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Kinross Tasiast se renforce avec une pelle de 800 tonnes et de 10 mètres de haut

La mine d’or Kinross Tasiast a récemment célébré la mise en service d’une pelle Hitachi EX8000-6, désormais la plus grande pelle minière de ce type en Mauritanie. Il s’agit de la première EX8000 du pays et seulement de la quatrième livrée en Afrique.

Configurée en godet de front de taille, elle pèse plus de 800 tonnes et mesure près de 10 mètres de haut. Dotée d’un godet de 40 m³, elle permettra, selon Kinross Tasiast, d’améliorer considérablement l’efficacité des opérations grâce à une capacité de chargement accrue et à l’optimisation des cycles de transport.

Assemblé et mis en service en un mois seulement, ce projet a été réalisé grâce à la mobilisation exemplaire des équipes, des partenaires techniques et des prestataires de services de Kinross Tasiast, témoignant d’un haut niveau de coordination, de savoir-faire et de collaboration.

Cette mise en service marque une nouvelle étape importante dans le développement des capacités minières de Kinross Tasiast et démontre la confiance dans le potentiel et l’avenir du site.

L’EX8000 a été acquis pour Tasiast l’année dernière, en même temps qu’une chargeuse sur pneus Caterpillar 995.

La mine a travaillé en étroite collaboration avec SMT Africa, distributeur Hitachi pour la Mauritanie.

À Tasiast, le minerai et les stériles sont extraits par gradins de 10 m selon des méthodes conventionnelles à ciel ouvert, principalement à partir de la fosse West Branch, et ce jusqu’en mai 2024.

L’exploitation a également débuté à la fosse Piment en mai 2024 et à la fosse satellite Fennec en juin 2025. La hauteur des gradins à West Branch a été portée à 15 m pour la phase 5 de la fosse (WB5).

La nouvelle pelle EX8000 sera intégrée à la flotte de camions Tasiast, composée de 47 Caterpillar 793D (220 t), six Hitachi EH4000 (220 t) et deux Komatsu HD785 (92 t). Jusqu’à présent, le chargement était principalement assuré par six pelles Caterpillar 6060 et deux pelles Bucyrus RH340B. Trois chargeuses frontales Caterpillar 994 étaient utilisées pour la manutention et quatre Komatsu PC1250 pour le chargement auxiliaire des camions Komatsu plus petits.

Par ailleurs, lors de l’extension de l’usine de traitement à une capacité de 24 000 t/j, une pelle Caterpillar 6060 et cinq camions-bennes Hitachi EH4000 ont été ajoutés à la flotte mobile principale afin de soutenir la production.

Suite à l’agrandissement de l’usine, l’exploitation minière de Piment a ajouté deux camions Cat 793 et ​​un EH4000, tandis que l’exploitation à ciel ouvert satellite de Fennec a ajouté huit camions de transport Caterpillar 777, une pelle Caterpillar 6030 et une chargeuse sur pneus Caterpillar 992.

Des techniques de dynamitage, notamment le prédécoupage et le dynamitage de trous de protection, sont utilisées pour protéger les parois de la fosse. Le minerai est acheminé directement de la mine et du stock vers le concasseur primaire. Le circuit de broyage produit un produit dont 80 % passe à travers 90 microns, lequel est traité dans un circuit conventionnel de lixiviation au carbone inorganique (CIL) pour produire des lingots d’or. Le taux de récupération de l’or est en moyenne de 93 %. Les résidus issus du procédé CIL sont actuellement pompés vers le bassin de stockage des déchets (TSF).

La production commerciale d’or à Tasiast a débuté en janvier 2008 sous la direction de Red Back.

Depuis l’acquisition de Tasiast par Kinross en 2010, environ 5,1 millions d’onces ont été produites. La production de Tasiast s’est poursuivie jusqu’à fin 2025. Durant cette même période, un total de 1 031 Mt de matériaux ont été extraits de différentes fosses, dont environ 77 Mt en 2025.

Les stériles sont utilisés pour la construction des routes de transport et des barrages de résidus miniers, selon les besoins. Le réseau routier existant est bien développé et nécessite un entretien régulier. Des routes supplémentaires seront également nécessaires tout au long de la durée de vie de la mine. Ces routes seront construites à l’aide des flottes minières et de soutien actuelles.

L’électricité sur le site minier est fournie par une combinaison de production thermique et solaire. Pour la production thermique, le site minier dispose de deux centrales principales alimentées au fioul lourd, d’une puissance respective de 40 MW (Phase 2) et 19 MW (Phase 1), équipées de moteurs alternatifs à vitesse moyenne. Deux autres centrales (Phase 1 – 14 MW, Village des employés de Tasiast – 9 MW) sont généralement mises en service uniquement pendant les périodes de maintenance des centrales principales.

Tasiast a également construit une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de production de 34 MW et un système de batteries de 18 MW. La première injection d’électricité produite sur le réseau du site a eu lieu en décembre 2023. La centrale est rentable et permet de réduire les émissions de CO2 jusqu’à 44 000 tonnes par an, soit environ 544 000 tonnes depuis sa mise en service sur toute la durée de vie de la mine. Cela pourrait permettre d’économiser environ 160 millions de litres de fioul lourd sur la même période.

Mauritanie -Algérie : Une dynamique de partenariat « Gagnant-Gagnant »

L’Algérie et la Mauritanie ont signé, depuis le début de la la 8e Foire d’Algérie ouverte dans la capitale mauritanienne Nouakchott. 52 accords de coopération couvrant divers secteurs, depuis le début de la la 8e Foire d’Algérie à Nouakchott.

L’offensive commerciale algérienne en Afrique de l’Ouest franchit un nouveau palier. Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé, ce dimanche, un bilan impressionnant pour la 8e édition de la Foire des produits et services algériens à Nouakchott. Depuis l’ouverture de l’événement le 5 mai, pas moins de 52 accords de coopération ont été conclus entre les opérateurs des deux pays.

Une dynamique de partenariat « Gagnant-Gagnant »

La journée de samedi a été particulièrement fructueuse avec la signature de 25 nouveaux accords et mémorandums d’entente. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Algérie en Mauritanie, Amine Sid, ainsi que de représentants de l’Union nationale du patronat mauritanien (UNPM). Ces résultats s’ajoutent aux 27 accords déjà paraphés en début de semaine, confirmant l’attractivité du label Algérie.

Les accords signés touchent des secteurs névralgiques tels que l’industrie, les mines, les câbles électriques et les industries de transformation. La coopération s’étend également aux services de santé, à l’industrie mécanique, aux dispositifs médicaux, ainsi qu’aux solutions innovantes pour start-up, à l’enseignement supérieur et à l’hydraulique.

Une plateforme stratégique pour l’exportation

Pour le ministère, ce rendez-vous ne se limite plus à une simple exposition ; la foire s’est muée en une véritable plateforme économique. Elle permet de renforcer durablement le positionnement des entreprises nationales sur le marché mauritanien, véritable porte d’entrée vers les marchés africains. Cette dynamique s’inscrit en droite ligne avec la stratégie de l’État visant à diversifier l’économie et à promouvoir les exportations hors hydrocarbures.

L’accompagnement des opérateurs économiques par les pouvoirs publics porte ses fruits en garantissant des espaces de communication directe avec les partenaires continentaux. L’approche adoptée, fondée sur le principe du partenariat gagnant-gagnant, favorise la construction de relations commerciales solides et encourage les entreprises algériennes à élargir leurs activités à l’international.

Clôture d’un événement d’envergure

En marge des signatures, plusieurs instances mauritaniennes ont été honorées pour leur contribution exceptionnelle à la réussite de cet événement. Cette reconnaissance témoigne de la profondeur des liens fraternels et de la volonté commune de bâtir une intégration économique régionale forte.

La Foire, qui a mobilisé plus de 350 entreprises algériennes opérant dans divers domaines d’activité, fermera ses portes ce lundi. Elle laisse derrière elle un bilan record qui confirme que l’Algérie s’affirme désormais comme un acteur économique stratégique sur le continent

Algérie–Mauritanie : la coopération commerciale au centre d’une rencontre ministérielle à Nouakchott

La ministre mauritanienne du Commerce et du Tourisme, Mme Zeinebou Mint Ahmednah, a reçu dans son bureau une délégation de cadres du ministère algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, accompagnée de l’ambassadeur d’Algérie en Mauritanie, Amine Sid.

Une audience qui intervient en marge de la huitième édition de la Foire des produits et services algériens organisée dans la capitale mauritanienne, Nouakchott.

La rencontre a été consacrée à l’examen de la situation et des perspectives des relations commerciales entre les deux pays frères, notamment à la lumière des accords bilatéraux signés récemment, ainsi qu’aux moyens de renforcer la coopération économique et d’augmenter le volume des échanges commerciaux dans l’intérêt des deux pays.

Les deux parties ont également évoqué l’importance de la foire dans l’ouverture de nouvelles perspectives de partenariat et de communication entre les opérateurs économiques algériens et leurs homologues mauritaniens, compte tenu de l’importante participation algérienne et de la grande diversité des secteurs représentés.

De son côté, la délégation ministérielle algérienne a exprimé ses remerciements et sa gratitude pour l’accueil chaleureux, saluant les facilités et l’attention accordées par les autorités mauritaniennes afin d’assurer le succès de cette manifestation économique et de renforcer la coopération bilatérale entre l’Algérie et la Mauritanie.

La Mauritanie accueille un atelier de validation du projet NAVAC sur la chaîne de valeur des pêcheries du lac de Foum Gleita

Nouakchott, 6 mai 2026 – Un atelier de validation des résultats préliminaires de l’analyse de la chaîne de valeur des pêcheries du lac de Foum Gleita se tient les 6 et 7 mai 2026 à Kaédi, dans la région du Gorgol, dans le cadre de la mise en œuvre du programme NAVAC (New Aquatic Food Value Chains – Développement de nouvelles chaînes de valeur aquatiques) en Mauritanie.

Mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec l’Université Technique du Danemark (DTU), avec l’appui financier de l’Union européenne et l’appui technique de l’Agence mauritanienne de Développement de la Pêche et de la Pisciculture Continentales (ADPPC), NAVAC est un programme quinquennal qui vise à développer de nouvelles chaînes de valeur aquatiques pour une alimentation saine et durable, en particulier au profit des populations les plus vulnérables dans des contextes fragiles.

Le programme appuie le développement de chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture dans cinq pays (Mauritanie, Soudan du Sud, Guinée-Bissau, Colombie et Tchad), en mettant l’accent sur leur contribution à la lutte contre la malnutrition et au renforcement de la résilience des systèmes alimentaires.

L’atelier réunit les principaux acteurs de la chaîne de valeur des pêcheries du lac de Foum Gleita, notamment les pêcheurs, les transformatrices, les mareyeurs et détaillantes, les autorités publiques, ainsi que les partenaires techniques et financiers. Il s’inscrit dans la première phase du programme, consacrée à l’analyse de la chaîne de valeur et à l’élaboration d’une stratégie de développement.

Au cours des deux journées d’atelier, les participants examinent les résultats de l’analyse fonctionnelle de la chaîne de valeur ainsi que l’évaluation préliminaire de sa durabilité économique, sociale et environnementale. Les discussions permettent d’ajuster et de valider ces résultats à travers un processus participatif, en tenant compte des réalités du terrain.

L’atelier vise également à définir une vision commune à l’horizon de dix ans pour l’amélioration de la chaîne de valeur, ainsi qu’à identifier les axes stratégiques et les actions prioritaires pour son développement durable. Une attention particulière est accordée au potentiel des produits aquatiques, notamment les espèces faiblement exploitées, pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les résultats de cette rencontre contribuent à l’élaboration d’une stratégie décennale de mise à niveau de la chaîne de valeur, ainsi qu’à un plan d’investissement sur quatre ans, mis en œuvre jusqu’à la fin du programme NAVAC en 2030.

La chaîne de valeur des pêcheries du lac de Foum Gleita joue un rôle socio-économique important pour les communautés autour du lac : elle génère plus d’un millier d’emplois, dont près de la moitié est occupée par des femmes, très investies dans la transformation et la vente au détail du poisson. En complémentarité d’autres activités économiques, la pêche offre aussi de réelles opportunités de diversification de revenus pour les ménages péri-lacustres. Enfin, le poisson frais du lac est un mets local très apprécié et recherché, présent sur la plupart des marchés du Gorgol et du Guidimakha. Les produits issus de cette chaîne de valeur représentent une source importante de protéines, de minéraux et de vitamines pour les populations locales. Toutefois, leur accessibilité demeure inégale à l’échelle régionale et requiert des améliorations afin que les personnes les plus vulnérables puissent également en bénéficier.

Des points de levier sont identifiés pour renforcer la chaîne de valeur, tels que la professionnalisation des acteurs, le désenclavement des sites de pêche et l’amélioration de l’accès aux intrants de pêche au niveau local. Des activités prioritaires sont également définies avec les acteurs, notamment le balisage des zones de pêche sensibles du lac présentant un risque de dommages pour les engins de pêche et un danger pour la navigation (en raison des troncs d’arbres submergés, entre autres).

Cet atelier constitue une étape importante pour renforcer l’appropriation du projet par les parties prenantes et assurer une meilleure prise en compte des priorités locales dans le développement du secteur halieutique autour du lac de Foum Gleita.

Contact :  Mohamed Diagana, Coordinateur national du programme NAVAC en Mauritanie

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LES FOSSES DE L’OUBLI … Par Sidi Mohamed Taleb Brahim

« …..Dans le vaste Tiris, le paysage n’est plus seulement celui du désert ancestral ; il devient celui d’un territoire perforé, lacéré, rendu dangereux par une activité incontrôlée qui compromet à la fois la sécurité, l’économie pastorale et la pérennité même des communautés autochtones… »

Dans le silence minéral du Nord mauritanien, là où l’horizon se confond avec l’infini et où la vie s’organise autour d’un équilibre aussi fragile que précieux, une menace insidieuse s’étend, creusée à même la terre : celle des fosses anarchiques laissées par l’orpaillage. À Tasiast, à Tijirrit,
dans le vaste Tiris, le paysage n’est plus seulement celui du désert ancestral ; il devient celui d’un territoire perforé, lacéré, rendu dangereux par une activité incontrôlée qui compromet à la fois la sécurité, l’économie pastorale et la pérennité même des communautés autochtones.

Ces fosses ne sont pas de simples cavités. Elles constituent une altération profonde et durable de l’espace pastoral. Dans ces régions, le pâturage n’est ni un luxe ni une activité secondaire : il est la condition même de la survie. Le cheptel camelin et ovin représente une richesse vivante, un capital patient accumulé au fil des générations, une assurance contre les aléas climatiques et économiques. Or, chaque fosse abandonnée est une menace directe contre ce capital. Les chameaux, dont la stature et le poids rendent toute chute fatale dans ces pièges verticaux, y trouvent une mort lente et inévitable. Les moutons, plus nombreux et plus vulnérables, disparaissent en silence, amputant les troupeaux de manière irréversible.

Les témoignages locaux convergent : des pertes répétées, des troupeaux décimés, des éleveurs contraints d’abandonner certaines zones devenues impraticables. Cette situation engendre une pression accrue sur les rares espaces encore exploitables, accélérant leur dégradation et créant un cercle vicieux où la rareté des pâturages alimente les conflits d’usage et fragilise davantage le tissu social.

À cette hécatombe animale s’ajoute un risque humain croissant. Les pistes autrefois connues et maîtrisées sont aujourd’hui jalonnées de dangers invisibles. Les véhicules — qu’ils transportent des familles, des malades, des marchandises — peuvent à tout moment basculer dans ces excavations, provoquant des accidents parfois mortels.

L’absence de balisage, de signalisation et de cartographie aggrave cette insécurité. Le territoire devient imprévisible, presque piégé, transformant chaque déplacement en épreuve.
Mais l’atteinte la plus grave reste d’ordre écologique et civilisationnel.

Le Nord mauritanien n’est pas un espace vide : c’est un écosystème délicat où chaque ressource compte. En creusant de manière anarchique, les orpailleurs détruisent la fine couche de sol qui permet la régénération des maigres pâturages.

Ils perturbent les écoulements d’eau rares mais essentiels, accélèrent l’érosion et contribuent à une désertification aggravée. À long terme, c’est la capacité même du territoire à soutenir la vie pastorale qui est compromise.


Peut-on accepter qu’une activité économique, aussi lucrative soit-elle à court terme, engendre un tel niveau de destruction ? L’argument de la subsistance par l’orpaillage ne saurait justifier une absence totale de régulation. Car en réalité, cette économie informelle, loin de structurer durablement les territoires, les fragilise. Elle crée une richesse éphémère pour certains, mais laisse derrière elle un paysage dévasté et des populations appauvries.

Face à cette situation, l’inaction n’est plus une option. Il ne s’agit pas d’un simple désordre local, mais d’une crise structurelle qui exige une réponse étatique ferme, cohérente et immédiate. L’État doit assumer pleinement son rôle de garant de l’intérêt général et de protecteur des ressources nationales.
Cela suppose, en premier lieu, un recensement exhaustif et une cartographie précise des zones affectées.

On ne peut réparer ce que l’on ne mesure pas. Ensuite, un programme national de comblement et de sécurisation des fosses abandonnées doit être lancé sans délai, mobilisant à la fois des moyens publics et la responsabilité des acteurs de l’orpaillage.

Toute exploitation devrait être conditionnée à une obligation stricte de réhabilitation des sites, avec des garanties financières préalables pour assurer l’exécution de ces travaux.


Parallèlement, il est indispensable de délimiter clairement des zones autorisées à l’orpaillage, en excluant formellement les espaces de pâturage essentiels. Cette zonification doit être accompagnée d’un dispositif de contrôle effectif, avec des sanctions dissuasives pour toute infraction. La loi, si elle existe, doit être appliquée ; si elle est insuffisante, elle doit être renforcée.
Mais au-delà des mesures techniques et juridiques, c’est une vision politique qu’il faut affirmer : celle d’un développement qui ne sacrifie pas les fondements de la vie locale. Les populations pastorales ne peuvent être les victimes silencieuses d’une exploitation désordonnée des ressources. Leur mode de vie, loin d’être archaïque, est une réponse adaptée à un environnement exigeant. Le détruire, c’est non seulement porter atteinte à une culture, mais aussi compromettre une forme de résilience précieuse face aux défis climatiques.

L’urgence est là, palpable, incontestable. Chaque jour qui passe voit s’élargir les cicatrices du territoire et s’alourdir les pertes humaines et animales. Ce qui est en jeu n’est pas seulement la sécurité des pâturages, mais la dignité de ceux qui en vivent.
Il appartient désormais à l’État de rompre avec l’indifférence et de faire de cette question une priorité nationale. Car un pays qui laisse ses terres se transformer en pièges mortels et ses éleveurs en victimes oubliées prend le risque de voir s’effondrer, à bas bruit, l’un des piliers de son équilibre.
Le Nord mauritanien n’a pas besoin de discours : il a besoin d’actes. Maintenant

Nouadhibou : atelier de relance de la zone franche entre diagnostic et feuille de route

Un atelier consacré à l’évaluation et à la relance de la zone franche de Nouadhibou s’est tenu aujourd’hui mardi 5 mai 2026 sous la présidence du ministre des Mines et de l’Industrie, Eddi Ould Zein, en présence du président de l’Autorité de la Zone Franche, Diagana Issaga.

Etaient également présents à cette rencontre visant à dresser un bilan des performances de la zone depuis 2013 et à définir une orientation stratégique assortie d’un plan d’action pour les prochaines années, en cohérence avec la loi adoptée en 2024 et les réformes engagées, les autorités locales, des élus ainsi que de représentants de l’administration, du secteur privé et des services techniques.

La rencontre vise à dresser un bilan des performances de la zone depuis 2013 et à définir une orientation stratégique assortie d’un plan d’action pour les prochaines années, en cohérence avec la loi adoptée en 2024 et les réformes engagées.

Dans son intervention, le ministre a mis en avant le positionnement géographique de Nouadhibou, à la jonction des échanges entre l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et les marchés internationaux, tout en soulignant que cet atout reste contraint par des faiblesses structurelles, notamment une coordination insuffisante entre les acteurs, des ressources limitées et une concurrence accrue pour l’attraction des investissements. Il a rappelé que les réformes en cours visent à renforcer l’orientation exportatrice, soutenir l’industrie nationale, favoriser la création d’emplois durables et améliorer le climat des affaires.

Le président de l’Autorité de la Zone Franche a, pour sa part, présenté un bilan de la période 2013-2024 en mettant en avant les investissements réalisés dans les secteurs portuaire, logistique, halieutique, industriel et des services ainsi que les efforts publics en matière d’infrastructures, tout en estimant que les évolutions économiques actuelles imposent une adaptation plus profonde du modèle de la zone.

Les échanges ont fait ressortir un diagnostic contrasté après plus d’une décennie d’activité, marqué par des avancées comme l’amélioration des infrastructures portuaires et un début de dynamisme économique perceptible à travers l’attraction d’investissements et la création d’emplois, mais aussi par des limites persistantes liées à l’insuffisance des infrastructures de base, notamment l’accès à l’eau potable, la couverture numérique, le réseau routier et les capacités portuaires, auxquelles s’ajoutent le coût élevé et la fiabilité limitée de l’électricité ainsi que l’absence d’un système d’assainissement structuré.

Sur le plan réglementaire, les participants ont relevé une instabilité persistante caractérisée par des divergences d’interprétation de la loi de 2024, en particulier sur le périmètre des exonérations et la définition des activités de transformation, ainsi que par l’existence de charges parafiscales jugées pénalisantes pour la compétitivité à l’export et de procédures administratives redondantes.

Les travaux ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires pour la relance, portant sur le renforcement des infrastructures essentielles, la clarification et la stabilisation du cadre réglementaire et fiscal afin de restaurer la visibilité pour les opérateurs, ainsi que l’élargissement de l’approche de valorisation économique au-delà de la seule transformation industrielle, en intégrant des segments à plus forte valeur ajoutée tels que la chaîne du froid, la labellisation et le marketing des produits.

Les conclusions de l’atelier doivent alimenter une étude stratégique en cours, dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines, avec pour objectif l’élaboration d’une feuille de route pour la période 2026-2030, assortie de mesures opérationnelles et d’indicateurs de suivi, afin de renforcer la performance de la zone et son rôle dans le développement économique

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