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Réforme de la justice en Mauritanie : L’expert en droits de l’homme Sidi Mohamed Cheina promu

Le juge Sidi Mohamed Cheina nommé directeur des études et de la législation au ministère de la Justice

Le Conseil des ministres a nommé le juge Sidi Mohamed Cheina directeur des études et de la législation au ministère de la Justice, dans le cadre des nominations approuvées lors de sa réunion d’aujourd’hui.

Le juge Sidi Mohamed Cheina est considéré comme une compétence judiciaire reconnue, ayant été le premier président du tribunal spécialisé dans les crimes d’esclavage, de traite des êtres humains et de trafic de migrants. Il a contribué, par cette responsabilité, à établir le travail de la justice spécialisée dans le traitement de ce type de crimes.

Il a également occupé plusieurs postes dans le système judiciaire, accumulant ainsi une expérience professionnelle et juridique qui l’a qualifié pour le poste de directeur des études et de la législation, chargé de la préparation et de la révision des textes juridiques et de l’accompagnement des réformes législatives dans le secteur de la justice.

Sur le plan régional (Afrique), dans le domaine de la protection des justiciables, ses travaux et ses propositions, notamment autour des articles 27, 28 et 29 du protocole de la Charte Africaine des Droits de l’homme ont reçu une large reconnaissance.

Concernant le principe de subsidiarité, il a œuvré à l’alignement des instruments juridiques internes sur les standards africains, renforçant ainsi la crédibilité des institutions judiciaires nationales face aux mécanismes régionaux.

Au vu de son expertise antiterroriste, il s’est imposé comme un expert sénior reconnu, intervenant notamment sur la thématique complexe des droits de l’homme et des réponses apportées par la justice pénale face au terrorisme transfrontalier.

Fort de tous ces atouts, le juge Sidi Mohamed Cheina mettra à contribution sa grande maitrise des textes juridiques et des questions judiciaires pour donner une impulsion nouvelle à la réforme de la justice dont les résultats sont tant attendus

Madar 

Politique sociale en Mauritanie : Ce que révèlent les nouveaux chiffres des transferts

Alors que le débat s’enflamme sur la politique budgétaire et les subventions des carburants, une analyse approfondie des fondamentaux macroéconomiques révèle les arbitrages complexes de l’État mauritanien. Face aux chocs extérieurs, découvrez notre décryptage exclusif basé sur les faits vérifiés, de la souveraineté énergétique aux chiffres réels des transferts sociaux ciblés.


La controverse sur les carburants a eu au moins un mérite : elle a tiré de son silence la politique économique mauritanienne. Elle a forcé des choix à s’exprimer, des chiffres à circuler, des positions à se confronter.

Je l’ai rejointe dans une première contribution. J’y reviens aujourd’hui, non pour rouvrir le même dossier, mais pour regarder plus loin : vers les fondamentaux de l’économie, vers les promesses du gaz, vers un filet social dont les chiffres les plus récents révèlent une réalité plus large qu’on ne le pensait.

Je n’écris toujours qu’en citoyen attentif, sans autre légitimité que celle des faits vérifiés.

La cohérence des politiques : une nuance sur l’ordre des décisions

Ma première contribution avait reconnu la légitimité du choix d’instrument, l’ajustement des prix accompagné de transferts ciblés, tout en notant que la Banque centrale signale aussi un excès de liquidités bancaires parmi les sources d’inflation. Ce point mérite un approfondissement.

M. Sidi Mohamed Biya, éminant économiste[1], a formulé une nuance que je cite parce qu’elle est juste. Face à un choc énergétique, la réponse cohérente est précisément celle qui a été suivie: une répartition des rôles entre la politique monétaire, agissant sur la demande et les anticipations d’inflation, et le transfert ciblé, protégeant le revenu réel sans alimenter une demande globale. Un transfert vers les ménages vulnérables ne crée pas de pression inflationniste au même titre qu’une expansion budgétaire générale. C’est sa raison d’être.

Le séquençage, souvent omis dans ce débat, le confirme. Les décisions sociales du gouvernement datent du 31 mars 2026.[2] Le relèvement du taux directeur est intervenu le 18 mai 2026.[3] La Banque centrale a donc agi après l’arbitrage gouvernemental, non avant. Ce n’est pas « on relâche, puis on resserre » : c’est l’inverse. La critique d’une incohérence séquentielle perd une partie de son fondement.

Reste un angle mort réel. L’inflation mauritanienne n’est pas seulement importée via les carburants. Elle est aussi alimentée, la Banque centrale le dit elle-même, par un excès de liquidités dans le système bancaire. Ce deuxième moteur, intérieur, est distinct du débat sur les carburants. C’est sur la liquidité bancaire et sur la composition de la dépense publique que la critique de la politique économique retrouve ses bases les plus solides.

Le socle macroéconomique : des chiffres qui contredisent le récit de fragilité

Avant toute conclusion sur la fragilité de l’économie mauritanienne, quelques repères objectifs s’imposent.

La dette publique se situe autour de 42 % du PIB, jugée soutenable par le FMI avec un risque de surendettement modéré.[4] Les recettes publiques avoisinent 22,5 % du PIB, en hausse grâce aux nouvelles mesures fiscales. Les réserves de change couvrent environ 6,4 mois d’importations, niveau confortable. La croissance a atteint 4,0 % en 2025, avec un rebond attendu en 2026, porté par le démarrage de la production gazière.[5]Le FMI salue une gestion budgétaire prudente, ancrée sur une règle qui protège la dépense des soubresauts des matières premières.[6]

Ce tableau ne décrit pas une économie en rupture. Il décrit une économie sous tension, avec des chantiers structurels encore ouverts.

Le gaz : une promesse que rien ne garantit automatiquement

Fin 2024, le projet Greater Tortue Ahmeyim a livré son premier gaz. Les premières cargaisons de GNL ont suivi en 2025, et la production monte progressivement vers sa capacité nominale.[7] La Mauritanie est désormais producteur de gaz. Ce n’est pas rien.

Mais la rente n’est pas une transformation. Elle peut en financer une, à condition que les institutions s’y emploient sérieusement. Les routes, l’énergie accessible, les écoles, la justice, le secteur privé productif : voilà ce que la rente peut acheter si elle est bien orientée. Un signal récent va dans ce sens. En mars 2026, la Banque centrale a annoncé un partenariat avec la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), mobilisant environ 900 millions de dollars en financements islamiques pour les entreprises mauritaniennes.[8] C’est un pas utile. Mais le contenu local ne se décrète pas : il se construit par la formation, la sous-traitance encadrée et le temps.

La vraie souveraineté : stocks, règles, concurrence

La Mauritanie importe la quasi-totalité de ses carburants raffinés : environ 800 000 tonnes de gasoil et 125 000 tonnes d’essence par an.[9] Ses capacités de stockage restent limitées, et sa logistique de distribution est concentrée entre quelques opérateurs. Cette dépendance a un coût en devises et une vulnérabilité réelle à chaque choc mondial.

La souveraineté qui mérite d’être discutée n’est pas une notion abstraite. C’est une résilience concrète : des stocks suffisants, des règles de concurrence transparentes, une capacité à surveiller les marges et à arbitrer entre opérateurs. Le gaz, en réduisant progressivement la facture énergétique pour l’électricité, allégera à terme la pression sur les réserves de change. Mais l’effet sur les carburants de transport ne sera ni immédiat ni direct.

Le social : les chiffres qui changent l’image

C’est ici que les informations les plus récentes obligent à réviser le cadrage initial de ce débat.

Lors d’une réunion avec les représentants des syndicats les plus représentatifs, le 11 juin 2026, le Président de la République a rendu publics les chiffres de l’effort social en cours.[10] Sur le seul poste du soutien aux prix de l’énergie, l’État avait déjà mobilisé l’équivalent de 4,06 milliards MRU. Ce montant devrait atteindre 13 milliards MRU d’ici la fin de l’année. Parallèlement, des aides alimentaires sont versées à 155 000 familles supplémentaires, et des transferts monétaires touchent 352 000 ménages à travers tout le pays, soit près de trois fois plus que les 124 000 initialement annoncés. Plus de 42 500 fonctionnaires civils et militaires, ainsi que 27 600 retraités, bénéficient d’un soutien exceptionnel. L’enveloppe totale des interventions sociales devrait dépasser 14,8 milliards MRU sur l’année en cours.

Ces chiffres éclairent trois points du débat.

D’abord, la couverture réelle du dispositif. La critique portant sur le faible nombre de bénéficiaires mérite d’être révisée : 352 000 ménages, c’est un effort significatif, comparable à la couverture du programme Tekavoul à pleine capacité. Le registre social national a démontré ici son utilité.

Ensuite, la question du coût. Le soutien aux prix de l’énergie (13 milliards MRU attendus en 2026) dépasse largement l’estimation du plafonnement pur présentée dans la première contribution (environ 5 milliards MRU pour le seul gasoil). Mais les deux chiffres ne sont pas directement comparables : le « soutien aux prix de l’énergie » couvre un périmètre plus large que la seule taxe pétrolière sur les carburants de transport, et comprend vraisemblablement l’électricité et d’autres formes d’énergie. Une décomposition plus précise de cette enveloppe est nécessaire pour trancher.

Enfin, la nature de l’approche retenue. L’État a opté pour une combinaison : ajustement partiel des prix, soutien sectoriel à l’énergie, transferts ciblés multiples. Cette hybridation a un coût total qui dépasse probablement celui d’une option pure appliquée avec rigueur. C’est le prix d’un choix qui protège, même imparfaitement, sans exposer brutalement les ménages à la totalité du choc.

Les prestations versées via Tekavoul et le registre social national demeurent pourtant modestes au regard des besoins réels. Le vrai chantier, que ces chiffres rendent visible, est de rendre ces transferts réguliers plutôt que ponctuels, et de revaloriser progressivement leur montant.

M. Yahya Ould Amar, économiste et banquier, a rappelé dans une tribune récente que le pauvre ne doit jamais être la variable d’ajustement des choix économiques.[11] Cette exigence ne s’oppose pas au transfert ciblé. Elle le commande. La subvention universelle, en apparence sociale, sacrifie deux fois le plus pauvre : elle dépense d’abord pour les plus aisés (ceux qui consomment le plus de carburant), puis creuse un déficit que les mêmes ménages vulnérables absorberont lors du prochain resserrement.

Les chantiers qui décideront de la suite

Le socle macroéconomique est solide. La rente gazière est en marche. Le filet social est réel, et plus large qu’on ne le pensait. Ce qui manque encore, c’est la transformation : construire une économie capable de créer de la valeur au-delà de la rente et de la dépense publique.

Cela passe par l’investissement dans le capital humain, car aucune richesse naturelle ne remplace une école qui forme. Par la correction des déséquilibres régionaux, pour que la croissance se voie dans tout le pays, pas seulement à Nouakchott. Et par des institutions qui fonctionnent avec constance, au-delà des cycles politiques et économiques.

Conclusion

La première mission d’une économie est de gérer ses équilibres. La seconde, plus difficile, est de rendre la prospérité durable et partagée. Ces deux missions ne s’opposent pas. Mais elles n’avancent pas au même rythme.

Le débat sur les carburants a eu une vertu. Il a rappelé que protéger les plus vulnérables et tenir les comptes publics ne sont pas deux objectifs contradictoires. Ils exigent les mêmes instruments : la rigueur dans le ciblage, la régularité dans le versement, la transparence dans la dépense. Ce n’est pas une question de générosité. C’est une question de méthode.

Une économie qui sait compter doit aussi savoir construire, et savoir qui elle protège.

Issa Cheiguer 

A propos d’Issa Cheiguer

Issa Cheiguer est un expert mauritanien en finance, investissement et conseil stratégique. Président-directeur général de Finance Conseil Investissement (FCI), il accompagne les entreprises et les investisseurs dans la structuration de leurs projets et la mobilisation de financements. Il intervient sur les questions de développement du secteur privé et d’attractivité économique de la Mauritanie. Son expertise couvre le conseil financier, l’investissement et l’accompagnement des projets à fort impact.

[1] M. Sidi Mohamed Biya, diplômé de l’ENSAE Paris, ancien Ministre des Finances, Président de l’Autorité de Régulation du Marché Financier de Mauritanie (ARMF). Nuance formulée dans le cadre d’une contribution personnelle au débat, créditée ici avec son accord.

[2] Conseil des ministres du 31 mars 2026 et presse nationale (infoplus.mr, rapideinfo.mr). Montants exprimés en ouguiyas nouvelles (MRU) ; 1 MRU = 10 anciennes ouguiyas.

[3]Banque centrale de Mauritanie, communiqué du Conseil de politique monétaire du 18 mai 2026 : taux directeur porté de 6,0 % à 6,5 %.

[4] Fonds monétaire international, Rapport pays n° 25/170 ; ministère des Finances, Rapport économique et financier : dette publique d’environ 42 % du PIB, recettes publiques d’environ 22,5 % du PIB, réserves de change d’environ 6,4 mois d’importations.

[5] Fonds monétaire international, communiqué du 10 avril 2026 : croissance de 4,0 % en 2025. Banque africaine de développement, Perspectives économiques en Mauritanie 2025-2026 : déficit courant proche de 7,5 % du PIB, rebond attendu en 2026.

[6] Fonds monétaire international, communiqué de la cinquième revue des accords FEC/MEDC, janvier 2026 : gestion budgétaire prudente, règle budgétaire protégeant la dépense de la volatilité des matières premières.

[7]Projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA), conduit avec le Sénégal (BP, opérateur principal ; Kosmos Energy) : premier gaz livré en décembre 2024 ; première phase de production en montée en puissance vers une capacité nominale de 2,4 millions de tonnes de GNL par an.

[8]Banque centrale de Mauritanie, lettre d’information de mars 2026, publiée le 9 avril 2026 : partenariat avec la Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), 900 millions de dollars américains en financements conformes à la finance islamique, destinés aux investissements structurants et aux entreprises mauritaniennes.

[9] Ministre de l’Énergie et du Pétrole, déclarations rapportées par l’Agence mauritanienne d’information (AMI), mai 2026 : importations annuelles d’environ 800 000 tonnes de gasoil et 125 000 tonnes d’essence.

[10] Agence mauritanienne d’information (AMI) et presse nationale (Al Akhbar, 12 juin 2026) : déclarations du Président de la République lors d’une réunion avec les représentants des syndicats les plus représentatifs, le 11 juin 2026. Les montants sont exprimés en ouguiyas (ancienne unité monétaire, toujours utilisée dans le langage courant) et sont ici convertis en MRU : 40,6 milliards d’ouguiyas = 4,06 milliards MRU ; 130 milliards d’ouguiyas = 13 milliards MRU ; 148 milliards d’ouguiyas = 14,8 milliards MRU.

[11] Yahya Ould Amar, économiste et banquier, « Sortir de la pauvreté : l’angle mort moral de l’économie mondiale », Kapitalis, 4 juin 2026

 

Financial Afrik

État civil en Mauritanie : Biram Dah Abeid accuse les autorités de manipulation des chiffres

Dans le cadre d’une tournée politique européenne, Biram Dah Abeid a mené plusieurs échanges à Bruxelles avec des responsables diplomatiques, des représentants d’organisations internationales de défense des droits humains ainsi que des membres de la diaspora mauritanienne.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par la détention de plusieurs militants de son mouvement, dont les députées Mariem Mint Cheikh et Ghamou Achour.

Les autorités mauritaniennes, de leur côté, mettent en avant des progrès significatifs dans le domaine de l’état civil. Le ministre de l’Intérieur évoque l’enrôlement de 1,7 million de personnes depuis 2019, pour un total de 5,1 millions d’inscrits. Certains responsables politiques avancent même un taux de couverture estimé à 95 % de la population. Une lecture que conteste fermement Biram Dah Abeid.

Depuis Bruxelles, le président de l’IRA accuse les autorités de « manipulation des chiffres » et affirme que de nombreux citoyens, notamment issus des communautés négro-africaines et haratines, restent exclus des procédures d’enrôlement.

Il dénonce des obstacles administratifs persistants, tels que des exigences de preuves généalogiques difficiles à fournir, des rejets de dossiers et des lenteurs dans le traitement des demandes.

Selon lui, ces difficultés ont des conséquences directes sur l’accès aux droits fondamentaux, notamment l’éducation, la santé et la participation politique.

La question des libertés publiques et des arrestations de militants a également occupé une place centrale dans les discussions. Tandis que le gouvernement affirme agir dans le strict cadre de la loi, l’IRA évoque une réduction de l’espace civique et maintient ses accusations de répression. Biram Dah Abeid a notamment déclaré que les militants détenus ne céderaient pas à des compromis en échange de leur libération.

Au-delà de ces enjeux politiques, le leader de l’IRA a élargi son intervention à des problématiques sociales plus larges. Il a évoqué le chômage des jeunes, les difficultés d’accès à l’eau potable et ce qu’il décrit comme un système éducatif en crise. Il a également alerté sur les tensions foncières dans la vallée du fleuve Sénégal, liées à des attributions de terres contestées, ainsi que sur la situation des orpailleurs artisanaux dans le nord du pays, qu’il estime confrontés à des mesures de répression.

Dans ses échanges avec les acteurs de la société civile présents à Bruxelles, plusieurs organisations ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’évolution des libertés publiques en Mauritanie et ont appelé au renforcement des garanties pour les défenseurs des droits humains.

Alors que les autorités défendent leur bilan en matière de modernisation de l’état civil et considèrent les procédures judiciaires en cours comme relevant du droit commun, Biram Dah Abeid rejette cette lecture et affirme que la réalité du terrain contredit les chiffres officiels.

Cette tournée bruxelloise aura ainsi permis au président de l’IRA de porter son analyse devant des interlocuteurs

La BID et la Mauritanie signent un accord

Le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallahi Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, a signé hier, vendredi, à Bakou (Azerbaïdjan), un accord de financement avec le président du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), Dr. Muhammad Sulaiman Al Jasser. Cet accord, d’une valeur totale de 59,28 millions de dollars américains, financera un projet d’électrification de zones rurales isolées en Mauritanie.Ce projet vise à promouvoir un accès global et équitable à des services d’électricité durables et abordables dans les zones rurales, ciblant 170 communautés réparties dans les régions de l’Adrar, de l’Assaba, de l’Inchiri, du Brakna, du Hodh Charghi, du Hodh El Gharbi et du Tagant. Il s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à porter la couverture électrique de 55 % en 2024 à 100 % d’ici 2030.

Le plan de mise en œuvre repose sur un ensemble de solutions décentralisées, notamment la création de 85 petits réseaux électriques solaires d’une capacité totale de 8 mégawatts, le raccordement de 36 communautés au réseau du projet RIMDIR (Renforcement des Investissements Productifs et Énergétiques en Mauritanie pour le Développement Durable des zones rurales) et la fourniture de systèmes d’énergie solaire domestiques à 20 communautés.

Le projet prévoit également l’extension des réseaux basse et moyenne tension et la mise en place de 25 000 raccordements électriques résidentiels et institutionnels avec compteurs prépayés.

Côté développement et production, le projet prévoit l’installation de 10 plateformes énergétiques polyvalentes, comprenant des moulins, des bornes de recharge et des installations de stockage de produits laitiers, qui seront gérées et exploitées par des coopératives féminines.

 

Par ailleurs, 126 pompes à eau seront installées pour soutenir les activités agricoles et pastorales, et du matériel de réfrigération sera fourni pour le stockage des vaccins dans les centres de santé.

Le projet met également l’accent sur le renforcement des capacités techniques locales par l’organisation de visites d’échange avec plusieurs pays, le lancement de programmes de formation pour les techniciens locaux et la qualification de nombreux diplômés sur une période de deux ans afin de garantir l’exploitation et la maintenance durables des installations électriques.

Le projet devrait bénéficier directement à environ 123 000 citoyens, soit près de 22 000 familles, ainsi qu’à quelque 3 000 infrastructures sociales et productives, dont des écoles et des centres de santé. Il vise également à soutenir les groupes les plus vulnérables, les jeunes et les ménages dirigés par des femmes, contribuant ainsi à alléger leurs conditions de vie et à dynamiser l’activité économique locale.

L’accord a été signé en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement à Bakou.

Source :AMI

« Émergence Agricole » : Le Trarza se dote d’un nouveau pôle de développement stratégique

Le Conseil des Ministres s’est réuni, le jeudi 18 juin 2026, sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed OULD CHEIKH EL-GHAZOUANI, Président de la République.

Le Conseil a examiné et adopté les projets de texte suivants :

– Projet de décret portant transformation du Centre Supérieur d’Enseignement Technique (CSET) de Nouakchott en Institut National Supérieur de l’Enseignement Technique (INSET) et fixant ses missions, son organisation et ses modalités de fonctionnement.

Le présent projet de décret constitue une réforme structurante d’un pilier central de la formation technique et professionnelle. Il vise à doter le pays d’un Institut national d’excellence, capable de former des cadres techniques hautement qualifiés et de contribuer ainsi efficacement aux priorités nationales de développement du capital humain.

– Projet de décret portant création d’un pôle de développement dans la Wilaya du Trarza.

Le présent projet de décret vise, conformément aux dispositions de la loi n° 2025-006 du 19 février 2025 portant Code des Investissements, la création d’un Pôle de développement dans la Wilaya du Trarza, dénommé « Émergence Agricole », qui s’étend sur les Moughataas de Rosso, Tekane, R’kiz, Mederdra et Keur Macene.

La création de ce Pôle de développement s’inscrit dans la stratégie visant à structurer les filières agricoles et d’élevage, à haute valeur ajoutée et à créer un environnement propice à l’investissement privé.

Le Pôle de Développement « Émergence Agricole » s’articule autour de deux composantes principales :

i. Un bassin de production couvrant les départements de Keur Macène, Rosso, N’Tekane, R’Kiz et Mederdra, sur une superficie totale d’environ 800.000 hectares ;

ii. Une plateforme de transformation et d’industrialisation des produits agricoles et d’élevage, située à proximité de Tiguint, sur un site stratégique à mi-chemin entre les zones de production, les ports de Nouakchott et de N’Diago ainsi que l’aéroport international de Nouakchott.

La création de ce Pôle de développement aura des impacts multiformes, notamment :

• L’accroissement de la production agricole et sa valorisation en vue de l’atteinte de l’autosuffisance dans les filières maraîchères, notamment la pomme de terre, l’oignon, la tomate, le gombo, la carotte et autres cultures horticoles ;

• Le développement d’une production significative dans les filières du blé, des cultures fourragères et de l’arboriculture fruitière ;

• La structuration, la modernisation et la valorisation des filières agricoles et d’élevage orientées vers l’exportation ;

• La création d’emplois et l’insertion socio-économique, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.

– Projet de décret portant extinction du permis d’exploitation n°8C5 octroyé à la société SOMISEL.

Conformément aux dispositions de l’article 114 du décret n°2023.048 en date du 15 Février 2023, modifiant certaines dispositions du décret n°2008/159, du 04 novembre 2008, modifié et complété, portant sur les titres miniers et de carrières, il est constaté l’extinction définitive du permis d’exploitation n°8, attribué à la Société Mauritanie de l’Industrie du Sel (SOMISEL), pour l’exploitation du gisement de sel, situé dans les wilayas du Trarza et de l’Inchiri, couvrant une superficie de 1890 km², le présent projet de décret constate la fermeture de la mine de sel, consacre le retour gracieux du gisement à l’Etat et libère la société SOMISEL de toute obligation afférente à la réhabilitation du site minier.

‐ Projet de décret concession provisoire d’un terrain à la wilaya du Trarza, Moughataa de Keur Macéne au profit de la Société El Kheir pour l’Agriculture et l’Elevage.

Dans le cadre des objectifs gouvernementaux visant à renforcer la sécurité alimentaire, à promouvoir l’industrialisation rurale et à stimuler la création d’emplois dans les zones à fort potentiel agricole et pastoral, ce projet de décret a pour but d’octroyer à cette société une concession provisoire pour l’exploitation d’un terrain d’une superficie de 845 hectares situé dans la Moughataa de Keur Macéne, Wilaya du Trarza.

Ces terres seront utilisées pour la culture du riz, du blé et des légumes, et permettront la création de 50 emplois permanents et de 60 emplois temporaires.

‐ Projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à la wilaya du Trarza, Moughataa de Keur Macéne au profit de la Société Tenmiya Assriya.

Grâce à la concession provisoire, la société aspire à exploiter un terrain agricole d’une superficie de 1.190 hectares dans la zone d’Aftout Essahili, relevant de la Moughataa de Keur Macène, Wilaya du Trarza, afin d’établir un complexe intégré pour la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles, notamment le blé, le riz et les légumes. Elle contribuera aussi à la souveraineté alimentaire du pays, créer de l’emploi en milieu rural, encourager l’investissement privé dans l’agro-industrie et promouvoir l’exportation de produits agricoles.

Le Ministre de la Justice, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur par intérim a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement Local a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :

Ministère de la Justice

Cabinet du Ministre

Chargés des missions :

– Cheikh Abdati Saleh, précédemment Directeur des Affaires Administratives à la Direction Générale des Pénitentiaires et de Réinsertion.

– Mohamed Vall Ould Ahmed Kember, tiulaire d’un Master en Mathématiques et Statistiques.

– Ahmed Mohamed Adié, précédemment Directeur Adjoint de la Direction des Études et de la Législation.

– Ahmedou Hediti, tiulaire d’une Maîtrise en Sciences de la Communication

Conseillers :

– Conseiller chargé des Affaires Juridiques : Cheikh Mohamed Mahmoud Ould Iyaha, précédemment Procureur de Nouakchott Ouest.

– Conseiller chargé des Affaires Civiles : Mohameden Cheikh, précédemment Chargé de Mission.

– Conseiller chargé de la Politique Pénale et de l’Action Publique : Mohamed Aboubacar M’barek, précédemment Chargé de Mission.

– Conseiller chargé de la Protection Judiciaire de l’Enfant et du Genre : Idrissa Wagué, précédemment Chargé de Mission.

Administration Centrale

Direction des Etudes et de la Législation

– Directeur: Sidi Mohamed Ould Cheine, Juge.

– Directeur Adjoint : Cheikh El Moustapha Moustapha Biya, précédemment Directeur Adjoint des Ressources Humaines

Direction des Ressources Humaines

– Directeur adjoint : Yacoub Ndiaye, précédemment Chef de Service à la Direction des Ressources Humaines.

Direction Générale des Affaires Pénitentiaire et de Réinsertion.

Direction des Affaires Administratives

– Directeur : Cheikh Salmoun Sneiba, titulaire de Master, précédemment cadre au Ministère de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique

Ministère de la Fonction Publique et du Travail

Cabinet du Ministre

– Chargé de Mission : Roughaye mint Talha

Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement

Cabinet du Ministre

– Chargé de mission : Chrive Ahmed Mohamed, précédemment Attaché au Cabinet du Ministre.

Etablissements Publics

Institut Mauritanien de Recherche et de Formation dans le Domaine du Patrimoine et de la Culture

– Directeur : Mohamed Mahmoud TOLBA, titulaire d’un Doctorat en Etudes Islamiques.

Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille

Administration Centrale

Direction de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale

– Directeur Adjoint : Mohamed Mahmoud Mohamed Souleimane M’beirick, précédemment Chef de Service du Secrétariat Central.

Urgence à l’Assaba : Éduquer ne suffit plus, il faut bâtir !

À plus d’une heure de piste de Kiffa, la capitale de l’Assaba, le village enclavé de Gvave Guerjma s’étend en longueur sur plus de cinq kilomètres. Derrière cette géographie particulière se cache une réalité scolaire contrastée.

Ici, au cœur de la commune d’Aghaouratt, la volonté d’apprendre des enfants se heurte quotidiennement à un déficit chronique d’infrastructures.

Si l’engagement de l’État mauritanien et de ses partenaires, tels que l’UNICEF et World Vision, est salué par la communauté, l’état de délabrement des installations scolaires menace directement la qualité de l’apprentissage. Un cadre pédagogique solide … mais sans murs «Force est de reconnaître que les autorités publiques et leurs partenaires s’investissent pour offrir des conditions optimales d’éducation et de santé à nos enfants », confient les porte-paroles locaux, qui regrettent cet état de délabrement qu’on ne peut nier.

Sur le plan humain, le succès est tangible.

L’école dispose d’un point d’eau fonctionnel et le niveau des élèves, illustré par des exercices de calcul complexes au tableau, témoigne du dévouement du corps enseignant. De plus, la localité étant épargnée par le réseau mobile, les enfants évoluent dans une bulle préservée des ravages numériques des smartphones.

Pourtant, ce tableau pédagogique encourageant s’effondre dès que l’on lève les yeux sur l’environnement physique des élèves. L’enseignement se fait ici au mépris des règles de sécurité et de confort les plus élémentaires.

L’école des courants d’air et des bâches déchirées

Le véritable problème réside dans l’ossature même de l’établissement. L’école ne dispose que d’une seule et unique salle de classe en dur. Un terme bien généreux pour décrire un bâtiment démuni de portes et de fenêtres, laissant les enfants à la merci du vent et de la poussière.

Plus grave encore, son toit en zinc est en état de décomposition avancée. Pour pallier le manque d’espace, trois hangars de fortune (Photos) ont été installés dans la cour. Couvertes de bâches délabrées et déchirées, ces structures ne protègent plus rien.

Les nattes étalées aux côtés de quelques tables-bancs en mauvais état montrent par ailleurs une insuffisance des équipements pédagogiques pour renforcer la qualité de l’enseignement assuré dans cet environnement rural difficile au sein duquel, apprennent des enfants qui parcourent quotidiennement des kilomètres entre leurs parents et l’école.

Alors que la région subit des pluies précoces, ces abris précaires se transforment en pièges à eau, perturbant les cours et menaçant le matériel didactique.

Comment exiger la concentration d’un enfant lorsque le toit au-dessus de sa tête menace de s’effondrer ou de s’envoler à la moindre bourrasque ?

Une cantine sans toit sous un soleil de plomb

Ce déficit infrastructurel ne s’arrête pas aux portes des classes ; il s’invite aussi au moment du repas.

Le programme de cantine scolaire assure un repas quotidien vital composé de riz, d’huile et de haricots.

Une initiative louable, mais gâchée par l’absence d’un réfectoire ou d’un simple préau. « Les enfants mangent, c’est vrai, et nous en sommes reconnaissants. Mais ils doivent consommer leur unique plat quotidien sous un soleil ardent », déplorent, les notables locaux, avec une satisfaction mitigée.

Faute d’un espace ombragé dédié, l’heure du déjeuner devient une épreuve physique face aux températures extrêmes de l’Assaba.

Le défi de la reconstruction de Gvave Guerjma démontre que la résilience humaine a ses limites, si l’isolement technologique et un bon encadrement moral permettent aujourd’hui à ces enfants de progresser, l’absence d’infrastructures de base agit comme un plafond de verre pouvant s’écrouler à chaque instant sur leurs têtes.

Pour que ces élèves deviennent les ressources humaines de demain, l’aide matérielle ne peut plus se contenter de solutions temporaires ou de bâches en plastique.

Comme quoi, l’urgence dans l’Assaba n’est plus seulement d’enseigner, mais de bâtir des écoles solides, protectrices et dignes pour la jeunesse mauritanienne.

Mohamed Ould Mohamed Lemine (REJADE)

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