Grands marchés en Mauritanie : Zéro gré à gré et gestion vertueuse pour dégager des marges bénéficiaires
Le ministre chargé du secrétariat général du gouvernement fait le point sur l’avancement du portefeuille des grands projets
Des membres du gouvernement avaient commenté hier mercredi 12 aout courant, les résultats du Conseil des ministres qui s’est déroulé quelques heures auparavant au palais présidentiel dans le centre-ville de Nouakchott.
Intervenant à cette occasion, le Secrétariat général du gouvernement M. Moctar Al Housseinou Lam a fait le point sur l’évolution du portefeuille des grands marchés entre le 1er mai et le 31 juillet 2026.
Cet exercice s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du Président de la République datant de septembre 2023, devant permettre un meilleur suivi des projets majeurs, afin d’en améliorer l’exécution, a déclaré le ministre, selon lequel, il y a actuellement un total de 104 marchés en cours.
43 autres marchés ont été achevés depuis juillet 2025 et 2 ont d’ores et déjà été réceptionnés, a souligné Lam.
Toujours selon lui, le financement global du portefeuille s’élève à 67 milliards d’ouguiyas (MRU), répartis entre 15 départements ministériels.
Ceux-ci prennent en charge plusieurs secteurs productifs afin de concourir au développement du pays.
À l’en croire, sur les trois derniers mois, la cadence mensuelle affiche une progression de 7,31 points, soit 2,44 points par mois.
Il ressort de ce constat que la tendance est légèrement baissière, car elle est en dessous du seuil des 3 points enregistrés sur la période écoulée.
Au chapitre du programme d’urgence de développement de la ville de Nouakchott, qui a démarré le 20 janvier 2025, le ministre a déclaré que le niveau d’avancement, au 31 juillet 2026, est de 96 %. Le délai consommé, quant à lui, est de 112 %. Durant les mois de mai, juin et juillet 2026, l’évolution est de 3 points cumulés.
En ce qui concerne le programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services de base dans les régions, celui-ci connaît une avancée, malgré un démarrage timide de certains secteurs. Il a, au passage, invité les parties prenantes à prendre les dispositions nécessaires afin que les travaux liés aux routes, à l’agriculture et aux constructions, entre autres, ne soient pas trop impactés par l’hivernage.
Répondant à un certain nombre de questions, le ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement a passé en revue certaines réalisations entrant dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’urgence pour le développement de Nouakchott.
On note : 472 nouvelles salles de classe opérationnelles dans toutes les wilayas ; 28 centres de santé établis à Nouakchott, avec tout ce que cela requiert en termes de personnel et de plateau technique ; la société de transport public embarque chaque jour 95 000 personnes, grâce à des bus modernes et à un réseau amélioré via le projet Mobilité 2026 ; 3 centrales d’énergies renouvelables sont en cours de mise en place, devant permettre de passer d’une production de 600 mégawatts à 1 200 mégawatts ; la production d’eau a augmenté à Idini de 60 000 m³ et, à Aftout Saheli, on est passé de 125 000 m³ à 250 000 m³ ; les infrastructures sportives n’ont pas été en reste, avec la construction de stades et de maisons des jeunes à Sebkha et El Mina, qui en étaient dépourvues, entre autres.
Il a assuré que le gouvernement a un plan à court, moyen et long terme, estimant que les choses iront de façon progressive.
Selon lui, à force de travail et de gestion vertueuse des deniers publics, la Mauritanie continuera de dégager une marge bénéficiaire qui sera par la suite affectée à la réalisation de projets structurants.
C’est comme cela que le programme d’urgence de développement de Nouakchott a été financé à hauteur de plus de 50 milliards d’ouguiyas, celui dédié à la généralisation de l’accès aux services de base avec une enveloppe de 270 milliards, et enfin le programme de développement de Nouadhibou avec 400 milliards d’ouguiyas. Il a annoncé le démarrage prochain de la phase 2 pour Nouakchott.
Le ministre a aussi déclaré que l’État a décidé de réduire son train de vie, notant que plusieurs actes ont été posés dans ce sens. D’après lui, les voyages et missions, l’achat de véhicules et l’acquisition de matériels informatiques sont concernés, afin de rationaliser le budget de fonctionnement.
Il a également rappelé que le Premier ministre a signé une circulaire interdisant l’achat de voitures luxueuses, mettant l’accent sur le strict nécessaire pour que le travail soit effectif, au profit des citoyens.
Pour le ministre, il y a une démarche réfléchie qui a été adoptée, étalant les programmes sur des cycles qui, à terme, soit en juillet 2029, permettront de surmonter une bonne partie des défis auxquels le pays fait face et de tendre vers le développement.
Il a estimé que l’on est sur la bonne voie, si l’on prend exemple sur le secteur de la santé, qui compte : 26 hôpitaux, régionaux, départementaux et spécialisés ; 50 centres de santé, dont 28 à Nouakchott, entre autres.
Aussi, dans le cadre du processus de recrutement de 3 000 fonctionnaires et agents contractuels de l’État, 1 200 places sont réservées au personnel du secteur de la santé. Il s’agit, selon lui, d’une illustration de l’engagement de l’État à améliorer l’offre en services de santé.
Enfin, pour ce qui est des marchés de gré à gré, il a assuré qu’il n’y en a pas dans le cadre des grands projets, soulignant que l’accent a été mis sur la transparence, rappelant que toutes les procédures sont publiques. Il a aussi rappelé qu’il a été procédé à l’organisation de l’accès aux marchés publics à travers la spécialisation des entreprises, afin que les projets soient exécutés uniquement par des sociétés qui répondent aux critères.