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L’avenir du Sahara occidental se joue-t-il demain au Conseil de sécurité ?

Par admin · 29/10/2026 à 23:27 · 31 vues
L’avenir du Sahara occidental se joue-t-il demain au Conseil de sécurité ?

À la veille de l'échéance du mandat de la MINURSO, fixée au 31 octobre 2026, le Conseil de sécurité s'apprête à voter, ce vendredi 30 octobre, un projet de résolution décisif présenté par les États-Unis. Ce texte, qui a connu plusieurs révisions, propose une refonte en profondeur de la mission onusienne et un changement de paradigme pour le règlement du conflit.

Le texte, dans sa version la plus récente , diffusée le 28 octobre aux quinze membres du Conseil, s'articule autour de plusieurs axes majeurs :

- Changement de nom et de mandat : La MINURSO (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental) serait rebaptisée « Mission des Nations Unies pour le Sahara occidental » (MINUSO). La référence au référendum disparaîtrait de son intitulé et de ses fonctions.

- Prolongation et rôle futur : Le mandat de la mission serait prolongé jusqu'au 31 octobre 2027. Son rôle serait recentré sur le soutien au processus politique et aux mesures de confiance, abandonnant toute fonction liée à l'organisation d'un référendum.

- Plan d'autonomie marocain : Le projet conserverait le plan d'autonomie marocain comme « unique base » pour les négociations futures. La formulation initiale, qui qualifiait cette autonomie de « seule solution viable », a été atténuée en « solution la plus viable », tout en réaffirmant le principe d'autodétermination.

-Assouplissement des contraintes : Les exigences initiales de réduction de 50 % des effectifs militaires et de transformation automatique en mission politique spéciale ont été retirées. L'avenir de la mission et sa structure seront décidés ultérieurement, sur la base de propositions du Secrétaire général de l'ONU attendues pour le 30 janvier 2027.

- Rôle de l'ONU : La version révisée redonne une place plus importante au Secrétaire général António Guterres et à son envoyé personnel, Staffan de Mistura, tout en conservant un rôle de facilitation pour les États-Unis.

Les réactions et les enjeux du vote

Ce projet suscite des réactions contrastées, reflétant les tensions autour du dossier.

- Le Front Polisario dénonce une « rupture sans précédent » avec le droit international. Il menace de se retirer du processus de paix onusien si le texte est adopté sans amendements substantiels, estimant que la suppression de la référence au référendum vide la mission de sa raison d'être initiale.

- Le Maroc n'a pas officiellement réagi, mais le texte est largement perçu comme favorable à ses positions, notamment en consacrant son plan d'autonomie comme base des discussions.

- Les États-Unis, en tant que rédacteurs, ont mené des consultations pour rallier les indécis. Pour être adopté, le texte doit obtenir au moins 9 voix sur 15, sans qu'aucun des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) n'use de son veto.

Le vote du 30 octobre 2026 se présente comme un moment charnière. Le projet américain, s'il est adopté, entérinerait un changement historique : la fin de la perspective d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental, au profit d'une solution négociée sur la base de l'autonomie sous souveraineté marocaine. Les prochaines 24 heures seront décisives pour l'avenir de la mission onusienne et du processus de paix.

 

 

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