par Webmaster | 18 04 26 | Actualitès, Politique
Monsieur le Député, Il est des moments dans l’histoire d’un pays où la parole publique cesse d’être un simple instrument de positionnement pour devenir une épreuve de responsabilité. Nous sommes, me semble-t-il, à l’un de ces moments décisifs.
Votre trajectoire, votre combat, votre nom même, ne relèvent plus seulement du registre politique : ils appartiennent désormais à une mémoire collective, à une lutte qui a traversé les consciences et contribué à déplacer les lignes du possible en Mauritanie.
C’est précisément pour cette raison que cette lettre se veut à la fois respectueuse et exigeante. Respectueuse de votre engagement indéniable contre les formes historiques et contemporaines de domination ; exigeante parce que toute figure majeure, lorsqu’elle accède à ce degré de centralité, se voit investie d’une responsabilité supérieure : celle de savoir non seulement dénoncer, mais aussi préserver, orienter, apaiser lorsque cela devient nécessaire.
Vous avez incarné, et continuez d’incarner, une voix qui dérange, qui interpelle, qui refuse les silences confortables. Cette voix a été essentielle. Elle a permis de nommer des réalités que d’autres préféraient ignorer. Elle a forcé le débat. Elle a donné une visibilité à des souffrances longtemps marginalisées. Mais toute parole qui transforme le réel finit, à un moment donné, par se heurter à une autre exigence : celle de mesurer ses effets dans un contexte où la tension sociale peut basculer.
C’est ici que se situe le cœur de cette interpellation.
Aujourd’hui, la Mauritanie n’est plus celle d’hier. Non pas que les injustices aient disparu — elles persistent, parfois avec la même brutalité silencieuse — mais leur nature s’est transformée, déplacée, recomposée. L’esclavage, tel qu’il a été historiquement dénoncé, ne constitue plus l’unique matrice de lecture des rapports sociaux. Il subsiste des traces, des héritages, des situations inacceptables — nul ne peut le nier — mais la réalité dominante semble désormais être celle d’une injustice plus diffuse, plus transversale, qui touche différentes composantes de la société, y compris les Haratines, mais sans s’y limiter.
Réduire la complexité actuelle à une seule grille de lecture comporte un risque : celui d’enfermer la lutte dans une forme d’absolu qui, paradoxalement, peut limiter son efficacité et accroître les tensions qu’elle entend combattre.
Vous le savez mieux que quiconque : les sociétés ne se transforment pas uniquement par la confrontation. Elles se transforment aussi par des moments de suspension, de réévaluation, de déplacement stratégique. Il ne s’agit pas de renoncer. Il s’agit de choisir le moment, le ton, la forme.
La confrontation permanente, lorsqu’elle devient un horizon en soi, peut produire des effets contraires à ceux qu’elle vise. Elle peut renforcer les peurs, rigidifier les positions, enfermer chacun dans son camp. Elle peut, surtout, exposer des citoyens ordinaires — souvent les plus vulnérables — à des conséquences qu’ils ne maîtrisent pas.
Et c’est là que surgit une question fondamentale, presque tragique dans sa formulation : que vaut une cause, aussi juste soit-elle, si elle conduit à sacrifier ceux-là mêmes qu’elle prétend défendre ?
Il ne s’agit pas ici d’un renoncement moral. Il s’agit d’un déplacement de la responsabilité. Le véritable courage politique ne réside pas uniquement dans la dénonciation, mais dans la capacité à protéger, à éviter que des tensions légitimes ne se transforment en fractures irréversibles.
Vous avez, à un moment donné, engagé une démarche différente. Un moment rare dans la vie politique mauritanienne : celui d’un rapprochement, d’une tentative de dialogue avec le pouvoir de Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani. Vous avez vous-même reconnu, publiquement, avoir trouvé en lui un « ami ». Ce mot n’est pas anodin. Il dépasse la simple cordialité politique. Il suggère une possibilité : celle d’un espace de confiance, fragile mais réel, où la parole peut circuler autrement que dans l’opposition frontale.
Pourquoi ne pas revisiter ce moment ? Non pas comme une parenthèse, mais comme une piste stratégique.
Le dialogue n’est pas une faiblesse. Il est, dans certaines configurations, la forme la plus exigeante de la lutte. Il suppose de renoncer à la pureté du conflit pour entrer dans la complexité du compromis — non pas un compromis de renoncement, mais un compromis de transformation progressive.
Il ne s’agit pas d’oublier les injustices. Il s’agit de les inscrire dans une dynamique où leur résolution devient possible sans produire de nouvelles fractures.
Votre position actuelle vous place à un carrefour. Vous pouvez continuer à incarner une ligne de confrontation permanente, avec les risques qu’elle comporte dans un contexte social sensible. Ou vous pouvez opérer un déplacement stratégique : maintenir la fermeté sur les principes, tout en ouvrant des espaces de désescalade.
Ce choix n’est pas seulement politique. Il est profondément humain.
Car au-delà des concepts, des discours et des analyses, il y a des vies. Des citoyens, parfois jeunes, parfois désorientés, parfois facilement mobilisables, qui peuvent devenir les instruments d’une tension qui les dépasse. Les préserver, c’est peut-être aujourd’hui la forme la plus haute de responsabilité.
Accepter, si nécessaire, de ralentir une ambition politique — non pour y renoncer, mais pour la reconfigurer — peut apparaître comme une perte à court terme. Mais c’est souvent, dans l’histoire, ce type de geste qui ouvre des possibilités durables.
Les grandes figures politiques ne sont pas seulement jugées à l’intensité de leur combat, mais à leur capacité à en maîtriser les effets.
Vous avez déjà marqué l’histoire politique de la Mauritanie. La question qui se pose désormais est la suivante : comment inscrire cette trajectoire dans une perspective qui dépasse le conflit immédiat pour ouvrir un horizon de stabilité, de justice et de coexistence ?
La Mauritanie a besoin de voix fortes. Mais elle a aussi besoin de voix capables de moduler leur intensité en fonction des risques du moment. Elle a besoin de leaders capables de dire « non », mais aussi, lorsque cela devient nécessaire, de dire « avançons autrement ».
Ce n’est pas une demande de renoncement. C’est une invitation à une forme plus complexe de courage.
Le courage de suspendre.
Le courage de réévaluer.
Le courage de protéger.
Peut-être est-ce là, aujourd’hui, la tâche la plus difficile — et donc la plus nécessaire.
Veuillez croire, Monsieur le Député, en l’expression d’une considération à la hauteur de l’enjeu que vous incarnez.
Fin
Sneiba Mohamed,
Professeur à la veille de la retraite
Journaliste
Ancien d’El Hor et de la première opposition (1989-2005).
par Webmaster | 18 04 26 | Actualitès, Tribunes
La visite effectuée ces jours-ci par le Président mauritanien Ghazouani en France « dépasse le cadre protocolaire », affirme le président fondateur et illustre magistrat Cheikh Sidi Mohamed Cheina (Observatoire Franco-Mauritanien pour l’Éducation et la Promotion des Droits de l’Homme) Ould Cheina.
Plus, elle consacre la profondeur des relations historiques entre les deux pays et confirme le positionnement de la Mauritanie comme acteur stratégique et pôle de stabilité dans un environnement régional marqué par de fortes incertitudes, a posté dans l’article ci-dessous l’illustre magistrant.
Après plus d’une décennie passée en France dans le cadre d’un parcours académique, et en tant qu’ancien président fondateur de l’une des premières ONG de droit français créée par un Mauritanien — l’Observatoire Franco-Mauritanien pour l’Éducation et la Promotion des Droits de l’Homme (OFMEP-DH), établi à Paris-Aubervilliers au début des années 2000— nous disposons d’une lecture éclairée de l’évolution des relations franco-mauritaniennes, partagée par de nombreux diplômés mauritaniens et français des grandes écoles et universités françaises.
À ce titre, nous suivons avec un intérêt soutenu et une légitime fierté la visite d’État de Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République Islamique de Mauritanie, en France. Cette visite dépasse le cadre protocolaire : elle consacre la profondeur des relations historiques entre les deux pays et confirme le positionnement de la Mauritanie comme acteur stratégique et pôle de stabilité dans un environnement régional marqué par de fortes incertitudes.
Cette dynamique s’articule autour de plusieurs axes majeurs :
1. Une référence en matière de stabilité sécuritaire au Sahel
Dans un contexte régional fragilisé, la Mauritanie se distingue par sa stabilité et sa capacité d’anticipation.
Le leadership du Président de la République s’impose comme un facteur clé de sécurité, favorisant une coopération approfondie avec la France, fondée sur le partage d’expertises en matière de lutte contre le terrorisme et de contrôle des frontières.
L’approche mauritanienne, axée sur la prévention et le dialogue, constitue à cet égard un modèle pertinent pour la stabilisation durable du Sahel central.
2. Une gestion concertée et efficace des migrations irrégulières
La Mauritanie s’affirme comme un partenaire essentiel de l’Europe et de la France dans la régulation des flux migratoires.
Les actions engagées contre les réseaux de traite des êtres humains, soutenues par un dispositif législatif renforcé — notamment la loi n° 038-2024 — traduisent une volonté de politique pénale ferme.
A titre d’exemple, les jugements du Tribunal spécial de Lutte contre l’Esclavage, la Traite des Personnes, et l’Immigration illicite lors de sa seule première année d’exercice (2025) ont atteint 205 affaires traitées par le nouveau mécanisme juridique témoignent de l’engagement ferme de l’État.
La coopération technique et judiciaire en constante progression témoigne d’une convergence des efforts pour traiter à la fois les causes profondes des migrations et leurs implications sécuritaires.
3. Des perspectives économiques structurantes et durables
Le développement des investissements français dans des secteurs clés tels que l’hydrogène vert, le gaz et les industries extractives ouvre des perspectives significatives pour la Mauritanie.
Ces projets constituent des opportunités concrètes pour la mobilisation des compétences nationales et participent à la transformation économique du pays, tout en renforçant sa souveraineté énergétique.
4. Les compétences nationales au cœur du partenariat
Les diplômés mauritaniens issus du système français représentent un levier stratégique de coopération.
Grâce à leur double expertise, ils jouent un rôle déterminant dans le rapprochement des deux pays et dans la mise en œuvre effective des projets communs, agissant comme de véritables relais d’influence et de développement.
En somme, la visite du Chef de l’État à Paris envoie un signal fort : la Mauritanie, sous son impulsion, s’affirme comme un partenaire incontournable, engagé pour le renforcement de la stabilité, de la sécurité et du développement durable en Afrique.
Cheikh Sidi Mohamed Cheina
Magistrat
– Président sortant du Tribunal spécial chargé de la lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants
– Ancien Président du Pôle de l’Instruction Antiterroriste et Traitement des crimes de sécurité de l’État et Infractions des militaires, 1er Cabinet du Tribunal de wilaya Nouakchott Ouest,
– Ancien Président des Chambres Administrative et Commerciale près la Cour d’Appel de la Wilaya de Dakhket-Nouadhibou,
– Ancien Procureur de la République de Nouakchott,
– Président fondateur de l’OFMEP-DH
(Observatoire Franco-Mauritanien pour l’Éducation et la Promotion des Droits de l’Homme)
par Webmaster | 18 04 26 | Actualitès, Sociétés
Le président de la Fédération du commerce de Mauritanie, Mahmoud O. Salem, a déclaré que l’approvisionnement en denrées alimentaires sur le marché était « assuré » et qu’aucune augmentation des prix n’est justifiée tout en reconnaissant cependant l’existence de cas de spéculation et de monopole.
Lors d’une conférence de presse à Nouakchott vendredi soir, ould Salem a ajouté que les stocks actuels étaient « suffisants » et que des livraisons supplémentaires arrivaient dans le pays, estimant que toute hausse des prix était « injustifiée » et que ses auteurs en assumeraient les conséquences sans le soutien de la Fédération.
Il a précisé que la Fédération avait pris des mesures pour lutter contre la spéculation, dans le cadre d’un accord avec le ministère du Commerce et du Tourisme visant à fixer des plafonds de prix pour un certain nombre de produits de première nécessité, parmi lesquels le sucre, le riz et les produits laitiers.
Le président de la fédération du commerce a indiqué que les autorités avaient renforcé la surveillance du marché, appelant les commerçants à respecter les marges bénéficiaires fixées conformément aux factures d’approvisionnement, et ajoutant que les coûts de transport des denrées alimentaires n’avaient pas changé malgré la hausse des prix du carburant.
Dans le même contexte, le président de la Fédération des industries et des mines Naji Ould Ichidou, a déclaré que les prix des produits manufacturés localement étaient « stables », aucune pénurie de matières premières n’ayant été enregistrée.
Il a ajouté que les prix des produits de première nécessité tels que la farine, les aliments de bétail, le lait et le ciment n’ont pas connu d’augmentation, soulignant la baisse du prix de la farine destinée aux boulangeries, tout en maintenant les prix des aliments pour animaux, du lait et du ciment à des niveaux fixés en concertation avec les autorités compétentes.
par Webmaster | 18 04 26 | Actualitès, Economie
La Mauritanie accélère ses efforts de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Dans le secteur public, par exemple, le gouvernement a déjà digitalisé plusieurs dizaines de services afin de rapprocher l’administration des populations.
Les autorités mauritaniennes négocient un financement de 50 millions de dollars avec la Banque islamique de développement (BID) pour soutenir la transformation numérique du pays. Les deux parties ont signé à cet effet un accord de principe le mardi 14 avril.
Ce programme de soutien vise la mise en œuvre de quatre projets principaux : le développement des infrastructures et des équipements numériques, le renforcement de la cybersécurité, le soutien à l’interopérabilité et la modernisation des systèmes numériques, le développement des compétences numériques et de la connectivité, ainsi que la promotion de l’innovation et des start‑up.
En janvier 2025, le gouvernement mauritanien a lancé le projet Digital‑Y, financé à hauteur de 4 millions d’euros et réalisé en partenariat avec la coopération allemande. Ce projet vise à intégrer les outils numériques dans la gestion publique afin de moderniser les services, renforcer la transparence administrative et stimuler le développement économique et social.
La Mauritanie collabore aussi avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Cette dernière accompagne plusieurs initiatives, dont la construction d’un centre de données à Nouakchott et la liaison du pays à un nouveau câble sous‑marin en fibre optique. La Banque européenne d’investissement (BEI) finance ce projet à hauteur de 25 millions d’euros (29,4 millions de dollars), tandis que la Banque mondiale apporte 10 millions d’euros.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions des autorités mauritaniennes de « faire du numérique et de l’innovation un levier clé de modernisation de l’administration, d’inclusion sociale et de renforcement de la compétitivité ». Dans sa stratégie 2022–2025, le pays visait à l’horizon 2025 une valeur ajoutée du numérique de 700 millions de dollars, soit 8 % du produit intérieur brut (PIB), contre 350 millions de dollars et 4,5 % du PIB en 2020. Le gouvernement visait également 15 000 emplois directs et indirects créés grâce au numérique, contre 5 000 en 2020.
Pour le moment, la Mauritanie occupe la 165e position sur 193 à l’indice de développement de l’e‑gouvernement établi par les Nations Unies en 2024. Son score de 0,3491 reste inférieur aux moyennes continentale (0,4247) et mondiale (0,6382), traduisant des défis persistants en matière de numérisation des services publics. En matière de cybersécurité, le pays s’est classé au quatrième et avant‑dernier palier (Tier 4) à l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec des lacunes dans les volets organisationnels, techniques, de développement des capacités et de coopération.
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par Webmaster | 18 04 26 | Actualitès, Politique
Le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rencontré, ce vendredi soir, à sa résidence à l’hôtel Le Bristol dans la capitale française Paris, des membres de la communauté mauritanienne établie à l’Hexagone dont ses représentants.
Ce tête-à-tête intervient selon des sources officielles, dans le cadre de la visite d’État effectuée par Ghazouani à la France, dont aujourd’hui est le troisième.
Le Chef de l’État vise à travers cette rencontre avec la diaspora à renforcer le contact direct avec les citoyens vivant à l’étranger, indique-t-on.
Ghazouani a écouté les principales préoccupations exprimées par ses interlocuteurs et pris connaissance de leurs conditions de vie, apprend-on.
Les échanges entre le Président et la communauté mauritanienne expatriée se sont déroulés dans un esprit d’échange et de proximité « visant à consolider les liens entre la diaspora et les institutions nationales », dit-on.