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Le pays tente de préserver sa propre stabilité tout en étant impacté de plein fouet par le débordement du conflit.

N’étant pas membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), la Mauritanie refuse de se laisser enfermer dans une logique d’alignement binaire. Cette « neutralité active » est sa stratégie principale pour ne pas se faire aspirer dans le conflit. Concrètement, cela implique pour le pays de sécuriser la frontière en renforçant ses dispositifs de surveillance, utilisant drones et renseignements, mais sans pénétrer sur le territoire malien pour éviter des accusations.Cela implique également la matrise des mouvements de personnes et de biens pour empêcher l’infiltration de groupes armés.La Mauritanie exerce aujourd’hui un contrôle total, permanent et souverain sur l’ensemble de son territoire national, en particulier dans les zones frontalières.C’est un atout majeur pour elle dans une région qui fait face à une instabilité chronique.

Au-delà des tensions en dent de scie avec le Mali,la Mauritanie reste l’un des rares pays à pouvoir jouer les médiateurs. Sa stabilité et sa connaissance des communautés touaregs et sa réussite dans la lutte contre le terrorisme lui donnent une légitimité unique pour discuter avec toutes les parties, y compris certains groupes armés.
Ce potentiel de médiation de la Mauritanie dans le conflit malien repose sur la force de sa neutralité.Par ailleurs, contrairement à d’autres, aujourd’hui rejetés par Bamako, Nouakchott est l’un des derniers voisins à entretenir des canaux de dialogue avec toutes les parties.La Commission de l’Union africaine gagnerait à confier cette mission à la Mauritanie et cela d’autant plus que le pays dispose aussi de leviers spécifiques qu’il pourrait actionner à savoir les liens humains et ethniques profonds avec le nord du Mali.La communauté maure de Mauritanie partagent des routes de transhumance et des relations claniques avec les Touaregs maliens. La Mauritanie pourrait utiliser ces réseaux pour établir un contact discret avec les leaders rebelles ou même jihadistes , afin de sonder leur volonté de négocier.
Contrairement à une médiation officielle, ces contacts informels permettraient d’éviter les soupçons d’ingérence de Bamako.

Mais malgré ces atouts, la route est semée d’embûches.

Bamako est hostile à toute médiation. Il préfère une victoire militaire totale, comme le montre son retrait de la CEDEAO et son refus de discuter avec les groupes armés.
D’un autre côté,discuter avec des groupes qualifiés de « terroristes » (JNIM) est politiquement risqué pour Nouakchott, et pourrait être perçu comme une trahison par les États occidentaux.
La Mauritanie ne peut pas imposer la paix, mais elle peut créer les conditions de discussions techniques (comme elle le fait avec les commissions d’enquête) ou humanitaires (gestion des réfugiés). Elle est le seul pays pouvant encore servir de « boîte aux lettres » entre Bamako et le Nord.

En résumé, la Mauritanie est devenu un sanctuaire humanitaire, son armée un rempart défensif, et sa diplomatie un recours potentiel pour une sortie de crise régionale.

Ahmed bezeid Deida

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