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La visite du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au Gorgol remet au cœur du débat la question du vivre-ensemble et met en lumière les obstacles persistants qui freinent sa consolidation, dont l’un demeure particulièrement saillant: le passif humanitaire.

Le passif humanitaire relève d’une injustice spécifique subie par une composante nationale précise, en l’occurrence la communauté pulaar. Chercher à le présenter comme une question globale concernant l’ensemble des communautés négro-africaines mauritaniennes ne fait qu’en compliquer la compréhension et, par conséquent, la résolution.
D’autre part l’appel à la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation nationale, repose sur une lecture inexacte de la nature du passif humanitaire en Mauritanie.
Une commission de vérité et de réconciliation est un mécanisme exceptionnel, généralement mis en œuvre dans des contextes de guerre civile, de conflits intercommunautaires ou de violences de masse impliquant directement les populations civiles, or aucun de ces éléments ne caractérise la situation mauritanienne, le passif humanitaire ne résulte ni d’un affrontement entre communautés nationales ni d’une guerre civile. Les faits se sont déroulés au sein de l’institution militaire, dans un cadre fermé, hiérarchisé et relevant de la responsabilité directe de l’État. Les populations civiles n’y ont ni pris part ni joué un rôle actif.
Dès lors, vouloir nationaliser ce dossier en le présentant comme un conflit global entre composantes de la société mauritanienne revient à diluer les responsabilités, à brouiller la compréhension des faits et à déplacer le débat du terrain de la justice vers celui de la confrontation identitaire.
Par ailleurs, assimiler le passif humanitaire à une question intercommunautaire ne fait qu’alimenter des tensions artificielles et d’instrumentaliser la souffrance des victimes à des fins politiques, au lieu de favoriser une solution juste, apaisée et efficace.
La résolution de ce passif exige avant tout :
■la reconnaissance claire des injustices subies,
■l’identification des responsabilités institutionnelles,
des mesures de réparation équitables au profit des ayants droit,
■et un traitement ciblé, dépolitisé et respectueux de la dignité des victimes.
C’est dans cette approche spécifique, et non dans une logique de réconciliation nationale généralisée sans conflit national avéré, que réside la voie la plus crédible pour tourner cette page douloureuse de l’histoire, sans la falsifier ni l’exploiter et favoriser ainsi une solution juste, apaisée et efficace.
ASD.

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