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Lo Gourmo Abdoul

La raison avancée dans certains médias et sur les réseaux sociaux — notamment relayée de manière surprenante par Alakhbar avant même que la décision ne soit formellement prise — tient à une prétendue proposition de la majorité visant à inscrire à l’ordre du jour la question d’un troisième mandat présidentiel.

Cette information est inexacte. Elle procède manifestement d’une volonté de créer un climat de crise avant même l’ouverture du dialogue, dans un contexte où certaines forces, depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, cherchent à en compromettre la tenue et les perspectives de réforme.

Le projet de feuille de route commune, fixant les thèmes du dialogue, comprend notamment une rubrique intitulée :

« II. Réforme démocratique », au sein de laquelle figure le sous-thème :

« Réforme du cadre électoral ».

Ce point a été accepté par les deux pôles, assorti toutefois de remarques spécifiques :

Le pôle de la majorité a indiqué proposer une réflexion approfondie sur les réformes institutionnelles, les élections, les mandats et les compétences ;

Le pôle de l’opposition, pour sa part, a expressément subordonné son accord au respect des dispositions constitutionnelles protégées, afin d’écarter toute ambiguïté sur des sujets sensibles.

Un débat, à la fois soutenu et courtois, s’est alors engagé afin de dégager une formulation commune.

À l’issue de la première journée, la majorité a sollicité une suspension afin d’affiner sa proposition rédactionnelle.

Le lendemain, aucune nouvelle formulation n’ayant été présentée, le coordinateur a proposé de poursuivre les discussions sur les autres points de l’ordre du jour, surtout que des sujets sensibles avaient été évoqués sans susciter de divergences — y compris des questions telles que l’esclavage, le statut des langues ou encore le passif humanitaire, — avant de revenir ultérieurement sur le point litigieux relatif à la formulation de la réforme électorale et de la question des mandats, sans référence à un mandat spécifique.

Cette approche a été rejetée par l’opposition après discussions en son sein ( coordination de l’opposition et Institution de l’opposition ).

Dans ce contexte, le coordinateur a décidé de suspendre les travaux, dans l’objectif de créer les conditions d’un compromis sur une formulation acceptable par l’ensemble des parties. À ce stade, aucune date de reprise n’a été arrêtée.

Contrairement aux allégations diffusées, aucune demande de modification du mandat présidentiel — ni quant à son nombre, ni quant à sa durée — n’a été formulée par la majorité.

En revanche, il est exact que l’opposition exprime une préoccupation forte et légitime visant à lever toute ambiguïté sur cette question particulièrement sensible.

Cette préoccupation est d’autant plus compréhensible que certains acteurs, ouvertement ou non hostiles au dialogue, s’emploient à instrumentaliser ce sujet comme un levier de crispation politique.

Au-delà des interprétations hâtives, la suspension actuelle traduit avant tout une divergence rédactionnelle sur un point sensible, une exigence de clarification constitutionnelle

et la nécessité de préserver les conditions d’un dialogue crédible et apaisé qui est de l’intérêt de tous surtout dans la conjoncture mondiale et nationale actuelle.

L’épisode en cours ne doit pas être surinterprété. Il relève davantage des ajustements inhérents à toute négociation politique sérieuse que d’une crise structurelle.

La responsabilité des acteurs est désormais engagée pour éviter que des lectures biaisées ou des instrumentalisations ne compromettent un processus dont l’enjeu dépasse les positions conjoncturelles : celui de la consolidation démocratique.

Prof Gourrmo Addoul Lo

1er Avril 2026

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