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Cette semaine, la visite d’État du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en France, ponctuée par le dîner d’État organisé à l’Élysée le 15 avril, a rappelé la place singulière qu’occupe la relation franco-mauritanienne.

Le caractère exceptionnel de cette séquence mérite d’être souligné : il s’agit de la première visite d’État d’un président mauritanien en France depuis 1993, soit le plus haut niveau protocolaire réservé à un chef d’État.

Au-delà des honneurs rendus au président Ghazouani — cérémonie aux Invalides, réception par la présidente de l’Assemblée nationale, dîner d’État —, c’est en réalité une relation ancienne, dense et constructive qui est mise à l’honneur.

Pour les Mauritaniens, cette reconnaissance n’est pas seulement symbolique. Elle vient consacrer un lien bilatéral qui, depuis des années, repose sur une donnée simple : la France et la Mauritanie ont su construire une relation de confiance, fondée sur le respect, l’écoute, et les intérêts communs bien compris. Dans un contexte international marqué par les crises, les rapports de force et l’affaiblissement des cadres multilatéraux, cette entente, fondée sur des valeurs apporte une consonance particulière.

Les deux pays partagent d’abord une même lecture de plusieurs grands enjeux internationaux. Tous deux défendent le règlement pacifique des conflits, le rôle de la diplomatie et l’idée qu’une gouvernance mondiale plus juste doit mieux prendre en compte la voix de l’Afrique.

Ils partagent également la conviction que les grands défis contemporains — changement climatique, protection des océans, accès au développement durable — ne peuvent être relevés sans action collective.

Pour la Mauritanie, pays sahélien, saharien, et atlantique à la fois, exposé au dérèglement climatique et attaché à sa souveraineté, cette convergence avec Paris n’est pas abstraite : elle renforce sa capacité à porter une voix audible sur la scène internationale.

Mais au-delà des convergences certaines, la coopération française  entraine des effets très positifs sur le développement de la Mauritanie .

Sur le plan sécuritaire, dans un environnement régional instable, Paris s’est avéré comme un partenaire fiable, attentif aux intérêts de la Mauritanie et respectueux de ses choix.

La région du Sahel a connu depuis plusieurs années une flambée de la menace terroriste qui a failli emporter des pays entiers et qui impacte de nos jours la vie des Etats et des peuples .

La Mauritanie a su faire face à ce fléau et étouffer dans l’œuf les ambitions extrémistes. La singularité mauritanienne dans le Sahel est d’ailleurs reconnue jusque dans les milieux de défense français : l’attaché de défense français à Nouakchott ,M. Charles Michel, a salué une « victoire dans les dunes » pour qualifier la capacité du pays à contenir durablement la menace terroriste.

Cette formule résume une réalité souvent relevée dans la région : la Mauritanie a su bâtir une réponse sécuritaire plus cohérente et plus durable que beaucoup de ses voisins. La séquence de Brest, durant cette visite, illustre cette dimension stratégique : à l’heure où la sécurité maritime devient centrale pour la protection du littoral, des ressources et des routes commerciales, le rapprochement entre les marines française et mauritanienne répond à un besoin réel de sécurité nationale.

Sur le terrain économique, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La présence française en Mauritanie, ce sont près de 40 entreprises, environ 2 000 emplois directs, des centaines de jeunes formés, et plus de 340 millions d’euros d’échanges commerciaux. Surtout, cette présence concerne des secteurs décisifs pour l’avenir du pays : infrastructures, développement urbain, agriculture, santé, transition énergétique.

La visite d’État doit d’ailleurs déboucher sur de nouveaux contrats et sur un forum d’affaires réunissant entrepreneurs mauritaniens et investisseurs français. Là encore, l’enjeu est clair : créer des passerelles humaines et économiques qui profiteront à la croissance de demain.

L’un des aspects les plus importants de cette relation est sa continuité dans le temps. Alors que plusieurs partenaires historiques ont réduit la voilure ou fermé leurs agences de coopération, la France a choisi de renforcer son engagement.

En deux ans, le portefeuille de projets porté par l’AFD, le Trésor et le ministère français des Affaires étrangères a doublé pour atteindre près de 500 millions d’euros. Cette hausse n’est pas théorique : elle se traduit par des projets structurants pour la vie quotidienne des Mauritaniens.

Parmi eux figurent la ligne électrique à haute tension entre Nouakchott et Néma, essentielle pour l’aménagement du territoire ; l’appui à l’approvisionnement durable en eau de la capitale, avec un doublement attendu des capacités ; des programmes agricoles couvrant des milliers d’hectares dans le sud du pays afin de renforcer la souveraineté alimentaire ; une participation au programme des 100 barrages ; la construction de 13 collèges ; ou encore celle du nouveau centre de transfusion sanguine, qui doit permettre de doubler les capacités de collecte de sang en Mauritanie.

À cela s’ajoutent les nombreux projets engagés dans le Hodh Ech Chargui pour accompagner l’accueil des réfugiés et soutenir les communautés hôtes ainsi que les autorités locales.

La France apporte ainsi une contribution non négligeable aux efforts de développement immenses que mène la Mauritanie depuis plusieurs années

Sur le plan culturel la Mauritanie partage avec la France un trésor commun : la langue de Molière. L a Mauritanie où la langue officielle est l’Arabe a toujours entretenu et continue chaque jour d’utiliser dans tous les sphères, politiques, économiques ou sociales,   le  Français qui est seconde langue d’enseignement et qui est largement partagé dans  la vie  quotidienne du pays  .Elle compte jouer aussi pleinement son rôle au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie

Cette relation est d’autant plus importante que le Président Ghazouani a lancé une initiative des plus importantes dans l’histoire de la Mauritanie :l’Ecole pour tous, l’Ecole Républicaine comme on l’appelle , il s’agit de fonder une nouvelle école disposant  d’ un système d’enseignement unique, moderne et viable où se rencontreront tous les enfants de Mauritanie , mais aussi de créer en quelques années autant d’écoles que celles construites en 70 ans d’indépendance et donner toute la place aux langues étrangères, le Français en particulier

Car la relation franco-mauritanienne tient aussi à ce qui ne se mesure pas seulement en contrats ou en financements : les liens humains. Près de 1 100 étudiants mauritaniens poursuivent leurs études en France. Beaucoup reviennent ensuite en Mauritanie, notamment à travers le réseau France Alumni, avec des compétences utiles au développement du pays.

Les liens culturels sont tout aussi vivants. Ils passent par des figures populaires assumant pleinement une double appartenance, comme Omar Sy ou Ousmane Dembélé, mais aussi par des artistes mauritaniens comme BRMX ou Noura Mint Seymali, qui font rayonner la créativité mauritanienne de l’Institut français de Nouakchott aux scènes parisiennes. La force du partenariat franco-mauritanien est là : dans sa capacité à articuler stabilité politique, coopération sécuritaire, investissements utiles, solidarité de long terme et proximité humaine.

À l’heure où tant d’alliances se font et se défont au gré des circonstances, la relation entre la France et la Mauritanie offre l’image d’une amitié solide, tournée vers l’avenir, et bénéfique aux Mauritaniens.

C’est ce que cette visite d’État vient rappeler avec éclat : entre Paris et Nouakchott, l’amitié n’est pas un mot de circonstance, mais une réalité qui construit et se construit chaque jour

Mbarek Ould Beyrouk

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