Un examen approfondi de l’histoire de la question des Haratines dans ce pays révèle des points clés qui ont façonné cette injustice historique. On peut la résumer en trois phases :
1. La lutte contre l’esclavage : Cette phase a été marquée par les efforts des nationalistes Haratines qui ont milité et exercé des pressions en ce sens, aboutissant au mouvement « El Hor » en 1978.
2. La lutte pour la reconnaissance morale du sort des Haratines : Cette phase a permis de briser la stigmatisation et la honte que certains Harratines ressentaient en prononçant le mot. Les mouvements nationalistes Haratines ont joué un rôle important dans cette prise de conscience, notamment le mouvement IRA, la Fondation Sahel, SOS Esclaves et le Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines.
Ces deux phases ont été déterminantes dans l’histoire de la cause Haratines, contribuant à sensibiliser toutes les couches de la société. La société dans son ensemble a pris conscience de l’ampleur et de la gravité de ce problème pour l’avenir du pays. Les Haratines ne tolèrent plus la perpétuation de l’injustice, et aucun segment de la société mauritanienne n’ignore leurs griefs ni la nécessité de trouver des solutions.
Par conséquent, la phase actuelle exige une lutte d’une tout autre ampleur que les précédentes. La prise de conscience sociale nécessaire concernant ce problème a atteint un point critique, et pour préserver la légitimité, la noblesse et l’humanité de la cause, elle ne peut se limiter aux deux phases précédentes.
La phase actuelle requiert un effort collectif de la société pour trouver des solutions appropriées et des mécanismes novateurs qui intègrent des solutions fondamentales à ce problème et à d’autres enjeux nationaux urgents qui menacent l’unité du pays. Ces solutions devraient reposer en priorité sur la promotion de la scolarisation, l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables, la facilitation de leur accès à l’éducation à tous les niveaux et la création d’un développement local ciblant les zones où se concentrent les inégalités telles que l’ignorance, l’isolement et le manque d’accès aux services publics.
La responsabilité de résoudre ce problème et d’autres enjeux nationaux majeurs incombe principalement à l’État, car il est le véritable garant de la sécurité, de la stabilité et de la continuité du pays. Cependant, cela n’exonère pas les dirigeants communautaires, les élites, les intellectuels et les professionnels, queles que soient leurs origines ou leur appartenance ethnique, de leur responsabilité nationale et morale de présenter des solutions saines et légitimes aux différents problèmes, de manière à rassembler tous les citoyens.
Concernant les actions de l’État à travers ses différentes phases dans la poursuite de cette noble et légitime cause, on peut les résumer en trois étapes :
1. L’abolition de l’esclavage en 1981 : elle a été l’aboutissement de luttes de sensibilisation qui ont permis à la société de comprendre la nécessité de cette décision.
2. La lutte contre les séquelles de l’esclavage : elle a impliqué la création de tribunaux spécialisés et a résulté d’une lutte qui a permis de prendre conscience de l’importance de cette mesure.
3. La recherche de solutions de développement et la création de programmes : pour traiter la question de Haratines et d’autres préoccupations nationales, c’est l’étape que nous traversons actuellement.
Tant que le problème persiste, quiconque observe les mesures et les programmes actuels du gouvernement constatera l’importance accordée à l’éducation et au développement social. Ce sont là les véritables solutions au problème social des Haratines et aux autres problèmes nationaux liés aux griefs historiques.
La lutte des Haratines doit aujourd’hui se concentrer sur l’éducation et l’amélioration des conditions sociales des groupes vulnérables, car l’éducation est essentielle pour briser le cycle de l’ignorance et du dénuement. Une personne instruite est avant tout consciente d’elle-même et, ensuite, consciente de ses droits.
Dans la perspective d’un État civil multiethnique et multiculturel, nous devons rechercher des solutions globales et inclusives, exemptes de sélectivité, qui englobent tous les groupes vulnérables qui font partie d’un présent dans lequel l’État se trouve malgré lui, en raison de l’héritage d’un passé révolu.
Le gouvernement a fait sous la direction de Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, de la protection sociale et de l’éducation un objectif stratégique. Plusieurs programmes ont été lancés pour soutenir les groupes vulnérables, majoritairement Haratines, témoignant de la conscience qu’a le Chef de l’État de la sensibilité des enjeux nationaux, en particulier la question Haratines.
Conformément aux directives de Son Excellence le Président, le gouvernement a mis en place de nouveaux programmes et approches pour garantir l’égalité des chances et améliorer l’accès à l’éducation pour les groupes défavorisés. Ces programmes comprennent :
1. Le Programme scolaire républicain : Ce programme offre un accès égal à l’éducation à tous les citoyens dans un environnement d’apprentissage unique et financé par l’État, en levant les obstacles et en favorisant les échanges.
2. Le Programme d’excellence républicain : Ce programme s’adresse aux enfants issus des familles les plus vulnérables, scolarisés au collège et au lycée. Il prend en charge leur hébergement, leurs repas, leurs fournitures scolaires et leur verse une allocation mensuelle. Les bénéficiaires ont été sélectionnés par le biais du registre social, et la majorité sont Haratines. La phase pilote initiale a concerné plus de 300 enfants de différentes wilayas de Mauritanie.
3. Programme de bourses d’études supérieures pour les enfants inscrits au registre social : Ce programme permettait à tous ceux qui avaient obtenu une note de 9 ou plus à l’examen du baccalauréat de bénéficier d’une bourse universitaire. Plus de 6 000 élèves, majoritairement Haratines, en ont bénéficié.
4. Programme d’internat pour élèves : Ce programme s’adressait aux élèves issus de familles défavorisées inscrites au registre social, majoritairement Haratines, et leur offrait un logement décent sous la tutelle de l’État.
5. Programme de développement des villes solidaires : Ce programme visait à lutter contre l’habitat informel et à faire évoluer les mentalités dans les zones rurales, principalement habitées par des Haratines, en créant des regroupements modernes dotés de services publics complets.
Le premier projet pilote a été lancé en 2025 dans la municipalité de Boulahrat, relevant de la moughataa de Barkeol.
6. Programme de solidarité : Ce programme a bénéficié à la majorité des familles pauvres, notamment en milieu rural, majoritairement Haratines, grâce à une aide financière régulière qui dynamise l’économie locale.
7. Programme national d’assurance maladie (CNAM) : Ce programme couvrait la majorité des familles pauvres inscrites au registre social, majoritairement des Haratines, par l’intermédiaire de la délégation « Taazzour ».
8. Programme de solidarité sanitaire « CNASS » : Ce programme vise à fournir des soins de santé aux personnes travaillant dans le secteur informel, majoritairement des Haratines.
Tous ces programmes ciblent spécifiquement les groupes vulnérables et marginalisés, en particulier les Haratines, une initiative louable qui fait honneur au gouvernement et au chef de l’État.
Que se passerait-il si ce travail était accompagné soutenu par une campagne de sensibilisation et d’éducation communautaire mettant l’accent sur la nécessité pour ces groupes vulnérables, notamment les Haratines, d’avoir accès à ces programmes ?
Est-il nécessaire de mettre en place des programmes de sensibilisation et d’éducation communautaires pour souligner l’importance d’inclure ces groupes vulnérables, notamment les Haratines, dans ces programmes ?
Quel serait l’impact si le gouvernement et l’État adoptaient les propositions et solutions des leaders communautaires, des intellectuels et des experts concernant nos problèmes nationaux, au lieu de s’accrocher à des approches dépassées et qui, par leurs méthodes rigides et figées, font peut-être plus de mal que de bien ?
La lutte pour une cause sociale doit-elle rester stagnante, cantonnée au seul problème lui-même ? N’est-il pas temps de passer du problème à la recherche et à la mise en œuvre de solutions ?
Diverses problématiques nationales liées à des griefs historiques, comme la question des Haratines, exigent une approche globale qui implique tous les Mauritaniens et concilie la légitimité de ces problèmes avec l’impératif de coexistence pacifique entre tous les citoyens au sein d’un État civil moderne.
