats et enferment chacun dans son propre camp. Dans ce climat, certains choisissent l’exagération permanente, d’autres cultivent la peur, d’autres encore transforment les blessures réelles en instruments de confrontation politique. Pourtant, aucun pays ne se construit durablement contre lui-même.
La question haratine se situe au cœur de cette épreuve nationale. Elle ne peut être ni niée, ni caricaturée, ni instrumentalisée. Les Haratines ont porté le poids d’injustices historiques profondes. Cette réalité appartient à la mémoire nationale et personne de sérieux ne peut prétendre l’effacer. Pendant longtemps, une partie importante de la population est restée éloignée des centres de pouvoir, des opportunités économiques, de l’éducation de qualité et des mécanismes de promotion sociale. Les séquelles de cette histoire continuent d’exister dans les mentalités, dans certaines structures sociales et dans les inégalités visibles entre territoires et catégories sociales.
Mais reconnaître cette réalité n’implique pas de transformer la société mauritanienne en champ de guerre identitaire permanent. Le courage politique consiste précisément à tenir ensemble deux vérités : l’existence d’injustices réelles et la nécessité absolue de préserver l’unité nationale. Ceux qui refusent de voir les discriminations se trompent. Mais ceux qui présentent la Mauritanie comme une coexistence impossible entre communautés se trompent tout autant.
Le pays avance, parfois lentement, parfois imparfaitement, mais il avance. Il suffit d’observer l’évolution de l’administration, de l’armée, de l’université, des médias ou encore des institutions publiques pour constater que des changements profonds sont intervenus au cours des dernières décennies. Les Haratines occupent aujourd’hui des positions qu’ils ne pouvaient atteindre autrefois. Des cadres émergent, des entrepreneurs réussissent, des intellectuels s’imposent dans le débat public, une nouvelle génération prend confiance en elle-même et revendique sa place avec légitimité. Cette transformation n’est pas un hasard. Elle est le résultat des combats menés par des militants, des réformes engagées par l’État et d’une évolution progressive de la société.
Sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, cette dynamique a connu une accélération notable à travers des politiques sociales plus ambitieuses, des programmes de lutte contre la pauvreté et une volonté affichée d’intégration économique des catégories les plus fragiles. Tout n’est évidemment pas réglé. Les attentes restent immenses. Mais nier les avancées reviendrait à décourager toute perspective de réforme pacifique et graduelle.
La discrimination positive, qu’on l’approuve totalement ou non, a produit des effets. Elle a permis d’ouvrir des portes longtemps fermées. Elle a favorisé une représentation plus équilibrée dans plusieurs secteurs. Elle a créé des symboles importants pour une jeunesse qui a besoin de voir que l’ascension sociale est possible. Cette politique n’a pas vocation à durer éternellement. Toute discrimination positive est, par définition, transitoire. Son objectif n’est pas d’installer une société de quotas permanents, mais de corriger un déséquilibre historique jusqu’à ce qu’un niveau acceptable d’égalité des chances soit atteint.
Le véritable danger aujourd’hui vient des extrémismes de tous bords. Certains veulent enfermer les Haratines dans une identité uniquement victimaire, comme si leur avenir ne pouvait se construire que dans la confrontation permanente avec le reste de la société. D’autres réagissent à toute revendication sociale en y voyant une menace communautaire. Ces deux attitudes nourrissent la même impasse : la fragmentation nationale.
Or, aucun groupe mauritanien ne peut espérer prospérer dans un pays fracturé. Les problèmes de la Mauritanie dépassent largement une seule communauté. Le chômage frappe toutes les composantes du pays. La pauvreté touche toutes les régions. Les défis éducatifs concernent l’ensemble des familles. La question du développement, de la santé, de l’accès à l’eau, de l’emploi des jeunes ou de la modernisation économique n’épargne personne. Dans une société aussi interdépendante que la nôtre, personne ne se sauvera seul.
Il faut également avoir le courage de dire que les discours de haine produisent des dégâts profonds. Ils installent la méfiance au cœur du tissu national. Ils poussent les jeunes vers les réflexes identitaires au lieu de les orienter vers le travail, la compétence et la construction collective. Ils fabriquent une vision paranoïaque du pays où chaque décision publique est interprétée à travers un prisme ethnique ou communautaire. À terme, cette logique détruit la confiance indispensable à toute nation viable.
La Mauritanie n’a pas besoin d’une compétition des mémoires blessées. Elle a besoin d’un récit commun capable de reconnaître les souffrances sans fabriquer de nouvelles fractures. Les nations solides ne sont pas celles qui n’ont jamais connu d’injustices ; ce sont celles qui réussissent à transformer leurs blessures en projet collectif.
Cela exige de chacun un effort de responsabilité. L’État doit poursuivre les politiques d’équité sociale avec davantage d’efficacité, de transparence et de courage. Les élites doivent abandonner les calculs de polarisation qui leur offrent une visibilité immédiate mais fragilisent le pays à long terme. Les intellectuels et les médias doivent refuser les simplifications dangereuses. Quant aux citoyens, ils doivent comprendre que l’avenir national dépend d’une coexistence apaisée.
La question nationale mauritanienne dépasse largement le cadre d’un simple dialogue politique ou d’un compromis électoral. Elle touche à quelque chose de plus profond : la possibilité même de construire une communauté de destin. Aucun texte juridique, aucune conférence et aucun slogan ne suffiront si les Mauritaniens cessent de croire qu’ils partagent un avenir commun.
L’unité nationale n’est pas une formule officielle destinée aux cérémonies. Elle est une nécessité vitale. Dans un monde traversé par les conflits identitaires, les replis communautaires et les radicalisations, préserver la cohésion d’un pays fragile relève presque d’un devoir historique.
La Mauritanie a connu des tensions, des injustices et des périodes difficiles. Mais elle possède aussi des ressources considérables : une longue tradition de coexistence, des solidarités sociales puissantes, une culture du dialogue et une jeunesse qui aspire davantage à la stabilité qu’au chaos. C’est sur ces forces qu’il faut construire.
Attiser le feu est toujours plus facile que bâtir la confiance. Détruire l’idée nationale prend quelques discours ; la reconstruire demande des années. C’est pourquoi le combat contre les extrémismes doit devenir une responsabilité collective. Non pour étouffer les revendications légitimes, mais pour empêcher que la colère ne détruise le pays lui-même.
Car au bout du compte, aucune communauté ne gagnera dans une Mauritanie divisée. Mais tous les Mauritaniens peuvent gagner dans une Mauritanie réconciliée avec elle-même.
Sneiba Mohamed
par Webmaster | 12 05 26 | Actualitès
Pendant que les discours se succédaient, que les trophées étaient remis et que les hommages défilaient à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée en Mauritanie le 03 mai dernier, un nom semblait absent des distinctions et des reconnaissances officielles : celui du doyen Mamadou Gueye.
Un oubli difficile à comprendre au regard de son immense parcours dans les médias mauritaniens.
Car derrière ce visage calme et discret se cache l’un des parcours les plus impressionnants du journalisme audiovisuel mauritanien. Une mémoire vivante de la télévision et de la radio nationales. Un homme qui a traversé plusieurs générations de médias, formé des journalistes, réalisé des documentaires majeurs et occupé presque toutes les fonctions stratégiques dans l’audiovisuel public.
Né en juin 1955 à Kaédi, Mamadou Gueye appartient à cette génération de pionniers qui ont construit les médias mauritaniens à une époque où le journalisme relevait davantage de la mission que du confort professionnel.
Dès 1975, il débute à Radio Mauritanie. À l’époque, les moyens techniques étaient limités, les infrastructures fragiles et le métier encore en pleine construction. Mais très vite, il se distingue par sa rigueur et sa passion pour le reportage.
Après ses premières années dans la radio, il poursuit une formation de haut niveau au prestigieux CESTI de Dakar où il obtient en 1984 un Diplôme Supérieur de Journalisme, option télévision. Une formation rare pour un Mauritanien à cette époque. Son parcours académique le conduit ensuite dans plusieurs grandes écoles et centres internationaux de journalisme et de communication, notamment à Lille, Marseille, Paris, Montréal et Tunis.
À son retour, il devient l’un des grands visages de la Télévision de Mauritanie.
Entre 1985 et 1993, il exerce comme écrivain-journaliste et grand reporter à la TVM. Une période durant laquelle il couvre les grandes mutations sociales, économiques et politiques du pays. Puis il accède au poste de rédacteur en chef de la télévision nationale pendant près de quinze ans, de 1993 à 2007.
Quinze années à gérer l’information audiovisuelle publique dans un contexte souvent complexe, marqué par les transitions politiques, les défis médiatiques et les transformations technologiques.
Mais Mamadou Gueye n’était pas seulement un homme de rédaction.
Il était aussi un homme de terrain.
Un raconteur de la Mauritanie profonde.
Ses réalisations documentaires constituent aujourd’hui une véritable mémoire audiovisuelle nationale. Il a travaillé sur la lutte contre la désertification, les barrages de l’OMVS, le retour des réfugiés mauritaniens, l’accès des femmes rurales à la terre, la gouvernance foncière, l’autosuffisance alimentaire, la lutte contre la malnutrition, les enjeux de la pêche, la biodiversité ou encore l’électrification du pays.
Bien avant que certains découvrent les concepts de “journalisme de développement” ou de “documentaire institutionnel”, Mamadou Gueye sillonnait déjà les régions, les villages, les zones rurales et les projets de développement pour raconter les réalités du pays.
Il a également occupé plusieurs fonctions de haut niveau : conseiller technique du directeur général de la TVM, directeur de production à TVM Plus, directeur adjoint, consultant senior en communication, formateur en journalisme à la HAPA, avant de diriger Media Vision Mauritanie, une société de production audiovisuelle.
Ce parcours force le respect.
Parce qu’il ne s’agit pas simplement d’un ancien journaliste.
Il s’agit d’un bâtisseur.
D’un homme qui a consacré près d’un demi-siècle à la radio, à la télévision, à la formation et à la production audiovisuelle en Mauritanie.
Et pourtant, lors des récentes distinctions organisées à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, son nom n’a pratiquement pas été cité.
Comme si toute une génération pouvait disparaître du récit médiatique national.
Cet oubli est douloureux.
Parce qu’il dépasse la personne de Mamadou Gueye.
Il pose la question de la reconnaissance des pionniers des médias mauritaniens. De ceux qui ont travaillé dans l’ombre, sans réseaux sociaux, sans visibilité permanente, mais avec professionnalisme, dignité et engagement.
Un pays qui oublie ses anciens journalistes oublie aussi une partie de sa mémoire collective.
Et dans le cas de Mamadou Gueye, cet oubli ressemble profondément à une injustice.
Souleymane Djigo
par Webmaster | 11 05 26 | Actualitès, Sports
Sous l’égide de la Fédération Internationale de Maracana Associations (FIMAA), l’Association Mauritanienne de MARACANA (AMAMA) après l’installation du Comité Directeur et le lancement de la discipline compte organiser un événement en vue de la promotion et de la vulgarisation du MARACANA, en Mauritanie.
Cet événement qui aura lieu du 13 au 18 Mai 2026 à l’Espace Jeunes d’El Mina comprend un atelier destiné au renforcement des capacités des acteurs et deux matchs d’exhibition (Hommes et Dames).
L’Association Mauritanienne de Maracana (AMAMA) s’appuiera sur l’expertise de l’Instructeur International FIMAA Monsieur BAMBA MOUSSA (voir photo), émissaire de la FIMAA pour la vulgarisation de la discipline dans le pays.
A fort potentiel de jeunes sportifs pratiquants, le pays qui figurait en qualité d’observateur, par cette démarche prend le train en marche vers la vulgarisation, la promotion et le développement du Maracana. Très prisée en Afrique de l’ouest, elle fait ses émules.
Outre des pays de l’Afrique de l’Ouest, des pays d’Amérique : (Canada, Etats-Unis, Jamaïque, Brésil) et d’Europe : (Belgique, France) et d’Asie (Chine) affichent leur présence dans cette discipline de masse, très appréciée.
Sport spectaculaire et populaire en Afrique, alliant technique et virtuosité, le Maracana est né en Côte d’Ivoire où s’est d’ailleurs disputée, la première Coupe du Monde (27 septembre au 6 octobre 2024) au Palais des Sports de Treichville et qui avait réuni 16 nations.
Le Maracana se pratique généralement sur un terrain de Hand ball ou de futsal avec un ballon de football et des camps minuscules, sans gardien de but et qui se joue à 6 contre 6, avec l’obligation de marquer dans la surface de réparation.
La Guinée-Bissau sous l’égide de la Fédération Internationale de Maracana Associations (FIMAA) avait organisé la 11ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de Maracana (MARA’’CAN) du 02 au 05 octobre 2025 et qui avait réuni dix équipes africaines en hommes et quatre en Dames.
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par Webmaster | 11 05 26 | Actualitès, Le monde, Sociétés
Il y a des hommes qui construisent des entreprises, d’autres qui bâtissent des empires commerciaux. Maurice, lui, aura bâti des liens, des itinéraires humains et des fidélités profondes entre des peuples, des territoires et des générations entières d’acteurs du tourisme saharien.
Pour chaque article romancé sur le désert, pour chaque émission exaltant l’aventure saharienne, pour chaque touriste tombé amoureux de la Mauritanie et adopté par ses habitants, il y avait souvent, quelque part derrière le décor, la main, l’intuition ou l’obstination de Maurice Freund.
Oui Maurice, tu as toujours été là. Pour le coup de pouce comme pour le coup de gueule. Et lorsqu’il fallait oser, tu étais toujours loin devant les autres.
Les plus indulgents parlaient d’un « outsider ». Mais ceux qui t’ont réellement connu savaient surtout que tu étais un homme libre, capable d’aller là où personne ne voulait aller, parce que derrière les destinations, tu voyais d’abord les populations locales, les équilibres fragiles, les vies qui pouvaient être transformées. Chez toi, il y avait toujours plus de passion que de calcul, plus de conviction que de logique marchande. Dans un secteur souvent dominé par les tableaux Excel et les études de rentabilité, Maurice restait guidé par une autre boussole : faire voler un avion, satisfaire un voyageur et permettre à des communautés entières de vivre dignement de leur hospitalité.
J’ai connu dans mon parcours beaucoup de “partenaires”. Mais des hommes comme Maurice Freund, je n’en ai connu aucun. Il était unique dans son genre..
Son retour sur investissement n’était ni boursier ni financier. Son bénéfice, c’était un avion qui atterrit à Atar, un guide qui travaille, un chamelier qui nourrit sa famille, un cuisinier qui apprend un métier, un touriste qui repart transformé par le désert et par la rencontre humaine.
Quand il a été décoré de la médaille de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par la Ministre Khadijetou Mbareck Fall, il a eu les larmes aux yeux. Un grand moment d’émotion. Pour Maurice c’était cela sa récompense, la reconnaissance.
Le tourisme saharien nous est presque “tombé dessus”. Mais il nous est tombé dessus parce qu’au même moment existaient deux visionnaires capables de lire l’instant favorable : Maurice Freund et Mohamed Saleck Heyine. L’un pour l’avion, l’autre pour comprendre immédiatement ce que représentait cette opportunité historique pour la Mauritanie et particulièrement pour l’Adrar. Avec Abderrahmane Doua et le partenariat Point Afrique/Somasert, ils avaient compris avant beaucoup d’autres ce pour quoi notre pays avait de véritables prédispositions.
Je parle volontairement de prédispositions plutôt que de potentialités. Car certains territoires sont naturellement faits pour certaines choses. Et le désert mauritanien, par son immensité, son silence, son hospitalité et son authenticité, portait en lui cette vocation rare.
À l’époque, rien n’était pourtant évident. Le produit désert était encore marginal. Les grandes destinations sahariennes traversaient des difficultés, notamment l’Algérie, pourtant référence majeure dans ce domaine. D’autres pays avaient investi depuis longtemps dans le balnéaire, les circuits culturels haut de gamme ou les infrastructures hôtelières sophistiquées. Nous, nous partions presque de rien.
Avec le recul, on mesure mieux encore l’ampleur de ce pari fou : lancer du jour au lendemain une activité touristique structurée sans véritable vivier local de professionnels. Et pourtant, les opérateurs de l’Adrar, mais aussi les populations elles-mêmes, ont démontré une extraordinaire capacité d’adaptation. Maurice y veillait personnellement. Il voulait que l’activité fonctionne, mais aussi que les Mauritaniens apprennent, progressent et deviennent les véritables acteurs de cette aventure. Guides, chauffeurs, chameliers, cuisiniers, artisans : toute une génération s’est formée dans le sillage de cette dynamique.
Des fortunes se sont construites autour de cette aventure. Mais Maurice, lui, restait fidèle à lui-même : capable de mettre son dernier euro pour faire décoller un avion vers une destination en laquelle il croyait.
Et quelle période ce fut…
L’Adrar allait connaître une activité touristique jamais égalée jusqu’à aujourd’hui. La saison 2006-2007 atteindra près de 22 000 visiteurs. Pour une région vivant essentiellement de l’économie oasienne et du tourisme, ce fut une transformation profonde. Une étude du PNUD avait même montré que l’activité touristique avait réduit de moitié la prévalence de la pauvreté dans la région.
Mais Maurice n’amenait pas seulement des touristes. Dans le sillage des avions arrivaient aussi la solidarité, les projets d’eau, les actions de santé, les soutiens éducatifs, les échanges humains. On venait en Mauritanie pour découvrir, mais aussi pour partager et apprendre. On venait pour le voyage utile.
Puis survint le drame.
Le 24 décembre 2007, l’assassinat abject d’une famille de touristes français fit brutalement tomber le rideau sur la destination Mauritanie. En quelques heures, notre pays basculait dans l’imaginaire international de terre d’hospitalité à territoire à éviter. Ce fut une onde de choc dévastatrice. Et ce jour-là, beaucoup d’entre nous comprirent à quel point le développement économique dépend aussi de la sécurité et de l’image sécuritaire.
Durant ces longues années de désert touristique, rares furent ceux qui restèrent réellement à nos côtés. Deux hommes pourtant ne lâchèrent jamais prise : Jean-Louis Schlesser avec l’Africa Eco Race qui jamais n’arrêta de venir et Maurice Freund.
Contre les “Conseils aux voyageurs”, contre les surenchères des assureurs, contre les réticences des compagnies aériennes et les inquiétudes diplomatiques, Maurice continua inlassablement le combat. Dix années durant, il chercha la moindre ouverture, la moindre faille permettant de ramener les avions vers Atar.
Jamais il n’abandonna.
C’est aussi avec lui que j’ai appris ce qu’était le lobbying au plus haut niveau. Maurice rencontrait des présidents, des ministres, des décideurs. Il plaidait sans relâche la cause de la Mauritanie. Il avait même porté ce combat auprès des présidents Hollande puis Macron pour obtenir une révision du “Conseil aux voyageurs”. Et il ne venait jamais seul : experts sécuritaires, opérateurs reconnus, personnalités crédibles accompagnaient systématiquement son plaidoyer.
Cette persévérance allait finalement payer en 2017 grâce à la mobilisation conjointe de la Ministre Naha Hamdi Mouknass en Mauritanie et du réseau d’influence activé par Maurice en France, avec notamment le Général Marc Foucaud, Lionel Habasque de Terres d’Aventure et plusieurs autres soutiens majeurs.
Je me souviens encore de cette course contre la montre pour finaliser le contrat de relance des vols charters. Le projet avait même été rédigé sur l’ordinateur de la réception du Monotel. Je ne me rappelle plus si j’étais au clavier et Lionel Habasque penché au dessus ou l’inverse! Mais nous avions notre contrat. Et le 24 décembre 2017, exactement dix ans jour pour jour après le drame qui avait tout arrêté, le premier vol test de relance atterrissait à Atar.
Quel symbole…
Dans l’une des photos, Maurice tenait ce sous son bras le contrat des avions comme un homme qui refusait depuis dix ans de laisser mourir une conviction.
Cette relance allait réussir. D’abord avec 14 rotations tests, puis avec le retour d’une saisonnalité normale la saison 2018-2019 avec la Ministre Khadijetou Mbareck Fall dans la même rigueur et expertise. Et derrière cette victoire, il y avait l’acharnement d’un homme qui n’avait jamais cessé d’y croire.
Même dans les dernières années, Maurice poursuivait encore cette idée du voyage utile et du développement durable, notamment avec Pierre Rabhi autour du projet de Maaden El Irvane dans l’Adrar.
Aujourd’hui, la Mauritanie, l’Adrar et tous les acteurs du tourisme saharien sont orphelins.
Parce qu’au-delà du professionnel, nous perdons surtout un homme rare : passionné, libre, obstiné, profondément humain et incapable d’abandonner ceux qu’il considérait comme les siens.
À tous ses proches, à sa famille, et particulièrement à mon frère et ami Philippe Freund, j’adresse mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.
Repose en paix Maurice.
Le désert n’oubliera pas ton nom
Mahmoud mmbn
par Webmaster | 11 05 26 | Actualitès, Economie
La mine d’or Kinross Tasiast a récemment célébré la mise en service d’une pelle Hitachi EX8000-6, désormais la plus grande pelle minière de ce type en Mauritanie. Il s’agit de la première EX8000 du pays et seulement de la quatrième livrée en Afrique.
Configurée en godet de front de taille, elle pèse plus de 800 tonnes et mesure près de 10 mètres de haut. Dotée d’un godet de 40 m³, elle permettra, selon Kinross Tasiast, d’améliorer considérablement l’efficacité des opérations grâce à une capacité de chargement accrue et à l’optimisation des cycles de transport.
Assemblé et mis en service en un mois seulement, ce projet a été réalisé grâce à la mobilisation exemplaire des équipes, des partenaires techniques et des prestataires de services de Kinross Tasiast, témoignant d’un haut niveau de coordination, de savoir-faire et de collaboration.
Cette mise en service marque une nouvelle étape importante dans le développement des capacités minières de Kinross Tasiast et démontre la confiance dans le potentiel et l’avenir du site.
L’EX8000 a été acquis pour Tasiast l’année dernière, en même temps qu’une chargeuse sur pneus Caterpillar 995.
La mine a travaillé en étroite collaboration avec SMT Africa, distributeur Hitachi pour la Mauritanie.
À Tasiast, le minerai et les stériles sont extraits par gradins de 10 m selon des méthodes conventionnelles à ciel ouvert, principalement à partir de la fosse West Branch, et ce jusqu’en mai 2024.
L’exploitation a également débuté à la fosse Piment en mai 2024 et à la fosse satellite Fennec en juin 2025. La hauteur des gradins à West Branch a été portée à 15 m pour la phase 5 de la fosse (WB5).
La nouvelle pelle EX8000 sera intégrée à la flotte de camions Tasiast, composée de 47 Caterpillar 793D (220 t), six Hitachi EH4000 (220 t) et deux Komatsu HD785 (92 t). Jusqu’à présent, le chargement était principalement assuré par six pelles Caterpillar 6060 et deux pelles Bucyrus RH340B. Trois chargeuses frontales Caterpillar 994 étaient utilisées pour la manutention et quatre Komatsu PC1250 pour le chargement auxiliaire des camions Komatsu plus petits.
Par ailleurs, lors de l’extension de l’usine de traitement à une capacité de 24 000 t/j, une pelle Caterpillar 6060 et cinq camions-bennes Hitachi EH4000 ont été ajoutés à la flotte mobile principale afin de soutenir la production.
Suite à l’agrandissement de l’usine, l’exploitation minière de Piment a ajouté deux camions Cat 793 et un EH4000, tandis que l’exploitation à ciel ouvert satellite de Fennec a ajouté huit camions de transport Caterpillar 777, une pelle Caterpillar 6030 et une chargeuse sur pneus Caterpillar 992.
Des techniques de dynamitage, notamment le prédécoupage et le dynamitage de trous de protection, sont utilisées pour protéger les parois de la fosse. Le minerai est acheminé directement de la mine et du stock vers le concasseur primaire. Le circuit de broyage produit un produit dont 80 % passe à travers 90 microns, lequel est traité dans un circuit conventionnel de lixiviation au carbone inorganique (CIL) pour produire des lingots d’or. Le taux de récupération de l’or est en moyenne de 93 %. Les résidus issus du procédé CIL sont actuellement pompés vers le bassin de stockage des déchets (TSF).
La production commerciale d’or à Tasiast a débuté en janvier 2008 sous la direction de Red Back.
Depuis l’acquisition de Tasiast par Kinross en 2010, environ 5,1 millions d’onces ont été produites. La production de Tasiast s’est poursuivie jusqu’à fin 2025. Durant cette même période, un total de 1 031 Mt de matériaux ont été extraits de différentes fosses, dont environ 77 Mt en 2025.
Les stériles sont utilisés pour la construction des routes de transport et des barrages de résidus miniers, selon les besoins. Le réseau routier existant est bien développé et nécessite un entretien régulier. Des routes supplémentaires seront également nécessaires tout au long de la durée de vie de la mine. Ces routes seront construites à l’aide des flottes minières et de soutien actuelles.
L’électricité sur le site minier est fournie par une combinaison de production thermique et solaire. Pour la production thermique, le site minier dispose de deux centrales principales alimentées au fioul lourd, d’une puissance respective de 40 MW (Phase 2) et 19 MW (Phase 1), équipées de moteurs alternatifs à vitesse moyenne. Deux autres centrales (Phase 1 – 14 MW, Village des employés de Tasiast – 9 MW) sont généralement mises en service uniquement pendant les périodes de maintenance des centrales principales.
Tasiast a également construit une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de production de 34 MW et un système de batteries de 18 MW. La première injection d’électricité produite sur le réseau du site a eu lieu en décembre 2023. La centrale est rentable et permet de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 44 000 tonnes par an, soit environ 544 000 tonnes depuis sa mise en service sur toute la durée de vie de la mine. Cela pourrait permettre d’économiser environ 160 millions de litres de fioul lourd sur la même période.