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Mort de Maurice Freud l’homme qui aura bâti des liens, des itinéraires humains et des fidélités profondes entre des peuples

Il y a des hommes qui construisent des entreprises, d’autres qui bâtissent des empires commerciaux. Maurice, lui, aura bâti des liens, des itinéraires humains et des fidélités profondes entre des peuples, des territoires et des générations entières d’acteurs du tourisme saharien.

Pour chaque article romancé sur le désert, pour chaque émission exaltant l’aventure saharienne, pour chaque touriste tombé amoureux de la Mauritanie et adopté par ses habitants, il y avait souvent, quelque part derrière le décor, la main, l’intuition ou l’obstination de Maurice Freund.

Oui Maurice, tu as toujours été là. Pour le coup de pouce comme pour le coup de gueule. Et lorsqu’il fallait oser, tu étais toujours loin devant les autres.

Les plus indulgents parlaient d’un « outsider ». Mais ceux qui t’ont réellement connu savaient surtout que tu étais un homme libre, capable d’aller là où personne ne voulait aller, parce que derrière les destinations, tu voyais d’abord les populations locales, les équilibres fragiles, les vies qui pouvaient être transformées. Chez toi, il y avait toujours plus de passion que de calcul, plus de conviction que de logique marchande. Dans un secteur souvent dominé par les tableaux Excel et les études de rentabilité, Maurice restait guidé par une autre boussole : faire voler un avion, satisfaire un voyageur et permettre à des communautés entières de vivre dignement de leur hospitalité.

J’ai connu dans mon parcours beaucoup de “partenaires”. Mais des hommes comme Maurice Freund, je n’en ai connu aucun. Il était unique dans son genre..

Son retour sur investissement n’était ni boursier ni financier. Son bénéfice, c’était un avion qui atterrit à Atar, un guide qui travaille, un chamelier qui nourrit sa famille, un cuisinier qui apprend un métier, un touriste qui repart transformé par le désert et par la rencontre humaine.

Quand il a été décoré de la médaille de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par la Ministre Khadijetou Mbareck Fall, il a eu les larmes aux yeux. Un grand moment d’émotion. Pour Maurice c’était cela sa récompense, la reconnaissance.

Le tourisme saharien nous est presque “tombé dessus”. Mais il nous est tombé dessus parce qu’au même moment existaient deux visionnaires capables de lire l’instant favorable : Maurice Freund et Mohamed Saleck Heyine. L’un pour l’avion, l’autre pour comprendre immédiatement ce que représentait cette opportunité historique pour la Mauritanie et particulièrement pour l’Adrar. Avec Abderrahmane Doua et le partenariat Point Afrique/Somasert, ils avaient compris avant beaucoup d’autres ce pour quoi notre pays avait de véritables prédispositions.

Je parle volontairement de prédispositions plutôt que de potentialités. Car certains territoires sont naturellement faits pour certaines choses. Et le désert mauritanien, par son immensité, son silence, son hospitalité et son authenticité, portait en lui cette vocation rare.

À l’époque, rien n’était pourtant évident. Le produit désert était encore marginal. Les grandes destinations sahariennes traversaient des difficultés, notamment l’Algérie, pourtant référence majeure dans ce domaine. D’autres pays avaient investi depuis longtemps dans le balnéaire, les circuits culturels haut de gamme ou les infrastructures hôtelières sophistiquées. Nous, nous partions presque de rien.

Avec le recul, on mesure mieux encore l’ampleur de ce pari fou : lancer du jour au lendemain une activité touristique structurée sans véritable vivier local de professionnels. Et pourtant, les opérateurs de l’Adrar, mais aussi les populations elles-mêmes, ont démontré une extraordinaire capacité d’adaptation. Maurice y veillait personnellement. Il voulait que l’activité fonctionne, mais aussi que les Mauritaniens apprennent, progressent et deviennent les véritables acteurs de cette aventure. Guides, chauffeurs, chameliers, cuisiniers, artisans : toute une génération s’est formée dans le sillage de cette dynamique.

Des fortunes se sont construites autour de cette aventure. Mais Maurice, lui, restait fidèle à lui-même : capable de mettre son dernier euro pour faire décoller un avion vers une destination en laquelle il croyait.

Et quelle période ce fut…

L’Adrar allait connaître une activité touristique jamais égalée jusqu’à aujourd’hui. La saison 2006-2007 atteindra près de 22 000 visiteurs. Pour une région vivant essentiellement de l’économie oasienne et du tourisme, ce fut une transformation profonde. Une étude du PNUD avait même montré que l’activité touristique avait réduit de moitié la prévalence de la pauvreté dans la région.

Mais Maurice n’amenait pas seulement des touristes. Dans le sillage des avions arrivaient aussi la solidarité, les projets d’eau, les actions de santé, les soutiens éducatifs, les échanges humains. On venait en Mauritanie pour découvrir, mais aussi pour partager et apprendre. On venait pour le voyage utile.

Puis survint le drame.

Le 24 décembre 2007, l’assassinat abject d’une famille de touristes français fit brutalement tomber le rideau sur la destination Mauritanie. En quelques heures, notre pays basculait dans l’imaginaire international de terre d’hospitalité à territoire à éviter. Ce fut une onde de choc dévastatrice. Et ce jour-là, beaucoup d’entre nous comprirent à quel point le développement économique dépend aussi de la sécurité et de l’image sécuritaire.

Durant ces longues années de désert touristique, rares furent ceux qui restèrent réellement à nos côtés. Deux hommes pourtant ne lâchèrent jamais prise : Jean-Louis Schlesser avec l’Africa Eco Race qui jamais n’arrêta de venir et Maurice Freund.

Contre les “Conseils aux voyageurs”, contre les surenchères des assureurs, contre les réticences des compagnies aériennes et les inquiétudes diplomatiques, Maurice continua inlassablement le combat. Dix années durant, il chercha la moindre ouverture, la moindre faille permettant de ramener les avions vers Atar.

Jamais il n’abandonna.

C’est aussi avec lui que j’ai appris ce qu’était le lobbying au plus haut niveau. Maurice rencontrait des présidents, des ministres, des décideurs. Il plaidait sans relâche la cause de la Mauritanie. Il avait même porté ce combat auprès des présidents Hollande puis Macron pour obtenir une révision du “Conseil aux voyageurs”. Et il ne venait jamais seul : experts sécuritaires, opérateurs reconnus, personnalités crédibles accompagnaient systématiquement son plaidoyer.

Cette persévérance allait finalement payer en 2017 grâce à la mobilisation conjointe de la Ministre Naha Hamdi Mouknass en Mauritanie et du réseau d’influence activé par Maurice en France, avec notamment le Général Marc Foucaud, Lionel Habasque de Terres d’Aventure et plusieurs autres soutiens majeurs.

Je me souviens encore de cette course contre la montre pour finaliser le contrat de relance des vols charters. Le projet avait même été rédigé sur l’ordinateur de la réception du Monotel. Je ne me rappelle plus si j’étais au clavier et Lionel Habasque penché au dessus ou l’inverse! Mais nous avions notre contrat. Et le 24 décembre 2017, exactement dix ans jour pour jour après le drame qui avait tout arrêté, le premier vol test de relance atterrissait à Atar.

Quel symbole…

Dans l’une des photos, Maurice tenait ce sous son bras le contrat des avions comme un homme qui refusait depuis dix ans de laisser mourir une conviction.

Cette relance allait réussir. D’abord avec 14 rotations tests, puis avec le retour d’une saisonnalité normale la saison 2018-2019 avec la Ministre Khadijetou Mbareck Fall dans la même rigueur et expertise. Et derrière cette victoire, il y avait l’acharnement d’un homme qui n’avait jamais cessé d’y croire.

Même dans les dernières années, Maurice poursuivait encore cette idée du voyage utile et du développement durable, notamment avec Pierre Rabhi autour du projet de Maaden El Irvane dans l’Adrar.

Aujourd’hui, la Mauritanie, l’Adrar et tous les acteurs du tourisme saharien sont orphelins.

Parce qu’au-delà du professionnel, nous perdons surtout un homme rare : passionné, libre, obstiné, profondément humain et incapable d’abandonner ceux qu’il considérait comme les siens.

À tous ses proches, à sa famille, et particulièrement à mon frère et ami Philippe Freund, j’adresse mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.

Repose en paix Maurice.

Le désert n’oubliera pas ton nom

Mahmoud mmbn

Le développement d’une coordination sécuritaire conjointe au centre de discussions militaires entre Nouakchott et Alger

Des délégations militaires algérienne et mauritanienne se sont rencontrées à Tindouf, où elles ont  discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune »

La délégation de l’armée mauritanienne,  conduite par le colonel Cheikh Sidi Bouya Saleck, commandant de la Deuxième Région militaire (frontalière avec l’Algérie), et celle de l’Armée nationale populaire algérienne était dirigée  par le général de division Meradji Kamal, commandant du Secteur opérationnel Sud à Tindouf (également frontalier avec la Mauritanie), avaient participé à cette réunion.

L’armée mauritanienne a indiqué que les deux parties ont discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune ».

Cette réunion intervient alors que les deux pays sont confrontés à des défis communs, notamment la menace que représentent les organisations terroristes contrôlant des zones dans les pays sahéliens voisins, en particulier le Mali, frontalier de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que la menace que représentent les réseaux criminels transnationaux organisés et les réseaux de trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes opérant dans la région du Sahara.

Depuis 2016, l’exploitation artisanale de l’or s’est développée en Mauritanie, attirant des dizaines de milliers de jeunes qui prennent le risque de pénétrer dans des zones militaires fermées et de franchir la frontière algéro-mauritanienne pour extraire de l’or en territoire algérien. Cette pratique a conduit à l’arrestation de certains d’entre eux par l’armée algérienne.

L’exploitation artisanale de l’or est l’une des questions les plus sensibles, gérée avec prudence de part et d’autre de la frontière algéro-mauritanienne, par crainte que des groupes extrémistes ou des réseaux criminels n’exploitent cette activité pour financer leurs opérations.

Pour relever ce défi, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente à Nouakchott en avril 2021 afin de créer un comité frontalier conjoint. Ce comité est chargé de coordonner et de développer la coopération dans les domaines de la sécurité, de l’économie, de la culture et de la gestion des crises dans les régions frontalières.

Il a été annoncé à l’époque que l’objectif du comité est de renforcer les échanges économiques, commerciaux, culturels et sportifs entre les régions frontalières, ainsi que de sécuriser la frontière commune et de lutter contre la criminalité organisée et l’immigration irrégulière, dans le cadre de la réponse aux enjeux de sécurité et de développement.

Par ailleurs, cette réunion sur la sécurité fait suite à celle du comité de coopération bilatérale, qui s’est tenue début avril en Algérie. Lors de cette réunion, les participants ont discuté de projets de coopération conjoints, dont le plus important est la route reliant Tindouf (Algérie) à Zouérat (Mauritanie).

Ce projet est présenté comme l’un des plus importants pour le développement des deux pays. L’Algérie souhaite l’utiliser pour accéder au marché ouest-africain via la Mauritanie, tandis que Nouakchott ambitionne de diversifier ses importations en s’ouvrant davantage au marché algérien.

Longue de 850 kilomètres, la route traverse un désert accidenté et inhabité. Sa construction est assurée par plus de dix entreprises algériennes. Malgré l’avancement des travaux, la route se heurte à d’importantes difficultés liées à l’environnement difficile dans lequel elle est construite.

L’année dernière, les autorités algériennes ont confirmé leur intention d’achever la route au plus tard en juillet de cette année, soit dans un délai de trois mois seulement. Cependant, certains éléments laissent présager un possible retard. La réunion s’est tenue à l’extrême sud-ouest de l’Algérie, près de la frontière entre les deux pays, dans le but de « développer une coordination sécuritaire conjointe », selon un communiqué de l’armée mauritanienne.

L’armée mauritanienne a précisé sur sa page Facebook qu’il s’agissait de « la première réunion de coordination sécuritaire de 2026 », en référence aux rencontres de sécurité organisées par les chefs militaires des deux pays.

Chargh El Ewsatt

Le navire amphibie Galicia au port de Nouakchott : une incarnation de la solidité des relations bilatérales entre l’Espagne et la Mauritanie

L’Ambassade d’Espagne en République islamique de Mauritanie informe de la mise en œuvre d’un programme d’activités de formation et de coopération mené par le navire d’assaut amphibie (BAA) Galicia de la Marine, en collaboration avec les Forces armées mauritaniennes.

Le navire d’assaut amphibie BAA « Galicia » a effectué, du 15 au 23 avril, une escale importante à Nouakchott, accompagnée d’un vaste programme d’activités de coopération bilatérale, s’inscrivant dans l’engagement de l’Espagne en faveur de la stabilité, de la sécurité et du développement en Afrique du Nord et au Sahel. L’objectif est de renforcer les capacités de la Mauritanie, ainsi que de favoriser l’interopérabilité et l’échange de connaissances entre les deux forces armées.

Le programme d’activités bilatérales s’inscrit dans le Plan de coopération bilatérale approuvé lors de la XXIVe Commission mixte hispano-mauritanienne de Défense, tenue à Nouakchott les 23 et 24 mars derniers.

La coopération militaire s’est concentrée sur des domaines tels que la sécurité maritime, la surveillance et la protection des espaces côtiers, la lutte contre les menaces asymétriques, l’hydrographie, la gestion des urgences et l’assistance sanitaire, se concluant par une patrouille combinée dans les eaux territoriales mauritaniennes, menée par la Marine nationale et la Marine espagnole. Par ailleurs, des actions de coopération civilo-militaire ont été développées afin de soutenir les communautés locales et de renforcer la résilience de la population.

La présence du Galicia reflète la solidité des relations bilatérales entre l’Espagne et la Mauritanie, fondées sur le respect mutuel, la coopération et la volonté commune de contribuer à la paix et à la sécurité régionales.

L’Espagne renforce ainsi son engagement en tant que partenaire fiable dans la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, en promouvant des initiatives conjointes qui contribuent à la stabilité et au développement durable.

Le Président de l’Assemblée nationale condamne la décision israélienne d’exécuter les détenus palestiniens

Conformément aux dispositions de l’article 52 (nouveau) de la Constitution et des articles 54 et 55 du Règlement intérieur, l’Assemblée nationale a tenu ce mercredi une séance publique consacrée à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année parlementaire 2025-2026, sous la présidence de M. Mohamed Bemba Meguett, Président de l’Assemblée nationale, en présence de plusieurs membres du gouvernement.

Dans son intégralité, le discours prononcé par le Président de l’Assemblée nationale

 

Messieurs les ministres,

Collègues députés,

Mesdames, Messieurs

Après deux mois d’intercession, vous voilà de retour à cette auguste chambre, enrichis d’une expérience précieuse : celle du contact direct avec nos concitoyens. En effet, Vous avez écouté leurs voix, ressenti leurs attentes, partagé leurs inquiétudes et recueilli leurs espoirs.

Honorables députés

Vous êtes aujourd’hui – les dépositaires d’une parole vivante, celle d’un peuple qui, dans toute sa diversité, regarde vers nous avec exigence, mais aussi avec une grande confiance. Notre Assemblée est plus qu’un simple espace. Elle constitue un vaste lieu d’espoir. Un espace pour la démocratie. Un espace destiné au débat. Un vaste espace dédié à une nation qui avance à grands pas vers un avenir meilleur.

En fait, C’est ici que nos idées se confrontent sans se heurter, que nos divergences s’expriment sans se diviser et que les convictions s’élèvent au service d’un seul idéal : l’intérêt supérieur de la République Islamique de Mauritanie.

Honorables députés,

Notre session se tient au moment où le monde traverse une période marquée par l’incertitude. En effet, Les conflits qui ravagent certaines régions, notamment la guerre au Moyen-Orient, nous rappellent avec force à quel point la paix est fragile et combien la stabilité internationale est précieuse.

Même si nous sommes géographiquement éloignés de ces tensions, leurs répercussions se font sentir sur notre économie, sur nos équilibres sociaux, voire sur nos perspectives d’avenir.

Face à ces réalités, notre responsabilité est immense. Elle exige de nous lucidité, cohésion et sens de l’engagement.

Dans ce contexte, nous devons soutenir les efforts louables déployés par les plus hautes autorités du pays afin de préserver notre nation des risques liés aux répercussions de ces bouleversements.

Mesdames, messieurs les députés :

Je voudrais saisir cette occasion pour saluer les efforts inlassables déployés par Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dont l’engagement indéfectible à consolider les fondements de la bonne gouvernance, à renforcer l’État de droit et à encourager le dialogue et la concertation avec toutes les forces vives de la nation trace une voie claire, rassurante et sûre.

Il nous appartient, majorité comme opposition, de nous inscrire pleinement dans cette dynamique. Car au-delà de nos sensibilités politiques, au-delà de nos divergences légitimes, nous partageons une responsabilité commune : celle de servir la Nation, de préserver son unité et de répondre aux aspirations de notre peuple.

Et nous devons- que nous soyons au pouvoir ou dans l’opposition- nous engager activement dans cette dynamique. En effet, au-delà de nos sensibilités politiques et de nos divergences légitimes, nous partageons une responsabilité commune : celle de servir la nation, préserver son unité et répondre aux aspirations de notre peuple.

Il incombe à la majorité d’agir de manière responsable, dans un esprit d’écoute et d’ouverture ;

Il incombe à l’opposition d’exercer un contrôle rigoureux, dans le respect et à travers la formulation de propositions concrètes.

Et il nous incombe à tous, ensembles, de construire, d’élaborer des lois équitables, de mettre en place des politiques efficaces, d’instaurer une confiance durable entre les institutions et les citoyens.

Honorables députés,

Cette session doit être l’occasion d’un nouvel élan : Un élan vers plus d’efficacité, vers plus de justice, vers une plus grande cohésion nationale.

Que nos débats soient à la hauteur de nos attentes,

Que nos décisions soient à la hauteur des défis,

Et que nos engagements soient dignes de la confiance qui nous a été accordée.

Au bout du compte, il y a un horizon vers lequel nous tendons : celui d’une Mauritanie unie, apaisée et résolument tournée vers le progrès …

Chers collègues,

La Knesset israélienne a récemment adopté, en trois lectures, la loi sur l’exécution des prisonniers palestiniens, ignorant ainsi toutes les lois et conventions internationales, s’obstinant à perpétuer la discrimination raciale à l’égard des Palestiniens et suscitant une vive controverse au sein de la communauté internationale des droits de l’homme.

C’est l’occasion pour moi d’exprimer, en votre nom à tous, notre condamnation et notre vive indignation face à cet acte honteux.

Chers collègues députés,

Sur ces mots, je déclare ouverte la deuxième session parlementaire ordinaire de l’année 2025-2026, conformément à l’article 52 (nouveau) de la Constitution et aux articles 54 et 55 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale ; je vous souhaite plein succès dans les tâches qui vous attendent.

Je vous remercie.

 

Nouakchott, 1er avril 2026

Tête-à-tête entre le Président mauritanien et le Secrétaire Général de l’OTAN

Le secrétaire général de l’OTAN, M. Mark Rutte, a rencontré aujourd’hui mercredi 25 mars courant, le président de la République islamique de Mauritanie, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le tête-à-tête a eu lieu au siège de l’Organisation, indique le site Web de l’OTAN nato.it.

Au cours de sa visite, M. Ghazouani s’entretiendra également avec les représentants des Alliés réunis au sein du Conseil de l’Atlantique Nord, indique-t-on.

Toutefois on parle de discussions portant sur les enjeux notamment le renforcement de la coopération sur le terrorisme et la sécurité maritime dans un Sahel instable.

Ce qui a été qualifié par des analystes et observations une confirmation de Nouakchott de son rôle de pivot de stabilité incontournable dans la région.

Discrétion totale : Aucun média autorisé, soulignant le caractère ultra-sensible des discussions.

La Mauritanie, partenaire clé du « Dialogue méditerranéen » de l’OTAN depuis 1995, participe activement aux réunions de l’Alliance pour renforcer la sécurité au Sahel. Le président Ghazouani a consolidé ce partenariat, notamment via des programmes de renforcement des capacités militaires, de lutte contre le terrorisme et de surveillance des frontières, positionnant la Mauritanie comme un interlocuteur sécuritaire régional majeur.

Guerre Iran-Israël-Usa : vers un enlisement ou l’embrasement régional ?

Alors que les frappes se multiplient contre les infrastructures iraniennes et que Téhéran maintient la pression sur le détroit d’Ormuz, l’issue du conflit reste incertaine. Entre logique d’escalade et tentatives de négociations contradictoires, les scénarios possibles dessinent des trajectoires radicalement différentes pour la région.
L’escalade sans stratégie de sortie.
Trois semaines après le début de l’offensive contre l’Iran, la situation militaire et diplomatique est à un point de bascule. Le ministre israélien de la Défense a annoncé une “augmentation significative” des frappes, visant désormais non seulement les sites nucléaires mais aussi les infrastructures énergétiques et les commandants des Gardiens de la Révolution. De son côté, l’administration Trump affiche un double discours : envoi de navires de guerre en renfort et ultimatums d’un côté, appel à des pourparlers pour “mettre fin à la guerre” de l’autre.
Face à cette pression, l’Iran ne montre aucun signe de repli. En bloquant partiellement le détroit d’Ormuz – par où transite près de 20 % du pétrole mondial –, Téhéran parie sur une mondialisation du conflit. L’objectif est clair : faire grimper les prix de l’énergie au point que les puissances européennes et asiatiques fassent pression sur Washington pour stopper les hostilités. Mais cette stratégie est risquée : elle expose l’Iran à des frappes de rétorsion sur ses propres installations pétrolières, déjà endommagées par les raids israéliens.
Trois scénarios pour l’issue du conflit
1. La guerre d’usure prolongée (scénario le plus probable)
Aucun des deux camps ne semble en mesure d’imposer une défaite militaire décisive à l’autre. Israël ne dispose pas d’une capacité d’occupation terrestre, et l’Iran, malgré sa puissance de dissuasion asymétrique (missiles balistiques, milices régionales), évite soigneusement une confrontation directe totale qui mettrait en danger son régime. Dans ce contexte, les affrontements pourraient se poursuivre par à-coups : vagues de frappes aériennes, attaques contre des navires, opérations cyber, sans vainqueur clair. C’est le scénario du conflit gelé, coûteux pour les économies régionales et pour la stabilité du Golfe.
2. Un accord négocié sous pression (scénario envisagé par Washington)
Donald Trump a récemment déclaré vouloir “un accord” avec l’Iran pour mettre fin à la guerre. Mais les autorités iraniennes ont démenti toute négociation en cours, et les conditions d’un compromis semblent encore hors de portée. Pour que ce scénario advienne, il faudrait soit que l’Iran accepte un démantèlement contrôlé de son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions – hypothèse très mal perçue par les factions conservatrices à Téhéran –, soit que Washington consente à des garanties de sécurité formelles, ce que son administration actuelle semble exclure.
3. L’effondrement du régime iranien (scénario incertain)
Israël et une partie de l’administration américaine affichent l’objectif d’un changement de régime à Téhéran. Pourtant, selon les évaluations des services de renseignement américains, le régime, bien qu’affaibli par les frappes et les sanctions, reste intact militairement et politiquement. Aucun soulèvement populaire d’ampleur n’a accompagné l’offensive étrangère. À moins d’une opération terrestre massive – que personne ne souhaite ouvertement –, ce scénario reste pour l’heure une hypothèse d’affichage.
Les dilemmes des alliés et des Européens.
L’Europe se trouve dans une position inconfortable. Dépendante indirectement des flux énergétiques du Golfe, elle a vu ses réserves de gaz mises à rude épreuve par la flambée des prix consécutive au blocus d’Ormuz. Sur le plan diplomatique, Paris, Berlin et Londres peinent à peser face à la logique binaire imposée par Washington et Téhéran. Les capitales européennes craignent par-dessus tout un embrasement régional qui entraînerait le Liban, la Syrie ou l’Irak dans une guerre ouverte.
Dans les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis), la prudence domine. Officiellement favorables à une limitation de l’influence iranienne, ils redoutent en privé que les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes ne provoquent des représailles directement sur leurs propres installations de désalinisation ou leurs champs pétroliers.
l’incertitude comme seule certitude.
À ce stade, l’issue de la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran demeure impossible à trancher. Le conflit s’est installé dans une zone grise : ni guerre totale, ni retour au statu quo antérieur. La poursuite des frappes, la résilience affichée du régime iranien et l’absence de canal diplomatique crédible laissent présager une période prolongée de forte instabilité régionale. Pour les observateurs, le risque majeur reste celui d’une erreur de calcul – une frappe touchant une installation nucléaire sensible ou un site civil d’envergure – qui ferait basculer le conflit dans une phase encore plus destructrice.
Dans ce jeu d’échecs à haute intensité, chaque camp semble davantage préoccupé par sa survie immédiate que par une stratégie de paix durable. Une chose est sûre : la région n’a pas fini de compter les coûts, humains comme économiques, de cette confrontation ouverte.
Ahmed Bezeid
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