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La fragilité des processus démocratiques face à la tendance des dirigeants africains à prolonger leur pouvoir au-delà des limites constitutionnelles montre la précarité de la stabilité de nos pays et de nos institutions.La nouvelle trouvaille du maintien au pouvoir est la constitutionalisation des coups d’État comme cela fut le cas dans plusieurs pays africains.Une stratégie où un pouvoir, souvent issu d’un coup de force militaire ou d’un affaiblissement des institutions, organise ensuite des élections biaisées pour se parer d’une légitimité démocratique.Ces élections sont souvent caractérisées par l’utilisation des ressources de l’État, la partialité des commissions électorales, l’intimidation des opposants et des médias et parfois des fraudes directes.

Le but est de faire accepter, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur une transition « légale » d’un régime né de la combinaison de la violence initiale (coup d’État) et d’une légitimation factice par les urnes qui crée un hybride autoritaire qui est difficile à déloger.

Un syndrome politique qui mine la crédibilité de nos démocraties .

D’un autre côté,le « troisième mandat » est devenu pour certains le symbole de l’acharnement au pouvoir. Les constitutions de nombreux pays prévoyaient initialement des limites (souvent deux mandats) pour assurer l’alternance.Mais la manipulation des institutions pour modifier ou réinterpréter la constitution et permettre à un président sortant de se représenter est devenue une tactique courante.

L’opportunisme de certains dévient un creuset pour la réflexion et l’exégèse justifiant souvent le maintien au pouvoir par la nécessité de poursuivre des projets de développement ou d’éviter le chaos, un discours qui peut trouver un certain écho dans des populations fatiguées par l’instabilité et préoccupées par leur quotidien.

Face à cela , la communauté internationale continue de jouer un rôle ambiguë avec souvent des condamnations sélectives et basées sur des intérêts géostratégiques ou économiques, affaiblissant les normes démocratiques dans les pays.

Des démocraties qui restent »en sursis » car constamment menacées, suspendues ou taillées sur mesure et non encore consolidées dont les institutions demeurent faibles face à un exécutif auquel au fil du temps, elles lui deviennent inféodées .

Mais heureusement que des résistances citoyennes fortes dans plusieurs pays africains se mobilisent, parfois avec succès, contre les tentatives de tripatouillage constitutionnel.

Le défi est de renforcer les contre-pouvoirs indépendants comme la justice, les médias et la société civile mais aussi en parallèle de construire des institutions réellement impartiales et de faire pression pour que les constitutions et leurs limites soient respectées.

L’enjeu est de passer d’une démocratie de façade, constamment « en sursis », à une démocratie vivante où l’alternance est acceptée comme une norme saine de la vie politique.

Ahmed Bezeid Deida

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