par Webmaster | 6 05 26 | Actualitès, Politique
Un groupe de travailleurs de la Télévision « El Mouritaniya » a été honoré aujourd’hui mardi 5 mai courant à Nouakchott, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée cette année sous le thème : « La parole est un engagement, la presse est une responsabilité ».
Cet hommage vise à reconnaître la contribution professionnelle remarquable et le dévouement de ces agents au service du secteur médiatique.
Les médias mauritaniens ont connu une évolution notable à travers les différentes étapes de leur développement, passant d’un rôle mobilisateur durant la phase de construction à un rôle de développement, puis à une phase de pluralisme et d’ouverture, renforçant ainsi le droit du citoyen à l’accès à l’information, a déclaré à cette occasion, le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Medou.
Il a cité pour la circonstance, parmi les réformes importantes entreprises par les autorités dans ce domaine, l’élargissement de la couverture des médias publics à travers la création de stations régionales et départementales, l’ouverture de bureaux régionaux de la Télévision mauritanienne et de l’Agence Mauritanienne d’Information, ainsi que l’amélioration des conditions professionnelles et sociales des travailleurs, dont la régularisation des dossiers, la titularisation des collaborateurs et l’augmentation des salaires.
Il a également évoqué le doublement du Fonds de soutien à la presse privée, ainsi que des réformes juridiques majeures, dont le renforcement des compétences de la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA), la délivrance de la carte de presse professionnelle, et la révision des textes régissant l’audiovisuel et la publicité, soulignant que la Mauritanie occupe la première place arabe en matière d’indicateurs de liberté de la presse.
Ces acquis constituent une étape dans un processus continu de réforme et de modernisation, exprimant sa reconnaissance aux journalistes et professionnels des médias pour leur service au pays et aux citoyens, a conclu le ministre.
Cette célébration reflète l’attention particulière accordée par le Président de la République à une liberté de la presse responsable, a indiqué pour sa part, le directeur général de la chaîne « Al Mouritaniya », M. Sidi Abdallah Mohamed Lemine Ould Saleck, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine et la volonté de consolider les libertés.
Il a présenté les principales réalisations de l’institution, réaffirmant l’engagement de la Télévision Al Mouritanoya à remplir sa mission médiatique avec professionnalisme et objectivité, tout en accompagnant les différentes transformations nationales.
La cérémonie a été marquée par la projection d’un film documentaire retraçant le parcours de la chaîne « Al Mouritaniya ».
Ont assisté à la cérémonie le secrétaire général du ministère, le président de la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel, le président de l’Autorité de régulation de la publicité, les directeurs des établissements de médias publics, ainsi que plusieurs cadres
par Webmaster | 4 05 26 | Actualitès, Politique
Dans un esprit de fraternité et d’attachement aux valeurs du dialogue républicain, le Président des FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie), M. Abibou SALL, a été reçu hier dimanche au domicile de M. Isselmou Abdel Kader, à l’occasion d’une visite de courtoisie empreinte de solennité.
Une rencontre sous le signe de l’unité
Accueilli chaleureusement par M. Isselmou Abdel Kader et sa famille, le Président des FLAM a salué en lui un homme engagé au service de la nation. Les échanges ont porté sur la situation actuelle du pays, marquée par de nombreux défis, ainsi que sur la nécessité urgente de renforcer la cohésion nationale.
Soutien face aux campagnes de dénigrement
Cette visite intervient dans un contexte marqué par des attaques et des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux visant M. Isselmou Abdel Kader. Qualifié à tort de « raciste », ce dernier fait l’objet de critiques jugées infondées, au regard de son engagement constant en faveur de la justice, de la paix sociale et de l’égalité entre les citoyens.
À ce titre, le Président Abibou SALL a déclaré :
« Les FLAM apportent leur soutien total à M. Isselmou Abdel Kader, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs de la société civile engagés dans la sensibilisation des populations et la promotion de la réconciliation nationale. »
Un appel à la reconstruction nationale
Les discussions ont également mis en lumière l’impératif de réconcilier les Mauritaniens autour de valeurs communes, afin de construire un avenir fondé sur l’équité et l’unité. Les deux personnalités ont exprimé leur préoccupation face aux défis auxquels est confrontée la jeunesse, tout en appelant à une mobilisation collective pour garantir l’égalité des chances à tous.
Face aux tentatives de division, les FLAM réaffirment leur engagement en faveur d’une Mauritanie unie, apaisée et résolument tournée vers l’avenir. Elles invitent l’ensemble des citoyens à privilégier le dialogue, le respect mutuel et la recherche de solutions constructives, loin de toute instrumentalisation identitaire.
par Webmaster | 2 05 26 | Politique, Tribunes
Le pays tente de préserver sa propre stabilité tout en étant impacté de plein fouet par le débordement du conflit.
N’étant pas membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), la Mauritanie refuse de se laisser enfermer dans une logique d’alignement binaire. Cette « neutralité active » est sa stratégie principale pour ne pas se faire aspirer dans le conflit. Concrètement, cela implique pour le pays de sécuriser la frontière en renforçant ses dispositifs de surveillance, utilisant drones et renseignements, mais sans pénétrer sur le territoire malien pour éviter des accusations.Cela implique également la matrise des mouvements de personnes et de biens pour empêcher l’infiltration de groupes armés.La Mauritanie exerce aujourd’hui un contrôle total, permanent et souverain sur l’ensemble de son territoire national, en particulier dans les zones frontalières.C’est un atout majeur pour elle dans une région qui fait face à une instabilité chronique.
Au-delà des tensions en dent de scie avec le Mali,la Mauritanie reste l’un des rares pays à pouvoir jouer les médiateurs. Sa stabilité et sa connaissance des communautés touaregs et sa réussite dans la lutte contre le terrorisme lui donnent une légitimité unique pour discuter avec toutes les parties, y compris certains groupes armés.
Ce potentiel de médiation de la Mauritanie dans le conflit malien repose sur la force de sa neutralité.Par ailleurs, contrairement à d’autres, aujourd’hui rejetés par Bamako, Nouakchott est l’un des derniers voisins à entretenir des canaux de dialogue avec toutes les parties.La Commission de l’Union africaine gagnerait à confier cette mission à la Mauritanie et cela d’autant plus que le pays dispose aussi de leviers spécifiques qu’il pourrait actionner à savoir les liens humains et ethniques profonds avec le nord du Mali.La communauté maure de Mauritanie partagent des routes de transhumance et des relations claniques avec les Touaregs maliens. La Mauritanie pourrait utiliser ces réseaux pour établir un contact discret avec les leaders rebelles ou même jihadistes , afin de sonder leur volonté de négocier.
Contrairement à une médiation officielle, ces contacts informels permettraient d’éviter les soupçons d’ingérence de Bamako.
Mais malgré ces atouts, la route est semée d’embûches.
Bamako est hostile à toute médiation. Il préfère une victoire militaire totale, comme le montre son retrait de la CEDEAO et son refus de discuter avec les groupes armés.
D’un autre côté,discuter avec des groupes qualifiés de « terroristes » (JNIM) est politiquement risqué pour Nouakchott, et pourrait être perçu comme une trahison par les États occidentaux.
La Mauritanie ne peut pas imposer la paix, mais elle peut créer les conditions de discussions techniques (comme elle le fait avec les commissions d’enquête) ou humanitaires (gestion des réfugiés). Elle est le seul pays pouvant encore servir de « boîte aux lettres » entre Bamako et le Nord.
En résumé, la Mauritanie est devenu un sanctuaire humanitaire, son armée un rempart défensif, et sa diplomatie un recours potentiel pour une sortie de crise régionale.
Ahmed bezeid Deida
par Webmaster | 1 05 26 | Actualitès, Politique
Ambassadeur de l’Union européenne en Mauritanie depuis septembre 2024, Joaquín Tasso Vilallonga s’est entretenu avec Financial Afrik. Le diplomate espagnol estime que l’un des premiers atouts de la Mauritanie réside dans sa stabilité.
« La Mauritanie est un pays exceptionnel dans la sous-région du Sahel, ayant réussi à contenir la menace terroriste », souligne-t-il.
Selon lui, il est de l’intérêt stratégique de l’Europe que ce pays, à la croisée du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, demeure stable, tant sur le plan interne — en consolidant la démocratie — que sur le plan externe, en contribuant à la sécurité régionale.
Sur la question migratoire, la coopération apparaît essentielle, explique Joaquín Tasso Vilallonga : « En Mauritanie, il y a deux phénomènes distincts : d’abord celui des réfugiés, soit environ 320 000 personnes, majoritairement des Maliens, dont 86 % de femmes et d’enfants, localisés dans le sud-est du pays, notamment dans le Hodh El Chargui. » L’ambassadeur salue « l’énorme générosité de la Mauritanie ». L’Union européenne soutient ces populations, non seulement dans le camp de Mbera, mais également dans les villages d’accueil.
Le second phénomène concerne la migration irrégulière. Sur ce point, l’approche de l’UE consiste à accompagner la Mauritanie dans le respect des normes et des droits.
Dans son ensemble, l’Union européenne demeure le principal partenaire de la Mauritanie, rappelle l’ambassadeur. Les axes de coopération sont nombreux : les énergies renouvelables, l’hydrogène vert — appelé à jouer un rôle clé, notamment dans la transformation du fer — ainsi que les infrastructures, à l’instar du projet d’interconnexion électrique entre la Mauritanie et le Mali.
Enfin, Joaquín Tasso Vilallonga insiste sur les conditions nécessaires à l’attractivité économique : « Les investisseurs ont besoin d’un climat des affaires favorable et d’une meilleure lisibilité des codes d’investissement. » Il évoque également le défi du capital humain, où la Mauritanie accuse encore un déficit. L’Union européenne accompagne ainsi le pays dans la modernisation de son système de formation professionnelle afin de renforcer l’employabilité des jeunes.
Propos recueillis par Mayo Sow, Nouakchott.
Financial Afrik
par Webmaster | 29 04 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
Le passage du Mithaq Lehratine (Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines) au Mithaq de la citoyenneté égalitaire marque une évolution stratégique majeure.
Il ne s’agit plus de circonscrire la lutte à une seule composante de la société, mais de l’inscrire dans une vision globale, inclusive et fédératrice.
Ce nouveau cadre dépasse les appartenances communautaires pour embrasser l’ensemble des citoyens, sans distinction. Il vise à élargir l’adhésion, à renforcer l’unité nationale et à sortir d’une logique de revendication segmentée.
C’est une approche renouvelée de la défense des droits humains : plus universelle, plus mobilisatrice et plus à même de consolider durablement la cohésion sociale.
En faisant de la citoyenneté égalitaire le socle du combat, ce mithaq ouvre la voie à une Mauritanie fondée sur la justice, l’égalité des droits et la dignité pour tous.
ASD
par Webmaster | 26 04 26 | Actualitès, Politique
Dans un contexte régional de fortes transformations, la coordination militaire entre la Mauritanie et l’Algérie n’est plus un luxe diplomatique ni la simple continuation de relations de bon voisinage. Elle est devenue un choix stratégique dicté par l’évolution rapide des réalités de terrain, notamment la dégradation de la sécurité au Mali et l’érosion des accords régionaux qui ont régi la région du Sahel au cours de la dernière décennie.
La première réunion de coordination sécuritaire de 2026, qui s’est tenue récemment à Tindouf, entre les délégations militaires de haut niveau des deux pays, n’était pas en effet un événement de routine dans le cadre de la coopération bilatérale. La participation du commandant de la Deuxième Région militaire mauritanienne et du commandant du Secteur Opérationnel Sud algérien témoigne d’un changement de paradigme : d’une planification centralisée, on passe à une approche de terrain plus en phase avec les réalités frontalières.
Les discussions relatives au développement de mécanismes conjoints de coordination en matière de sécurité indiquent que les deux pays ne se contentent plus d’échanger des informations, mais s’orientent vers la construction d’un système opérationnel intégré fondé sur la préemption, le déploiement coordonné et, le cas échéant, l’intervention parallèle.
La dynamique actuelle de la coordination militaire mauritanienne-algérienne trouve son origine dans la visite déterminante du lieutenant-général Saïd Chengriha à Nouakchott en octobre 2014, qui a marqué un tournant, faisant passer la coopération traditionnelle à un partenariat plus structuré et approfondi. Depuis cette visite, la mise en œuvre concrète de cette coopération s’est amorcée au niveau des zones militaires frontalières, où les commandants assurent désormais la liaison opérationnelle de cet accord stratégique, grâce à une coordination directe sur le terrain. Cette coordination permet de traduire les conclusions de la visite de Chengriha, initialement fixées au stade d’accords, en une doctrine opérationnelle commune.
Une dynamique croissante
Cette étape s’inscrit dans le prolongement d’une série accélérée de réunions et de visites militaires réciproques, notamment la visite d’une délégation militaire mauritanienne de haut niveau en Algérie fin mars, et les réunions d’état-major consacrées à l’évaluation des activités conjointes et à la planification de la phase suivante. Par ailleurs, la visite du directeur de la sécurité de l’armée algérienne à Nouakchott et les séances de travail qui l’ont accompagnée avec les responsables du renseignement militaire mauritanien témoignent que la coopération ne se limite plus aux aspects traditionnels, mais englobe désormais des domaines sensibles tels que le renseignement, la sécurité des frontières et la lutte contre les réseaux transnationaux.
Cette évolution reflète, en substance, une volonté de construire ce que l’on pourrait appeler une « doctrine de sécurité partagée » entre les deux pays, fondée sur une compréhension convergente de la nature des menaces et sur une volonté de partager la charge de leur confrontation.
Le facteur de pression
Mais derrière cette dynamique militaire se profile le Mali, facteur de pression qui redéfinit les priorités. Depuis la prise de pouvoir de la junte militaire actuelle à Bamako, le pays s’est engagé dans une confrontation avec ses voisins régionaux, aboutissant non seulement à l’annulation de l’accord de réconciliation de 2015 entre Bamako et les Touaregs, dont l’Algérie était le principal instigateur, mais aussi à la rupture des relations diplomatiques avec l’Algérie.
Cette décision compromet l’un des piliers les plus importants de la stabilité dans le nord du Mali, ouvrant la voie à une reprise du conflit armé et exacerbant l’instabilité frontalière, qui affecte directement la Mauritanie et l’Algérie.
Plus inquiétant encore, le comportement des autorités maliennes ne se limite plus à la sphère intérieure, mais s’étend à ses voisins par l’escalade des tensions avec Nouakchott. Ces tensions se sont traduites par des accusations mutuelles, des actes de harcèlement contre les habitants des villages frontaliers, et même des pertes humaines, dans un scénario qui évoque une escalade incontrôlée.
Le comportement des autorités mauritaniennes ne se limite plus à la sphère intérieure, mais s’étend désormais à la périphérie, à travers l’escalade des tensions avec Nouakchott.
Dans ce contexte, la frontière commune entre la Mauritanie et l’Algérie, longue d’environ 460 kilomètres, acquiert une importance accrue. Elle n’est plus seulement un espace d’échanges commerciaux ou de contrebande traditionnelle, mais s’est transformée en une zone de contact complexe où convergent réseaux criminels organisés, routes migratoires irrégulières et mouvements de groupes armés.
Dès lors, la coordination des patrouilles conjointes, l’échange d’informations en temps réel et l’harmonisation des évaluations de la situation sécuritaire deviennent une nécessité pratique, et non une option politique.
Ce qui est frappant dans le rapprochement mauritanien-algérien, c’est sa progression constante, indépendante des fluctuations des relations de la Mauritanie avec les autres acteurs régionaux. Ceci témoigne de l’engagement de l’Algérie à consolider son partenariat avec Nouakchott comme un choix stratégique à long terme, affranchi des conjonctures.
À l’inverse, la Mauritanie, qui a relativement bien réussi à maintenir sa neutralité dans les conflits du Sahel, semble comprendre que le maintien de cet équilibre exige le renforcement de ses frontières orientales en partenariat avec une puissance régionale majeure comme son voisin, l’Algérie.
Construire un équilibre
Les spécialistes du Sahel estiment que cette coordination croissante entre la Mauritanie et l’Algérie s’inscrit dans un effort plus large de reconstruction d’un équilibre sécuritaire régional, compte tenu du déclin des rôles traditionnels, de l’émergence de nouveaux acteurs et de l’évolution des menaces.
Les observateurs s’accordent à dire que la situation sécuritaire au Sahel, marquée par une recrudescence des activités terroristes et l’expansion des groupes armés sur de vastes territoires, notamment le long des frontières nord de la Mauritanie et sud de l’Algérie, nécessite une coopération sécuritaire renforcée entre les deux pays, en particulier en matière de partage de renseignements, de contrôle des frontières et de lutte contre la contrebande et le crime organisé.
L’approche sécuritaire n’est plus réactive, mais proactive, et repose sur la mise en place de réseaux de coordination flexibles, capables de s’adapter à un environnement en constante évolution.
Ce qui se passe aujourd’hui entre la Mauritanie et l’Algérie ne relève pas d’une simple coopération militaire traditionnelle, mais d’une réévaluation conjointe…
La fonction des frontières et le rôle des armées nationales dans un espace régional ouvert à toutes les possibilités. Face à l’impasse au Mali et à l’escalade des tensions, Nouakchott et Alger semblent avoir opté pour une coordination discrète et profonde, dont l’objectif principal est de sécuriser leur sphère d’influence commune et d’empêcher la propagation du chaos, quel qu’en soit le prix.
Abdallahi Maouloud
El Qhods El Arabi