
Le constat est brutal, non par pessimisme, mais par lucidité : en Mauritanie, aujourd’hui, aucune personne – toutes communautés confondues – ne peut accéder à une position de leadership sans être immédiatement encerclée.
Autour du pouvoir, des spécialistes de l’hypocrisie ont érigé un système opaque. Leurs voies sinueuses tissent des toiles d’intérêts inavouables ; leur mécanique de corruption transforme les idéaux en compromis ; leur emprise étouffe toute velléité de changement authentique.
Le piège est redoutable : même les plus intègres risquent d’y être contrôlés, détournés ou dominés par ces logiques. Faut-il pour autant se résigner ? À mon avis, non. Nous ne devons pas abdiquer. Ce diagnostic doit servir de signal d’alarme et de point de départ pour l’action.
Il faut promouvoir une culture de désacralisation des dirigeants : cessons d’attendre des sauveurs. L’avenir se construit collectivement.
Il est ensuite crucial de soutenir les contre-pouvoirs : appuyons sans relâche les lanceurs d’alerte, les médias indépendants et les collectifs citoyens (comme l’Observatoire de la Démocratie ou les associations pour la Transparence).
Enfin, exigeons des mécanismes robustes : commissions anti-corruption indépendantes, protection effective des témoins, transparence absolue des financements politiques et surtout dénonciation des personnes corrompues ainsi que leur sale business.
Notre force réside dans la prise de conscience. En observant l’action de ces entités hypocrites, qui orientent et ajustent le déroulement des événements à leur profit, nous pourrions être tentés de baisser les bras et de laisser ces parasites consumer l’espoir. Mais ce système compte précisément sur notre fatalisme pour perdurer. Brisons ce cercle. L’enjeu n’est pas de trouver un sauveur, mais de bâtir, ensemble, des institutions dignes de la Mauritanie et de son peuple.
Eléya Mohamed
Notes d’un vieux professeur
