Dans les années 1960 et 1970, une partie de la jeunesse mondiale regardait avec fascination la violence politique. Certains groupes armés d’extrême gauche ou de libération nationale étaient perçus comme des acteurs de la révolution ou de l’émancipation.
L’histoire a cependant montré que la violence exercée en dehors du cadre étatique ne conduit généralement ni à la démocratie ni à la stabilité. Avec le déclin des mouvements révolutionnaires armés, une nouvelle forme de violence a émergé : celle des groupes se réclamant d’une légitimité religieuse ou idéologique, jusqu’à atteindre une dimension mondiale avec le terrorisme jihadiste et les attentats du 11 septembre 2001.
Face à ce phénomène, l’expérience mauritanienne mérite une attention particulière. Son originalité réside dans le fait qu’elle n’a pas reposé uniquement sur la réponse sécuritaire, mais également sur le dialogue et les révisions doctrinales. L’enjeu n’est pas seulement d’obtenir une cessation des violences, mais de déconstruire les fondements idéologiques qui les justifient et d’obtenir un engagement clair et durable de renonciation à la violence.
Cette démarche ne remet nullement en cause l’autorité de l’État. Elle la renforce au contraire, car elle repose sur un principe fondamental de l’État moderne : le monopole de la violence légitime appartient à l’État seul, à charge pour lui d’exercer cette prérogative dans le respect de la légalité et de la légitimité.
Le message adressé aux groupes armés est donc simple : le temps des organisations armées est révolu. Dans une société régie par l’État de droit et les institutions, les idées se défendent par le débat et l’action politique pacifique, jamais par les armes.
L’expérience mauritanienne montre qu’il est possible de combattre le terrorisme avec fermeté, tout en ouvrant la voie au dialogue et à la réintégration. Mais elle rappelle également que la paix durable repose avant tout sur le renoncement sans ambiguïté à la violence et sur l’adhésion aux règles de l’État de droit.
Abdel Kader Ahmedou
