Incendies en Algérie : le président Tebboune promet une indemnisation « jusqu’au dernier clou » et durcit le volet pénal
Lors d’une réunion de cabinet extraordinaire tenue ce lundi, le président Abdelmadjid Tebboune a tracé une ligne claire face aux ravages des incendies qui ont frappé plusieurs wilayas du pays. Sa directive, sans précédent par son ampleur, repose sur un principe : l’État ne laissera aucun sinistré sur le carreau, et ne laissera aucun crime impuni.
« Chaque clou perdu sera indemnisé »
Devant l’ensemble des ministres, le président a ordonné une indemnisation intégrale et sans condition de tous les biens détruits par les flammes. « Nous indemniserons les citoyens pour chaque clou perdu dans les incendies », a-t-il martelé, donnant ainsi une consigne d’application littérale.
Un calendrier contraingnat:
· Avant le 5 septembre : rétablissement complet des réseaux d’eau, d’électricité, de gaz et de télécommunications dans les zones sinistrées.
· Avant le 15 septembre : finalisation de l’inventaire et versement des indemnisations pour les logements, véhicules, électroménager, cheptel (bovins, ovins, caprins), ruches, cultures et arbres fruitiers.
L’objectif affiché est double : permettre un retour rapide à la vie normale, et éviter toute procédure administrative jugée trop lourde pour les victimes.
Une réponse judiciaire à la hauteur des crimes
Sur le volet répressif, le ton est tout aussi ferme. Face à la simultanéité suspecte des départs de feu, le président a qualifié ces actes de « crimes contre la nation » et a exigé des poursuites exemplaires.
Deux mesures concrètes ont été annoncées :
1. Traduction immédiate en justice de tous les auteurs présumés d’incendies volontaires de maisons et de biens, avec réquisition des moyens d’enquête (images satellites, relevés téléphoniques, témoignages).
2. Révision du Code pénal – le ministre de la Justice a jusqu’au 15 septembre pour soumettre un projet de loi intégrant la peine de mort pour les incendiaires de forêts et de zones habitées.
Des interpellations ont déjà eu lieu dans plusieurs wilayas, et les procureurs généraux ont reçu instruction de requérir les peines les plus lourdes.
Ces annonces interviennent alors que le pays a connu cet été une vague d’incendies dévastateurs, ayant causé la mort de plusieurs dizaines de personnes et détruit des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles.
La mesure est toutefois scrutée par les organisations de défense des droits humains, qui s’interrogent sur la compatibilité de la peine capitale avec les engagements internationaux de l’Algérie. Le gouvernement, lui, met en avant « l’exceptionnalité de la menace » et la nécessité de protéger la sécurité des biens et des personnes.