par Webmaster | 13 05 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
En Mauritanie, le champ d’application des poursuites judiciaires contre les discours de haine controversés publiés sur les réseaux sociaux s’élargit progressivement.
Plusieurs publications et déclarations ont fait l’objet de poursuites pénales, alimentant un débat politique et juridique croissant sur les limites de la liberté d’expression et les conditions nécessaires au maintien de la paix civile dans un pays où les questions d’identité, de discrimination et de cohésion sociale demeurent des sujets sensibles du discours politique.
Dans ce contexte, le juge d’instruction de la cinquième chambre du tribunal de Nouakchott Ouest a ordonné l’incarcération de Khadija Mohamed Salek Sidi El Mokhtar, en réponse à la requête du parquet de son placement sous contrôle judiciaire et l’émission d’un mandat de détention. Cette décision faisait suite à la publication par la blogueuse d’une vidéo sur les réseaux sociaux.
L’action en justice a été engagée suite à la large diffusion d’une vidéo dans laquelle une femme tenait des propos jugés offensants et racistes à l’encontre de la communauté Haratin (les descendants d’anciens esclaves en Mauritanie). Ces propos incluaient des descriptions considérées comme insultantes et dégradantes pour la dignité humaine et la cohésion sociale, comme le fait de qualifier les Haratin d’ignorants et de les comparer à des ânes. Ces propos ont suscité une vive indignation et une vague de condamnations sur les réseaux sociaux.
Le procureur a inculpé la femme d’« incitation à la violence contre un groupe ethnique », de « propos racistes visant à porter atteinte à la paix civile et à la cohésion sociale par le biais des réseaux sociaux », ainsi que de diffamation, de calomnie et de diffusion en ligne de propos injurieux. Ces accusations reposent sur l’article 11 de la loi contre la discrimination, l’article 2 de la loi sur la protection des symboles nationaux et l’incrimination des atteintes au prestige de l’État et à l’honneur des citoyens, les articles 348 et 349 du Code pénal et les articles 22 et 23 de la loi sur la cybercriminalité.
La femme en question avait été arrêtée quelques jours auparavant par l’Unité de lutte contre la cybercriminalité, qui avait mené l’enquête préliminaire avant de la déférer au parquet puis au juge d’instruction – une procédure de plus en plus fréquente dans les affaires liées aux contenus numériques et aux discours de haine.
Cette affaire s’inscrit dans une série de cas similaires survenus en Mauritanie ces derniers mois, notamment celui des députés Mariam Cheikh Dieng et Qhamou Achour, membres du mouvement IRA, qui est devenu l’une des affaires les plus controversées du pays sur les plans politique et juridique.
Les autorités avaient arrêté les deux députées pour des diffusions en direct sur les réseaux sociaux qui, selon le parquet, contenaient des propos insultants envers les symboles nationaux, incitaient à la haine et portaient atteinte à l’ordre public.
Le parquet a soutenu que l’affaire relevait du « flagrant délit », arguant que le caractère public de la diffusion numérique rendait l’immunité parlementaire inapplicable, conformément à l’article 50 de la Constitution et à l’article 85 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Lors des audiences, l’accusation a requis des peines plus sévères, exigeant l’emprisonnement des deux parlementaires et la levée de leur immunité. Elle a fait valoir que leurs déclarations outrepassaient les limites de la liberté d’expression politique, constituant une « insulte aux symboles nationaux et une incitation à la discorde au sein de la société », compte tenu notamment de leur statut parlementaire et de l’influence de leurs discours sur l’opinion publique.
Le mouvement IRA et l’équipe de défense des deux députées ont affirmé en revanche que l’affaire comportait des dimensions politiques et relatives aux droits humains, et que les poursuites constituaient une atteinte à l’activisme de l’opposition et au discours sur les droits humains contre la discrimination et l’esclavage. Ils ont accusé les autorités d’instrumentaliser les lois relatives aux « symboles » et à la « cybercriminalité » pour restreindre la liberté d’expression et limiter l’espace de la critique politique.
Les audiences du procès ont également été marquées par des tensions et des manifestations de sympathisants du mouvement devant le Palais de Justice, sous haute surveillance policière.
Le mouvement IRA, dirigé par Biram Dah Abeid, est l’un des plus importants mouvements d’opposition de défense des droits humains en Mauritanie. Ces dernières années, il a été impliqué dans plusieurs affrontements avec les autorités sur des questions liées à l’esclavage, à la discrimination et à la liberté d’expression. Certains l’accusent d’« hostilité envers les Beydane », le groupe arabe de Mauritanie. Au cœur de la crise impliquant les deux députées, Biram Ould Abeid a appelé à l’apaisement des tensions et a présenté des excuses en leur nom pour certains propos offensants. Il a également réitéré ses critiques à l’égard de la loi sur les symboles nationaux, la qualifiant d’instrument de répression contre les opposants et les personnes vulnérables.
Les affaires récentes ne se limitent pas aux activistes et aux personnalités politiques, mais concernent également des militants et des blogueurs, parmi lesquels Warda Ahmed Souleymane, emprisonnée pour des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Cette affaire marque une nouvelle étape dans le renforcement du contrôle judiciaire des discours en ligne.
Les observateurs estiment que les autorités mauritaniennes s’orientent de plus en plus vers l’activation des dispositions légales relatives à la lutte contre les discours de haine, la discrimination et la cybercriminalité, afin de contrôler l’espace numérique et de contenir les discours susceptibles d’engendrer des tensions sociales, ethniques ou politiques, notamment compte tenu de l’influence croissante des réseaux sociaux et de leur transformation en arène centrale des conflits politiques et de la mobilisation populaire. À l’inverse, au sein des milieux de défense des droits humains et des médias, des questions se posent de plus en plus quant aux limites de cette approche et à sa capacité à garantir la paix civile ou à devenir un instrument de restriction de la liberté d’expression et d’opposition politique, en particulier au vu du nombre croissant de poursuites liées aux contenus numériques en peu de temps.
Il semble que le système judiciaire mauritanien se trouve aujourd’hui au cœur d’un dilemme particulièrement délicat : celui de concilier le devoir de protéger l’unité nationale et de prévenir l’incitation à la haine, et la nécessité de faire respecter les garanties constitutionnelles relatives à la liberté d’opinion, d’expression et d’activité politique et de défense des droits humains.
Entre ceux qui voient dans ces procès une nécessité légale pour endiguer les injures verbales et les discours discriminatoires et incendiaires, et ceux qui les considèrent comme le signe d’une restriction croissante de la sphère publique, tous les regards sont tournés vers le pouvoir judiciaire, organe qui déterminera l’issue du procès.
En pratique, la frontière entre opinion admissible et discours criminalisé s’est estompée, à l’heure où les plateformes de médias sociaux sont devenues l’acteur le plus influent pour façonner l’opinion publique et déclencher des controverses politiques et sociales en Mauritanie.
par Webmaster | 11 05 26 | Actualitès, Politique
Les déclarations relayées récemment par un député également président d’une organisation de la société civile, prétendant que la délégation officielle de la République Islamique de Mauritanie aurait été exclue des travaux de la session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), sont totalement fausses et dénuées de tout fondement.
Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile ( CDHAHRSC), tient à préciser que ces allégations ont été diffusées alors que la délégation officielle était encore en route vers Banjul et n’était pas encore arrivée sur le lieu de la session.
D’ailleurs la session de la CADHP ne devait officiellement débuter que le lundi 11mai 2026, tandis que les déclarations en question ont été faites le samedi 09 mai 2026.
La délégation mauritanienne participe normalement aux travaux de la CADHP, dans un esprit d’engagement constructif, de dialogue et de coopération avec les mécanismes africains des droits de l’homme, conformément à l’approche constante de la Mauritanie en matière d’interaction avec les instances régionales et internationales compétentes.
Le CDHAHRSC appelle, en outre , à davantage de responsabilité dans le traitement et la diffusion des informations relatives aux institutions nationales et aux engagements internationaux du pays.
Il importe de vérifier l’exactitude des informations auprès des sources compétentes avant leur publication ou leur partage , afin d’éviter la manipulation de l’information de nature à induire l’opinion publique en erreur et de porter atteinte à la crédibilité des institutions.
Banjul le 10 mai 2025
Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile

par Webmaster | 11 05 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
Les partis de l’opposition ont organisé aujourd’hui dimanche 10 mai courant, un meeting populaire dans la place de la foire dans la moughataa d’El Mina relevant de la wilaya de Nouakchott sud.
La conjoncture actuelle demande le renforcement du processus démocratique, l’amélioration du climat politique et le renforcement des opportunités du dialogue et de la pluralité, ont martelé à cette occasion, les leaders de l’opposition, devant des foules enthousiasmées entourées par un imposant dispositif sécuritaire déployé par les autorités .
Les intervenants ont abordé aussi la situation économique et sociale du pays, appelant les pouvoirs publics à rendre disponibles les produits de base à des prix abordables, à renforcer l’appui aux couches vulnérables et à œuvrer pour l’amélioration des services essentiels.
Le meeting a connu la présence d’un certain nombre de dirigeants des partis et des formations politiques ainsi que de leurs militants et sympathisants.
par Webmaster | 10 05 26 | Actualitès, Justice, Politique
En Mauritanie, comme ailleurs, la détention provisoire d’un avocat est perçue comme une atteinte à l’indépendance de la profession d’avocat, surtout lorsqu’elle concerne des délits d’opinions ou de cybercriminalités. Jeter un avocat en prison, ce n’est pas seulement un individu que l’on enferme, c’est tout un pan du système judiciaire et démocratique qui est ébranlé. La robe de l’avocat est le symbolique de la justice, la paix et la défense des droits. Dans un système juridictionnel et démocratique l’avocat est un auxiliaire de justice, qui assure les droits de la défense et contribue à l’indépendance de la justice. Lorsque celui-ci est emprisonné pour des prétendus délits ce que le régime politique dans lequel il exerce a atteint son paroxysme. Sans l’avocat, la machine judiciaire ne peut fonctionner de manière équitable et impartiale. Son emprisonnement porte atteinte le droit à la défense, le secret professionnel….
Maître Ould Zerrough a été interpellé et placé en détention provisoire pour des faits qualifiés selon le parquet : « d’atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale… ». En ces instants particulièrement éprouvants, je tenais à lui adresser toute ma solidarité. Au-delà des circonstances, je souhaite également lui témoigner tout mon respect pour son engagement en faveur de la justice et l’état de droit dans l’exercice de sa profession. La dignité de l’avocat et l’importance fondamentale des droits de la défense sont des principes qui ne doivent pas faiblir, quelles que soient les épreuves rencontrées.
Dans cette affaire, je me pose une seule et unique question : l’emprisonnement de maître Zerrough est-il vraiment nécessaire pour l’enquête ? La réponse est non !
En droit pénal, la détention provisoire est censée être l’exception. Pour éviter l’incarcération de l’avocat avant le procès, le magistrat en charge de ce dossier dispose de plusieurs outils alternatifs pour le maintenir à la disposition de la justice tout en respectant sa liberté. Le magistrat pouvait ordonner une mesure de contrôle judiciaire : C’est la mesure alternative la plus courante. La personne reste libre, mais elle est soumise à une ou plusieurs obligations fixées par le juge ; il pouvait également ordonner la mesure de l’assignation à résidence. Mais hélas, le magistrat a préféré botter en touche toutes ses mesures alternatives…. A mon sens, sa détention provisoire constitue une mesure punitive avant son procès et porte atteinte à l’honneur et la dignité de la profession d’avocat.
Par ailleurs, l’avocat a droit à la communication quel que soit le support. Si Maître Ould Zerrough aurait commis de manquements graves aux règles déontologiques de la profession d’avocat dans sa communication, l’autorité de poursuites est le bâtonnier et non le procureur, l’organe juridictionnel est le conseil de l’ordre et non le tribunal judiciaire pour des prétendus délits.
En définitive, si l’avocat en exercice de ses fonctions et le député sous immunité parlementaire ne sont pas protégé dans une république, aucun citoyen ne l’est. Au regard de ces faits, la justice a montré ses limites qu’elle ne pouvait plus protéger et porter la paix en Mauritanie.
Qu’Allah protège la Mauritanie et les Mauritaniens.
Docteur BA
par Webmaster | 10 05 26 | Actualitès, Politique
Le Comité permanent du parti El-Islah salue le retour des dirigeants du mouvement «FLAM» de l’exil tout en affirmant la volonté du parti de coopérer avec eux pour renforcer la stabilité, le vivre-ensemble et le développement du pays
Le Comité permanent du parti El-Islah s’est réunie le samedi 9 mai 2026 sous la présidence du Président du parti, Maître Mohamed Ould Talebna. À cette occasion, le Comité a salué les progrès réalisés par le parti sur les plans interne et externe, appelant à redoubler d’efforts afin d’élargir son implantation et, de renforcer sa présence politique à l’échelle nationale.
A cette occasion, le Comité a examiné les sept axes principaux suivants:
I. Le dialogue national :
Le parti a réaffirmé son attachement au dialogue initié par le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, estimant que le retard des concertations préparatoires ne signifie pas l’échec du processus, mais constitue plutôt un test de sérieux politique. Le parti a insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif, responsable et productif, sans exclusion ni conditions préalables.
II. La situation économique et sociale :
Le Comité a salué la rencontre entre le Président de la République et les chefs de partis politiques, ainsi que les efforts du gouvernement pour atténuer les effets de la crise énergétique mondiale. Il a toutefois appelé à des mesures plus audacieuses afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens face à la spéculation et à la hausse des prix.
III. La citoyenneté égalitaire :
Le parti a exprimé son soutien à l’initiative de la « citoyenneté égalitaire », qu’il considère comme un projet national de justice et d’unité. Il a rejeté les discours de haine et l’exploitation politique des identités, tout en soulignant la nécessité de traiter les séquelles de l’esclavage et les déséquilibres sociaux dans un esprit de responsabilité nationale et morale.
IV. L’intégration sociale:
Le parti a salué les efforts du Président de la République dans les domaines de l’éducation et de l’inclusion sociale, notamment à travers l’école républicaine et les différents programmes de «Taazour ».
V. La dynamique du parti :
La Commission a mis en avant les nouvelles adhésions au parti ainsi que son dynamisme médiatique et intellectuel, notamment à travers les tables rondes, les ateliers politiques et les rencontres avec la presse, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre le développement des performances du parti et sa préparation aux prochaines échéances électorales.
VI. Hommage aux travailleurs et à la presse:
Le parti a rendu hommage aux travailleurs mauritaniens et à la presse nationale à l’occasion de la fête du Travail et de la Journée mondiale de la liberté de la presse, réaffirmant son soutien à leurs revendications légitimes.
VII. Communication de masse:
Le comité permanent a souligné l’importance de renforcer la présence médiatique du parti à travers les différentes plateformes et les médias nationaux.
VIII. conclusions:
Le comité permanent s’est félicité de l’ouverture de 50 sièges du parti dans les moughataas et, a appelé les militants à poursuivre leur soutien financier et organisationnel.
Le comité a également adressé ses félicitations au Président de la République pour sa gestion des dossiers diplomatiques et sécuritaires et, a salué le retour des dirigeants du mouvement «FLAM» de l’exil, tout en affirmant la volonté du parti de coopérer avec eux pour renforcer la stabilité, le vivre-ensemble et le développement du pays.
Le Comité permanent du Bureau exécutif du Parti El-Islah
par Webmaster | 9 05 26 | Actualitès, Politique
Le parti El Insaf au pouvoir a annoncé aujourd’hui samedi 9 mai courant à Nouakchott, les résultats de la deuxième session ordinaire de son bureau politique, qui a discuté du bilan des activités du parti entre les deux sessions et de son programme pour la prochaine étape.
Le bureau politique a approuvé un ensemble de décisions, dont les plus importantes ont porté sur la mise à jour du discours politique du parti, le plan de renouvellement des instances du parti, ainsi que l’adoption du cadre stratégique de financement et du plan médiatique, et le programme de travail pour la période à venir.
Insaf a également réitéré son soutien à l’approche gouvernementale en matière de réforme et de stabilité et a salué les efforts liés à la protection du pouvoir d’achat et au renforcement de l’ouverture politique.
Le parti a souligné enfin son attachement à l’option du dialogue national et la poursuite du soutien au programme de réforme du Président de la République.