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Après quelques mois sans prise de parole, j’ai choisi de revenir aujourd’hui au regard de la gravité de la situation que nous traversons et de celle qui se profile.

Tout le monde parle du carburant. Personne ne parle du vrai risque.

Le débat actuel se concentre sur la hausse du carburant. Mais l’essentiel se situe ailleurs.

Aujourd’hui, le gasoil importé se situe autour de 1 300 dollars la tonne. Rendu Mauritanie, on approche 1 586 dollars soit environ 63400 MRU, pour un prix de vente autour de 56 300 MRU. L’écart existe et, avec une consommation d’environ 60 000 tonnes par mois, il représente une charge réelle pour l’État. Mais cette charge reste gérable.

Les États savent absorber ce type de choc y compris en s’endettant de manière maîtrisée. Le vrai risque apparaît lorsque la devise manque : ce n’est plus une question de prix mais de capacité à acheter. C’est là que peut naître la rareté.

Le point déterminant est donc la capacité à financer ces importations en devises dans la durée.

Or cette capacité se dégrade. Les entrées ralentissent avec la baisse de la pêche et de l’or, tandis que les besoins augmentent fortement. Depuis le 28 février 2026, la hausse des prix de l’énergie a renchéri l’ensemble des coûts. La pression en devises liée aux importations a quasiment doublé en quelques semaines.

Cette dynamique dépasse la Mauritanie. Elle touche la majorité des économies africaines, confrontées à une même dépendance aux importations et aux chocs extérieurs.

Dans ces conditions, l’ajustement se fait sur la monnaie. Et lorsqu’une monnaie s’ajuste, toute l’économie suit : importations plus chères, coûts en hausse, inflation.

C’est précisément ce point qui doit être central. Il ne s’agit plus de raisonner en subvention mais en investissement. Car seule l’économie productive crée des emplois, des devises et une véritable résilience.

Le vrai enjeu est de sortir d’un modèle fondé sur les importations dans un environnement marqué par les tensions géostratégiques, l’inflation et la compétition pour les ressources.

L’ajustement est désormais structurel. Comme je l’avais déjà écrit il y a quelques mois, cela suppose de taxer fortement le foncier et l’épargne immobilière improductive afin d’orienter le capital vers des secteurs créateurs de valeur, d’emplois et de devises.

Pour la Mauritanie, désormais, deux priorités s’imposent : sécurité alimentaire et sécurité énergétique, avec une orientation claire de l’investissement, public comme privé, vers ces deux piliers.

Dahah Hemody

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