par Webmaster | 23 03 26 | Actualitès, Le monde
La Mauritanie a affiché sa solidarité à la Turquie et au Qatar après le crash d’un vol d’entraînement conjoint, qui a coûté la vie à des militaires turcs et qataris.
Nouakchott a exprimé en effet hier dimanche dans un communiqué, publié par le ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens à l’Extérieur, ses sincères condoléances et sa profonde sympathie à l’État du Qatar et à la République de Turquie, suite à ce drame causé par une défaillance technique dans les eaux territoriales qataries.
La République Islamique de Mauritanie présente ses condoléances les plus attristées, et ses sincères sentiments de sympathie à l’État frère du Qatar et à la République amie de Turquie, suite à la perte d’un groupe de martyrs du devoir national, membres des forces armées qataries et des forces conjointes qataro-turques, indique le dit communiqué.
Des civils de nationalité turque avaient également péri dans ce crash survenu dans les eaux territoriales qataries.
Le ministère a réaffirmé pour la même circonstance, la pleine solidarité de la Mauritanie avec les gouvernements et les peuples du Qatar et de la Turquie suite à cette tragédie, exprimant ses sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes.
par Webmaster | 23 03 26 | Actualitès, Politique, Tribunes
À mesure que les tensions régionales alimentent les inquiétudes, une idée pernicieuse gagne du terrain : celle selon laquelle le Mali nourrirait des ambitions territoriales sur la Mauritanie. Cette thèse, répétée sans preuve, relève moins de l’analyse que de la construction d’un imaginaire de peur.
Il est temps de la déconstruire avec fermeté. Disons-le clairement : rien, absolument rien, dans la posture actuelle de Bamako, ne permet de soutenir l’hypothèse d’une volonté d’expansion vers le territoire mauritanien. Le Mali fait face à une équation autrement plus urgente : restaurer son autorité sur son propre territoire. Entre insécurité persistante, recomposition politique interne et défis économiques majeurs, le pays est engagé dans une lutte pour sa stabilité. Dans ces conditions, ouvrir un front contre un voisin serait non seulement irréaliste, mais profondément contre-productif.
En réalité, cette rhétorique alarmiste en dit davantage sur ceux qui la propagent que sur la situation elle-même. Elle révèle une tendance à surinterpréter les tensions régionales, à projeter des scénarios de confrontation là où il n’y a, au mieux, que des frictions marginales et contrôlées. Pire encore, elle risque de créer les conditions mêmes de ce qu’elle prétend dénoncer : la méfiance, la crispation, et à terme, l’escalade.
Car il faut le rappeler avec lucidité : le rapport de force n’est pas défavorable à la Mauritanie — loin de là. Le pays a construit, avec constance, un appareil sécuritaire efficace, particulièrement adapté à son environnement sahélo-saharien. Sa maîtrise du territoire, sa capacité de projection dans les zones désertiques et son expérience dans la lutte contre les menaces asymétriques constituent des atouts décisifs. À cela s’ajoute une stabilité institutionnelle qui fait aujourd’hui défaut à plusieurs États de la région.
Mais la véritable force de la Mauritanie ne réside pas uniquement dans ses capacités militaires. Elle tient aussi à sa lucidité stratégique. Nouakchott a fait le choix de la retenue, du sang-froid et de la non-escalade. Ce choix n’est ni naïf ni passif : il est profondément politique. Il consiste à refuser de céder aux provocations, à ne pas se laisser enfermer dans une logique de conflit imposée de l’extérieur ou nourrie par des discours irresponsables.
Il est d’autant plus crucial de préserver cette ligne que les relations entre la Mauritanie et le Mali sont anciennes, complexes, mais profondément imbriquées. Les populations frontalières partagent des liens historiques, économiques et sociaux qui dépassent largement les considérations étatiques. Faire de ces espaces des zones de suspicion permanente serait une erreur stratégique majeure.
La Mauritanie n’est pas un acteur vulnérable que l’on pourrait intimider ou déstabiliser à volonté. C’est un État souverain, conscient de ses intérêts, capable de se défendre et de dissuader toute velléité hostile. Mais c’est aussi un pays qui a compris que, dans un Sahel déjà fragilisé, la guerre entre voisins serait une faute historique.
Il faut donc le dire sans détour : agiter la menace d’une expansion malienne vers la Mauritanie, c’est jouer avec le feu. C’est alimenter des tensions inutiles, détourner l’attention des véritables enjeux et fragiliser des équilibres déjà précaires.
La vigilance, oui. La paranoïa, non.
La Mauritanie n’a ni intérêt à la guerre, ni raison de la craindre.
Sneiba Mohamed
Journaliste politique
par Webmaster | 22 03 26 | Actualitès, Economie, Sociétés
Exacerbée par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment en Iran, la hausse continue des prix des hydrocarbures sur les marchés mondiaux au cours du mois de mars 2026, a poussé plusieurs gouvernements à lancer des appels urgents à la rationalisation de la consommation de carburant.
C’est le cas également pour la Mauritanie, dont le ministère chargé l’Énergie et du Pétrole a lancé appel à un élan national à la modération dans l’utilisation des hydrocarbures.
Ledit Département ministériel a demandé dans un communiqué à tous les citoyens à s’engager dans cet élan national général et à faire de cette orientation une priorité absolue au vu de la situation internationale actuelle et des hausses continues des prix du pétrole et de ses dérivés qu’elle a engendrées.
La phase actuelle exige la conjugaison des efforts de tous, l’abandon des comportements de gaspillage des ressources, et l’établissement d’une culture de consommation responsable et rationnelle, en tant que pilier fondamental pour faire face aux défis et assurer la stabilité de l’économie nationale, indique le ministère, illustrant son appel par le proverbe : “Il n’y a pas d’abondance avec le gaspillage, ni de pénurie avec la gestion.”
Toujours selon le gouvernement mauritanien, l’adoption de comportements plus conscients dans la consommation d’essence et de diesel, ainsi que la rationalisation de l’utilisation de l’électricité et de l’éclairage domestique, aurait un impact positif sur les budgets de l’État et des ménages, et renforcerait la préparation du pays à faire face à d’éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
A l’instar des pays importateurs de carburant, la Mauritanie continue de faire face à des défis croissants liés à la sécurisation des approvisionnements et au maintien des équilibres économiques, dans un contexte de volatilité des marchés internationaux et de hausse des prix, ajoute ledit communiqué.
Le gouvernement a déployé des efforts considérables au cours de la période écoulée pour atténuer les répercussions de ces hausses sur les citoyens et les acteurs économiques, en contrôlant les prix, voire en les réduisant dans certains cas, comme c’est le cas pour l’essence, lit-on.
Dans le même contexte, le gouvernement a continué, malgré l’aggravation de la crise internationale et la hausse des prix, à supporter une part importante du coût des carburants, en soutien au pouvoir d’achat des citoyens et pour garantir la stabilité du marché national, souligne le Ministère.
La persistance des pressions externes, l’augmentation du coût des importations, ainsi que les défis liés à la production et au raffinage, imposent cependant l’adoption d’une approche plus globale et réaliste, garantissant la participation de tous les acteurs à cet effort national, poursuit le communiqé.
Le ministère a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes visant à développer le secteur de l’énergie, en augmentant les capacités de stockage, en valorisant les ressources nationales, notamment le gaz, et en accélérant le rythme des investissements dans les énergies renouvelables, afin de renforcer la sécurité énergétique durable et de limiter les effets des fluctuations externes
par Webmaster | 22 03 26 | Actualitès, Economie
Philip Mitchell est nommé Président Exécutif d’Aura Energy, à un moment clé pour la société australienne qui développe le projet Tiris, future première mine d’uranium de Mauritanie.
Ancien cadre de Rio Tinto et Anglo American, ce dernier occupait jusqu’ici le poste de Président non exécutif.
Sa promotion vise à renforcer la direction dans la phase critique de mobilisation des 230 millions USD nécessaires à la décision finale d’investissement (FID), attendue d’ici fin 2025.
Doté de plusieurs décennies d’expérience dans le secteur minier, Philip Mitchell est reconnu pour ses compétences en financement de projets, en développement stratégique et en gouvernance d’entreprise. Son arrivée à la tête opérationnelle du groupe devrait accélérer la structuration financière et technique du projet Tiris.
par Webmaster | 22 03 26 | Actualitès, Politique, Sociétés
La TAAZOUR, créée par le décret n°385-2019 du 29 novembre 2019 et rattachée à la Présidence de la République, n’a jamais été conçue comme un simple super-ministère ni comme un substitut aux départements sectoriels.
Dès l’origine, sous l’impulsion de Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sa mission demeure claire : corriger les inégalités structurelles, éliminer les barrières sociales et économiques, et garantir un accès équitable aux services de base pour les populations les plus vulnérables. C’est ce cadre légal, souvent rappelé mais parfois peu appliqué, qui doit aujourd’hui redevenir la boussole de l’action publique.
Il serait injuste de ne pas reconnaître les progrès réalisés sous l’ancien leadership. Sous la direction de Cheikh Ould Bedde, une dynamique nouvelle a été lancée, marquée par une volonté affirmée de rapprocher l’institution des citoyens. L’ouverture d’antennes dans des zones vulnérables telles que Bousteila et Mbout a constitué une étape politique majeure, rompant avec une gestion centralisée et déconnectée des réalités du terrain. La présence territoriale a permis de renouer un lien direct avec les populations, dans un esprit de dignité, d’écoute et d’efficacité.
Cependant, la proximité seule ne suffit pas à garantir des résultats durables sans une stratégie claire et cohérente. C’est tout l’enjeu du travail actuel mené par le délégué général Sidi Ould Moulaye Zeine, qui s’efforce de réaffirmer le positionnement de TAAZOUR dans une logique de complémentarité avec les ministères techniques. Il ne s’agit ni de dupliquer les actions ni de se substituer à ces secteurs, mais d’intervenir là où les politiques publiques rencontrent leurs limites : l’accès effectif aux services pour les populations vulnérables.
L’exemple récent du secteur éducatif illustre parfaitement cette approche. En coordination avec le ministère de l’Éducation et le Commissariat à la sécurité alimentaire, la mise en place d’internats à Bousteila et Ouadane, intégrant restauration scolaire et encadrement pédagogique, montre que TAAZOUR peut jouer un rôle déterminant sans empiéter sur les prérogatives des autres institutions. Elle agit sur les déterminants sociaux de l’éducation — pauvreté, conditions de vie, nutrition — et facilite l’accès à l’école pour ceux qui en sont le plus éloignés.
Néanmoins, les moyens importants dont dispose l’institution doivent être utilisés avec vigilance. Ils constituent un levier puissant de transformation, mais peuvent aussi entraîner des dérives, notamment en privilégiant des investissements lourds dans les infrastructures au détriment d’actions plus simples, moins coûteuses et souvent plus efficaces pour les populations pauvres. Le risque est de privilégier des projets visibles mais peu impactants concrètement sur la vie des plus vulnérables.
La véritable transformation sociale passe aussi — et peut-être surtout — par des initiatives de proximité à forte rentabilité sociale et économique. Investir dans la transformation des produits agricoles, soutenir la valorisation des ressources forestières non ligneuses, développer l’agroforesterie ou appuyer la mise en marché de produits locaux tels que le lait et la viande sont autant d’actions concrètes capables de générer des revenus durables pour les ménages.
De même, des interventions ciblées dans les services de base peuvent produire des effets immédiats : soutien aux jardins scolaires pour renforcer la nutrition, amélioration des conditions de logement des enseignants dans les zones vulnérables pour stabiliser le système éducatif, dotation en latrines et en électricité dans les écoles pour créer un environnement digne et fonctionnel. Bien que modestes en apparence, ces actions sont souvent les plus visibles et les plus impactantes pour les populations.
L’efficacité de ces interventions repose toutefois sur un aspect souvent sous-estimé : le changement de comportement. Sans sensibilisation à la nutrition, à l’hygiène, à la valorisation des ressources locales et à l’importance de l’éducation, ces investissements risquent d’avoir un impact limité. L’accompagnement social et éducatif doit donc être au cœur de toute stratégie.
Ce double mouvement — ancrage territorial hérité de l’ancienne direction et clarification stratégique portée par la nouvelle — offre aujourd’hui une opportunité unique de refonder l’action de TAAZOUR sur des bases plus solides. Il ne s’agit pas d’opposer ces approches, mais de les articuler dans une vision cohérente, respectueuse du cadre légal et orientée vers des résultats concrets.
Au-delà de l’institution, l’enjeu est celui de la crédibilité de l’action publique. Une TAAZOUR fidèle à sa mission, complémentaire des autres secteurs et proche des citoyens, peut devenir un levier majeur de transformation sociale. À l’inverse, toute tendance à la substitution ou à la dispersion des efforts risquerait d’en limiter l’impact.
Le recadrage en cours envoie un message fort : il démontre qu’il est possible de concilier ambition politique, rigueur institutionnelle et efficacité sociale. Sa réussite dépendra cependant d’une seule chose : la capacité à transformer cette vision en résultats tangibles, perceptibles dans le quotidien des Mauritaniens les plus vulnérables.
Hamadi Bneijara