
Madrid, devrait abriter, ce dimanche 8 février 2026, une réunion à huis clos à la demande des États Unis pour discuter du dossier du Sahara. Cette réunion regroupera autour de la même table le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario.
Chaque délégation comprendra trois membres. Le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie seront représentés par leur Ministre des Affaires étrangères, tandis que le Polisario par son représentant, Mohamed Yeslem Beissat. L’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Staffan De Mistura, devrait également participer à la réunion.
Cette réunion est organisée dans les locaux de l’ambassade des États-Unis à Madrid. Le choix de la capitale espagnole serait une décision pratique de la diplomatie américaine, et le gouvernement espagnol n’aurait pas été impliqué dans la préparation de la rencontre.
L’objectif serait de relancer le dialogue politique. Le plan marocain d’autonomie détaillé pour le Sahara Occidental que le Polisario continue de rejeter optant pour l’autodétermination serait au centre des discussions. Il s’agirait de la deuxième réunion de ce cycle, après une première à Washington il y a deux semaines, et avant une troisième prévue également à Washington.
Une réunion qui s’inscrit dans un contexte diplomatique particulier.
La récente résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU (31 octobre 2025) et une position commune de l’Union européenne ont reconnu la proposition d’autonomie marocaine comme une base sérieuse et crédible pour une solution politique.
Le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, continue de réclamer un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, considérant que le plan d’autonomie ne satisfait pas ce droit fondamental.
Par ailleurs, la tenue de cette réunion à Madrid intervient dans une période d’apaisement entre l’Espagne et le Maroc. En 2022, l’Espagne a rompu avec sa neutralité historique pour soutenir le plan d’autonomie marocain, ce qui a permis une normalisation de leurs relations.
Le plan, présenté à l’ONU le 11 avril 2007, propose de faire du Sahara Occidental une région autonome au sein du Royaume du Maroc. Son contenu s’articule autour de plusieurs grands principes.
– Gouvernance locale : Elle aurait son propre gouvernement, parlement régional et juridictions propres.
– Compétences étendues : L’autorité locale gérerait les affaires administratives, économiques, sociales, culturelles, le développement, la fiscalité et le budget régional.
– Constitution et souveraineté : Toutes les lois et décisions devraient être conformes à la Constitution marocaine. Le statut d’autonomie serait lui-même consacré par la Constitution.
– Attributs de souveraineté : Le Maroc conserverait le contrôle exclusif sur le drapeau, la monnaie, la défense nationale, la sécurité et les relations extérieures.
– Rôle du Roi : Le chef du gouvernement de la région serait investi par le Roi, après avoir été élu par le parlement régional.
Autres éléments clés du plan :
– Consultation référendaire : Le Maroc s’engage à organiser une « libre consultation référendaire des populations concernées » pour valider le statut final.
– Mesures d’apaisement : Le plan prévoit une amnistie générale et des mesures pour la réinsertion des personnes rapatriées.
Selon certaines sources, le Maroc arriverait à la réunion de Madrid avec une version actualisée et détaillée (environ 40 pages) de son plan d’autonomie. Ce document clarifierait les arrangements institutionnels et les mécanismes de gouvernance.
Que pensent le Front Polisario et l’Algérie.
Ils défendent le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, via un référendum incluant l’option de l’indépendance, promis par l’ONU en 1991.
Ils rejettent les négociations qui prendraient uniquement le plan d’autonomie marocain comme base, estimant que cela légitime une occupation. L’Algérie a vivement critiqué la résolution de l’ONU d’octobre 2025, la jugeant déséquilibrée et contraire au droit à l’autodétermination.
De son côté l’ONU considère toujours le Sahara Occidental comme un « territoire non autonome » dont le statut final doit être déterminé. La mission de paix de l’ONU sur place (MINURSO) a vu son mandat prorogé jusqu’au 31 octobre 2026 par la résolution 2797.
L’Envoyé spécial du Secrétaire général, Staffan de Mistura, a pour mandat de faciliter les négociations entre les parties. La résolution lui demande de le faire en se fondant sur le plan d’autonomie marocain.
