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Dr Coumba Ba candidate à l’OIF : Libreville sollicitée par Nouakchott

Le Gabon et la Mauritanie entretiennent d’excellentes relations de coopération. Celles-ci ont été encore magnifiées, hier, à la faveur de l’audience accordée par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema à Messouda Bahama Mohamed Laghdaf, l’envoyée spéciale de son homologue mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

La ministre mauritanienne de l’Environnement et du Développement durable était porteuse d’un message du dirigeant de cet État d’Afrique de l’Ouest. Elle a réaffirmé, à cette occasion, la volonté de son pays de densifier la coopération bilatérale avec le Gabon. Une relation historiquement fondée sur la solidarité, le respect mutuel et la concertation permanente sur les enjeux d’intérêt commun.

Aussi a-t-elle profité de cette circonstance pour présenter officiellement la candidature de la Mauritanie au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Portée par le Dr Coumba Ba, cette candidature propose un projet stratégique articulé autour de trois axes cardinaux, à savoir la cohérence, l’équilibre et l’utilité au service direct des États membres.

Cet entretien a donc permis de souligner la solidité et la fluidité des relations diplomatiques entre Libreville et Nouakchott. Et c’est fort de cela que le président Brice Clotaire Oligui Nguema a réitéré l’attachement du Gabon au consensus et à une gouvernance concertée, principes directeurs de son action politique sur la scène continentale.

Cette rencontre concrétise la diplomatie proactive menée par le Gabon. Elle illustre la volonté du pays de diversifier ses partenariats africains, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une Francophonie utile, dynamique et résolument orientée vers le développement conjoint

 

union.sonapresse.com

De la violence révolutionnaire au terrorisme contemporain

Dans les années 1960 et 1970, une partie de la jeunesse mondiale regardait avec fascination la violence politique. Certains groupes armés d’extrême gauche ou de libération nationale étaient perçus comme des acteurs de la révolution ou de l’émancipation.

L’histoire a cependant montré que la violence exercée en dehors du cadre étatique ne conduit généralement ni à la démocratie ni à la stabilité. Avec le déclin des mouvements révolutionnaires armés, une nouvelle forme de violence a émergé : celle des groupes se réclamant d’une légitimité religieuse ou idéologique, jusqu’à atteindre une dimension mondiale avec le terrorisme jihadiste et les attentats du 11 septembre 2001.

Face à ce phénomène, l’expérience mauritanienne mérite une attention particulière. Son originalité réside dans le fait qu’elle n’a pas reposé uniquement sur la réponse sécuritaire, mais également sur le dialogue et les révisions doctrinales. L’enjeu n’est pas seulement d’obtenir une cessation des violences, mais de déconstruire les fondements idéologiques qui les justifient et d’obtenir un engagement clair et durable de renonciation à la violence.

Cette démarche ne remet nullement en cause l’autorité de l’État. Elle la renforce au contraire, car elle repose sur un principe fondamental de l’État moderne : le monopole de la violence légitime appartient à l’État seul, à charge pour lui d’exercer cette prérogative dans le respect de la légalité et de la légitimité.

Le message adressé aux groupes armés est donc simple : le temps des organisations armées est révolu. Dans une société régie par l’État de droit et les institutions, les idées se défendent par le débat et l’action politique pacifique, jamais par les armes.

L’expérience mauritanienne montre qu’il est possible de combattre le terrorisme avec fermeté, tout en ouvrant la voie au dialogue et à la réintégration. Mais elle rappelle également que la paix durable repose avant tout sur le renoncement sans ambiguïté à la violence et sur l’adhésion aux règles de l’État de droit.

Abdel Kader Ahmedou

Réforme de la justice en Mauritanie : L’expert en droits de l’homme Sidi Mohamed Cheina promu

Le juge Sidi Mohamed Cheina nommé directeur des études et de la législation au ministère de la Justice

Le Conseil des ministres a nommé le juge Sidi Mohamed Cheina directeur des études et de la législation au ministère de la Justice, dans le cadre des nominations approuvées lors de sa réunion d’aujourd’hui.

Le juge Sidi Mohamed Cheina est considéré comme une compétence judiciaire reconnue, ayant été le premier président du tribunal spécialisé dans les crimes d’esclavage, de traite des êtres humains et de trafic de migrants. Il a contribué, par cette responsabilité, à établir le travail de la justice spécialisée dans le traitement de ce type de crimes.

Il a également occupé plusieurs postes dans le système judiciaire, accumulant ainsi une expérience professionnelle et juridique qui l’a qualifié pour le poste de directeur des études et de la législation, chargé de la préparation et de la révision des textes juridiques et de l’accompagnement des réformes législatives dans le secteur de la justice.

Sur le plan régional (Afrique), dans le domaine de la protection des justiciables, ses travaux et ses propositions, notamment autour des articles 27, 28 et 29 du protocole de la Charte Africaine des Droits de l’homme ont reçu une large reconnaissance.

Concernant le principe de subsidiarité, il a œuvré à l’alignement des instruments juridiques internes sur les standards africains, renforçant ainsi la crédibilité des institutions judiciaires nationales face aux mécanismes régionaux.

Au vu de son expertise antiterroriste, il s’est imposé comme un expert sénior reconnu, intervenant notamment sur la thématique complexe des droits de l’homme et des réponses apportées par la justice pénale face au terrorisme transfrontalier.

Fort de tous ces atouts, le juge Sidi Mohamed Cheina mettra à contribution sa grande maitrise des textes juridiques et des questions judiciaires pour donner une impulsion nouvelle à la réforme de la justice dont les résultats sont tant attendus

Madar 

État civil en Mauritanie : Biram Dah Abeid accuse les autorités de manipulation des chiffres

Dans le cadre d’une tournée politique européenne, Biram Dah Abeid a mené plusieurs échanges à Bruxelles avec des responsables diplomatiques, des représentants d’organisations internationales de défense des droits humains ainsi que des membres de la diaspora mauritanienne.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par la détention de plusieurs militants de son mouvement, dont les députées Mariem Mint Cheikh et Ghamou Achour.

Les autorités mauritaniennes, de leur côté, mettent en avant des progrès significatifs dans le domaine de l’état civil. Le ministre de l’Intérieur évoque l’enrôlement de 1,7 million de personnes depuis 2019, pour un total de 5,1 millions d’inscrits. Certains responsables politiques avancent même un taux de couverture estimé à 95 % de la population. Une lecture que conteste fermement Biram Dah Abeid.

Depuis Bruxelles, le président de l’IRA accuse les autorités de « manipulation des chiffres » et affirme que de nombreux citoyens, notamment issus des communautés négro-africaines et haratines, restent exclus des procédures d’enrôlement.

Il dénonce des obstacles administratifs persistants, tels que des exigences de preuves généalogiques difficiles à fournir, des rejets de dossiers et des lenteurs dans le traitement des demandes.

Selon lui, ces difficultés ont des conséquences directes sur l’accès aux droits fondamentaux, notamment l’éducation, la santé et la participation politique.

La question des libertés publiques et des arrestations de militants a également occupé une place centrale dans les discussions. Tandis que le gouvernement affirme agir dans le strict cadre de la loi, l’IRA évoque une réduction de l’espace civique et maintient ses accusations de répression. Biram Dah Abeid a notamment déclaré que les militants détenus ne céderaient pas à des compromis en échange de leur libération.

Au-delà de ces enjeux politiques, le leader de l’IRA a élargi son intervention à des problématiques sociales plus larges. Il a évoqué le chômage des jeunes, les difficultés d’accès à l’eau potable et ce qu’il décrit comme un système éducatif en crise. Il a également alerté sur les tensions foncières dans la vallée du fleuve Sénégal, liées à des attributions de terres contestées, ainsi que sur la situation des orpailleurs artisanaux dans le nord du pays, qu’il estime confrontés à des mesures de répression.

Dans ses échanges avec les acteurs de la société civile présents à Bruxelles, plusieurs organisations ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’évolution des libertés publiques en Mauritanie et ont appelé au renforcement des garanties pour les défenseurs des droits humains.

Alors que les autorités défendent leur bilan en matière de modernisation de l’état civil et considèrent les procédures judiciaires en cours comme relevant du droit commun, Biram Dah Abeid rejette cette lecture et affirme que la réalité du terrain contredit les chiffres officiels.

Cette tournée bruxelloise aura ainsi permis au président de l’IRA de porter son analyse devant des interlocuteurs

Carburants et contrat Addax : Ghazouani défend ses chiffres et recadre le débat

Ghazouani à l’opposition : Je n’appliquerai que les conclusions du dialogue concerté

 

Lors d’une rencontre organisée hier lundi dans la soirée, avec les dirigeants des partis d’opposition au palais présidentiel, le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a affirmé sa volonté d’appliquer les conclusions du dialogue national dès qu’un consensus sera atteint.

Il a souligné qu’il n’appliquerait aucun résultat faisant l’objet d’un désaccord entre la majorité et l’opposition.

 

Concernant l’un des principaux points de désaccord qui continue d’entraver la progression du dialogue, le président a informé les dirigeants de l’opposition qu’il ne jugeait pas opportun d’intervenir pour contraindre l’une ou l’autre partie à retirer ses propositions.

Il s’agit de l’insistance de la majorité à inclure la question de la limitation des mandats présidentiels dans la feuille de route, tandis que l’opposition exige son exclusion.

Il a insisté sur le fait que la levée de cet obstacle dépendait de la conclusion d’accords directs entre les partis politiques.

 

Cette position du président Ghazouani fait suite aux demandes des partis d’opposition qui réclamaient son intervention pour relancer le dialogue politique, au point mort depuis plusieurs semaines.

Ils affirment que le point litigieux empêchant un accord définitif ne peut être résolu que par son intervention directe.

 

Selon des sources présentes à la réunion, le président Ghazouani a souligné que la question en litige n’était pas fondamentale et que le succès du dialogue dépendait de la capacité des partis politiques à parvenir à un consensus.

Il a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre tout accord conclu entre les différents participants.

 

La réunion, qui a débuté à 16 h, s’est poursuivie jusqu’à minuit et a permis d’examiner un large éventail de questions politiques, économiques et régionales.

 

Approbation des chiffres du gouvernement

 

Le président Ghazouani a longuement évoqué les mesures prises par le gouvernement pour faire face aux répercussions de la hausse des prix des carburants. Il a expliqué les objectifs des mesures annoncées par le gouvernement lors de sa dernière réunion, notamment les mesures sociales et les programmes de soutien aux populations vulnérables. Il a examiné les chiffres présentés par le gouvernement dans sa récente déclaration et a approuvé les justifications avancées. Il a souligné que le pays bénéficie d’une situation économique stable malgré les défis et l’instabilité régionaux et internationaux, présentant plusieurs indicateurs et chiffres économiques qui, selon lui, reflètent la situation actuelle du pays et ses perspectives pour la période à venir.

 

Le président Ghazouani a affirmé que cette réunion s’inscrit dans le cadre de la démarche de concertation et de transparence adoptée par les autorités. Il a estimé qu’une communication régulière avec l’opposition est essentielle pour la tenir informée des différents développements nationaux, régionaux et internationaux, lui permettant ainsi d’obtenir des informations précises et de formuler ses observations sur les politiques publiques et leurs éventuelles lacunes.

 

Le président Ghazouani a également abordé la situation au Mali, soulignant que les relations entre les deux pays reposent sur des liens fraternels, humanitaires et historiques profonds, et que la stabilité du Mali est un intérêt commun à tous les pays de la région.

 

Il a également discuté de l’actualité internationale, de son incertitude inhérente et de ses répercussions sur les économies en développement, avant de présenter un aperçu de plusieurs questions relatives aux situations régionale et internationale.

 

À l’issue de la réunion, le Président a donné la parole aux dirigeants des partis d’opposition, qui ont soulevé des questions et formulé des observations sur plusieurs points, notamment la question des hydrocarbures et le contrat d’approvisionnement du pays en produits pétroliers signé avec la société Addax.

 

Selon nos sources, le Président a convoqué, durant la réunion, le président de la commission des hydrocarbures, Ahmedou Ould Jelvoune, qui a fourni des explications détaillées sur le contrat et répondu aux questions des participants concernant ses différents aspects techniques et organisationnels.

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a rencontré l’opposition pour affirmer la hausse des carburants, défendu la stabilité économique du pays et abordé les enjeux sécuritaires régionaux, notamment avec le Mali.

 

Taleb Ould Sid’Ahmed : Le parcours exemplaire d’un ministre intègre

La décision de blanchir Taleb Ould Sid’Ahmed dans le dossier ayant impliqué plusieurs hauts responsables de l’État vient confirmer ce que nombre de ceux qui l’ont côtoyé ont toujours soutenu : l’ancien ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports, puis ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, ainsi qu’ancien directeur général du Port de la Baie du Repos, est un homme dont l’intégrité n’a jamais cessé de faire l’unanimité parmi ses proches collaborateurs.

Pour ceux qui ont travaillé à ses côtés, cette issue judiciaire apparaît moins comme une surprise que comme la reconnaissance d’une réalité connue depuis longtemps. Taleb Ould Sid’Ahmed s’est toujours distingué par une conception exigeante de la gestion publique, fondée sur la transparence, la bonne gouvernance et le sens de l’intérêt général. Convaincu que l’action publique doit être au service du développement national, il a constamment placé sa mission au-dessus des considérations personnelles.

Visionnaire dans son approche des politiques publiques, souvent animé par une réflexion qui dépassait les impératifs du quotidien, il entretenait un rapport singulier à l’argent et au pouvoir. Ceux qui l’ont fréquenté de près témoignent d’un homme vivant de ses revenus, peu attiré par l’enrichissement personnel et parfois même perçu comme excessivement désintéressé des avantages matériels liés aux hautes fonctions qu’il a occupées.

Son parcours est d’autant plus remarquable qu’il a exercé des responsabilités stratégiques à des moments où il aurait pu, comme d’autres avant lui, tirer profit de sa position. Pourtant, son mode de vie est demeuré inchangé. Il continue d’habiter la même maison et de mener une existence simple, fidèle aux principes qui ont guidé son engagement public. Selon plusieurs témoignages, au moment où il a quitté ses fonctions, il ne possédait même pas de véhicule personnel.

Cette constance entre les discours et les actes constitue sans doute l’un des traits les plus marquants de sa personnalité. Elle explique également pourquoi son blanchiment est perçu par beaucoup non seulement comme une décision de justice, mais aussi comme une forme de réparation morale.

Dès lors, la question qui se pose aujourd’hui dépasse celle de son innocence juridiquement établie. Elle concerne sa réhabilitation dans l’espace public et la reconnaissance de son parcours au service de l’État. Dans un contexte où la confiance envers les institutions et les responsables publics demeure un enjeu majeur, l’expérience, la compétence et la probité de personnalités telles que Taleb Ould Sid’Ahmed apparaissent comme des atouts précieux pour le pays.

Fidèle au projet porté par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dont il a défendu avec conviction les orientations et les réformes, il demeure pour ses soutiens une ressource politique et administrative dont la Mauritanie pourrait encore bénéficier.

Aujourd’hui, pour beaucoup de ceux qui connaissent son parcours, il ne s’agit plus seulement de constater son blanchiment. Il s’agit de reconnaître le mérite d’un homme dont l’engagement, la probité et la fidélité aux valeurs du service public ont traversé les épreuves sans être altérés

Mohamed Feily

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