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Un avis personnel

Point de vue personnel

Mohamed Yahya Abdy

Indulgence et magnanimité
Durant les jours qui ont suivi le lancement du SURSAUT POPULAIRE DÉMOCRATIQUE SPD, la scène médiatique a connu une vague de réactions plus ou moins remarquables. En tant que responsable de la Communication du SPD, je ne suis guère surpris des réactions prudentes d’une scène nationale polluée de partis et de mouvements sectaires régionalistes, ou même racistes, ou carrément infiltré sinon fabriqués par les officines secrètes spécialisées.
L’attitude des dirigeants du SPD empreinte d’une indulgence louable, était de laisser passer beaucoup de comentaires…..
Mais comme il y a des déclarations que l’on ne peut négliger, sous peine de créer des malentendus, je voudrais à titre personnel, faire remarquer :
Qu’il est tout à fait naturel que nos camarades issus D’IRA essuient des attaques verbales de leurs anciens compagnons car ils peuvent les considérer comme concurrent potentiel dans leur électorat traditionnel. Nous considérons que nous n’avons pas à nous en occuper tant que cela reste à un certain niveau. Notre frère Balla Touré et ses camarades savent quand il faut répondre et comment répondre.
Seulement, les considérer comme des extrémistes dont Allah a débarrassé IRA pour laquelle ils constituaient un fardeau, seul L’avenir de la lutte militante pour une Mauritanie meilleure apportera un démenti sans appel à cette accusation. En tous cas nous n’avons constaté de leur part que la solidarité patriotique et l’abnégation pour les justes causes.
En attendant nous félicitons IRA de s’être débarrassée de ces « extrémistes « qui y occupaient des postes clés et qui lui ont rendu beaucoup de services.

Une nouvelle première dame, peut être une nouvelle ère.

 

Mohamed Hanevi

Mohamed Hanevi

 

 

 

 

 

 

 

discours respectable, intellectuel et hautement représentatif du pays, que celui de la première dame docteur Mariem Mint Dah, épouse du chef de l’état.

Peut-être que si je n’avais perçu un ton de franchise et une ombre de conviction nationale, je n’aurais pas écrit ces mots.

Un ami arabe à mes coté a murmuré « mashallah ». C’était un souffle d’espoir qui commençait à se perdre avec la succession interminable du long chapelet des incompétences et des déceptions.

Je me permets donc, fort des postulats de chez-nous de m’insurger en grand frère à qui certains écarts, certains attributs et certaines prérogatives sont accordées par notre très, très particulière société.

Je dis donc à ma petite sœur par l’âge et grande sœur par le dominateur de la position étatique :

-Vous avez, pour la première fois, tenu un discours qui sur le plan forme, clarté, éloquence, enchainement des idées, représentativité de l’intellectuel national et responsable du pays, nous a permis de garder la tête haute devant les autres.

Ceci m’encourage à vous conseiller ce qui suit (toujours en grand frère).

-les problèmes intérieurs ne se limitent pas à un mariage précoce ou une violence faite à une femme. Ces deux crimes ne sont en fait que de petits fruits de menus fretins d’un vaste jardin bigarré de douleurs et de marginalisations nationales, qui ont besoin de citoyennes comme vous pour retrouver confiance en leurs jambes, sentir leurs muscles, recouvrer leur santé respirer l’air national depuis bien longtemps pollué dangereusement par les propres mains de ses propres fils.

Je ne veux point vous attrister. Et si j’ai parlé de citoyennes et non de citoyens, c’est que votre discours a réveillé en nous l’espoir que si nos hommes se sont rués sur la chair du pays pour le dévorer, peut-être que le rôle de nos filles pointe à l’horizon avec l’apparition de femmes comme vous, qui regardent plus loin que le coffre de la banque, ou le tintamarre indécent de cérémonies avilies par la misère qui les entoure.

Votre époux, avec tout le respect que je lui porte est un général, qui complète la procession de plusieurs autres, avant lui. J’espère qu’il sera différent.

Vous êtes une première dame qui devez penser à ce que dira et pensera ce peuple de vous dans dix ou quinze ans.

Je vous suggère de transcender la routine selon les moyens en votre possession.

1-Entourez-vous d’un comité de femmes où vos adjointes seront une femme peule, une femme harratin, une femme soninké et une Wolof.

2-Choisissez des villages pilotes dans lesquels vous implanterez de petits sous-comités pas plus de quatre ou cinq femmes.

Ces sous-groupes, qui ne couteront que le un millième des charges de « Taazour, de Taqaddoum ou de la kirielle de groupes de droit de l’homme qui en voulant faire vivre le peuple, ont vécu sur la chair des populations ». Vous pouvez les allier si vous y voyez un intérêt ou quelques cadres compétents et dévoués à la nation.

Ce sous-groupe sera l’exécutant de petits projets de développement, d’enseignement de sensibilisation (contre le mariage précoce par exemple) de surveillance de la température d’une cohésion nationale qui fait face en ces jours surtout à des attaques répétées qui ne cachent plus la velléité traitresse de briser ce peuple… et bien d’autres activités selon un programmes qui vise avant la « re-soudure » de ce qui a été déchiré de ce qui se déchire de ce qui en réalité est la base et la cause de la faiblesse de ce pays.

Peut-être vous sera-t-il permis par Le Seigneur des mondes, de montrer le vrai visage d’une « Zawiya », dont le vrai but dans ce monde est de propager le savoir et charrier, de façon désintéressée, le bien entre ceux qui l’entourent. L’histoire vous le retiendra croyez-moi.

-Prenez comme but de former chaque année, dans chaque village ou Adabaye une dizaine d’enfants (filles et garcons), y compris en mécanique, en menuiserie, en hôtellerie, en couture, en teinturerie. Vous aurez rapidement une banque de formateurs, qui pourront à leur tour former leurs petits frères et leurs fils.

Renforcer le rôle de l’école publique.

Installer de petites cantines qui ne demanderont que quelques kilos de farine, quelques litres d’huile, quelques sacs de sucre pour assurer un petit déjeuner frugal pour ceux qui sont complètement démunis.

Faites qu’aucun enfant ou vieillard n’oublie le goût de la nourriture au milieu des gaspillages. (Ceci attire la colère de Dieu)

Donnez la priorité aux veuves de 1989, aux Adwabas.

-Laissez le problème de l’autisme et du syndrome des downs aux médecins. C’est leur travail. Allez sur les terrains… soyez sur le terrain. Votre santé n’en sera que meilleure. Montrez aux femmes mauritaniennes de toutes les couleurs que la Mauritanie aime la Mauritanie, que la Mauritanie n’a d’autres choix que d’aimer la Mauritanie.

Si vous avez le mal de la profession, offrez des consultations dentaires gratuites aux enfants et aux pauvres, qui n’ont jamais foulé le sol d’un cabinet de dentiste. Vous grandirez… vous grandirez, la Mauritanie ne l’oubliera jamais, même quand vous ne serez plus à la présidence (et vous n’y serez pas éternellement), vous résiderez dans les cœurs et les prières de ceux, dont vous ne pouvez réellement deviner les souffrances.

Savez-vous que pire que la violence faite aux femmes, pire que l’excision, pire que le mariage précoce, beaucoup de vos sœurs, meurent en accouchement, sur le territoire national, à l’ombre du désespoir, sous une tente déchiquetée par les alizés en essayant de mettre au monde un enfant qui ne verra jamais le jour ?

Une présidente n’est pas seulement, n’est pas sans doute un sac Galeries Lafayette ou une montre Anne Klein ou Akribos. Voyez Michelle Obama, son nom est sacralisé dans les pages de l’histoire. Voyez la longue liste de femmes que la bouche insatiable du temps a avalées sans laisser un simple « wakhyert ».

Je sais que votre éducation vous protègera.

Vous avez parlé de Mauritanie arabo-africaine, abondez en ce sens, par respect de la balance de la justice. C’est dans notre différence que résident les perles cachées d’un peuple qui n’a pas grand-chose à envier aux diversités du monde.

Il me semble, madame la présidente que quelque part à côté du fil de vos jours, quelque voix vous dit « Voici venu le jour où vous pouvez, si vous le voulez, si vous en avez le courage ; laisser pour les générations de ce pays des gestes qui lavent les gens de savoir d’un poids de doutes et d’appétits tenaces qui les ont souillés à travers les âges. Vous foulez un chemin qui a été suivi chez nous par une multitude, qui n’a laissé que des amas de médiocrités que notre peuple ne mérite pas.

Si par votre discours, vous nous avez donné l’espoir que quelque part, quelqu’un de chez nous est capable de parler de réfléchir et d’aligner ses idées sur un plateau international, vous avez par la même crée un espoir, qui nous l’espérons ne mourra pas.

Pas à pas avec l’histoire nous suivrons ce que notre fille a laissé à tous ceux qui viendront… à nos futures générations… à nos femmes démunies… à nos enfants laissés à l’éducation de la rue … à la perdition de la drogue de la turpitude et aux griffes des commerçants des malheurs.

Nous savons que votre volonté est forte, que votre amour de la patrie arrivera inchallah.

Comme mon ami Koweitien hier, je dis « Mashallah ».

Salutations et félicitations et n’oubliez jamais que :

قال رسول الله صلى الله عليه وسلم:

« حرم على النار كل هين لين سهل قريب من الناس »

 

 

 

Souvenir de mon premier voyage à Chinguitti

Mohamed Elmoctar Haiba News rim

L’auteur: Mohamed Elmoctar Haiba

L’ancienne ville de Chinguetti est séparée en deux. Une partie située sur une pente dunaire, c’est la vielle cité ; l’autre, plus récente, est construite en dessous de l’élévation. Une bande creuse, prolongement serpenté d’un lit d’oued, leur sert de frontière naturelle. S’y déversent les eaux de pluie lors des inondations cycliques. A l’orée de l’une et l’autre partie surgissent du sable, un peu en vrac, quelques palmeraies. La couleur verte de la végétation perle les extrémités ensablées de la ville auréolée de minarets. La ceinture d’arbrisseaux qui aurait dû protéger de la désertification ce lieu en décadence, devenu patrimoine universel, est un véritable fiasco. Le rêve d’un bouclier écologique dans le désert de Chinguetti s’est donc évanoui tel un mirage comme tant d’autres promesses non tenues dans ce pays.
La période de cueillette coïncide, comme partout ailleurs dans la région de l’Adrar, avec la saison d’été. Les dattes de Chinguetti ont, paraît-il, une saveur unique ; sa gastronomie aussi. Et la générosité des gens, qui coule de source, complète le cadre d’hospitalité, sans entorse aux règles de bienséance.
De toutes les espèces d’oiseaux les corbeaux noirs semblent jeter leur dévolu sur la ville à moitié ensevelie. Quelques nuées en survolent alternativement le ciel. Des membres de cette escadrille d’élite, à l’accoutrement sombre, déjeunent dans un déversoir, au creux d’une dune ; d’autres, perchés sur un arbre esseulé, croassent à quelques encablures du cimetière, situé en amont des habitations. Les couches de la nécropole se superposeraient, selon les gens du bled, jusqu’à trois niveaux. Une tombe pourrait donc en cacher deux. Les sépultures sont austèrement gravées sur de la pierre. L’Adrar c’est vraiment le royaume des roches; les agglomérations de galets se succèdent, sous toutes les couleurs, d’un reg à l’autre de cet océan de cailloux, véritable Eden terrestre du pavé.
A l’aune des vestiges de la vieille ville se mesure, avec chagrin, l’étendue de notre inconséquence. Notre indifférence au passé, à notre passé, met en relief les travers de notre rapport à la culture. Les toits en ruine des maisons en pisé témoignent de cette négligence du patrimoine ; une réalité sinistre que cristallise notre ignorance des faits de civilisation. L’état de désolation des façades en pierre taillée suscite la consternation de tout visiteur à l’œil sensible ou pourvu de conscience. Seule une âme incapable de sentiments, ou un esprit dépourvu de goût, peut ignorer les effets néfastes de cette détérioration continue de l’environnement. Mais peut-il en être autrement quand ceux-là même censés être responsables de sa mise en valeur ne font même pas la distinction entre les artifices du folklore et l’essence, plus complexe et dense, de la notion de culture ?? Les sommes faramineuses englouties dans les festivals annuels n’eussent-elles pas été mieux investies dans la conservation des manuscrits, en danger de disparition, ou la restauration des habitations anciennes tombées en ruine ?
Aucun projet d’envergure n’a été jusqu’ici initié pour rétablir de manière palpable ce joyau de notre patrimoine civilisationnel. Les références faites ad nauseam par les politiques pour glorifier l’histoire de ce coin du pays relèvent tout simplement de la rhétorique.
Les envolées lyriques de nos poètes se confrontent incontestablement à une réalité beaucoup moins alléchante. Chinguetti se meurt depuis longtemps et rien n’est vraiment entrepris pour secourir cette précieuse demeure nationale en état de détresse. Au lieu d’un effort collectif pour restaurer l’identité de ce trésor culturel et architectural, des individus vont, chacun à sa manière, en dehors de toute forme de régulation ou de coordination, contre le bon sens, jusqu’à abîmer les lieux sous prétexte de les aider. Ainsi, entreprennent-ils, par exemple, de construire, ici et là, sans souci d’harmonie ni tentative d’ajustement, des villas modernes au milieu de la médina ancienne. L’érection de ces monstruosités en béton défigure de plus en plus la place et en altère, à jamais, la spécificité.
Plutôt que de lui donner vie, elles lui ôtent progressivement un trait de marque de sa personnalité, et non le moindre, son identité architecturale. Preuve s’il en est que l’opulence des nouveaux riches n’a pas forcément pour corollaire un raffinement culturel. Si pour Boileau la science sans conscience est une ruine de l’âme, que dire alors de l’effet de l’argent sans culture sur l’environnement et les esprits? Autant dire désastreux !

News rimLe sermon du vendredi à l’ancienne mosquée de Chinguetti est d’une veine particulière. C’est un chef d’œuvre littéraire dont l’esthétique est indicative de la verve légendaire du milieu. Le ton idiosyncratique de la prose confère aux mots une onction d’authenticité qui remonte dans le temps et traverse, à pas cadencés, les paliers d’une riche histoire. Tout y est mais sans excès
et la poésie des mots et la rigueur du contenu. L’orthodoxie du prêche rappelle, sans complaisance, l’orientation malékite de ce lieu de culte immémorial. Et l’itération coranique dénote, elle, la maîtrise sans faille de la science de l’exégèse. L’art de la prédication est poussé aux limites de la prosodie par l’imam septuagénaire rompu au symbolisme allégorique des Écritures. Un imam dont l’accent est, à lui seul, au-delà de l’érudition aisément perceptible du Cheikh, une attestation, sans équivoque, de son appartenance millénaire à ce terroir oublié aujourd’hui du monde.

Les élégies en vers déclamées en chœur à la gloire du prophète, après la prière du Asr, par quelques fidèles soulignent la sanctité de ce mois de l’Hégire. La présence de cette touche de soufisme, en plein cœur de la ville sainte, tranche d’avec la ferveur moins sentimentale de plus en plus en vogue ailleurs ; celle importée plus récemment d’Arabie.

Le souvenir de cette terre sacrée, jadis carrefour de négoce et grand centre d’érudition, est encore vivace dans les cœurs ; et sa nostalgie germe toujours dans les esprits. Sur son sol ocre au relief rocailleux, ceint par des collines de sable en perpétuel mouvement, se croisèrent, autrefois, maintes caravanes d’Afrique et d’Orient. Des marchands épris d’aventurisme les ont sillonnées des siècles durant. Et de preux chevaliers y laissèrent des traces sans souillure, leur magistère moral restant, pour l’éternité, indélébile. La foi était leur principale motivation ; le défi de l’inconnu leur grande passion ; et l’intrépidité leur trait de marque par excellence.

Un détail particulier de l’architecture de la mosquée de Chinguetti frappe d’emblée l’attention du visiteur : les fidèles prient directement sur le sable crissant, le front à même le sol, sans tapis ni paillasson, un sable d’extraction locale dont la propreté est sans reproche. Là, le contraste de couleurs est d’une esthétique hors pair. Une symbiose d’ensemble qui marie la préservation de la tradition avec la sobriété, sans fioritures, de l’acte de dévotion.
Même le rituel de méditation se conjugue avec une prise en compte des contraintes, sans merci, de l’environnement du terroir. La majesté de la nature se déploie sans complexe avec l’iridescence d’un soleil omniprésent dont la timidité saisonnière n’est qu’un leurre. La brillance des jours hivernaux est juste un prélude à la canicule estivale. L’épreuve de chaleur est vécue chaque année avec la patience stoïque des hommes du désert.

Mieux, reconnaître déjà l’existence, dans l’au-delà, d’une géhenne, infiniment plus infernale, pourvoie le cœur du croyant d’une couche supplémentaire d’endurance inépuisable. C’est la gratification de l’Iman ou cette paix intérieure qui infuse d’extase les veines de qui est soumis, corps et âme, à la volonté d’Allah. Ainsi, se dénommait, au commencement, le musulman.
Et les nuances aurifères des escarpements dunaires ? Sont-elles vraiment le résultat des déflagrations volcaniques d’une autre ère ou la conséquence de la chute d’un grand météore ? Le cratère de Guelb Richat à Ouadane laisse planer la possibilité de cette hypothèse.
En effet, cette altération géologique, dont la défiguration du relief est l’évidence, n’est pas l’effet d’une coïncidence, c’est soit la trace d’une visite impromptue, celle d’un bolide céleste surchargé d’énergie interstellaire, soit le souvenir d’une grande éruption du magma local. Une chose est cependant sure : l’âge de Chinguetti recèle les empreintes immortelles de la préhistoire. Sa nuit étoilée est un autre régal. Les étoiles s’y convient à qui mieux mieux chaque soir pour un festin haut en couleurs. Mon œil scrute, avec émerveillement, l’horizon scintillant de la Voie lactée. Ce faisant, je ne peux qu’avoir une pensée pour l’astrophysicien de renom, Neil de Grasse Tyson, dont les gratte-ciel du Bronx obstruaient la vue en permanence, inhibant son désir d’exploration cosmique pendant longtemps. Le paradis astral rêvé de son enfance se dévoile ce mois de l’année, à Chinguetti, dès la disparition des dernières lueurs du jour.
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La chorégraphie lumineuse qu’effectue en chœur la sarabande de constellations au-dessus de la vielle Cité vous donne une idée sur le génie sans limite du Créateur de cet univers. L’intelligence à l’origine de cette beauté sidérale est à vous couper le souffle, l’instant d’une contemplation. Le ciel de Chinguetti est assurément une pléiade intergalactique. La nuit cristalline de son atmosphère en fait un télescope à ciel ouvert ; un paradis nocturne, une émeraude grandeur nature, à observer, à l’œil nu, dans le hinterland de ce Barzakh en déshérence; cette épaule du purgatoire si chère à Cheikh Mohamed El Mamy, qui nous tient lieu de patrie. L’astrologue qu’il était aurait sans doute apprécié la vue de la Grande nébuleuse d’Orion du haut du grand minaret de la médina.

Mohamed Elmoctar Haiba

Tribune libre du week-end

news rim Ely Bakar Sneiba

Ely Bakar Sneiba

Les Peuls et les Toucouleurs ne connaissent pas le pulaar.

Les Flamistes exagèrent. Ils font croire aux autres que tous les Pulaars ont une parfaite connaissance du peul, parce que c’est leur langue maternelle ; un peu comme si tous les Arabes prétendaient être des Al-Khalil ibn Ahmad al-Farahidi ou Sibawayh.
Certes, la langue maternelle est celle que l’enfant comprend avant d’aller à l’école sans efforts et sans intervention pédagogique, mais elle ne lui enseigne pas la lecture et l’écriture, et encore moins, les connaissances livresques. Pour connaître et éventuellement avoir une bonne maîtrise d’une langue, il faut l’étudier, ce qui n’est pas le cas des locuteurs des langues orales qui demandent d’abord d’être codifiées avant de pouvoir passer à la phase suivante, celle de langues d’enseignement.
En Mauritanie seuls quelques rares chercheurs en linguistique et en didactique des langues ayant planché sur l’étude théorique du pulaar comprennent son fonctionnement ; tout le reste des locuteurs du parler peul est encore au niveau du langage, encore très loin de sa bonne maîtrise, car la langue même gestuelle est un système de signes bien élaboré qu’il faut apprendre du moment que la mère ne le transmet pas. Pour illustrer ce propos, l’anecdote suivante nous semble édifiante : lors de la cérémonie funéraire organisée pour rendre un dernier hommage à Nelson Mandala, un jeune homme se présenta au podium à l’improviste, sans être sollicité, afin d’assurer l’interprétation en langage des signes des discours prononcés à cette occasion. Dès ses premiers gestes, les sourds-muets présents comprirent vite que l’homme était incompétent et demandèrent à ce qu’il soit remplacé. Un expert sollicité pour analyser la contre-performance conclut que l’homme était un imposteur, il parlait sans grammaire et répétait des gestes insensés et parfois choquants à l’adresse de l’honorable audience, des insanités du genre : « vous êtes des cons (les chefs d’État et le public) » …
C’est dire en toute simplicité qu’une langue ça s’apprend sinon on n’y connait rien !

Ely Bakar Sneiba

LE POLITIQUE MAURITANIEN

Sid'Ahmed Khlil

Sid’Ahmed Khlil

L’un des caractères communs aux mauritaniens est le narcissisme. Le mauritanien, de façon générale, a une très haute opinion de lui-même. C’est ainsi qu’en même temps qu’il a du mal à reconnaître les mérites de l’autre, il ne sait pas non plus se fixer des limites dans la quête de son mieux-être. Etant convaincu qu’il est le meilleur sur tous les plans, ses ambitions vont ainsi au-delà de ses capacités d’action, au point de marcher sur les plates-bandes des autres.
Son comportement autolâtre, assez cynique, le conduit à causer du tort et à nuire à l’épanouissement humano-social de l’autre. Les hommes politiques mauritaniens en font, eux, la meilleure démonstration.
En effet, le politique mauritanien pense que ses idées sont les meilleures et qu’elles doivent être prises en compte par toutes les intelligences de notre pays. Il a tendance à tout faire à sa guise, selon ses choix, selon ses mensurations. Les autres n’ont rien à y ajouter ou encore, quand il concède à leur accorder la liberté d’expression, c’est juste comme pour leur tirer les vers du nez, les pousser à se dévoiler et, par la suite, dans la plupart des cas, se les mettre à dos, parce-que ces personnes ont eu l’audace de concevoir et exprimer des idées contraires aux siennes. Des idées qui enfreignent ou rendent plus contraignantes la réalisation de certains de ses plans abjects dont lui seul tire un profit réel.
Le politique mauritanien accepte difficilement de donner libre cours à cet antagonisme dans les idées qui, en fait, n’est pas méchant, mais peut par contre élargir et enrichir notre conception de la construction et du développement de la société. La multiplicité des idées n’a jamais été nuisible, lorsqu’on l’accepte avec bon sens, avec objectivité. Il suffit juste de travailler à recadrer ces idées, dès l’instant qu’elles s’avèrent être assez éparses, sans aucune architecture, sans organisation, manquant tant soit peu de fondement idéologique capables de les mettre en mouvement et les soutenir dans le temps. Nul n’ignore que ce n’est que dans la contradiction, dans la complexité des idées que le monde s’est créé, que les Nations se sont construites. Vu que personne ne possède la science infuse, l’on ne peut prétendre, sans apport extérieur, élaborer et exploiter des stratégies de développement de notre pays.
Les hommes politiques de notre pays devraient accepter la contradiction, bien entendu celle qui apporte une plus-value à la l’édification du pays. Ce n’est pas cette contradiction issue de certaines considérations subjectives. Tout homme d’Etat digne de ce nom, conscient de la mission noble qui lui incombe de travailler et veiller à la bonne marche du pays, devrait accepter l’antinomie dans le sens de la complémentarité, car aucun être humain ne se suffit à lui-même.
Malheureusement, les différentes tendances de la classe politique mauritanienne, dans leur quasi-totalité, sont envahies par le syndrome de l’autosatisfaction de soi. Ce qui prime pour ces politiciens embrumés par leurs ambitions, c’est qu’ils soient eux-mêmes satisfaits et réalisent leurs plans. C’est fort dommage, car peut-on dire qu’avec ces procédés, l’on puisse construire un pays, une Nation forte?
Voilà pourquoi nous pensons qu’il s’agit là de la première erreur de nos politiques, qui, nous ne le dirons jamais assez, ne pensent pas au bien-être communautaire, mais à leurs intérêts avant tout. Eux avant et les autres après, la mauritanie après. Tout pour eux et rien, sinon les restes pour les autres.
Ils parlent, tous, au nom de l’intérêt national. Certains d’entre eux, se disant patriotes, dissimulent en fait leurs desseins vils et attendent le moment idéal, pour sortir leur grand jeu.
Ensuite, le système politique qu’est la démocratie que nous avons adoptée et que nous essayons d’adapter à nos réalités ne nous a pas aidés à changer notre compréhension de la gestion du pays, du bien public. Bien au contraire, ce système n’a fait qu’accentuer notre égoïsme et aider à justifier notre soif de pouvoir. La démocratie avec son multipartisme et son libéralisme économique a donné les moyens aux politiciens mal intentionnés, pour réfléchir et asseoir leurs projets inadéquats à la bonne gouvernance de la mauritanie.
Il sied de relever que tous les hommes politiques mauritaniens ne sont pas à stigmatiser. Seulement, la classe politique mauritanienne, dans son ensemble, est mal en point. En examinant de plus près cette classe politique, il est important de distinguer les différentes catégories qui existent en son sein. C’est ainsi qu’en premier lieu, nous avons:
– Ies radicaux:
Ils sont le plus souvent intransigeants dans leurs prises de position. Ils ne veulent écouter que l’écho de leur propre voix. Ils se considèrent comme les seules lumières de la mauritanie . Ainsi, il faut prêter attention et se plier à toutes leurs exigences. Il n’y a pas de négociations possibles avec eux, autrement, ils doivent être les maîtres du débat. Ils se cramponnent à leurs idées radicales de la gestion étatique, non pas parce qu’ils pensent avoir raison, mais parce-que c’est la seule façon, pour eux, non seulement de museler ceux qui leur tiennent tête mais aussi, un moyen d’atteindre leurs objectifs. Le rejet des autres étant l’une de leurs nombreuses pratiques, ils ont trouvé une astuce des plus préjudiciables qui est celle de contenter leurs intérêts, en faisant prévaloir l’appartenance à une quelconque ethnie, tribu ou à quelques cercles réservés à ceux qui y sont initiés. Ils peinent à accepter la différence. De ce fait, ils ont créé des lignes de démarcation à différents stades de la gestion de l’Etat:
– Ies inconstants:
Pour la plupart, ils n’ont aucune base idéologique et donc, ils sont sans conviction politique. Leurs propos ne tiennent qu’au rythme dont ils servent ou que leurs intérêts sont servis. Leurs discours sont empreints de beaucoup de confusion. Pour un oui, ils sont à droite, pour un non ils sont à gauche. Ils virevoltent entre ceux qui, à l’instant, les aident à assouvir leurs besoins. Ils ne vivent qu’aux dépens du profit, notamment matériel, qu’ils peuvent tirer ici et là. En fait, pour eux, les mots majorité présidentielle et opposition ne sont que des faire-valoir contextuel. En tant que leader de ce type d’hommes politiques, l’on ne peut se hasarder à jurer sur leur intégrité, leur fidélité. Ils ne sont pas fiables au point de soutenir une quelconque action ou démarche politique qui ne leur est en rien bénéfique.
– les neutres:
Ceux-là qui disent n’être d’aucun camp. Ces fameux observateurs, semble-t-il, de la vie politique de notre pays qui, en réalité, pour des raisons stratégiques, ne veulent pas se mettre en avant. Ils se dérobent de leurs obligations face à la Nation, en évitant de donner leurs opinions clairement et conséquemment. Ce sont des conformistes qui préfèrent se préserver, afin de ne pas mettre à mal leurs intérêts. N’est-ce pas qu’est sournois celui qui dit se définir d’aucun courant, s’identifier à aucune idéologie et n’avoir aucune position à afficher sur l’état de la Nation, car, même cette attitude est l’expression de ce que l’on pense et de ce que l’on est réellement. Cette catégorie est quelque peu amorphe, puisqu’elle n’a pour seule préoccupation que la prise en compte de sa subsistance et ne contribue dûment pas au progrès de la mauritanie.
A moins d’être mort, tout être humain ayant toutes ses facultés mentales a toujours un point de vue sur un sujet quelconque, combien même il ne l’extériorise pas.
– les centristes:
Ils se considèrent comme des modérés et bataillent pour l’équilibre entre les différents courants politiques. Pourtant, il est invraisemblable de se constituer en juste milieu dans le jeu politique, quand on a des idées à défendre et que l’on effectue, même involontairement, des calculs personnels. De surcroît, lorsqu’il il n’est pas toujours gagné de convaincre et de faire passer aisément ces idées. Donc, de là à faire croire que l’on est conciliant sur toutes les questions, il y a de quoi être dubitatif. Ainsi, nous pensons que même dans leur sens de la justice, ils ont d’une manière ou d’une autre des schémas qui leurs sont propres. Leur théorie est assez mitigée.
– les opportunistes:
On dirait mieux les malicieux. Ils veulent impressionner par leurs engagements pour telle ou telle autre cause nationale, alors qu’en réalité, comme pour tous les autres, ce n’est qu’une autre manière égoïste de se mettre à l’abri du besoin, de protéger leurs avoirs. Ils veulent plaire par leur militantisme, leurs discours de propagandistes, tout en étant, eux-mêmes, sceptiques sur la rationalité, la véracité de leurs élucubrations. Prêts à plonger le peuple entier dans la tourmente d’un contexte sociopolitique confus. Ils ne s’en gênent pas, dès lors que leurs équations erronées les confortent et les font croire, utopiquement d’ailleurs, que leurs arrières sont assurées même précairement. Le philosophe grec, Platon, disait: «Les malicieux ont l’âme petite, mais la vue perçante». Pourtant, nos dirigeants, quoiqu’ils se soient toujours voilés la face, au fil du temps, à chaque époque, se sont construit des châteaux de sable, pour avoir berné le peuple et usurpé le bien public.
Conclusion
Après cette analyse, peut-être non exhaustive du comportement des acteurs de la classe politique mauritanienne, faut-il conclure qu’il n’existe pas d’hommes politiques dignes de ce nom dans notre pays?
Nous pensons que ce serait exagérer, dépréciatif et même vexatoire d’affirmer cela. Bien qu’étant devenu une denrée rare, il doit quand même y avoir quelques politiques qui rassurent et peuvent mettre en confiance le peuple, par rapport à ses lendemains. Ces hommes qui, sans être parfaits, sont prêts à hypothéquer leurs désidératas, à se sacrifier avec l’abnégation la plus effective, au nom de l’intérêt national. Ces hommes disposés à se mettre inconditionnellement au service du peuple dont ils font partie eux-mêmes et les leurs. Des hommes comme ceux qu’a connus notre pays, juste après les indépendances.
Cependant, il n’est pas question de se fourvoyer, même si l’on trouve encore cette qualité d’hommes politiques, le système de gestion actuel est littéralement gangréné et a fini par montrer ses limites. Il est rouillé à un niveau tel que l’homme d’Etat le plus expérimenté, avec la banque d’idées la plus riche et la plus performante, excellera difficilement. Son environnement étant pollué d’arrivistes, d’opportunistes et d’anarchistes, il peinera à matérialiser ses ambitions les plus saines et les plus productives pour la mauritanie.
D’où les questions suivantes: faut-il une nouvelle classe politique, car celle qui existe a donné toutes les preuves de ses faiblesses? Faut-il que, dans les jours à venir, la gestion étatique relève de la responsabilité des technocrates, parce que les politiques ont pour ainsi dire plus ou moins échoué?
Ce dont nous sommes sûrs, c’est que la politisation de l’outil étatique est l’une des causes fondamentales de cet état plus ou moins comateux dans lequel se trouve notre cher pays. Pour ce faire, nous disons à nos politiciens que l’heure est venue, pour eux, d’être honnêtes avec eux-mêmes, mais surtout avec le peuple dont ils se réclament être les défenseurs. Que ceux de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition arrêtent de se culpabiliser et de se déculpabiliser les uns les autres, comme si parmi eux, il y a ceux qui sont sans fautes. Que tous lèvent leurs mains pour les montrer au peuple, comme si elles étaient sans tâches. Ils se connaissent, notamment les têtes d’affiches de certaines plateformes et savent exactement ce dont ils s’incriminent à tour de rôle. Même ce qu’ils projettent de faire dans un avenir proche les accuse déjà et entache, de façon prémonitoire, leurs parcours.
Aussi, en portant un regard sur l’actualité nationale et du fait que l’intégrité est une valeur rarissime de nos jours, que ceux qui tiennent tant à aller au dialogue inclusif, transcendent leurs égos. Pour les uns, dans leur opulence qu’ils fassent preuve d’humilité et, pour les autres, dans leur dénuement, qu’ils soient désintéressés et patients.
Evidemment, le fait de ne s’attarder qu’à ce qui touche à la personnalité d’un individu rabaisse le débat, en lui faisant perdre de sa particularité, de sa pertinence et éloigne ainsi des objectifs que l’on s’est assigné. Que les politiques se le tiennent pour dit: l’histoire de la mauritanie n’est pas l’histoire d’un seul homme dans ses contours positifs ou négatifs. Tous sont responsables. Qu’ils aillent débattre, en faisant tant soit peu table rase de leurs préjugés, pour une approche cohérente et des résolutions conséquentes. Que les divergences d’opinions qui les opposent présentement se soldent par des accords consensuels à l’avantage du plus grand nombre.
Enfin, qu’ils retiennent que cette fois-ci, ils devront assumer les conclusions auxquelles ils aboutiront, car l’histoire les jugera tous sans exception. Qu’ils retiennent que ce qu’ils critiquent chez les autres n’est que le reflet de ce qui les condamne eux-mêmes. La critique est bonne, mais l’autocritique préférable. N’est-ce pas, comme l’a dit le comédien et dramaturge français, Philippe Néricault, «la critique est aisée, mais l’art difficile»?
Un petit cadre de Nouadhibou

Sid’Ahmed Khlil

Quels rôles pour nos médias ?

Quels rôles pour nos médias ?

nos médias doivent s’atteler à des stratégies globales de développement, adaptées aux attentes, aux besoins et aux goûts des téléspectateurs qui se désintéressent le plus souvent de sa chaîne quand elle est pauvre en programmes et quand elle a recourt aux expédients (plages musicales, rediffusion de programmes).
Leur nouveau statut, leur mode de gestion et le renforcement de leur autonomie ne devraient pas signifier un désengagement pur et simple de l’État, qui doit en toute logique continuer d’assurer un financement stable et durable pour leur permettre d’accomplir leur (coûteuse) mission de service public. Les médias publics doivent s’engager, sur la base de cahier de charge clair et précis et à remplir la mission qui leur incombent dès lors qu’elles exigent ce financement, par une nouvelle prestation tant sur la qualité que le contenu et surtout s’ouvrir aux opinions plurielles qui émanent des partis politiques, de la société civile et agir ainsi sur la vie politique, les mœurs et les idées.