Économie

Transhumance en Afrique de l’Ouest : Enabel s'engage pour le corridor de la résilience

Par Mohamed · 13/07/2026 à 21:59 · 5 vues
Transhumance en Afrique de l’Ouest : Enabel s'engage pour le corridor de la résilience

Lomé a accueilli, le 9 juillet 2026, le lancement officiel du Programme régional d'appui au développement de l'économie pastorale en Afrique de l'Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Porté par un financement de l'Union européenne de 60 millions d'euros sur la période 2025-2030, le programme couvre 13 pays et mobilise plusieurs opérateurs de mise en œuvre. Parmi eux, Enabel, l'agence belge de coopération internationale, occupe une place stratégique : elle pilote la composante territoriale Ouest, l'un des trois corridors pastoraux structurant l'ensemble du programme.

Un corridor Ouest confié à Enabel

Le PRADEP-AOS s'organise autour de six composantes coordonnées par le Secrétariat exécutif du CILSS. Trois d'entre elles correspondent à des couloirs géographiques transfrontaliers : le couloir du Lac Tchad, mis en œuvre par la GIZ ; le couloir central, dont l'opérateur est encore en cours de sélection ; et le couloir Ouest, confié à Enabel.

Ce corridor Ouest couvre les zones transfrontalières partagées par le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée, des espaces où la mobilité du bétail, l'accès aux pâturages et aux points d'eau, et la gestion des ressources naturelles partagées sont des enjeux quotidiens pour les ménages pastoraux et agropastoraux. Les activités de la composante Ouest ont démarré dès septembre 2025, en avance sur plusieurs autres volets du programme.

Une contribution à un objectif régional commun

Le PRADEP-AOS vise à renforcer la contribution de l'élevage à la transformation des systèmes alimentaires durables et à une croissance verte, inclusive et résiliente en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Son objectif spécifique est de renforcer la résilience économique des ménages pastoraux et agropastoraux, un enjeu de taille dans une région où l'élevage pèse en moyenne 36 % du PIB agricole des pays sahéliens et 15 % de celui des pays côtiers.

Le programme s'articule autour de quatre axes que la composante Ouest, comme les autres corridors, décline sur son territoire :

  • le renforcement de la gouvernance responsable des ressources naturelles transfrontalières ;
  • la protection des ménages pastoraux et des troupeaux contre les maladies animales et zoonotiques transfrontalières ;
  • l'amélioration durable de la compétitivité des chaînes de valeur de l'élevage et des conditions de vie des ménages pastoraux et agropastoraux ;
  • la promotion d'un cadre politique et réglementaire favorable à la transhumance, au commerce du bétail et à la circulation d'intrants de qualité.

Enabel, partenaire de longue date du pastoralisme ouest-africain

En prenant la responsabilité du corridor Ouest, Enabel confirme son ancrage dans les problématiques pastorales de la bande sahélo-saharienne, une zone où la mobilité transfrontalière du bétail reste à la fois une source de tensions et un moteur économique majeur pour des millions de familles. Aux côtés du CILSS (coordination globale), de la GIZ (corridor Lac Tchad), du Centre régional AGRHYMET (composante technique transversale) et de la CEDEAO (appui politique et réglementaire), Enabel contribue à faire du PRADEP-AOS un dispositif réellement intégré, où chaque opérateur apporte son expertise territoriale au service d'une gouvernance régionale plus cohérente du pastoralisme.

 

Le regard de notre expert pastoralisme

Abder Benderdouche, Expert pastoralisme d'Enabel, revient sur ces cinq journées à Lomé :

« Les cinq journées organisées à Lomé autour de l'atelier préparatoire d'harmonisation, du lancement régional et des panels du PRADEP-AOS ont constitué une étape déterminante pour le démarrage opérationnel du Programme. Fortement mobilisés dans la préparation, l'organisation, les communications et les débats, les staffs Enabel de la coordination du Couloir Ouest et des quatre pays d'intervention ont contribué à clarifier la configuration institutionnelle et opérationnelle, les responsabilités des différents opérateurs et les modalités de collaboration avec le CILSS et les autres partenaires. Au-delà des résultats techniques, les échanges ont créé une réelle valeur ajoutée relationnelle en rapprochant les équipes, les institutions régionales, les organisations pastorales et les partenaires, tout en faisant émerger un consensus sur la nécessité d'accompagner les transformations de la mobilité pastorale dans un contexte sécuritaire, climatique et économique troublé. Les discussions ont également mis en lumière les difficultés persistantes des organisations sous-régionales à faire appliquer les directives communautaires relatives à la mobilité et au commerce pastoral, ainsi que le besoin d'une approche transversale forte et synergique permettant à l'ensemble des acteurs institutionnels, techniques et socio-professionnels de s'impliquer pleinement dans le renforcement durable et viable de l'économie pastorale ».

Le lancement officiel du 9 juillet à Lomé, marqué par les allocutions des autorités togolaises, de l'Union européenne et du CILSS, a permis de clarifier les rôles de chaque composante et les mécanismes de coordination avec l'Unité régionale de coordination du programme. Pour la zone Mali-Mauritanie-Sénégal-Guinée, cela signifie une feuille de route désormais commune, avec un partenaire de terrain identifié : Enabel

Aminata Kane

 

Partager : $url = urlencode(SITE_URL . '/article/' . $article['slug']); Facebook X