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Six sénégalais enlevés par des jihadistes présumés à la frontière du Mali

Six chauffeurs routiers sénégalais ont été enlevés jeudi par des jihadistes présumés dans l’ouest du Mali, près de la frontière sénégalaise. Les camions transportaient des marchandises en provenance du Sénégal.Selon l’Union des transporteurs routiers du Sénégal (URS), les six personnes enlevées sont deux chauffeurs et quatre apprentis. Elles auraient été kidnappées jeudi sur un axe routier dans la zone de Kayes .

Mercredi soir, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a annoncé un « blocus » dans plusieurs zones frontalières de l’ouest malien.

Ses combattants s’en prennent aux véhicules de transport et perturbent les échanges commerciaux avec le Sénégal, qui fournit au Mali une partie de ses marchandises.

 

 

 

Tension entre la Mauritanie et le Mali:un phénomène complexe.

La tension entre la Mauritanie et le Mali est un phénomène complexe, influencé par des facteurs sécuritaires, migratoires, humanitaires et historiques.

Le Mali fait face à une escalade d’attaques terroristes, notamment par le groupe JNIM, affilié à al-Qaïda. En juillet 2025, la JNIM a lancé des attaques coordonnées contre sept villes le long des frontières maliennes avec la Mauritanie et le Sénégal, visant des positions militaires et des infrastructures économiques critiques .

Ces attaques perturbent les corridors commerciaux vitaux (comme les axes Dakar-Bamako et Nouakchott-Bamako) et menacent les barrages hydroélectriques qui alimentent en électricité le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée. Une éventuelle prise de contrôle de zones clés comme Kayes par les terroristes aurait des conséquences désastreuses pour toute la région .

La Mauritanie a intensifié depuis début 2025 ses opérations contre les migrants irréguliers, expulsant des milliers de personnes dont des Maliens et des Sénégalais. Selon des estimations, plus de 30 000 migrants ont été interceptés entre janvier et avril 2025, et 88 réseaux de passeurs démantelés .

Ces expulsions ont exacerbé les tensions entre la Mauritanie et le Mali, ce dernier condamnant fermement le traitement réservé à ses ressortissants .

Il ne faut pas oublier que la Mauritanie accueille plus de 262 000 réfugiés et demandeurs d’asile maliens fuyant l’insécurité, les atrocités des groupes terroristes. Le camp de Mbera, conçu pour 70 000 personnes, en abrite aujourd’hui près de 110 000, entraînant une surpopulation et une pression sur les ressources locales .

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû réduire les rations alimentaires en raison d’un manque de financement international. Les conditions de vie se détériorent, avec des pénuries d’eau potable et une hausse des prix des denrées de base, affectant aussi les populations locales .

La Mauritanie fait beaucoup d’efforts et tente d’intégrer les réfugiés dans les systèmes nationaux (comme l’établissement d’actes de naissance) et appelle à un soutien international accru, mais elle assume seule une grande partie du fardeau .

Historiquement, les relations entre le Mali et la Mauritanie ont été positives, avec une coopération sur des projets de développement et la gestion des frontières. Un différend frontalier avait été même résolu en 1963 .

Les Implications régionales et internationales ne semblent pas donner l’effet escompté .L’UE avait signé un accord de 210 millions d’euros avec la Mauritanie pour renforcer la sécurité frontalière et lutter contre les réseaux de passeurs. Mais cette externalisation de la gestion migratoire exerce une pression sur la Mauritanie, qui intensifie ses expulsions, contribuant aux tensions avec le Mali .Par ailleurs, les crackdowns en Mauritanie et au Sénégal déplacent les points de départ des migrants vers le sud (Guinée, Guinée-Bissau), rendant la route atlantique (déjà la plus meurtrière au monde) encore plus longue et dangereuse .

Il est plus que primordial,face à la menace terroriste que le Mali, la Mauritanie et le Sénégal renforcent leur coopération sécuritaire (patrouilles conjointes, partage de renseignements) et résoudre les conflits locaux (tensions foncières, problèmes ethniques) pour éviter que les groupes terroristes ne profitent de ces faiblesses .

Une approche coordonnée entre les deux pays, incluant une gestion humanitaire respectueuse des droits humains et une coopération sécuritaire renforcée, est essentielle pour stabiliser la région.

Le soutien international est également crucial pour alléger le fardeau humanitaire porté par la Mauritanie.

Tensions en cascades,le Mali dépose une requête contre l’Algérie devant la Cour internationale de justice

Le Mali a annoncé le 4 septembre 2025 avoir déposé auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) une requête contre l’Algérie qu’elle accuse d’avoir abattu début avril 2025 un drone de son armée en territoire malien.
L’Algérie a rejeté ces accusations et selon le ministère algérien de la Défense, les données radar recueillies « établissent clairement la violation de l’espace aérien de l’Algérie » par un drone de reconnaissance venu du Mali.
Cette action s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les deux pays, alimentées par un incident spécifique et des différends stratégiques plus larges.
Le drone  de reconnaissance malien (un modèle turc Akinci, immatriculé TZ-98D) avait été abattu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 près de la localité frontalière de Tinzaouaten (région de Kidal au Mali) / Tin Zaouatine (côté algérien).
 Le Mali avait affirmé que le drone évoluait dans son espace aérien et que sa destruction est un « acte d’agression » délibéré destiné à entraver ses opérations militaires contre les groupes armés terroristes.De son côté l’Algérie soutient que le drone avait violé son espace aérien et a fourni des données radar pour étayer ses affirmations. Elle considère son action comme de la légitime défense.
Les relations diplomatiques entre l’Algérie et le Mali sont pour le moins en cascades.
En janvier 2024, le Mali a unilatéralement dénoncé l’accord de paix de 2015, parrainé par l’Algérie, qui visait à stabiliser le nord du Mali en intégrant les groupes rebelles touaregs. Le gouvernement malien actuel accuse l’Algérie d’interférence et de soutien à ces groupes.
Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, la junte malienne s’est éloignée de la France et de ses partenaires traditionnels pour se rapprocher de la Russie (via le groupe Africa Corps et Wagner), une orientation que l’Algérie, puissance régionale traditionnelle, voit d’un mauvais œil.
Suite à l’incident du drone, le Mali, le Burkina Faso et le Niger (l’Alliance des États du Sahel – AES) ont rappelé leurs ambassadeurs en Algérie. En réponse, l’Algérie a fermé son espace aérien aux avions allant ou venant du Mali et du Niger et a rappelé ses ambassadeurs de ces deux pays.
Cet incident s’inscrit aussi dans une crise de sécurité régionale plus large dans le Sahel, où les groupes jihadistes (liés à Al-Qaïda et à l’EI) restent très actifs.
Il menace la coopération sécuritaire existante, comme le retrait du Mali et du Niger du Comité d’État-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC), une structure de coordination militaire qui incluait l’Algérie et la Mauritanie.
L’Union africaine (UA) serait appelée à jouer un rôle de médiateur pour empêcher une nouvelle escalade, d’autant plus que la CEDEAO voit son influence diminuer dans la région après le retrait des pays de l’AES.
Une confrontation militaire directe est jugée peu probable, compte tenu de la puissance militaire supérieure de l’Algérie et la procédure devant la CIJ sera probablement longue.
C’est pourquoi,la résolution de ce différend passe sans doute par une médiation internationale  par l’UA, pourquoi pas et une volonté de dialogue pour apaiser les tensions autour de la frontière commune, zone de trafic et d’activités terroristes.
Même, si la plainte du Mali contre l’Algérie à la CIJ est l’aboutissement d’une série de tensions diplomatiques et stratégiques, cristallisées par l’incident du drone,elle reflète un réalignement géopolitique profond au Sahel, où les juntes militaires cherchent de nouveaux partenaires  et remettent en cause l’influence traditionnelle de puissances régionales comme l’Algérie. La situation nécessite une attention urgente pour éviter une nouvelle déstabilisation d’une région déjà très fragile.

LA PROFONDE BLESSURE DES ANCIENS 

Pour bien comprendre l’attachement viscéral des « anciens des années 60-70 » aux principes d’unité et de cause commune, il faut connaître le prix qu’ils ont dû payer chacun et chacune, pour le progrès du pays: leur jeunesse, leurs études et la vocation à gravir les marches du succès et de la promotion sociale, souvent la douleur de la rupture avec les proches, le qui-vive permanent de la lutte clandestine, les longues et terrifiantes séances de tortures entre les mains de la police, loin des mobilisations droits- l’hommistes d’aujourd’hui, l’incompréhension générale. Le silence, l’héroïsme anonyme et l’immense fraternité des camarades de lutte, prêts à s’offrir en sacrifice pour se protéger réciproquement, noirs, blancs, maures, soninkés, pular, apprenant les uns des autres, chantant des chansons à l’honneur de la patrie, dans nos langues, sans jamais se qualifier ou s’identifier autrement que par leurs prénoms et surnoms, lisant et commentant à la lueur des bougies dans de minuscles chambres de quartiers populaires, livres et articles de notre histoire et de celle de peuples lointains aimés comme le leur….

Celui qui n’a pas vécu cela, n’a pas connu cette forme de socialité spontanée venue des coeurs, venue des âmes; celui là ne comprendra que difficilement la profondeur de la blessure que ressentent ceux de ces générations vis à vis du lamentable spectacle à laquelle se livrent les diviseurs de notre peuple multinational.

Nous devons retrouver la force de notre unité et combattre ensemble pour que le pays change en mieux pour tous.

Gourmo Lô, 4 août 2025

Mali: les jihadistes du Jnim imposent un blocus à Kayes et Nioro.

Les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), lié à al-Qaïda, ont déclaré l’entrée en vigueur d’un blocus sur les villes de Kayes et de Nioro du Sahel au Mali, dans le sud-ouest du pays, près du Sénégal et de la Mauritanie. L’annonce a été faite ce mercredi 3 septembre, après le Jnim ait  intercepté plusieurs véhicules près de Nioro et enlevé des passagers qui selon des sources dans la région sont proches du chérif de Nioro, Bouyé Haïdara, importante figure religieuse du Mali

Le Jnim, dans des vidéos diffusées dans la soirée, a revendiqué ces enlèvements – sans donner de précisions – et décrété l’entrée en vigueur d’un blocus précisément sur ces deux villes. .

Les jihadistes annoncent également leur intention d’empêcher l’importation de carburant au Mali, mettant directement en garde les transporteurs qui viendraient du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée ou de Côte d’Ivoire avec des camions-citerne.

L’armée malienne et les autorités de transition n’ont, jusqu’à présent, fait aucune déclaration, ni sur les enlèvements des proches du chérif de Nioro, ni sur l’instauration du blocus.

Les autorités malienne ont instauré en juillet des restrictions de circulation et des couvre-feux nocturnes à Kayes, Nioro et dans plusieurs autres régions maliennes, comme Ségou ou Sikasso.

Source:RFI

 

 

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