Au-delà du débat sur l’esclavage : le défi de l’éducation.

Beaucoup de voix continuent de se faire entendre autour de la question de l’esclavage. Mais constitue-t-il aujourd’hui le principal danger qui menace la communauté h’ratine ? Ou bien cette question est-elle entretenue parce qu’elle permet, ailleurs, de susciter davantage d’intérêt, de soutien ou de financements ?
Sans nier l’importance de ce débat, il me semble que la menace la plus immédiate et la plus préoccupante pour une grande partie de la jeunesse h’ratine est d’une autre nature. C’est un phénomène sournois qui se propage comme un cancer : la délinquance, la consommation de drogue, le décrochage scolaire et l’analphabétisme.
Une jeunesse abandonnée à elle-même, confrontée à la pauvreté, au manque de perspectives et souvent à l’ignorance, devient particulièrement vulnérable à toutes les formes de marginalisation. Dans de nombreux cas, les familles, elles-mêmes accablées par les difficultés économiques et sociales, ne disposent pas des moyens nécessaires pour accompagner efficacement l’éducation et l’avenir de leurs enfants. J’invite donc tous ceux qui se mobilisent au nom de la justice, de l’égalité et de la dignité humaine à engager également leurs efforts dans une véritable politique de discrimination positive en faveur de la scolarisation, de la formation professionnelle et de l’encadrement de cette jeunesse. Car l’éducation demeure l’arme la plus efficace contre l’exclusion, la pauvreté et toutes les formes de dépendance.
Assurer à chaque enfant h’ratin l’accès au savoir, à la qualification et à l’espoir d’un avenir meilleur constitue sans doute l’un des combats les plus urgents et les plus utiles pour la promotion de l’égalité réelle et du progrès social.
Ahmed Salem Deida