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Gourmo

Les discussions du bilan et des perspectives de l’action gouvernementale 2025 et des perspectives pour 2026, tenues le week-end passé à l’Assemblée nationale n’ont pas manqué d’attitudes qui portent atteinte à la réputation de cette auguste chambre. Bien que des parlementaires ont fait des interventions objectives et constructives, d’autres ont malheureusement tenu des discours qui ne cadrent pas avec l’éthique propre à l’Assemblée nationale, allant même jusqu’à s’engager dans des oraux non argumentés par des faits incontestés et totalement déconnectés de l’ordre du jour.

Une anomalie qui a gâché beaucoup d’énergies et de temps aussi pour le gouvernement que pour les députés, coupant court à la curiosité de l’opinion impatiente de suivre un duel Premier ministre-députés où le contrôle de l’action gouvernementale suscite la satisfaction.

Ce disfonctionnement au sein du parlement mauritanien a suscité d’ailleurs des critiques au sein de l’opinion mais aussi à des appels lancés par des constitutionnalistes de réputation aux parlementaires afin de privilégier dans leurs joutes les faits et les chiffres.

L’illustre professeur universitaire Lô Gourmo Abdoul a tweeté le post suivant sur sa page Facebook, dans lequel, il appelle les honorables députés à se concentrer sur les chiffres et les lettres de la Déclaration de Politique Générale (DPG):

Mesdames et Messieurs les députés concentrez-vous sur les chiffres et les lettres de la DPG!

La critique de la Déclaration de politique générale, devant le Parlement est l’essence même de l’activité parlementaire stratégique d’une opposition. C’est son heure de vérité de l’année. Celle où elle démontre sa maturité, son aptitude à être une alternative sérieuse, en énonçant ses propres propositions, après avoir démonté; factuellement, les contre-vérités, les leurres et les approximations de l’exécutif. Point par point. Chiffre par chiffre.

La contestation doit  se fonder sur des faits aussi vérifiables que ceux prétendus par les gouvernants du moment. Cette opération critique est facilitée par la structure même de la DPG: une partie bilan consacrée aux  » réalisations » de l’exercice précédent et une seconde partie  déclinant les orientations, les projets et attentes. L’exercice de la critique  parlementaire est donc d’une simplicité désarmante : un tableau dont la première partie pointe les promesses de l’année dernière ( les plus essentielles) : ce qu’en dit le premier Ministre est-il vrai ou faux? Ici, la charge de la preuve DOIT être renversée.

Ce n’est pas au Premier Ministre de prouver qu’il a réalisé 100 ou 92% de ce qu’il a déclaré. C’est à l’opposition de démontrer le contraire en s’appuyant sur des faits contraires, des chiffres inverses etc pour lesquels l’opinion peut être prise à témoin. Cela seul permet de justifier les honoraires des députés : aller chercher les informations en temps réel et mettre la vérité sous le nez de la majorité et de son gouvernement.

Au lieu de cela, quel spectacle que celui d’une partie de nos parlementaires, à nous l’opposition, devenus de session en session,  Champions du monde des invectives et des ́rodomontades, sans chiffres ni faits concrets à opposer aux prétentions, fussent-elles iconiques du régime comme pour combler notre légendaire paresse intellectuelle.

Il suffit pour sonder la profondeur du gouffre qui nous sépare des vrais parlements de par le monde, de suivre cet exercice annuel chez nos voisins, du Nord ou du Sud dont les assemblées ne sont pourtant pas si éloignées de la nôtre ! Donc messieurs et chers camarades de l’opposition, relisez la DPG de l’année dernière et faites une simple comparaison entre ce qui y était annoncé et ce que la réalité actuelle impose au regard.  » Vous aviez promis, tel puits à Ouad Nag1? Oû est-il?

Telle reforme dans tel secteur avec tel financement. Oû est-elle? Tel progres en matiere de détention préventive : voilà les chiffres actuels et les rapports des ong »…

Est-ce également trop demander à nos députés de faire vérifier par des spécialistes proches ou non de l’opposition,  la fiabilité et la viabilité des projets annoncés dans la DPG afin de pouvoir fonder nos critiques sur les perspectives annoncées et proclamées souvent avec une assurance que rien ne peut justifier a priori?

Pour tout dire, il me semble nécessaire que les députés  apprennent enfin à travailler sur les faits, à élever le niveau de la légitime critique en sauvegardant l’honneur et la dignité de la fonction et des personnes.

Gourmo Abdoul Lô, 25 janvier 2026

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