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La MEDD Mme Messouda présente en conférence de presse les points saillants du projet de loi relatif au littoral

Le Conseil des Ministres a adopté au cours de réunion de ce mercredi 29 avril 2026, un projet de loi relatif au Littoral, visant à établir les principes fondamentaux destinés à promouvoir la gestion intégrée et durable du littoral mauritanien.

Ledit projet a également pour objectif de définir les règles relatives à l’aménagement, à la protection, à la gestion et à la valorisation du littoral.

Davantage de détails sur ce projet ont été abordés par la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messouda Baham Mohamed Laghdaf, au cours de la conférence de presse organisée par des membres du gouvernement pour commenter les résultats du Conseil des ministres tenu quelques heures auparavant.

Evoquent les points saillants dudit projet de loi relatif au littoral, Mme Messouda a souligné sa contribution à la réduction de la pression sur le littoral et par extension, la protection de l’environnement, rappelant les menaces auxquelles est confronté le littoral, représentées entre autres par la pression humaine, le changement climatique, l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, entre autres.

Cet outil va permettre de surmonter plusieurs défis, dont les vides juridiques et règlementer sans aucune ambiguïté, les activités ayant un impact sur le littoral, a ajouté la ministre, selon laquelle, le texte vise aussi à promouvoir l’économie bleue et le respect des engagements pris par la Mauritanie, sur la scène internationale.

Répondant à diverses questions, Mint Mohamed Laghdaf a rappelé le rôle de son département, portant sur la gestion des déchets, qu’ils soient ménagers, industriels ou biomédicaux, disant qu’il a une mission d’encadrement, mais que la phase opérationnelle est pilotée par d’autres départements et leurs démembrements.

Concernant la société ARMA chargé d’assurer la salubrité au niveau de la capitale Nouakchott, à travers le ramassage, le transport et le traitement des ordures, l’assainissement, Mme Messouda Baham juge normal, que cette société soit questionnée, auditée dans la mesure où elle exécute un marché public.

Les déchets, sont ici, pour la plupart ( près de 70%) des déchets plastiques, a-t-elle révélé, qualifiant le lancement de l’initiative zéro déchet d’opportunité permettant de ur transformer ces ordures en matière première.

D’ores et déjà, le ministère a vu 7 investisseurs manifester leur intérêt pour cette activité, a affirmé la ministre, selon laquelle, les déchets biomédicaux peuvent aussi être recyclés.

Evoquant l’organisation du Forum régional maritime et côtier de l’Afrique de l’Ouest, qui dernièrement à Nouakchott, la ministre a souligné la participation de plus de 700 personnes, entre experts et chercheurs européens, américains et africains à cet événement. La rencontre fut aussi l’occasion de mobiliser des financements, des conventions ont été signées des intentions d’investissement ont été formulées, a conclu Mint Mohamed Laghdaf.

Signature d’un accord entre la Mauritanie et la Banque mondiale pour le financement du programme d’économie bleue

La Mauritanie et la Banque mondiale ont signé hier mardi, à Nouakchott, un accord de financement du programme « Économie bleue et renforcement de la résilience dans les zones côtières de l’Afrique de l’Ouest », d’un montant de 50,3 millions d’euros, soit environ 2,36 milliards d’ouguiyas nouvelles.

L’accord a été signé pour la partie mauritanienne par le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, et pour la Banque mondiale par son représentant résident en Mauritanie, Monsieur Ibou Diouf, en présence de la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mme Messouda Baham Mohamed Laghdaf.

Ce financement, accordé par l’Association internationale de développement (IDA), intervient en marge d’une table ronde ministérielle de haut niveau. Il s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux et régionaux visant à protéger les écosystèmes marins et côtiers, à renforcer la résilience des communautés locales face aux changements climatiques, et à développer une économie bleue durable offrant des opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes.

Le programme vise à protéger les côtes contre les risques d’érosion et d’inondation, à restaurer les écosystèmes essentiels, notamment les mangroves, ainsi qu’à soutenir des chaînes de valeur durables dans les secteurs de la pêche maritime, du tourisme côtier et des services logistiques. Il prévoit également le renforcement de la coopération régionale dans le cadre du programme WACA (West Africa Coastal Areas), qui s’étend de la Mauritanie au Gabon.

Il est rappelé que l’IDA constitue la principale source de financement concessionnel de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, à travers des dons et des prêts à très faible taux d’intérêt, destinés notamment à soutenir l’éducation, les infrastructures, la santé, la gouvernance et l’action climatique.

Du pillage à la pollution : comment l’Europe a fait de l’Afrique sa nouvelle poubelle

L’histoire des relations entre l’Europe et l’Afrique est marquée par une transition des plus sombres : de l’extraction de richesses naturelles et humaines pendant la période coloniale, on est passé à une nouvelle forme de domination, celle de l’exportation massive de déchets. Le continent, déjà aux prises avec ses propres défis de gestion, se voit confronté à l’héritage toxique de la surconsommation des pays industrialisés.
Le phénomène a été baptisé « colonialisme des déchets » par les observateurs et les ONG, une expression qui résume la dynamique selon laquelle les pays riches externalisent vers des régions moins nanties les conséquences environnementales de leur modèle économique.
Le plastique en est le  symbole de ce fléau avec une production mondiale de 350 millions de tonnes de déchets plastiques générés chaque année.
L’Union européenne a exporté à elle seule 1,3 million de tonnes de déchets plastiques hors de ses frontières en 2023, dont 75% vers des pays en développement. Un volume qui a augmenté depuis 2021 malgré les promesses de réduction.
l’Afrique est l’une des principaux points de chute de ces exportations.
Un autre fléau des plus graves sont les déchets électroniques, une bombe à retardement pour le Continent.
Des cargaisons illégales de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont exportées depuis l’Europe souvent dissimulés sous couvert de dons ou d’équipements d’occasion. Cette accumulation entraîne une crise environnementale et sanitaire grave et avec un taux de recyclage inférieur à 1% l’Afrique devrait générer 72 millions de tonnes de déchets électroniques d’ici 2030.
Le Ghana est une cible privilégiée où dans la décharge d’Agbogbloshie, près d’Accra, environ 70% du matériel importé finit par être brûlé à ciel ouvert pour en extraire les métaux, libérant des fumées toxiques.
Les sols de ces sites sont contaminés par des métaux lourds à des niveaux jusqu’à cent fois supérieurs aux limites autorisées.
L’arrivée de ces déchets, souvent de mauvaise qualité et difficiles à recycler, a des répercussions directes et dramatiques.D’abord pour la santé humaine où les populations vivant à proximité des sites de traitement sont exposées à des fumées toxiques, des poussières et des microplastiques qui polluent l’air et l’eau. Les travailleurs précaires, parfois mineurs, manipulent ces déchets sans aucune protection.Ensuite pour  l’environnement car  les décharges à ciel ouvert avec des milliers de tonnes souillent les capitales africaines, de Dakar à Nairobi, polluant les sols et les nappes phréatiques.Par ailleurs ,les déchets plastiques et textiles finissent dans les océans, étouffant la vie marine et entraînant la formation d’amas dérivants qui entravent la pêche artisanale.
Même le bétail n’est pas épargné.Au Niger, des bergers dénoncent la mort lente de leurs animaux, qui broutent une herbe mêlée de plastique.
La réponse africaine à ce fléau est contrastée parceque tiraillée entre l’urgence environnementale et les considérations économiques immédiates.
Lors des négociations pour un traité international contre la pollution plastique, le groupe africain a porté une voix commune pour un accord ambitieux et juridiquement contraignant, défendant le principe de « responsabilités communes mais différenciées ».
Chacun réagit à sa façon.Le Rwanda est cité en exemple de leader dans la lutte, avec des initiatives de transformation des plastiques en matériaux de construction. Le Kenya et le Sénégal tentent de durcir leur législation.
Des projets locaux émergent, comme au Nigeria où des parents peuvent payer les frais de scolarité avec des bouteilles plastiques collectées ou en Côte d’Ivoire où une usine recycle le plastique en briques pour construire des écoles.
Cependant de nombreux États africains peinent à appliquer leurs propres lois, par manque de capacités de contrôle ou de volonté politique.
Certins  hésitent, car l’industrie du plastique et de l’importation de déchets représente une source d’emplois et de revenus.
Après avoir puisé dans les ressources de l’Afrique, l’Europe et d’autres pays industrialisés y exportent désormais leurs externalités négatives. Si la nouvelle réglementation européenne,tandant à interdir l’exportation de leurs déchets marque un premier pas nécessaire, elle ne suffira pas à inverser la tendance tant qu’elle laissera des portes ouvertes et que la logique économique du « moins-disant environnemental » prévaudra.
L’espoir réside plutôt dans une double dynamique : une application stricte et élargie du principe de proximité (traiter ses déchets chez soi) par les pays riches, couplée à un renforcement des capacités et une unité politique des pays africains pour refuser d’être la « poubelle du monde » et développer une économie circulaire adaptée à leurs besoins et à leur environnement.

La science nucléaire aide à cultiver des plantes saines sur des sols sains

Notre santé et celle de notre planète dépendent en grande partie des plantes. Celles-ci constituent 80 % des aliments que nous consommons et fournissent 98 % de l’oxygène que nous respirons, pourtant elles sont menacées, notamment par la dégradation des sols. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près d’un tiers des sols dans le monde sont déjà dégradés en raison de pratiques agricoles inadéquates et peu respectueuses de l’environnement, du changement climatique ou de la pollution, et près de 50 000 kilomètres carrés – soit la superficie du Togo – sont dégradés chaque année.

« Les êtres humains, les végétaux et les animaux ont tous besoin d’aliments nutritifs et en quantité suffisante pour vivre en bonne santé », déclare Najat Mokhtar, Directrice générale adjointe de l’AIEA et Chef du Département des sciences et des applications nucléaires. « Mais au cours des 70 dernières années, la teneur en vitamines et en nutriments de nos fruits, légumes et céréales a considérablement diminué en raison de la perte de fertilité des sols. »

La fertilité du sol est la capacité de celui-ci à soutenir la croissance végétale en fournissant des nutriments essentiels et des conditions chimiques, physiques et biologiques favorables. Les plantes ont besoin de 18 nutriments importants pour se développer et produire des aliments sains, et trois de ces nutriments sont obtenus grâce à l’atmosphère au moyen de la photosynthèse, les autres provenant des sols. Or, nombre d’agriculteurs cultivent régulièrement des plantes sans reconstituer les réserves de nutriments nécessaires, ce qui entraîne une diminution de la fertilité des sols.

Les techniques nucléaires et isotopiques contribuent à réduire les pertes de nutriments du sol, et permettent aux scientifiques de collecter des données précises pour mieux évaluer et gérer la qualité et la santé des sols. Elles permettent de collecter des données quantitatives précieuses et fiables grâce auxquelles il est possible de prendre des décisions précises et en connaissance de cause sur la gestion et la conservation des terres agricoles, tout en atténuant les effets environnementaux.

« Le sol est une ressource vitale, mais non renouvelable, car il faut près de mille ans pour en constituer à peine deux à trois centimètres », explique Lee Kheng Heng, Chef de la Section de la gestion des sols et de l’eau et de la nutrition des plantes au Centre mixte FAO/AIEA. « Les techniques nucléaires permettent de protéger les sols en surveillant les processus qui s’y jouent, ce qui permet d’améliorer la production agricole, la sécurité alimentaire et le bien-être des populations. »

Les isotopes du carbone, de l’azote, du phosphore et d’autres éléments permettent de suivre le déplacement du sol vers les plantes et l’environnement des nutriments présents dans les engrais organiques et inorganiques. Les scientifiques ont recours à des techniques isotopiques pour mesurer la dynamique des éléments chimiques dans les sols et les plantes. Ces informations aident les agriculteurs à déterminer les meilleures pratiques aux fins de l’application de quantités équilibrées et précises de nutriments au bon moment – juste au moment où les plantes en ont besoin, et ces pratiques aident à optimiser l’efficience de l’absorption des nutriments et la durabilité des sols. L’amélioration de la fertilité des sols et de l’efficience de l’utilisation des nutriments accroît la production alimentaire tout en améliorant les moyens de subsistance des agriculteurs, contribuant ainsi à la lutte contre la faim et la malnutrition, en particulier dans les pays qui font face à un déficit alimentaire.

Depuis près de soixante ans, l’AIEA travaille avec la FAO pour aider les pays à appliquer les techniques nucléaires, isotopiques et connexes à la gestion des sols. Par exemple, au Burkina Faso, à Madagascar et au Soudan, le Centre mixte a aidé les experts à identifier de nouvelles sources de résistance à la plante parasite Striga qui touche les céréales, ce qui permet d’atténuer les contraintes de production et de renforcer la sécurité alimentaire. Le Centre mixte a également aidé les scientifiques du Kenya à améliorer la gestion de l’eau et des nutriments afin d’optimiser le rendement des cultures et de renforcer la résilience des sols. L’AIEA et la FAO ont récemment aidé des experts de plusieurs pays à évaluer la fertilité des sols et à déterminer les niveaux de nutriments présents dans les sols endommagés par les inondations dévastatrices de cette année.

« Les sols ne cesseront de jouer un rôle important dans les moyens de subsistance des populations », déclare Mohammad Zaman, pédologue au Centre mixte FAO/AIEA. « Des solutions intelligentes et novatrices sont nécessaires pour freiner l’érosion des sols, et les techniques isotopiques en font partie. »

Le Centre mixte FAO/AIEA promeut l’application des techniques nucléaires et connexes dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture dans le cadre d’activités de recherche-développement adaptatives dans ses laboratoires de Seibersdorf (Autriche) et de projets de recherche coordonnée auxquels participent des centaines d’instituts de recherche et de stations expérimentales.

Source:AIEA

Démantèlement en Espagne d’une organisation criminelle qui envoie des dechets électroniques dangereux dans plusieur pays africains dont la Mauritanie

Les Autorités espagnoles ont annoncé mardi 3 janvier le démantèlement d’une organisation qui a envoyé depuis les îles Canaries plus de 5 000 tonnes de déchets électroniques dangereux à plusieurs pays africains, dont le Sénégal, le Nigeria, la Mauritanie et le Ghana.

C’est ce qu’indique un communiqué du Ministère des Finances espagnol qui précise que les Douanes et la Garde civile ont démantelé une organisation criminelle qui, durant les deux dernières années, avait réussi à envoyer depuis l’île de la Grande Canarie vers l’Afrique plus de 5 000 tonnes de déchets dangereux d’appareils électroniques et qu’en contrepartie cette organisation a pu recoltéo plus de 1,5 million d’euros .Ces dechets qui contiennent du Mercure,du plomb,du cadmium,de l’ arsenic et du  phosphore étaient envoyés par bateaux, principalement en Mauritanie, au Nigeria, au Ghana et au Sénégal.

Selon les Autorités espagnoles 43 personnes ont été arrêtés « pour des délits présumés contre l’environnement, faux et usage de faux, et appartenance à une organisation criminelle ».Toujours selon les mêmes Autorités cette organisation retirait les déchets de la filière légale  à l’aide d’une  supposée entreprise de gestion qui falsifiait des documents sur la provenance et la gestion .

Ces déchets étaient ensuite présentés comme des articles d’occasion pour être envoyés dans ces pays africains alors qu’ils doivent être remis à des entreprises autorisées pour leur décontamination.

Réponse ouverte d’une citoyenne lamda à la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable en Mauritanie,

Maimouna Saleck

Excellence Madame la Ministre, j’ai suivi avec attention votre intervention sur France 24, lors de l’émission spéciale COP27 : le Climat et l’Afrique : quel avenir pour les ressources naturelles du continent ?

https://fb.watch/gMwHoFtUWN/

J’ai trouvé vos réponses – aux questions posées par la journaliste sur le phénomène de la rareté du poisson en Mauritanie et sur le projet d’extraction du Gaz, Grande Tortue Ahmeyine – assez peu convaincantes pour la représentante du principal département régulateur de la gestion de nos ressources naturelles …. ces ressources qui sont la base de l’économie de subsistance et de revenu à la grande majorité de nos populations – et qui sont tous deux très vulnérables (l’économie et les populations).

Affirmer que la rareté du poisson en Mauritanie est la conséquence des changements climatiques – en omettant de citer aussi la part de responsabilité des changements sociaux et des changements économiques – qui ont développé, en des temps records, des modèles d’exploitation non tenables, non soutenables et peu durables de nos ressources naturelles – est un terrible raccourci !

Un raccourci qui ne peut être interprété que par une méconnaissance ou une mauvaise appréciation des terribles impacts, ou des lacunes du système de gouvernance – des activités économiques essentiellement responsables de la dégradation de nos écosystèmes et donc de nos ressources renouvelables : comme notamment, la surexploitation des stocks de poissons, les pressions croissantes de la pêche industrielle, des transports maritimes, des industries minières, aurifères, gazières et pétrolières, la mauvaise gestion des déchets ainsi que celle des grands projets d’infrastructures.

Et lorsque la journaliste vous pose la question concernant l’exploitation du Gaz Naturel, vous noyez le poisson dans l’eau et vous proposez même comme solution résiliente à la crise que connait le secteur de la pêche en Mauritanie, l’extraction de cette énergie fossile non renouvelable – en la déclarant comme une énergie moins polluante, qui va servir de levier à la production d’une énergie propre – l’hydrogène vert – est un autre raccourci beaucoup plus naïf.

Vous expliquez que puisque nous avons des énergies fossiles, nous devons absolument les exploiter ! Comme si nous n’avons pas le choix d’exploiter d’autres énergies largement plus disponibles, plus accessibles, réellement plus propres, moins couteuses en terme d’investissements humains et financiers et surtout, surtout, entièrement renouvelables : le soleil, le vent, le sable, l’eau.

Madame la Ministre, sachez qu’en 2018, la Mauritanie était déjà arrivée à un mix énergétique renouvelable de 38% en exploitant moins de 10% de son énorme potentiel renouvelable !

Qu’est ce qui nous a poussé à faire ce brusque virage vers le fossile, pour lequel nous ne sommes pas du tout préparé et pour lequel nous prenons les risques de perdre à jamais toutes nos autres ressources renouvelables indispensables ?

C’est comme si, vous nous expliquez, au milieu du désert, que vous choisissez de boire l’eau minérale naturelle, en sortant de votre glacière, une petite bouteille qui vient d’Europe, au lieu de boire l’eau fraîche qui coule d’une source de montagne que vous pouvez directement cueillir avec vos mains….

… parce que l’eau de cette petite bouteille, est meilleure pour la santé, comparée au soda, car elle est 100% naturelle !

… en occultant les faits, que pour transporter et stocker cette eau, il a fallu toute une technologie (que nous ne maîtrisons pas), pour produire un contenant, dérivé du pétrole, qui va potentiellement empoisonner notre corps à travers les microplastiques, invisibles à l’oeil nu, que nous pouvons ingurgiter, soit à travers cette eau « naturelle », soit à travers les aliments puisés des sols, des rivières ou des océans – que les particules de cette petite bouteille vont contaminer – pendant quelques dizaines d’années – une fois que vous l’aurez jeté dans la nature.

Excellence, Madame la Ministre,

Savez-vous que pour détecter ce gaz – dit naturel – qui pollue moins que le pétrole – il a fallu organiser quelques centaines de campagnes sismiques – durant plus de cinq années – sur tout la longueur et la largeur des 234.000 km carré du domaine maritime mauritanien ?

Savez-vous que pour bâtir les infrastructures indispensables pour l’exploitation de ce gaz naturel, les travaux sur terre et en mer, sont en cours depuis 2019 ?

Savez-vous, que pendant deux années, 250 camions ont effectué des rotations en permanence, sur une distance de 275 km, entre Nouakchott et Akjoujt, tous les jours, 24h/24h, pour déplacer 2,5 millions de tonnes de matériaux de carrière – vers une plateforme de 17 hectares (construite au sein du Port de Nouakchott exprès pour cette mission) – qui ont été ensuite transportés, par un navire spécialisé (qui a effectué pendant 7 mois, 67 voyages) vers le hub du GTA, qui se trouve à 10km de la réserve de Biosphère Transfrontalière du Delta du Sénégal, qui abrite 3 sites classés zones humides d’importance internationale ?

Savez-vous, …. que ces 2,5 millions de tonnes de pierres sont déposées, sur 33 mètres de profondeur, pour servir de base aux 21 caissons en béton venant du Sénégal…. que chacun de ces caissons, pèse 16.500 tonnes, mesure 54m de long, 28m de large et 32 m de hauteur… et qu’après une traversée de 120 miles, chaque caisson est rempli d’eau de mer et de sable pour atteindre les 74.525 tonnes nécessaires pour briser les lames autour de la digue de 1.150 mètres, destinée à protéger la jetée d’amarrage de l’unité flottante de production de gaz naturel liquéfié et qui sert aussi de jetée d’accostage aux navires méthaniers qui viendront charger le gaz tant attendu.…

Savez-vous, que le gaz qui arrivera à cette unité, est acheminé par 3.500 mètres de pipeline, du FPSO (unité de production, de stockage et de déchargement) situé à 8.000 mètres du champ de production qui compte (dans cette 1ère phase seulement) 12 puits qui forent à 2.850m dans les entrailles de la terre ?

… et que tout ce dispositif peut exploser à chaque instant !

Madame la Ministre,

Je vous épargne toute les étapes de la phase d’exploitation qui durera une trentaine d’années (au moins) – et qui produira en plus du gaz naturel, des eaux de refroidissements, des eaux de ballast, des eaux de production … dont les déversements chroniques – autorisés par nos régulateurs locaux – auront comme impact minimal, selon les scientifiques, le dérèglement du système endocrinien chez les mâles (allant jusqu’à l’infertilité). Ce phénomène se fait par la contamination aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs), bio-accumulée de la chaine alimentaire et il a déjà été constaté dans la zone du Fleuve Sénégal.

… et ce n’est pas tout !

Le Grand Projet Grande Tortue Ahmeyine (GTA) produira, en plus du Gaz, du pétrole super raffiné – mais aussi des déchets solides et liquides industriels en plus des déchets urbains de la « ville-plateforme », érigée en pleine mer, qui sera habitée par les quelques milliers d’ouvriers permanents du projet – sans oublier les centaines de navires vraquiers et méthaniers qui viendront grossir le traffic des quelques 849 navires déjà abonnés aux ports du pays.

Et une fois ce stock de Gaz naturel épuisé, car bien évidemment, il n’est pas renouvelable, on doit penser à démanteler toutes ces infrastructures, à reboucher tous les puits, correctement, si bien sûr, nous avons eu la chance d’échapper aux accidents, aux fuites, aux erreurs, au laxisme, au bakchich, aux sabotages, aux coups d’états, aux orages, aux tsunamis, …

Madame la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable,

Imaginez-vous l’empreinte carbone, physique, chimique, biologique, atmosphérique, écologique, sociale, économique …. de toute cette chaine de destruction massive des écosystèmes marins d’une exceptionnelle rareté – mise en oeuvre pour extraire ce Gaz – presque inoffensif et tellement nécessaire – qu’il nous faut absolument exploiter – (selon vos propos) – pour sortir la Mauritanie (avec moins de cinq millions d’habitants) de la grande misère pathologique qu’ils subissent à cause des Changements Climatiques ?

Vous affirmez aussi que la manne du gaz naturel servira à investir dans la production de l’hydrogène vert … un autre gaz qui est obtenu grâce à des procédés industriels extrêmement polluants, mais qui aspire à devenir vert, selon les experts, en convertissant l’électricité nécessaire pour son extraction, qui va passer de l’électricité produite par les énergies fossiles (pétrole et charbon) vers celles produites par l’éolien … un peu comme l’histoire de la petite bouteille de plastique ….

Mais, en attendant de découvrir des solutions miracles de transport vert et de matériaux verts pour construire des parcs d’éoliennes neutres en carbone, dans des déserts et des océans stérilisés de toute forme de biodiversité, je vous implore, Madame la Ministre, de concentrer vos efforts sur la préservation de nos acquis avant de suivre les sirènes des marchands de dollars….

Je vous invite vivement, à visiter les magnifiques sanctuaires, d’une biodiversité, exceptionnelle, unique au monde, qui existent en Mauritanie, de vrais puits carbone, qui offrent de vraies solutions aux Changements Climatiques, gratuites, durables, renouvelables et qui offrent généreusement leurs indispensables services éco-systémiques à notre alimentation, notre santé, notre économie, notre spiritualité, notre éducation, notre innovation …

Savez-vous, qu’avec les 1.200.000 m2 du Parc National du Banc d’Arguin (à titre d’exemple), nous captons déjà 11% de nos émissions de gaz à effet de serre ? … que le PNBA, qui sert de véritable laboratoire scientifique à ciel ouvert, accueille quelques 2 millions d’oiseaux migrateurs chaque année ? Que ces oiseaux contribuent à la richesse de la qualité de nos herbiers et nos vasières, à la santé de notre océan, et que grâce à cette abondance renouvelable, la Mauritanie nourrit plus de 75 pays de la planète en produits de la mer ?

Dépêchez-vous, Excellence, et surtout n’hésitez pas à inviter aussi son Excellence Monsieur le Président de la République, à venir découvrir ce magnifique patrimoine (vraiment) naturel avant qu’il ne disparaisse, victime de de notre boulimie énergétique, car j’ai bien l’impression qu’il ignore totalement l’existence de ces capitaux naturels, vu qu’ils ne sont jamais cités dans ses discours.

Et pour finir, je reste convaincue que la solution aux Changements Climatiques est justement d’arrêter de vouloir changer systématiquement de modèle de production ou de consommation, sans re-passer par la case de départ : vouloir changer nos modes de réflexion pour retrouver notre vraie place dans cet univers.

La Citoyenne Lambda.

Meimouna Saleck

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