Algérie : Tebboune officialise la création d’une « DEA » et d’une prison de haute sécurité dans le désert pour éradiquer le narcotrafic
Une « DEA algérienne » pour traquer les barons
Dotée de prérogatives élargies, cette nouvelle entité échappera à la tutelle classique de la Sûreté nationale ou de la Gendarmerie pour relever directement des hautes autorités du pays. Son objectif : démanteler les réseaux criminels transnationaux, traquer les flux financiers illicites et centraliser le renseignement antidrogue, à l’image de l’agence fédérale américaine. Cette décision intervient alors que le bilan de la drogue en Algérie atteint des sommets alarmants, avec plus de 3 millions de toxicomanes recensés en 2024 et des saisies qui n’ont cessé de croître ces dernières années.
Tanezrouft, la prison de la « terre de la soif »
Parallèlement, une ancienne caserne militaire située à Tanezrouft, dans la wilaya d’Adrar, sera transformée en pénitencier de très haute sécurité. Cette région, où les températures dépassent régulièrement les 50 °C, est surnommée par les Touaregs le « pays de la soif » en raison de son aridité extrême. Le chef de l’État a précisé que cet établissement serait exclusivement réservé aux « barons de la drogue, aux grands trafiquants et aux chefs de réseaux », symbolisant la volonté politique de mettre hors d’état de nuire les profils les plus dangereux.
Un signal fort après une saisie record
Ces annonces font suite à une opération retentissante du 21 août 2026, lors de laquelle les services de sécurité avaient intercepté plus de 10 millions de capsules de prégabaline – un anxiolytique détourné en drogue – ainsi que 33 kilos de cocaïne pure. Face à cette escalade, le HCS a jugé que le cadre juridique et pénitentiaire existant était devenu insuffisant.
Désormais, l’Algérie engage un virage sécuritaire sans précédent, alliant un renseignement offensif calqué sur le modèle américain à une dissuasion carcérale absolue, au cœur des dunes du Sahara. Reste à savoir si cette double radicalisation parviendra à endiguer un trafic qui, alimenté par les flux sahéliens, demeure l’un des défis majeurs de la région.