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Yaya Chérif Kane

Le ministre mauritanien de l’intérieur vient de jeter un pavé dans la mare en déclarant cette semaine dans le quotidien sénégalais « Le Soleil » que la Mauritanie n’est pas dans une phase de crise pour initier un dialogue.

C’est un véritable pied de nez à l’opposition qui semblait avoir compris que le pouvoir était disposé à engager des concertations avec les acteurs politiques. Une gifle aux chefs de l’opposition qui réclament un dialogue inclusif pour résoudre toutes les questions d’intérêt national sans tabous. Les mauritaniens apprendront par un journal au-delà de leurs frontières que leurs dirigeants leur trompent et ils ont compris que le dialogue politique ne se décrète pas. En déclarant au quotidien sénégalais « Le Soleil » que la Mauritanie n’est pas dans une phase de crise pour initier un dialogue, le ministre de l’intérieur dit tout haut ce que le premier ministre pense tout bas. Et ce que le président Ould Ghazouani est en train d’initier sur le terrain c’est-à-dire de concertations au palais des différents acteurs politiques selon un calendrier bien élaboré et conçu pour rentrer dans le cadre strict de normalisation avec l’opposition. C’est lui-même qui avait désigné l’opposition parlementaire comme la seule légitime choisie par le peuple mauritanien. C’est là la différence avec son prédécesseur. A la place de l’autoritarisme des consultations soft au palais pour écouter sans entendre. Cette gouvernance rompt avec l’émergence d’une opposition dialoguiste dont le président de l’APP tente de restaurer depuis un mois mais c’est sans compter que le soufi Ould Ghazouani est bien sur son terrain de prédilection, la patience. Ce pavé dans la mare du ministre de l’intérieur est considéré par les observateurs comme un nouveau défi à l’opposition qui semble n’avoir pas tiré des leçons de 43 années de dictature militaire. Sa force tranquille devra servir à trouver une nouvelle stratégie de convergences de luttes contre un système instauré depuis 1960 nommé racisme d’Etat.

Yaya Chérif Kane