par Webmaster | 14 02 26 | Actualitès, Economie

L’année 2025 a été marquée par une étape importante dans le développement des relations entre le Japon et la Mauritanie, a déclaré hier vendredi 13 février courant dans la soirée, l’ambassadeur nippon accrédité à Nouakchott SEM. Uchida Hiroyuki, dans son discours prononcé à l’occasion d’une réception organisée dans le cadre des festivités commémoratives du 66ème anniversaire de la naissance du 126e Empereur du Japon Naruhito, qui coïncide avec le 23 février.
En août dernier, la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9) s’est tenue à Yokohama, au Japon, avec la participation de Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rappelé le diplomate.
Toujours selon lui, cette visite a été l’occasion pour le Président mauritanien de rencontrer de nombreuses entreprises japonaises et d’assister à la signature d’un protocole d’accord avec “Toyota Tsusho” concernant le projet de station de dessalement d’eau de mer à Nouadhibou.
L’Ambassadeur a évoqué également l’accueil des réfugiés par le gouvernement mauritanien lors de l’événement dédié à la situation des réfugiés, organisé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Il a ajouté dans le même contexte que la coopération économique entre les deux pays reste dominée par le secteur de la pêche et constitue l’un de ses piliers fondamentaux.
Cela est dû à la coopération de longue date entre les deux pays dans ce domaine, a ajouté le diplomate, selon lequel, le siège officiel du Centre de Qualification et de Formation aux Métiers de la Pêche (CQFMP), construit en février 2025 avec le soutien japonais, a été inauguré. L’Organisation japonaise pour la coopération dans le domaine de la pêche étrangère (OFCF) a également apporté son soutien à la branche du Centre à Belawakh, a-t-il ajouté, soulignant l’exécution en coura d’un projet de construction d’un navire de recherche scientifique dans le domaine de la pêche, en vertu de l’accord signé en novembre 2024, qui devra être livré à l’Institut mauritanien de recherche océanographique et de pêche.
par Webmaster | 12 02 26 | Actualitès, Economie

Le soi-disant “problème foncier“ avait été politisé pendant de longues périodes au point de lui donner plus d’importance qu’il n’en avait, a affirmé hier mercredi 11 février dans la soirée, le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Le Chef de l’Etat a fait ces déclarations à l’occasion d’une réunion élargie avec les cadres de Lexeïba, illustrant ses propos par le fait que les terres agricoles actuellement exploitées ne dépassent pas 60 000 hectares, alors que l’État travaille à l’aménagement et à l’irrigation de 150 000 hectares, avec 500 000 hectares supplémentaires potentiellement aménageables.
La phase actuelle se concentre sur le lancement de 130 000 nouveaux hectares, ce qui rendra la question de la rareté des terres non pertinente, a souligné Ghazouani, selon lequel, chacun trouvera ce qu’il lui faut et l’État fournira des terres pour attirer des investisseurs capables de développer l’agriculture et d’introduire des technologies modernes, ce qui aura un impact positif sur l’économie nationale.
Il a mis également en exergue la création d’un canal d’irrigation dans la moughataa de Lexeïba, qui devrait irriguer 30 000 hectares sur les 130 000 prévus, disant que les surfaces actuellement cultivées dans la moughataa ne dépassent pas 1 000 à 2000 ha, selon les estimations,.
Ces trente mille hectares seraient en grande partie alloués aux citoyens locaux dont une partie aux jeunes de différentes wilayas souhaitant sérieusement travailler dans l’agriculture, et une autre partie aux investisseurs capables d’introduire des technologies avancées, permettant d’améliorer le niveau de qualité et de production, a souligné Ghazouani.
La terre appartenait à l’État à l’origine et les méthodes d’appropriation individuelle étaient définies par la loi, a rappelé Son Excellence, soulignant cependant qu’il n’est pas nécessaire de prendre des terres à un citoyen ou à une famille qui les cultivait, ou que leurs ancêtres avaient cultivées, surtout si le but était de les donner à un autre citoyen pour les cultiver, considérant que cela ne se produirait pas et n’était pas acceptable.
Au contraire, il sera facilité à ceux qui cultivent une terre d’obtenir des titres de propriété conformément à la loi, a assuré le Président, selon lequel, l’objectif n’est pas de rechercher la propriété foncière et de la bloquer, mais de lancer une révolution agricole permettant au pays d’atteindre sa souveraineté alimentaire, afin d’être capable de produire sa propre nourriture même en cas d’interruption des approvisionnements extérieurs.
Son Excellence a conclu en affirmant que les terres s’élargiront suffisamment pour le travail des jeunes et des investisseurs, accueillant favorablement les investissements, et renouvelant son engagement à ne pas arracher un seul pouce de terre à un citoyen ou à une famille qui l’exploitait.
par Webmaster | 12 02 26 | Actualitès, Economie

La souveraineté alimentaire est une question nationale et n’est par conséquent pas seulement circonscrite à la wilaya du Gorgol ou la Moughataa de Lexeïba, a affirmé hier mercredi dans la soirée, le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Le Chef de l’Etat a fait ces déclarations à d’une réunion élargie avec les cadres de Lexeïba, au cours de laquelle, il a affirmé son engagement en faveur de la souveraineté alimentaire et du soutien à l’agriculture.
.Un ministère spécifique à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire avait été créé en 2024, a précisé Ghazoauni, mettant en exergue ce qu’il a appelé le passage d’une simple pratique agricole à la réalisation d’un objectif précis, à savoir assurer l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire.
Toujours selon lui, cette orientation n’était pas fortuite, mais était basée sur les leçons tirées de la pandémie de la Covid, qui avait mis en évidence la fragilité des pays ne produisant pas leur propre nourriture, et la possibilité de la répétition de crises similaires, que ce soit en raison de pandémies, de guerres ou de perturbations des chaînes d’approvisionnement.
La leçon apprise était qu’un État qui ne produit pas la nourriture de ses citoyens est un État fragile, dépendant et sans souveraineté, a poursuit le Président.
Nous avoir chargé le gouvernement d’élaborer une stratégie claire pour assurer la souveraineté alimentaire dans les plus brefs délais, a ajouté Ghazouani, selon lequel, cette stratégie avait fait des progrès considérables.
Le pays est désormais proche de l’autosuffisance en riz, et des efforts sont déployés pour améliorer la productivité et la qualité du produit, ce qui aura un impact direct sur les prix au bénéfice des citoyens, a souligné le Président, exprimant le vœu pour le pays de se tourner à l’avenir vers l’exportation si les niveaux de qualité requis sont atteints.
Des progrès significatifs avaient été réalisés dans la production de légumes, la production nationale couvrant actuellement les besoins du pays pendant plusieurs mois, a-t-il indiqué.
Et de souligner l’action menée par le gouvernement afin de trouver des solutions pour le stockage des légumes, ce qui pourrait permettre de se passer de leur importation tout au long de l’année.
La concentration sur l’agriculture irriguée ne signifie pas l’abandon de l’agriculture saisonnière traditionnelle, mais qu’il existe une vision pour la développer par la mécanisation et la réduction de l’effort physique des agriculteurs, a précisé le Président.
Le gouvernement s’emploie à creuser de grands canaux d’irrigation, certains déjà en cours, d’autres en phase d’étude, qui irrigueront des dizaines de milliers d’hectares, en plus de la construction de dizaines de grands barrages, a-t-il rappelé.
par Webmaster | 6 02 26 | Actualitès, Economie

La Mauritanie a confirmé mardi 21 janvier son adhésion au Comité directeur du Centre de développement de l’OCDE. Cela porte à 55 le nombre total de pays membres du Comité directeur, dont 13 sont africains. L’Union européenne participe également aux travaux du Centre de développement.
L’adhésion de la Mauritanie fait suite à une invitation approuvée par le Conseil de l’OCDE. Elle renforce le dialogue entre les membres de l’OCDE et les pays non-membres sur les politiques publiques, et soutient les efforts de la Mauritanie en faveur d’un développement inclusif et durable.
La Mauritanie, qui connaît actuellement une profonde transformation économique, occupe une position stratégique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. En tant que membre du Centre de développement, la Mauritanie participera pleinement au dialogue et à l’analyse des politiques publiques, partageant ses propres expériences en tant qu’acteur régional clé tout en bénéficiant de l’apprentissage par les pairs.
Son adhésion soutiendra les priorités de réforme de la Mauritanie — notamment la diversification économique, l’emploi des jeunes, le développement du capital humain, la gouvernance, l’accès aux services de base et la durabilité environnementale — conformément à sa Stratégie de croissance accélérée et de bien-être partagé (SCAPP).
La Mauritanie a un historique établi de coopération avec l’OCDE et le Centre de développement. Depuis 2018, elle figure dans le rapport annuel Dynamiques du développement en Afrique et, depuis 2019, dans les Statistiques des recettes publiques en Afrique. La Mauritanie participe à l’indice Institutions sociales et égalité des genres (SIGI), et a contribué aux initiatives de l’OCDE sur le développement fondé sur les ressources naturelles, la transparence fiscale et la mobilisation des ressources nationales, notamment le Cadre inclusif OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS).
L’adhésion de la Mauritanie enrichira les travaux d’analyse et le dialogue sur les politiques publiques du Centre de développement, renforcera son engagement envers l’Afrique et créera de nouvelles synergies entre les différents axes de travail de l’OCDE.
À propos du Centre de développement de l’OCDE
Le Centre de développement rassemble des pays membres et non-membres de l’OCDE afin de promouvoir le dialogue sur les politiques publiques et des solutions innovantes aux défis du développement. Il compte parmi ses membres des pays de toutes les régions et de tous les niveaux de développement, qui œuvrent en faveur d’une croissance durable et inclusive.
par Webmaster | 5 02 26 | Actualitès, Economie

La Mauritanie a présenté hier jeudi à Dubaï aux Émirats Arabes Unis, devant les participants au Sommet mondial des gouvernements, qui se poursuit du 3 au 5 février courant, la vision du Gouvernement, permettant de développer la Mauritanie et de renforcer son processus de développement.
Notre pays possède d’importantes richesses naturelles et offre des opportunités prometteuses d’investissement dans les domaines de la pêche, de l’agriculture et des mines, a indiqué à cette occasion, le Premier ministre El Mokhtar Ould Diay, mettant en exergue, les conditions favorables dont jouit la Mauritanie pour attirer les investissements, grâce à sa stabilité politique, sa sécurité et ses réformes économiques continues.
Le Chef du Gouvernement a évoqué la position stratégique de la Mauritanie en tant que trait d’union entre l’Afrique et le monde arabe avant de passer en revue les plans du gouvernement visant à réaliser davantage d’infrastructures nécessaires au développement, notamment la modernisation du réseau routier et le renforcement des liaisons régionales afin de favoriser le commerce et l’intégration économique entre les pays de la région.
Il a insisté aussi sur l’importance croissante de la numérisation pour parvenir à un développement durable et réussi à l’ère moderne et sur le rôle central des jeunes dans la concrétisation des ambitions de développement du pays.
La participation de la Mauritanie s’inscrit dans le cadre de la volonté du pays de renforcer sa présence sur la scène internationale, de faire connaître ses opportunités d’investissement et ses perspectives de développement, afin de tisser des relations étroites avec des partenariats efficaces et divers acteurs internationaux pour réaliser les objectifs de son développement global et durable, indiquent des sources officielles.
par Webmaster | 3 02 26 | Actualitès, Economie

« La Mauritanie, les indicateurs économiques sont très favorables mais elle fait partie des 19 pays africains qui n’ont jamais bénéficié d’une notation souveraine »
En visite en Mauritanie du 31 janvier au 4 février M. Claver Gatete, Secrétaire général adjoint de l’ONU et Secrétaire Exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA),revient dans cette interview sur cette importante visite qu’il a effectuée à la tête d’une délégation de la CEA et au cours de laquelle il a été reçu en audience par le président mauritanien et a rencontré les hauts responsables mauritaniens pour s’informer sur les spécificités de l’économie nationale ainsi que les opportunités de coopération Sud-Sud pour le développement de la Mauritanie et de l’Afrique en général.
Question : M. le Secrétaire Exécutif, la Mauritanie, malgré des atouts certains, fait face à des difficultés . Comment expliquez-vous cette situation ? Est-ce lié à des problèmes structurels et en quoi consiste exactement l’appui apporté par la CEA pour booster l’économie du pays ?
Claver Gatete : Tout d’abord, j’estime que l’économie de la Mauritanie progresse très bien. Chaque pays a son propre potentiel, et il en va de même pour la Mauritanie. Si vous examinez les fondamentaux macroéconomiques, les indicateurs vont tous dans la bonne direction : Le déficit est très faible, l’inflation est très faible, la dette est inférieure à la moyenne africaine… en résumé, les indicateurs macro-économiques ne sont pas mauvais !
Ceci dit, la Mauritanie est aussi un pays qui ne fait pas l’objet de notation souveraine, et qui fait partie des 19 pays africains qui n’ont jamais bénéficié d’une telle notation. C’est pour cela que nous travaillons avec eux( les autorités mauritaniennes)pour nous assurer que ce pays sera noté d’ici la fin de l’année, d’autant plus que tous les indicateurs sont très favorables, et que le pays est aussi entrain de développer de nouveaux produits gaziers et pétroliers, qui, associés à la gestion macroéconomique, vont également contribuer à la croissance économique. Notre perception est que le cas de la Mauritanie est prometteur en ce qui concerne le développement économique.
Question : Et en quoi consiste le soutien de la CEA pour stimuler l’économie du pays ?
Claver Gatete : Notre soutien passé à la Mauritanie a porté sur la mobilisation des ressources nationales et l’organisation de la taxation de manière à améliorer le ratio taxe/PIB. En Afrique, le ratio taxe/PIB moyen est de 16%, mais la Mauritanie a porté le sien à 17 % du PIB – ce qui est très positif – et s’efforce de le porter à plus de 20 %, ce qui est vraiment très utile. Si on compare avec les autres pays africains, le plus élevé est l’Afrique du Sud, avec 26.7% tandis que d’autres sont à moins de 10%. En d’autres termes, on voit ici une tendance positive, mais le progrès doit continuer et nous apportons un soutien dans ce sens. Nous savons également que la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, est très importante, c’est pour cela que nous apportons un soutien sur ce plan, au niveau des PME, qui sont créatrices d’emploi.
Nous allons continuer à travailler avec la Mauritanie, en particulier dans le domaine de l’emploi des jeunes, pour voir comment de telles problématiques peuvent être traitées.
Troisièmement, nous nous sommes également engagés à soutenir le gouvernement en ce qui concerne le plan national à long terme. La Mauritanie travaille actuellement sur un projet de Plan, et nous voulons nous assurer que ce dernier puisse être mis en œuvre sur le terrain, et accompagné d’un mécanisme qui lui permettrait de soutenir le pays.
Nous travaillons aussi sur des emprunts obligataires destinés à la diaspora et une structure qui pourrait aider à attirer des financements des membres de la diaspora mauritanienne à l’étranger.
En travaillant de concert avec le système des Nations Unies en Mauritanie, la Banque Centrale et le gouvernement, nous pouvons parvenir à une formule qui permettrait d’attirer davantage les ressources de la diaspora.
Question : Grâce à la production gazière, les prévisions de croissance pour l’année 2026 sont optimistes. De votre point de vue qu’est-ce que cette nouvelle ressource pourrait apporter concrètement et dans le court et moyen terme à la situation économique de la Mauritanie ?
Claver Gatete : Nos échanges avec le gouvernement et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures ont porté entre autres sur la formule selon laquelle le gouvernement va utiliser ces ressources. Ailleurs, d’autres pays ont expérimenté ce qu’on appelle le « syndrome hollandais », en d’autres termes, des situations où les pays dépensent tout l’argent ainsi obtenu, sans réserve, et se retrouvent en difficulté en cas de choc. Dans le cas des hydrocarbures, la plupart des prix sont déterminés sur le marché international, il est donc nécessaire de prendre des dispositions pour pouvoir aller de l’avant en cas de choc. C’est pour cela que nous avons promis à nos partenaires mauritaniens de compiler les expériences d’autres pays sur la meilleure façon d’utiliser les ressources supplémentaires issues des réserves gazières. De cette manière, il serait possible de stimuler l’économie sans pour autant dépenser tout l’argent d’un seul coup. Il est aussi important de parvenir à une formule pour que ces ressources bénéficient également aux générations futures.
Question : Comment se présentent les perspectives d’intégration économique au niveau de l’Afrique du Nord et quelle part de contribution la Mauritanie pourrait-elle y apporter ?
Claver Gatete : Je voudrais d’abord souligner qu’à la CEA, nous observons l’évolution de l’ensemble du continent. Initialement, l’Afrique se caractérisait par l’existence de huit communautés économiques régionales, dont l’UMA, la CEDEAO et la CEN-SAD, dont la Mauritanie fait partie ou reste proche. Depuis la mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), il est important de prendre en compte la dimension continentale. Voici pourquoi, lorsque nous parlons de la contribution de la Mauritanie, nous ne nous limitons pas à l’Afrique du Nord, nous voyons également la Mauritanie exportant du gaz vers des pays voisins, par exemple vers les pays de l’ECOWAS, ou à l’international, vu que tout le monde a besoin de gaz. Donc on parle ici de la connexion de la Mauritanie à l’ensemble du continent, et la Mauritanie a maintenant l’opportunité d’exporter ses ressources naturelles, ceci va être bénéfique à ce pays et à d’autres pays africains, l’augmentation de la disponibilité de gaz devant coïncider avec une baisse des prix.
Question : Où se situe la Mauritanie par rapport aux stratégies relatives aux zones économiques spéciales initiées par la CEA et celles mises en place dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine ?
Claver Gatete : Le travail sur les aspects propices à la création de zone économiques spéciales est encore en cours. Lors de la conférence que nous avons eue en Angola l’année dernière (https://www.uneca.org/stories/statement-by-mr.-claver-gatete-at-the-african-special-economic-zones-annual-meeting-2025)
, nous avons étudié le cas des zones économiques où il existe un marché et où nous pouvons créer des entreprises capables d’ajouter de la valeur à nos matières premières. Ce travail est aussi toujours en cours, et c’est l’une des raisons de notre visite [dans la région] pour apprendre des pays, connaître leur vision, et aussi découvrir les produits auxquels nous pouvons ajouter plus de valeur. C’est cela qui détermine une zone économique spéciale : une SEZ signifie attirer beaucoup d’entreprises, réduire le risque, et s’assurer qu’elles soient en mesure de créer de la valeur dans le domaine concerné. Si vous parlez d’industrialisation, il faut se demander de quels produits on est entrain de parler. C’est ça le travail que nous sommes en train de faire. Pour certains produits, quelques 94 produits, nous avons une solution, mais pour certains autres, nous recherchons toujours des solutions.
Sur un autre plan, quand vous parlez de zones économiques spéciales, elles ne concernent pas forcément un seul pays à la fois : elles peuvent concerner des pays comme la Mauritanie et des pays voisins. En même temps, en ce qui concerne l’industrialisation, chaque pays a sa stratégie, mais à la CEA, nous nous efforçons de voir au-delà d’un seul pays. Personne ne peut tout faire en même temps, c’est pourquoi nous nous focalisons davantage sur la dimension régionale, et que nous parlons de chaînes de valeurs régionales (CVR).
Question : Quelle évaluation pouvez-vous faire des secteurs mauritaniens de l’industrialisation, de l’innovation et de la contribution du secteur privé au développement économique du pays ? Quel apport pourront lui apporter sur tous ces plans les autres pays de la région dans le cadre des programmes de la CEA ?
Claver Gatete : Tout d’abord, nous ne sommes pas en position de dire que nous sommes « les experts en ce qui concerne la Mauritanie, c’est pour ça que nous effectuons cette visite. Nous sommes venus rencontrer les responsables pour comprendre la structure de l’économie nationale, et sur cette base, essayer de fournir des conseils sur les modalités d’aller de l’avant. Nous ne sommes pas ici pour dire que nous sommes les meilleurs experts en ce qui concerne la structure économique de la Mauritanie, c’est ce que nous sommes entrain d’étudier. Une fois que nous aurons rassemblé toutes les données nécessaires, c’est là que nous serons en position de faire des recommandations. Pour l’instant, nous avons besoin d’analyser, avec le gouvernement, le contexte actuel, pour pouvoir informer le processus de planification qui est en cours de développement.
Question : Pouvez-vous tirer un premier bilan de votre visite en Mauritanie ?
Hier, nous avons eu l’honneur de rencontrer et d’avoir une longue conversation avec S. E. M le Président de la République qui nous a permis de comprendre sa vision pour le pays. C’était une conversation très utile, car ce dont il a besoin, en fait, c’est d’une stratégie à long terme, qui est en cours d’élaboration, mais aussi des modalités pour sa mise en œuvre rapide. Parmi les priorités de cette stratégie figurent l’amélioration du fonctionnement de l’économie ; la notation souveraine dans la mesure où cette dernière peut à la fois encourager les investisseurs nationaux et étrangers à investir dans le pays et faciliter l’emprunt à l’étranger ; la mobilisation des ressources domestiques ; la question de la diaspora mauritanienne hors du pays, qui souhaite investir dans le pays, mais pour laquelle un système doit être mis en place– et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons rencontré la Banque Centrale. Notre ambition est d’examiner les piliers de la croissance de la Mauritanie, dans le cadre du développement du plan à long terme et de sa stratégie de mise en œuvre à moyen terme.
Propos recueillis Par Bakari Gueye