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Ghazouani aux cadres de M’Bout : nous poursuivrons nos efforts pour lutter contre l’exclusion et réduire les disparités sociales

Une attention particulière visant à s’informer sur les conditions des citoyens et à écouter leurs problèmes et leurs aspirations sera accordée à la Moughataa de M’Bout, a assuré le Président Ghazouani, dans son discours prononcé à l’occasion de la visite effectuée à cette moughataa, qu’il a qualifiée des  plus importantes du pays.

Les réalisations obtenues reflètent la volonté du gouvernement de faire avancer le développement dans les différentes régions du pays, en particulier les zones qui ont souffert d’un retard de développement, dont  M’Bout, a dit le Président au cours d’une réunion qu’il a tenue hier mardi dans la soirée, avec les cadres de la moughataa.

Toujours selon lui, le gouvernement s’efforce d’améliorer la situation dans la moughataa et de poursuivre les efforts qui y sont déployés, affirmant que ce qui a été réalisé jusqu’à présent, malgré son importance, n’est pas suffisant et ne correspond pas au niveau des ambitions, et qu’il reste encore beaucoup à faire pour le bien-être de ses citoyens.

Certains citoyens vivent encore en marge du développement et connaissent des conditions difficiles, avec d’importantes disparités entre eux et la classe moyenne, a ajouté Ghazouani, soulignant que ce qui a été réalisé devrait servir de stimulant pour redoubler d’efforts et de détermination et accélérer le rythme de travail.

Nous poursuivrons nos efforts pour lutter contre l’exclusion et réduire les disparités sociales, en application de ses directives visant à fournir des services de base aux citoyens, a-t-il dit ; révélant l’affectation de ressources considérables aux interventions sociales et s’engageant à poursuivre et à renforcer cette approche.

Le soutien de l’Etat, malgré son importance, ne remplace pas l’effort individuel et la volonté personnelle de chaque citoyen pour améliorer sa situation, sortir du cercle de la pauvreté et de la dépendance à l’aide, en renforçant l’esprit d’initiative et d’autonomie, a indiqué le Président.

La moughataa de M’Bout regorge de grandes potentialités dans les domaines de l’agriculture, du développement de l’élevage et des ressources minières, mais l’exploitation de ces potentialités exige des efforts concertés pour réaliser un bond économique et social, a ajouté Ghazouani, affirmant la disponibilité du gouvernement à accompagner le développement de la moughataa et à le soutenir de manière à renforcer le développement économique aux niveaux local et national.

Au début de la réunion, plusieurs membres du gouvernement ont présenté les programmes et projets de développement qui ont été mis en œuvre ou sont en cours d’exécution dans la moughataa de M’Bout, ainsi que les diverses interventions sociales dont elle a bénéficié à ce jour.

Quelles options pour un règlement consensuel du passif humanitaire?

La visite du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au Gorgol remet au cœur du débat la question du vivre-ensemble et met en lumière les obstacles persistants qui freinent sa consolidation, dont l’un demeure particulièrement saillant: le passif humanitaire.

Le passif humanitaire relève d’une injustice spécifique subie par une composante nationale précise, en l’occurrence la communauté pulaar. Chercher à le présenter comme une question globale concernant l’ensemble des communautés négro-africaines mauritaniennes ne fait qu’en compliquer la compréhension et, par conséquent, la résolution.
D’autre part l’appel à la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation nationale, repose sur une lecture inexacte de la nature du passif humanitaire en Mauritanie.
Une commission de vérité et de réconciliation est un mécanisme exceptionnel, généralement mis en œuvre dans des contextes de guerre civile, de conflits intercommunautaires ou de violences de masse impliquant directement les populations civiles, or aucun de ces éléments ne caractérise la situation mauritanienne, le passif humanitaire ne résulte ni d’un affrontement entre communautés nationales ni d’une guerre civile. Les faits se sont déroulés au sein de l’institution militaire, dans un cadre fermé, hiérarchisé et relevant de la responsabilité directe de l’État. Les populations civiles n’y ont ni pris part ni joué un rôle actif.
Dès lors, vouloir nationaliser ce dossier en le présentant comme un conflit global entre composantes de la société mauritanienne revient à diluer les responsabilités, à brouiller la compréhension des faits et à déplacer le débat du terrain de la justice vers celui de la confrontation identitaire.
Par ailleurs, assimiler le passif humanitaire à une question intercommunautaire ne fait qu’alimenter des tensions artificielles et d’instrumentaliser la souffrance des victimes à des fins politiques, au lieu de favoriser une solution juste, apaisée et efficace.
La résolution de ce passif exige avant tout :
■la reconnaissance claire des injustices subies,
■l’identification des responsabilités institutionnelles,
des mesures de réparation équitables au profit des ayants droit,
■et un traitement ciblé, dépolitisé et respectueux de la dignité des victimes.
C’est dans cette approche spécifique, et non dans une logique de réconciliation nationale généralisée sans conflit national avéré, que réside la voie la plus crédible pour tourner cette page douloureuse de l’histoire, sans la falsifier ni l’exploiter et favoriser ainsi une solution juste, apaisée et efficace.
ASD.

Payer l’impôt dans la misère : trop, c’est trop, un cri citoyen. : trop, c’est trop, un cri citoyen.

Comment demander à un peuple qui lutte chaque jour pour se nourrir, se soigner et éduquer ses enfants de payer des impôts, quand les richesses nationales sont exploitées sans améliorer sa vie ? C’est là toute la contradiction.
Dans les principes élémentaires de l’État moderne, l’impôt n’est pas une punition, mais un contrat :
le citoyen contribue en échange de services publics, de protection sociale et d’opportunités économiques.
Quand ce retour n’existe pas, l’impôt devient une injustice fiscale, voire une violence symbolique.
Notre pays n’est pas pauvre:
Gaz, pétrole, fer, or, ressources halieutiques, terres… le sous-sol est riche, mais le quotidien du citoyen ne l’est pas. Cela révèle un problème central :
■la mauvaise gouvernance,
■ la captation des richesses par une minorité,
■ l’absence de redistribution équitable.

Ailleurs, les dirigeants cherchent, même imparfaitement, à transformer les ressources nationales en écoles, hôpitaux, routes, emplois.
Chez nous, le sentiment dominant est inverse :
on exploite, on signe des contrats, on communique… mais le peuple reste en marge, sommé de payer toujours plus, sans voir sa dignité améliorée.
Un État qui appauvrit ses citoyens tout en bradant ses richesses perd sa légitimité morale.
Car gouverner, ce n’est pas gérer des chiffres ou des contrats internationaux,
c’est améliorer concrètement la vie de ceux qu’on dirige.
Notre interrogation n’est donc pas seulement économique,
elle est aussi politique, éthique et citoyenne car tant que cette question reste sans réponse honnête, la fracture continuera de s’élargir entre gouvernants et gouvernés.

ASD

Ghazouani aux cadres de Maghama : des jeunes diplômés sans emploi sont toujours présents dans la Moughataa

Le Président de la République Ghazouani, a présidé, hier soir, lundi, dans la ville de Maghama, une réunion des cadres de la moughataa éponyme, dans le cadre de la deuxième étape de sa visite d’inspection et de travail dans la wilaya du Gorgol.
Son Excellence a réitéré ses remerciements aux participants à cette rencontre, connue sous le nom de “rencontre des cadres”, qui rassemble les cadres, les élus, les acteurs politiques et les personnalités intéressées par les affaires publiques et celles de la wilaya, soulignant que leur présence à cette rencontre contribue à l’enrichir et à renforcer son importance.
L’objectif de cette rencontre est que les présents servent de messagers pour le reste des citoyens, transmettant leurs préoccupations, exprimant leurs problèmes et ce à quoi ils aspirent.
Une fois les interventions écoutées, Ghazouni a considéré qu’elles touchaient au cœur des sujets abordés.
Le gouvernement était conscient de la situation de la moughataa, qu’il s’agisse de ce qui a été accompli, de ce qui est en cours de réalisation ou de ce qui est programmé pour l’avenir, a assuré le Président.
Toujours selon lui, le traitement de ces questions avec des chiffres et des localisations précises est la preuve qu’elles font partie des préoccupations du gouvernement, dont la principale mission est de permettre aux citoyens de vivre dignement et en sécurité, dans des conditions qui préservent la tranquillité et la stabilité pour eux, leur famille et leurs proches.
Les habitants de la moughataa de Maghama devaient être certains qu’ils n’étaient pas oubliés, que ce soit pour ce qui a été accompli, ce qui est en cours de programmation, ou ce qui sera mis en œuvre ultérieurement.
Dans ce contexte, Son Excellence a appelé les jeunes à ne pas manquer les opportunités offertes par les concours publics ouverts aux diplômés, le considérant comme des opportunités importantes menant à l’embauche dans la fonction publique.
Son Excellence le Président de la République a affirmé que la moughataa de Maghama ne sera pas oublié, soulignant sa place dans la nation depuis la fondation de l’État, et même avant, et mentionnant la contribution à travers les époques de ses enfants à la construction de l’État mauritanien. Il a également rappelé la place historique de la moughataa dans les domaines religieux et de l’enseignement traditionnel, et l’engagement et la fraternité entre ses habitants.
Parlant du travail, Son Excellence le Président de la République a insisté sur l’importance de la jeunesse, la considérant comme le pilier du présent et la ressource de l’avenir, rappelant que les aînés ont joué leur rôle dans les étapes précédentes, et que les jeunes doivent se préparer à assumer la responsabilité.
Son Excellence a expliqué que le premier levier de l’autonomisation des jeunes est l’éducation, faisant référence à l’école républicaine qui garantit des conditions d’étude égales pour les enfants de la nation. Il a également souligné l’importance d’approfondir les études pour ceux qui le souhaitent, et insistant, revanche, l’importance de l’enseignement professionnel pour les jeunes souhaitant s’intégrer rapidement sur le marché du travail.
Dans ce contexte, Son Excellence le Président de la République a expliqué qu’à son arrivée au pouvoir, l’enseignement professionnel souffrait d’une grande faiblesse, car ses écoles n’accueillaient que quatre mille jeunes. Cette capacité d’accueil a été portée à vingt mille, et devrait atteindre vingt-trois mille fin 2026 et début 2027.
Son Excellence a appelé à la nécessité d’encadrer et d’accompagner les jeunes, malgré la difficulté rencontrée parfois, affirmant qu’ils sont un pilier essentiel et indispensable pour le présent et l’avenir, et mettant en garde, en même temps, contre les phénomènes étrangers, notamment les drogues, qui menacent cette jeunesse.
Il a annoncé à cet égard que l’État demandera au gouvernement d’élaborer une vision à laquelle participeront les secteurs concernés, pour traiter ces phénomènes et renforcer l’intégration des jeunes.
Concernant l’état civil, Son Excellence le Président de la République a affirmé que les mesures nécessaires seront prises pour rapprocher ses services des citoyens, même dans les zones dépourvues d’électricité ou d’Internet, soulignant, en revanche, la responsabilité des citoyens de se rendre aux services de l’état civil et de ne pas négliger une telle opération.
Son Excellence a expliqué que les documents civils sont essentiels pour la vie, que ce soit pour l’éducation, les voyages ou l’intégration sociale, affirmant qu’aucun citoyen ne restera sans papiers, appelant chacun à faire des efforts et à coopérer pour atteindre cet objectif.
Son Excellence le Président de la République a de nouveau remercié les habitants de la moughataa de Maghama pour leur présence et leur participation.
À la fin de la réunion, les ministres concernés ont expliqué, en réponse aux interventions des citoyens, qu’un certain nombre de réalisations ont déjà été effectuées au cours des dernières années, confirmant en même temps que les demandes des citoyens sont légitimes.

Refonder le contrat national, passer de la parole à l’architecture du réel

Il faut partir d’un fait politique, pas d’une impression. Depuis plusieurs séquences publiques, le registre présidentiel s’est déplacé. À Oualata, à Ouadane, dans l’Est, à Néma, puis à Kaédi, les mots ne sont plus ceux d’une simple gestion. Ils portent la mémoire, l’égalité territoriale, la pluralité linguistique, la reconnaissance des blessures.

Le langage du sommet de l’État ne contourne plus certaines lignes de fracture. Il les nomme. Ce déplacement n’est pas anodin.

Dans notre histoire politique, le silence a souvent été la norme, l’évitement une méthode. Qu’un chef de l’État prenne le courage de poser ces thèmes dans l’espace public crée une brèche. Il faut le dire avec rigueur, sans emphase inutile, mais sans frilosité.

Oui, des signaux ont été envoyés. Oui, une intention de réorientation est perceptible. Oui, une porte a été entrouverte vers une lecture plus inclusive de la nation.

Mais une société n’habite pas les intentions. Elle habite les structures. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas la qualité d’un discours, mais la capacité d’un système à se réécrire.

Le malaise diffus que l’on entend, dans les rues comme dans les cercles instruits, ne vise pas d’abord la parole présidentielle. Il vise l’inertie des appareils, la lenteur des réformes, la résistance des routines administratives, la persistance de mécanismes de reproduction sociale que personne n’assume mais que tout le monde subit. Nous sommes face à un écart classique des moments de transition.

Le sommet parle plus vite que la machine d’État ne bouge. La parole ouvre, l’institution freine. C’est là que se loge le risque d’usure. Non pas l’usure du style, mais celle de la crédibilité historique.

Car le moment est réel. Un pays ne traverse pas souvent une phase où la question du récit national, de la mémoire, de l’égalité territoriale et de la cohésion sociale est posée simultanément au plus haut niveau. Cela peut rester un cycle de discours.

Cela peut aussi devenir un tournant d’époque. La différence ne tient pas à l’éloquence, mais à la décision d’entrer en conflit avec les inerties. Refonder un contrat national, ce n’est pas ajouter des promesses.

C’est toucher aux circuits par lesquels l’inégalité se reproduit. Accès aux services publics, trajectoires scolaires, représentations dans l’administration, justice territoriale, reconnaissance des passés douloureux. Tant que ces questions restent morcelées, traitées à la marge, le sentiment d’écart persiste, même quand le discours est juste.

Dans un pays à référence islamique forte comme le nôtre, la question n’est d’ailleurs pas seulement politique. Elle est éthique. Le Coran rappelle que les croyants sont frères. Cette idée, trop souvent cantonnée à la sphère morale, a une traduction institutionnelle.

Une fraternité qui n’entre pas dans les règles, dans les politiques publiques, dans la manière de distribuer les chances, reste une invocation. L’enjeu est de la faire descendre dans l’architecture de l’État. Cela place une responsabilité singulière sur le Président. Non pas celle de tout faire seul, mais celle d’accepter que gouverner un moment de refondation implique de déplacer des équilibres établis.

Y compris dans son propre environnement. L’histoire ne retient pas les intentions prudentes. Elle retient les dirigeants qui ont consenti à réorganiser les règles du jeu quand la société était prête. Mais le pouvoir n’est pas seul convoqué.

L’opposition, dans ce contexte, doit choisir sa hauteur. L’invective, la dramatisation permanente, le registre émotionnel peuvent mobiliser à court terme, mais ils épuisent le débat public. Le rôle d’une opposition responsable est plus exigeant. Reconnaître ce qui va dans le sens de l’intérêt commun, tout en transformant chaque avancée en point d’appui pour exiger des mécanismes durables.

Déplacer le débat du procès d’intention vers l’architecture des politiques. C’est moins spectaculaire. C’est plus utile. Les élites intellectuelles et la société civile ne peuvent plus se contenter du commentaire.

Ceux qui disposent de capital symbolique, de savoirs, d’expériences comparées, ont un rôle d’ingénierie civique. Proposer des cadres, des modèles, des garde-fous, des évaluations. Une refondation nationale sans apport structuré des intelligences devient vite un slogan.

Quant aux citoyens, en particulier les jeunes, leur désengagement est compréhensible, mais il est coûteux. Chaque espace abandonné est occupé par des logiques plus étroites. Peser sur le réel ne se réduit pas au vote. C’est une pratique quotidienne, associative, professionnelle, culturelle.

Ce qui est en jeu dépasse la civilité minimale. Il s’agit de faire passer le pays d’une coexistence fragile à une communauté politique assumée. Non pas nier les différences, mais leur donner un cadre de justice. Non pas proclamer l’unité, mais la fabriquer par des règles équitables. Nous sommes à un moment où la parole a ouvert la voie. Le risque serait de s’en satisfaire.

La chance serait d’en faire le point de départ d’une transformation des mécanismes, des pratiques et des équilibres. Apprécier ce qui va dans le sens du commun n’est pas abdiquer. C’est consolider ce qui peut servir de base. Exiger davantage n’est pas s’opposer par principe. C’est prendre au sérieux la promesse implicite contenue dans les mots.

Un pays ne se refonde ni contre le pouvoir seul, ni par le pouvoir seul. Il se refonde quand la parole politique, l’exigence de l’opposition, l’apport des élites et l’engagement des citoyens cessent de s’ignorer et commencent à se répondre. C’est à cette convergence que notre moment appelle.

Mansour LY
Juriste consultant analyste politique

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