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Nations Unies:un fauteuil pour sept candidats,analyse des chances.

Par admin · 26/07/2026 à 12:58 · 76 vues
Nations Unies:un fauteuil pour sept candidats,analyse des chances.

La succession d'António Guterres à la tête des Nations unies s'annonce comme un jeu d'équilibriste géopolitique. Alors que le premier "vote indicatif" du Conseil de sécurité approche le 30 juillet, sept candidats sont en lice, mais aucun ne fait office de favori incontestable . L'analyse des dynamiques en présence permet de dégager les forces et faiblesses de chacun.

Le processus : une élection sous haute tension.

Le processus est régi par un subtil équilibre de pouvoirs. Le Conseil de sécurité, via un vote à huis clos, doit proposer un nom, mais chacun de ses cinq membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine) dispose d'un droit de veto . L'Assemblée générale entérine ensuite ce choix de manière quasi formelle . Le candidat devra donc naviguer entre les exigences souvent contradictoires de ces puissances, notamment sur la réforme de l'ONU, en pleine crise financière et de confiance .

La règle du "tourniquet" géographique et la parité.

Deux "règles" officieuses pèsent lourdement sur la sélection.

.La tradition veut que le poste tourne entre les régions. Après l'Asie (Boutros-Ghali), l'Afrique (Annan), l'Asie (Ban Ki-moon) et l'Europe (Guterres), ce serait logiquement le tour de l'Amérique latine et des Caraïbes . C'est un atout majeur pour les cinq candidats de cette région.

· De nombreux États membres réclament une première Secrétaire générale de l'histoire. Cependant, les États-Unis auraient indiqué que la compétence doit primer sur le genre, ce qui relativise cet avantage .

Analyse des sept candidats.

1. Rafael Grossi (Argentine) :Le "favori" à confirmer.

Directeur général de l'AIEA, Grossi est le plus souvent cité comme le favori par les observateurs . Son expérience à la tête d'une agence nucléaire lui confère une stature internationale. Il bénéficie d'un avis favorable de la Russie, qui salue ses compétences . Sa principale faiblesse pourrait être cette faveur même : un veto de la Russie ou de la Chine est toujours possible, et ses positions pourraient être jugées trop proches des Occidentaux .

2. Michelle Bachelet (Chili):L'expérience des droits humains

Ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire aux droits de l'homme, elle incarne l'autorité morale . Sa grande notoriété est un atout, mais pourrait être un handicap si certaines puissances la jugent trop critique. Elle aurait, selon certains analystes, peu de chances de recueillir un consensus, car elle pourrait être jugée trop "occidentale" par Moscou et Pékin .

3. Rebeca Grynspan (Costa Rica): La technocrate du consensus

Actuelle secrétaire générale de la CNUCED, Grynspan est une économiste et diplomate reconnue . Elle a plaidé pour une ONU plus agile et présente sur le terrain des conflits . Son profil de technocrate consensuelle pourrait en faire un bon candidat de compromis entre les blocs, d'autant qu'elle compte des "admirateurs" au sein du Conseil .

4. Macky Sall (Sénégal) :le pont entre les blocs

L'ancien président sénégalais se présente comme un "bâtisseur de ponts" . Sa stature d'ancien chef d'État africain est un atout, mais sa région (l'Afrique) n'est pas la prochaine dans le tourniquet officieux. Il pourrait toutefois émerger en tant que candidat de consensus, acceptable pour toutes les grandes puissances .

5. María Fernanda Espinosa (Équateur): La diplomate de terrain

Ancienne présidente de l'Assemblée générale et ministre des Affaires étrangères, elle met en avant la prévention des conflits et promet d'être sur le terrain . Son expérience diplomatique est solide, mais sa notoriété est moindre que celle de Bachelet ou Grossi.

6. Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana): La voix du "Sud global"

Actuelle ambassadrice du Guyana auprès de l'ONU, elle a insisté sur le rôle du Secrétaire général pour agir partout, en Iran, Haïti ou au Soudan . Son profil est plus discret, mais elle peut incarner une nouvelle génération de leadership pour le "Sud global".

7. Olara Otunnu (Ouganda) :Le candidat surprise

Annoncé tardivement, le 25 juillet, cet ancien haut-fonctionnaire onusien de 75 ans n'a pas participé au débat . Son entrée en lice très tardive, à quelques jours du premier vote, le place en nette position de handicap.

Verdict : vers un compromis forcé

La course est donc ouverte. Si la logique géographique et les pronostics donnent un avantage à l'Amérique latine, le jeu des vetos pourrait tout chambouler. Un scénario plausible est celui d'un compromis entre grandes puissances sur un candidat jugé plus neutre, comme Rebeca Grynspan, ou sur un profil de consensus venu d'ailleurs, à l'instar de Macky Sall . La surprise pourrait même venir d'un candidat extérieur, le nom de Gianni Infantino (président de la FIFA) ayant été évoqué, bien que non officiel .

En définitive, plus qu'un débat d'idées, cette élection est une démonstration de realpolitik.

Le premier vote indicatif du Conseil de sécurité, prévu le 30 juillet, sera le premier test grandeur nature de ces équilibres fragiles.

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