par Webmaster | 29 01 26 | Sports

La Fédération africaine de football (CAF) a rendu publique sa décision à l’issue de la finale Maroc – Sénégal, dont ce dernier est sorti vainqueur et contrairement à ce que certaines rumeurs laissaient entendre, le Sénégal n’a pas perdu son titre de la CAN.
Les Lions de la Teranga, qui avaient fait le choix symbolique de quitter le terrain après un penalty accordé aux Marocains dans le temps additionnel, sont les plus lourdement sanctionnés par le jury disciplinaire de la CAF. Le sélectionneur Pape Thiaw, notamment, a écopé de cinq matches de suspension, ainsi que d’une amende personnelle de plus de 80 000 €. Ndiaye et Ismaïla Sarr sont les deux joueurs aussi sanctionnés, de deux matches de suspension. Enfin, la fédération sénégalaise de football doit payer une amende record de près de 515 000 €.
Le pays hôte, le Maroc, a aussi eu des sanctions, notamment sa star, Achraf Hakimi, qui a écopé d’un match de suspension avec sursis. Ismaël Saibari, lui, a eu la plus lourde sanction pour un joueur, à savoir trois matches de suspension. La fédération marocaine de football a elle aussi écopé d’une amende, de près de 260 000 €.
par Webmaster | 29 01 26 | Actualitès, Politique

Le débat parlementaire, y compris celui de l’opposition, n’a pas remis en cause l’exactitude des chiffres présentés par le Premier ministre, à l’occasion de son exposé relatif au bilan 2025 et aux perspectives 2026 de l’action gouvernementale, a affirmé le Porte-parole du Gouvernement et ministre de la Culture, des arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement Houssein Ould Meddou.
Les joutes parlementaires se sont plutôt concentrées sur l’impact réel de ces acquis sur la vie des citoyens, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’eau, de la santé et des services de base, a ajouté Meddou, qui s’expriment à l’occasion de l’organisation de membres du Gouvernement d’une conférence de presse consacrée à des commentaires des résultats du Conseil des ministres tenu dans la matinée.
Ceci reflète le sérieux de l’approche gouvernementale en matière d’évaluation et de redevabilité, a indiqué le Porte-parole, selon lequel, que dans la mise en œuvre des programmes auxquels le gouvernement s’est engagé.
Le bilan a été présenté de manière précise et chiffrée, facilitant ainsi la mission de contrôle des parlementaires et permettant au gouvernement de mettre en évidence les réalisations accomplies comme celles qui n’ont pas encore été pleinement réalisées, a poursuit le Porte-parole.
Meddou a qualifié enfin, ledit bilan de qualitatif, au regard de l’ampleur des acquis obtenus et de leur impact cumulatif, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures hydrauliques et de l’énergie.
par Webmaster | 29 01 26 | Actualitès, Sociétés, Tribunes

Une nausée collective s’est installée. Elle ne vient ni d’une crise sanitaire, ni d’une pollution industrielle ni d’un égout a ciel ouvert mais d’une contamination bien plus insidieuse : celle de la parole publique. Le débat politique, autrefois conçu comme l’agora où s’affine la chose commune, s’apparente désormais à un égout à ciel ouvert où circulent en flux continu insultes, accusations infondées et passions malsaines. L’air est devenu irrespirable et beaucoup ont le sentiment de suffoquer, écœurés au point de se détourner. Comment en sommes-nous arrivés là ? et surtout, comment sortir de cette asphyxie démocratique toxique ?
Les réseaux sociaux, optimisés pour l’engagement émotionnel, agissent comme le collecteur principal. L’insulte, la simplification outrancière et l’accusation ad hominem y génèrent un trafic intense. Ce contenu, conçu pour le clash, déborde ensuite dans l’espace médiatique traditionnel. Les sites d’information, les pages personnelles en quête d’audience, deviennent alors des chambres d’écho de cette violence verbale, légitimant par leur exposition ce qui n’était au départ qu’un cri numérique.
Si une déclaration polémique est lancée elle est immédiatement reprise, décortiquée, surinterprétée par les médias affiliés, partagée des milliers de fois, avant d’être brandie par l’adversaire comme preuve de la malveillance de son auteur. La phrase, vidée de son contexte, devient un étendard ou un chiffon rouge. La vérité des faits se noie dans le flux des réactions. Tel un monstre l’affaire se nourrit d’elle-même jusqu’à épuisement, laissant derrière elle un dépôt de méfiance et de cynisme.
Dans cette atmosphère saturée d’éthylène de la colère, les sujets complexes s’évaporent.
Cette pollution n’est pas un accident. Elle est le produit de logiques convergentes ,en effet dans un marché saturé d’informations, l’insulte, la peur et la colère sont des produits à haute valeur audimatique. Elles captent le regard plus sûrement qu’une analyse mesurée. Une partie des médias et de la classe politique a ainsi fait un pacte faustien avec le spectacle de la division.
Pour une partie des acteurs politiques, cette « puanteur » est un outil délibéré
et pour une partie des médias un revenu financier. En diabolisant l’adversaire, en alimentant un récit de trahison des élites ou de menace existentielle, on mobilise une base électorale par la passion bien plus efficacement que par le programme. Le but n’est pas de convaincre l’autre, mais de radicaliser le sien.
Le débat public vit désormais au rythme du « temps réel » des réseaux sociaux . La retenue, qui implique de se taire pour réfléchir, de laisser mûrir une idée, est perçue comme une faiblesse. Il faut réagir dans l’heure, « marquer un point ».
Mais les conséquences vont bien au-delà d’un simple malaise passager. C’est la santé même de la démocratie qui est atteinte.
Quand le débat public donne envie de vomir, on ferme la fenêtre et l’abstention massive est la traduction politique de cette nausée. Pourquoi participer à un spectacle qui vous révulse ?
La banalisation de la violence verbale prend le dessus quand les représentants nationaux s’accusent publiquement de corruption, de trahison ou de bassesse sans aucune retenue, ils légitiment ce registre dans tout le corps social. L’insulte devient alors un mode normal de dialogue dans les hémicycles et les salles de réunions.
Le compromis disparaît alors la démocratie représentative repose sur l’art du compromis, de la recherche d’un terrain d’entente. Or, dans un climat d’empoisonnement permanent, toute concession est présentée comme une capitulation, tout dialogue avec l’adversaire comme une collusion. Le compromis devient intenable, condamnant la société à l’impuissance ou à l’affrontement.
La tentation autoritaire ressurgit et l’écœurement peut faire naître, dans une partie de l’opinion, une nostalgie pour l’ordre pur, pour un homme ou une femme providentiel qui viendrait « nettoyer » les écuries d’Augias du débat public. Cette solution, séduisante par sa simplicité, est un piège mortel pour les libertés.
L’assainissement est possible, mais il exige une prise de conscience et une action collective.
Il faut refuser d’être un canal pour les poisons. Avant de partager une insulte, de relayer une accusation non vérifiée, s’arrêter. Choisir de s’informer auprès de sources qui privilégient la vérification des faits (fact-checking) et l’analyse contextuelle. Désintoxiquer son fil d’actualité, c’est le premier geste sanitaire ensuite valoriser les contre-espaces car l’égout médiatique n’est pas tout le pays. Il existe encore des lieux où le débat substantiel, respectueux et constructif se pratique. Les soutenir, y participer, c’est recréer des oasis de la parole saine.
En tant que citoyens, téléspectateurs, lecteurs, nous avons un pouvoir : celui de l’exigence. Écrire à un média pour dénoncer un traitement sensationnaliste, interpeller un élu sur la tenue de ses propos, récompenser par son attention les discours de fond, sont des actes politiques de résistance. Nous devons résister. Résistons!
La grande puanteur du débat public n’est pas une fatalité. C’est le symptôme d’une démocratie fatiguée, instrumentalisée par les logiques du spectacle ,de la division et du mercantilisme. Mais une démocratie, aussi malade soit-elle, conserve en elle les anticorps nécessaires à sa guérison : la raison, l’exigence de vérité et le respect tenace de l’autre. C’est à nous, citoyens, de les réactiver. Avant que l’écœurement ne nous fasse tout simplement fermer les yeux.
Deida Ahmed Bezeid
par Webmaster | 29 01 26 | Actualitès, Politique
Le Conseil des Ministres a effectué au cours de sa réunion d’aujourd’hui mercredi 28 Janvier 2026, un Projet de décret portant déclaration d’utilité publique de réserves foncières à Nouakchott Ouest, Moughataa de Sebkha, au profit de la Société d’Aménagement du Littoral de Nouakchott (la SALN).
L’octroi de ces parcelles de terrain s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet visant à protéger, développer et valoriser durablement le littoral de Nouakchott, indique le communiqué du Conseil ministériel.
Une protection qui intervient selon le Gouvernement, dans un contexte marqué par la vulnérabilité climatique, la pression urbaine croissante et les besoins de développement économique et social de la capitale.
Toujours selon le Gouvernement, ledit projet s’inscrit dans une stratégie de long terme, conforme au SDAU de Nouakchott et à la Directive d’Aménagement du Littoral (DAL) en cours d’élaboration.
Le projet poursuit les objectifs suivants :
*– Protéger la ville de Nouakchott contre l’érosion côtière, la submersion marine et les inondations ;
– Structurer un développement urbain maîtrisé et conforme au cadre réglementaire national ;
– Stimuler la croissance économique par la création d’emplois et d’activités durables
– Reconnecter la ville à son littoral à travers des espaces publics accessibles ;
– Renforcer la cohésion sociale par des équipements collectifs et des espaces verts ;
– Préserver et restaurer les écosystèmes littoraux.
Lire l’intégralité du communiqué sanctionnant le conclave gouvernemental ci-dessous :
Le Conseil des Ministres s’est réuni le mercredi 28 janvier 2026, sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed OULD CHEIKH EL-GHAZOUANI, Président de la République.
Le Conseil a examiné et adopté les projets de textes suivants :
‐ Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration de l’Ecole de Santé Publique de Kiffa.
‐ Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration de l’Ecole de Santé Publique de Sélibabi.
‐ Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret 024-2025 du 04 mars 2025, fixant les taxes et redevances minières.
Ce projet de décret vise une révision progressive des taxes minières, ce qui constitue une mesure légitime et réfléchie et opportune, répondant à l’orientation stratégique des plus hautes autorités de l’État visant à garantir un partage plus équitable de la valeur créée entre l’État et les opérateurs miniers, tout en assurant la soutenabilité du secteur à long terme.
Elle produira, par ailleurs, des effets structurants immédiats sur le fonctionnement du cadastre minier et sur l’attractivité du secteur. En renforçant le caractère dissuasif des taxes superficielles annuelles et des droits liés à la détention des titres, cette mesure permettra de résorber l’ensemble des demandes enregistrées depuis plusieurs années, aujourd’hui bloquées par la rétention artificielle de vastes superficies.
‐ Projet de décret portant déclaration d’utilité publique de l’emprise du couloir de servitude et de sécurité de la ligne électrique à haute et moyenne tension et des postes de transformation associés de la SOMELEC.
L’objectif principal de cette déclaration est de sécuriser les emprises du couloir de servitude et de sécurité de la ligne ainsi que les terrains destinés aux centrales solaires et postes de transformation associés, conformément à l’esprit de la réglementation foncière et domaniale nationale, toute emprise destinée à accueillir des ouvrages électriques doit faire l’objet d’une déclaration d’utilité publique (DUP), préalable aux procédures d’expropriation et d’indemnisation.
Pour rappel, le projet d’interconnexion électrique Nouakchott-Néma (225 kV) constitue un levier stratégique pour le développement énergétique durable de notre pays, en renforçant les capacités de production, de transport et d’interconnexion du réseau national.
‐ Projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à Nouakchott Sud, Moughataa de El Mina au profit de la Société d’Aménagement du Littoral de Nouakchott (la SALN).
‐ Projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à Nouakchott Ouest, Moughataa de Tevragh Zeina, au profit de la Société d’Aménagement du Littoral de Nouakchott (la SALN).
‐ Projet de décret portant déclaration d’utilité publique de réserves foncières à Nouakchott Ouest, Moughataa de Sebkha, au profit de la Société d’Aménagement du Littoral de Nouakchott (la SALN).
L’octroi de ces parcelles de terrain s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet visant à protéger, développer et valoriser durablement le littoral de Nouakchott, dans un contexte marqué par la vulnérabilité climatique, la pression urbaine croissante et les besoins de développement économique et social de la capitale.
Le projet s’inscrit dans une stratégie de long terme, conforme au SDAU de Nouakchott et à la Directive d’Aménagement du Littoral (DAL) en cours d’élaboration.
Le projet poursuit les objectifs suivants :
– Protéger la ville de Nouakchott contre l’érosion côtière, la submersion marine et les inondations ;
– Structurer un développement urbain maîtrisé et conforme au cadre réglementaire national ;
– Stimuler la croissance économique par la création d’emplois et d’activités durables
– Reconnecter la ville à son littoral à travers des espaces publics accessibles ;
– Renforcer la cohésion sociale par des équipements collectifs et des espaces verts ;
– Préserver et restaurer les écosystèmes littoraux.
‐ Projet de décret fixant les modalités pratiques de gestion et de suivi du compte d’affectation spéciale (CAS) dénommé « Renforcement des Capacités Techniques et Professionnelles de la Direction des Transports ».
Ce projet de décret vise à créer un compte d’affectation de spécial afin de renforcer les capacités techniques et professionnelles de l’administration des transports en finançant des programmes de formation et de perfectionnement au profit du personnel de la Direction des Transports, en vue de renforcer leurs compétences techniques et professionnelles, permettant d’améliorer les performances des agents, leurs conditions de travail, et par conséquent la qualité des services publics offerts.
Le financement de ce compte spécial reposera sur l’affectation d’un pourcentage des recettes générées par les droits liés aux services administratifs fournis par le secteur des transports. Ce mécanisme garantit un financement durable, sans alourdir le budget général de l’État.
Le ministre de la Justice a présenté une communication relative à la cession du Conseil Supérieur de la Magistrature pour l’année 2025.
La communication précise que cette session a constitué une étape importante pour évaluer la performance du système judiciaire en 2025 et déterminer les priorités visant à accroître l’efficacité et la confiance dans le système judicaire, en approuvant des recommandations visant l’amélioration de la qualité du travail judiciaire, la mise à jour du code d’éthique du juge, la consécration des normes professionnelles et transparentes relatives à la gestion des ressources humaines ainsi que le règlement de la situation de certains fonctionnaires et l’intégration d’une nouvelle promotion. Dans le même contexte, des mesures prioritaires seront mises en place pour renforcer les ressources humaines, moderniser le cadre juridique et les procédures, améliorer la formation et les équipements, adopter une gouvernance transparente du parcours professionnel et fixer des délais pour la mise en œuvre des autres objectifs de la réforme.
Le Conseil Supérieur de la magistrature a salué le travail accompli au cours de l’année écoulée grâce aux efforts des juges, greffiers et auxiliaires de justice, et a appelé à la poursuite du travail avec sérieux et discipline, ainsi qu’à l’amélioration de la qualité de la performance, conformément à l’ambition de Son Excellence le Président de la République, Président du Conseil Supérieur de la magistrature, d’établir une justice indépendante, impartiale et efficace qui consolide l’État de droit et renforce la confiance des citoyens et des résidents étrangers. Le Conseil a également souligné que cette voie est un engagement ferme et que le respect des devoirs professionnels et de l’éthique est une condition nécessaire pour mieux assumer la responsabilité judiciaire.
Le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur a présenté une communication relative à la situation internationale.
Le Ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement Local a présenté une communication relative à la situation intérieure.
Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :
Ministère de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement Local
Cabinet du Ministre
– Chargé de mission : Vadili Ould Naji, Contrôleur de Police.
Ministère de l’Education et de la Réforme du Système d’Enseignement
Cabinet du Ministre
– Chargé de mission : Bal Mohamed El Mokhtar, précédemment chef du Pôle Ouest
– Chargé de mission : Sidi Ould Moylid, précédemment Coordinateur Sectoriel chargé de la Lutte contre le Sida dans les Milieux Scolaires
– Conseiller chargé des Syndicats : Khalifa Cheikh Hamma Ekbir, précédemment Chef de Service à la Direction Régionale de Nouakchott Ouest
Inspection Interne
– Inspecteur Général : Mohamed Bilal Meissara, Inspecteur de l’Enseignement secondaire
Administration Centrale
Direction Générale des Ressources
– Directeur Général : Naji Said, précédemment Inspecteur Général
Direction de la Nutrition et de l’Education Sanitaire
– Directeur : Mohamed Ould Abderrahmane, précédemment Directeur de l’Enseignement Secondaire
Direction de la Promotion des Sciences
– Directeur : El Housseine Ould Ethmane, précédemment Directeur Adjoint des Bâtiments
Direction de l’Enseignement Secondaire
– Directrice : El Betoul Ainina, précédemment Chef de Service de la Direction de l’Enseignement Secondaire
Direction des Examens
– Directeur Adjoint : Mohamed Salem Mohamed Moussa Sebti, Inspecteur de l’Enseignement Secondaire
Direction des Bâtiments et de l’Entretien
– Directeur Adjoint : Mohamedou Adama Diallo, précédemment Directeur Adjoint de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Kaédi
Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement
Cabinet du Ministre
– Conseiller chargé de l’Hydraulique Urbaine : El Moustapha Ould Mahmoudi
Ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement
Administration Centrale
Direction Financière
– Directeur : Sid’Ahmed Mohamed Ahmed
par Webmaster | 28 01 26 | Actualitès, Politique

A l’issue de l’examen et de l’adoption de la Loi de finances initiale 2026, le Président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, M. Aly Mamoudou Kane, revient sur le rôle central joué par la Commission durant le marathon budgétaire, les principales orientations du projet de loi défendu par le Gouvernement, les innovations introduites par ce budget et les mécanismes de contrôle dont dispose le Parlement pour en assurer le suivi.
Question : Monsieur le Président, pouvez-vous rappeler brièvement le rôle de la Commission des finances dans l’examen et l’adoption de la Loi de finances initiale, et quelles ont été les principales orientations retenues par le Gouvernement dans le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale ?
Aly Mamoudou Kane : Dans un contexte de stabilité aussi bien sécuritaire que politique, marqué par une reprise économique soutenue par les activités minières, la consolidation de la production agricole et le démarrage de la production gazière, la Loi de finances initiale (LFI) vise essentiellement à consolider les acquis et à poursuivre le programme inspiré par le Président de la République.
Globalement, ce projet de budget accorde une attention particulière aux secteurs sociaux, notamment l’éducation et la santé, ainsi qu’à la sécurité et aux infrastructures (routes, hydraulique), qui consomment l’essentiel des ressources budgétaires.
Avec l’introduction du budget-programme, le rôle du Parlement, à travers la Commission des finances, consiste à accompagner l’action du Gouvernement tout en se dotant de moyens de contrôle renforcés pour garantir la transparence dans la gestion des deniers publics.
Question : Comment se sont déroulées les séances d’audition des différents ministres devant la Commission des finances ? Les échanges ont-ils permis d’éclaircir les principales préoccupations soulevées par la représentation nationale ?
Aly Mamoudou Kane : Ce que l’on appelle le « marathon budgétaire » a débuté le 10 novembre pour s’achever le 29 décembre, soit 49 jours d’intenses travaux. Durant cette période, 33 séances ont été tenues avec des ministres ou institutions assimilées, notamment le CSA, TAAZOUR et la CDHAHRSC.
Je me félicite de la participation active des députés, aussi bien de la majorité que de l’opposition. Les séances ont souvent été longues et intenses, mais toujours empreintes de courtoisie.
Chaque audition débutait par une présentation du ministre, exposant le bilan de son département, les perspectives pour l’année à venir et les crédits sollicités. S’ensuivaient les interventions des députés sous forme de questions, commentaires et suggestions, auxquelles le ministre répondait.
De nombreux éclairages ont été apportés, même si les députés ressortent parfois insatisfaits des réponses fournies.
Les départements ayant suscité le plus de débats sont notamment :
Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, sur les questions migratoires, l’accès à l’état civil, la loi sur les partis politiques, les activités de police et l’appui aux collectivités locales ;
Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, l’accès à l’eau demeurant une préoccupation majeure dans un pays à forte vocation pastorale et au climat désertique, avec des discussions récurrentes sur la SNDE ;
Le ministère de l’Éducation, en raison des enjeux liés à la qualité de l’enseignement ;
Le ministère de la Santé, également très sollicité.
Un intérêt particulier a aussi été observé pour TAAZOUR et le CSA, en raison de l’ampleur de leurs interventions dans les wilayas, ainsi que pour la SOMELEC au niveau du département de l’Énergie, du fait des délestages fréquents.
À l’issue des travaux, j’ai noté un large consensus autour des questions de défense et de diplomatie. Les débats concernant ces départements régaliens ont été marqués par le respect et la compréhension. C’est l’occasion de rendre hommage au Chef de l’État pour son approche pragmatique et efficace dans ces domaines.
Je remercie également les ministres pour leur attitude coopérative. Des amendements ont été proposés, mais finalement rejetés en plénière. Le budget 2026 a donc été adopté tel que présenté par le Gouvernement, assorti toutefois de recommandations formulées par la Commission, que le ministre des Finances s’est engagé à examiner pour les prochains exercices.
Question : Quelles sont, selon vous, les principales innovations contenues dans la Loi de finances initiale adoptée par l’Assemblée nationale ?
Aly Mamoudou Kane : La principale innovation réside dans l’introduction du budget-programme, qui permet de relier les moyens alloués aux résultats attendus. Cette approche facilite également le contrôle de l’action gouvernementale par les structures compétentes, notamment le Parlement.
Sur le plan fiscal, on note l’introduction de la Taxe sur les Transactions Électroniques (TTE), en réponse à la croissance rapide des paiements numériques.
L’emploi, en particulier celui des jeunes, demeure une priorité. C’est pourquoi les dotations des ministères chargés de l’autonomisation des jeunes et de la formation professionnelle ont été renforcées. La promotion des femmes et le soutien aux personnes en situation de handicap ont également été encouragés.
Question : Comment la Commission des finances entend-elle assurer le suivi et le contrôle de l’exécution de cette Loi de finances ? Le Parlement dispose-t-il des outils nécessaires pour exercer pleinement son rôle de contrôle budgétaire ?
Aly Mamoudou Kane : Une fois la loi adoptée, le Parlement reçoit l’état d’exécution budgétaire du premier semestre, souvent accompagné d’un projet de loi de finances rectificative pour ajuster la programmation.
La loi prévoit également la présentation d’une loi de règlement, préparée par la Cour des comptes, un an après l’exercice budgétaire. Ces documents constituent des bases essentielles pour le contrôle de l’exécution du budget.
Le Parlement dispose en outre de la possibilité de mettre en place une commission d’enquête parlementaire en cas de faits graves et avérés relatifs à la gestion des deniers publics.
Question : Avec le recul, êtes-vous satisfait du climat de travail et du niveau de responsabilité qui ont prévalu lors de l’examen de la Loi de finances ?
Aly Mamoudou Kane : Je me félicite du climat de sérénité qui a marqué cette session. Les échanges ont été fructueux, les députés ont été suffisamment édifiés et, à travers eux et les médias, l’opinion publique a été progressivement informée des débats, car le budget concerne l’ensemble des citoyens.
Ce fut un travail intense et exigeant, tant pour moi que pour l’équipe technique qui m’a accompagné et que je tiens à féliciter.
Enfin, je remercie le Président de l’Assemblée nationale, M. Mohamed Bamba Meguett, pour sa confiance, ainsi que mes collègues députés pour leur soutien. Présider la Commission des finances a été pour moi une mission à la fois exigeante et exaltante.
Propos recueillis par Mamadou Ousmane Tall,
Directeur de la Communication de l’Assemblée nationale