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Global Peace Index 2026 : la Mauritanie entre fragilités sahéliennes et réformes internes

Par admin · 12/07/2026 à 17:03 · 57 vues
Global Peace Index 2026 : la Mauritanie entre fragilités sahéliennes et réformes internes

1. Un classement contrasté dans un environnement régional sous tension.

Dans l'édition 2026 du Global Peace Index (GPI), la Mauritanie se classe 112e sur 163 pays, avec un score de 2,184 . 

Ce positionnement la place en queue du Maghreb, derrière le Maroc (65e, score 1,887), la Tunisie (77e, score 1,947) et l'Algérie (91e, score 2,053), mais devant la Libye (125e, score 2,361) .

À l'échelle africaine, la Mauritanie occupe le 25e rang sur les 50 pays du continent évalués, une position médiane qui reflète une situation de « paix fragile » ni totalement stable, ni en conflit ouvert . Le rapport 2026 souligne que 27 pays africains ont amélioré leur score, tandis que 23 l'ont vu se dégrader. L'Afrique subsaharienne, avec une note moyenne de 2,283, reste la troisième région la moins paisible du monde, plombée notamment par les conflits au Sahel .

2. Les facteurs de fragilité : le « poids » du Sahel.

Le GPI évalue les États selon trois domaines - sécurité et sûreté, conflits internes/internationaux, militarisation -à travers 23 indicateurs incluant le terrorisme, les homicides, les relations avec les pays voisins et les dépenses militaires .

2.1. L'insécurité régionale, premier facteur de pression.

L'instabilité sahélienne pèse directement sur la Mauritanie. Le rapport 2026 constate une escalade de la violence et du terrorisme dans la région sahélienne, qui continue de dégrader la performance globale de l'Afrique de l'Ouest . Le Mali occupe la 154e place mondiale ; le Niger la 146e ; le Burkina Faso la 149e . Cet environnement régional volatile expose le pays à des risques de débordements sécuritaires, de circulation d'armes et de mouvements de population.

2.2. Une militarisation liée aux menaces.

Bien que les données précises sur les dépenses militaires mauritaniennes ne figurent pas dans les sources consultées, le contexte sahélien justifie un effort de sécurisation important. Le GPI intègre dans son calcul le niveau de militarisation , un indicateur sur lequel les États confrontés à des menaces terroristes sont mécaniquement pénalisés.

3. Les efforts internes pour la paix et les droits humains.

Malgré ce contexte difficile, la Mauritanie a engagé des réformes institutionnelles et législatives destinées à renforcer la stabilité interne et l'État de droit.

3.1. Un engagement international salué.

En janvier 2026, la Mauritanie a présenté à Genève son quatrième rapport national dans le cadre de l'Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies. Cent pays ont salué les progrès réalisés, notamment en matière de protection sociale, de droits des femmes et de lutte contre la traite des personnes .

Le Commissaire aux Droits de l'Homme, Sid'Ahmed Ould Benane, a souligné l'adhésion de la Mauritanie aux instruments internationaux et la mise en œuvre de 201 recommandations issues du précédent cycle de l'EPU(2021) .

3.2. Des réformes législatives structurantes.

Parmi les avancées récentes mentionnées dans le rapport national :

· Loi sur les associations : passage d'un système d'autorisation préalable à un régime déclaratif ;

· Loi-cadre sur l'éducation : extension de la scolarité obligatoire à 15 ans ;

· Lois sur la lutte contre la corruption, la liberté de la presse, la régulation des migrations .

Des institutions spécialisées ont également été créées : Observatoire national des droits des femmes et des filles, Instance nationale de lutte contre la traite des personnes, Tribunal spécialisé contre l'esclavage, Autorité nationale anticorruption .

3.3. Une stratégie nationale de promotion des droits humains (2024-2028)

Adoptée en 2023, cette stratégie vise à renforcer l'État de droit, instaurer la justice sociale et garantir l'effectivité des droits fondamentaux . Elle s'inscrit dans une approche graduelle, « tenant compte des capacités nationales et des priorités de développement » .

4. Le contexte socio-économique : un défi pour la paix durable.

La paix ne se mesure pas uniquement en termes sécuritaires. La stabilité sociale repose aussi sur la réduction des inégalités et la gouvernance inclusive.

4.1. Vulnérabilités économiques.

La Mauritanie dépend fortement des industries extractives (fer, or, cuivre), qui exposent son PIB aux fluctuations des prix mondiaux . La croissance, estimée à 3,7 % en 2026, ralentit en raison du déclin de la production aurifère et du minerai de fer . Ce ralentissement pourrait faire basculer 193 000 personnes dans la pauvreté d'ici 2027 (taux de pauvreté projeté à 31,8 %) .

4.2. Gouvernance et inclusion.

Le Cadre de Coopération des Nations Unies (2024-2027) fixe des objectifs précis, parmi lesquels :

· Réduire l'indice de Gini de 0,32 (2019) à 0,29 en 2027 ;

· Améliorer l'indice de perception de la corruption (actuellement 27/100 en 2026, avec une cible à 25/100 en 2027) ;

·Maintenir la représentation des femmes au Parlement à 23%.

Le rapport souligne également l'importance des mécanismes de redevabilité et d'alerte précoce dans les communes, avec un objectif de 10 communes dotées de dispositifs de gestion des conflits d'ici 2027 .

5. Conclusion : une paix sous tension.

La position de la Mauritanie dans le GPI 2026 -112e mondiale, 25e africaine - illustre les contradictions d'un pays confronté à des fragilités structurelles :

· Environnement extérieur hostile : proximité avec des foyers de conflit sahélien ;

· Vulnérabilités internes : dépendance économique, inégalités, défi de la gouvernance ;

· Efforts de réforme : engagement diplomatique, modernisation institutionnelle, stratégie droits humains.

La position de la Mauritanie dans le GPI 2026 confirme les défis structurels auxquels elle fait face, en raison de son environnement régional instable et de fragilités internes.

 

 

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