par Webmaster | 20 02 26 | Actualitès, Sports

La justice marocaine a condamné des supporters sénégalais à des peines comprises entre trois mois et un an d’emprisonnement. Il leur est reproché leur participation à des incidents lors de la finale de la CAN à Rabat, le 18 janvier dernier.
Les prévenus étaient poursuivis devant le tribunal de Rabat pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, dégradation d’équipements sportifs, invasion de la pelouse et jets de projectiles.
Neuf d’entre eux ont été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5.000 dirhams (environ 460 euros), six autres à six mois et 2.000 dirhams d’amende (180 euros) et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1.000 dirhams (90 euros).
« C’est incompréhensible », a réagi Patrick Kabou, leur avocat sénégalais inscrit au barreau du Gers en France, dénonçant le fait que ses clients servent de « boucs émissaires ».
Un Français d’origine algérienne, jugé quant à lui pour avoir jeté une bouteille d’eau, s’est vu infliger une peine de trois mois de prison et 1.000 dirhams d’amende.
Son avocat, Jaouad Benaissi, s’est dit « triste et déçu » à l’énoncé du jugement, rendu après une délibération qui s’est prolongée plus d’une demi-heure après la rupture du jeûne au premier jour du ramadan au Maroc.
Certains supporters ont brièvement manifesté leur mécontentement. Ils ont indiqué qu’ils feraient appel dès vendredi.
Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match chaotique.
A la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse.
par Webmaster | 20 02 26 | Actualitès

Les travaux de la quinzième Assemblée Générale Ordinaire de la Fédération Mauritanienne du Bâtiment et des Travaux Publics ont débuté hier jeudi à Nouakchott, sous le thème : “Vers une fédération plus forte au service du développement et des infrastructures”.
Le secteur des infrastructures constitue un pilier essentiel du développement économique et social, et le réceptacle de toutes les activités de développement, a déclaré à cette occasion, la Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Madame Naha Mint Hamdi Ould Mouknass, mettant en exergue la création d’un comité national de classification des entreprises basé sur le principe de compétence.
Ce qui renforce la transparence, dira-t-elle, évoquant en plus l’orientation prochaine vers la classification des bureaux d’études, afin de garantir l’intégration des rôles et la qualité des réalisations.
Elle a également mentionné l’accompagnement des entreprises nationales à travers des programmes de soutien technique et de formation, et la facilitation de leur accès aux marchés publics.
La Ministre a appelé tous les acteurs à relever les défis posés par un engagement strict envers les délais d’exécution des projets, la maîtrise des coûts et l’utilisation des technologies modernes, tout en s’engageant dans les exigences de la transition énergétique et environnementale.
De son côté, le Président de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien, Monsieur Mohamed Zein El Abidine Ould Cheikh Ahmed, a salué le rôle de premier plan de la Fédération Mauritanienne du Bâtiment et des Travaux Publics, la considérant comme un modèle distingué du secteur privé sérieux et participant activement aux grands projets.
Le Président de l’Union a hautement apprécié les récentes réformes gouvernementales, notamment l’approbation du nouveau code des marchés publics, qu’il a considéré comme un saut qualitatif dans l’encadrement de la concurrence, le renforcement de la transparence, l’égalité des chances et la restructuration du secteur sur des bases professionnelles récompensant la qualité et l’excellence, à travers le comité de classification nouvellement créé.
Il a appelé tous les entrepreneurs nationaux à investir la confiance que l’État leur accorde, en respectant pleinement les engagements des cahiers des charges et en réalisant les travaux qui leur sont confiés dans les délais convenus.
Quant au Président de la Fédération, Monsieur Lemrabott Ould Houmeya Ould Tanji, il a présenté le bilan des réalisations de la Fédération au cours du mandat écoulé, saluant les mesures mises en œuvre par le gouvernement en faveur des entreprises.
Les travaux de l’Assemblée Générale ont abouti à la réélection de son président à la tête d’un nouveau bureau pour un nouveau mandat, et à l’élection des délégués de la Fédération au prochain Congrès Général de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien.
La cérémonie d’ouverture de l’Assemblée s’est déroulée en présence du Ministre de l’Équipement et des Transports, Monsieur Ely Ould El Veirik, des présidents de la commission des marchés et de la commission de contrôle, du maire de la commune du Ksar et d’autres personnalités.
par Webmaster | 20 02 26 | Actualitès, Sociétés

Le Président de la République Mohmaed Cheikh Ghazouani, a supervisé mercredi passé à Nouakchott, à la veille du début du mois béni du Ramadan, la cérémonie de lancement des programmes sociaux spéciaux pour le mois de Ramadan 2026.
Ces programmes qui s’inscrivent dans le cadre du lancement de la deuxième édition des expositions Ramadan 2026, portant sur une très grande opération de soutien économique et social destinée aux citoyens, ont fait l’objet d’un exposé présenté par la Ministre du Commerce et du Tourisme, Mme Zeinebou Mint Hmednah.
La ministre a passé en revue à cette occasion les neuf expositions organisées au niveau de la capitale, et le rôle qu’elles devraient jouer dans le service de la population et la stabilisation du marché, sous la supervision du Département du Commerce et du Tourisme, en collaboration avec les secteurs de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire, de l’Élevage, de la Pêche et des Infrastructures Maritimes et Portuaires, et en partenariat avec l’Union Nationale du Patronat de Mauritanie.
Ces programmes incarnent la vision du Président de la République visant à renforcer les valeurs de solidarité nationale et à garantir la disponibilité des produits de base à des prix subventionnés, contribuant ainsi à alléger le fardeau de la vie pour les citoyens pendant le mois sacré.
Dans le cadre du renforcement de la dimension sociale de cette initiative, Son Excellence le Président de la République a visité les entrepôts du Commissariat de la Sécurité Alimentaire dans la moughataa de Toujounine, où il a écouté des présentations détaillées des ministres concernés sur les programmes sociaux visant à soutenir les citoyens pendant le mois sacré.
Le programme comprend un volet spécial pour le Commissariat de la Sécurité Alimentaire, dans le cadre duquel les produits de base seront vendus à des prix subventionnés dans 35 centres répartis entre Nouakchott et les capitales des wilayas intérieures.
Environ 72 800 familles bénéficieront de cette opération, grâce à l’approvisionnement des centres en 7 140 tonnes de produits alimentaires, avec une enveloppe financière de 124 millions d’ouguiyas nouvelles, en plus de distributions alimentaires gratuites au profit de 25 000 familles à Nouakchott et des habitants des villes historiques : Oualata, Tichitt, Chinguetti, Ouadane et Djéol.
Le volet de la Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion (Taazour) comprend également l’allocation de 37,5 millions d’ouguiyas nouvelles pour l’ouverture de points de vente de produits alimentaires à des prix subventionnés tout au long du mois de Ramadan, en plus de la prise en charge de 22 350 familles démunies dans les capitales des moughataas intérieures via des cartes d’approvisionnement d’une valeur de 16 090 000 ouguiyas nouvelles.
Le volet “Taazour” comprend également l’allocation de 110 millions d’ouguiyas nouvelles pour approvisionner 1 284 épiceries en milieu rural en produits alimentaires, au profit de 96 300 familles démunies, et l’ouverture de 12 points de vente de viande rouge dans les capitales des wilayas intérieures à un prix subventionné de 140 ouguiyas par kilogramme, bénéficiant quotidiennement à 1 950 familles, ainsi que des distributions en espèces au profit de 56 544 familles avec une enveloppe financière d’environ 844 millions 516 mille 400 ouguiyas.
Le volet du Ministère des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel comprend le programme d’Iftar pour les jeûneurs, et les distributions alimentaires fournies par la Fondation Nationale des Waqfs, en plus de la revivification du Ramadan qui comprend de multiples programmes religieux via les médias publics audiovisuels et écrits.
Quant au volet du Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille, il vise à bénéficier à 10 000 familles dans toutes les wilayas du pays, y compris les femmes chefs de famille, les familles d’enfants polyhandicapés, les mères d’enfants autistes, les retraités de l’armée et des forces de sécurité, les personnes âgées des familles vulnérables, et les personnes atteintes de maladies chroniques, avec une enveloppe financière totale de 70 millions 26 mille 500 ouguiyas.
L’opération Ramadan de cette année comprend la distribution gratuite de 232 tonnes de poisson au profit de plus de 23 000 familles, en plus de la poursuite de la vente via 476 points de distribution de la société de distribution de poisson, répartis sur tout le territoire national, à des prix subventionnés.
par Webmaster | 19 02 26 | Actualitès, Le monde, Politique
Alors que des diplomates se retrouvent en Suisse pour tenter de sauver les apparences d’un dialogue, les militaires, eux, ne cachent plus leurs préparatifs. La crise entre Téhéran et Washington est entrée dans une phase schizophrène où les pourparlers avancent à l’ombre des porte-avions.
Il y a deux semaines, dans un hôtel de Genève, des émissaires iraniens et américains échangeaient des messages par l’intermédiaire d’Oman. Aujourd’hui, à quelques milliers de kilomètres de là,des F-15 flambant neufs survolent le désert.
Bienvenue dans la crise américano-iranienne, version 2026 : un bras de fer où chaque camp tire sur la corde diplomatique tout en chargeant ses armes.
Sur le papier, la situation n’a jamais été aussi proche d’une avancée depuis des années. Le 17 février, à Genève, Iraniens et Américains se sont parlés. Par écrans interposés, certes, mais ils se sont parlés. Les médiateurs omanais ont même réussi l’exploit de faire signer une feuille de route : des « principes directeurs » pour encadrer la suite des discussions.
À Téhéran, on souffle le chaud et le froid. Les Iraniens veulent un accord, mais pas à n’importe quel prix . Ce prix, c’est la levée totale des sanctions économiques qui étranglent le pays. En face, Washington pose ses conditions , l’Iran doit démonter, pièce par pièce, son programme d’enrichissement d’uranium.
Mais le vrai problème ne se trouve pas dans les salles de réunion feutrées de Genève. Il se trouve sur les routes maritimes du Golfe et dans les bases américaines du Moyen-Orient.
Car pendant que les diplomates jasent, les militaires, eux, se préparent. Les États-Unis n’avaient pas déployé autant de puissance de feu dans la région depuis la guerre contre l’État islamique. Plus de 250 vols de cargos militaires ont déversé du matériel. En mer, deux groupes aéronavals, emmenés par les géants USS Abraham Lincoln et USS Gerald R. Ford, patrouillent à proximité du détroit d’Ormuz.
Officiellement, il s’agit d’une « démonstration de force dissuasive » pour convaincre Téhéran de rester à la table des négociations. Officieusement, les experts parlent d’une « option militaire prête à l’emploi ». Toutes les options sont envisageables y compris « celles que personne ne souhaite. »
Du côté iranien, on ne compte pas rester les bras croisés. La réponse de Téhéran a été immédiate et spectaculaire. Dans le détroit d’Ormuz, par où transite 20% du pétrole mondial, les Gardiens de la Révolution ont multiplié les exercices navals. Le message est clair : « Si vous nous bloquez, nous bloquons le monde. »
Le ton est également monté dans les discours. Le guide suprême, Ali Khamenei, n’a pas mâché ses mots, menaçant de « couler » les navires de guerre américains s’ils outrepassaient les limites. Une rhétorique guerrière qui contraste violemment avec les appels au calme des négociateurs.
Cette escalade militaire inquiète jusqu’aux alliés historiques des États-Unis. Les pétromonarchies du Golfe, prises en étau entre l’Iran et leur protecteur américain, tirent la sonnette d’alarme. Elles ont trop à perdre dans une guerre régionale. En privé, leurs dirigeants pressent Washington de privilégier la voie diplomatique, même lente.
Seul Israël, dans ce concert, pousserait à une ligne dure, voyant dans la faiblesse supposée de l’Iran une occasion historique de détruire son programme nucléaire.
Pour l’instant, le monde retient son souffle. La machine diplomatique tourne au ralenti à Genève, tandis que la machine de guerre, elle, tourne à plein régime dans le Golfe.
Le prochain round de discussions n’a pas encore de date. D’ici là, le risque d’une erreur de calcul, d’une provocation qui dérape, ou d’un incident naval est plus élevé que jamais. Une chose est sûre : dans cette danse dangereuse, le faux pas pourrait coûter très cher.
par Webmaster | 19 02 26 | Actualitès, Politique

Réuni hier mercredi dans le cadre de son conclave hebdomadaire, tenu cette fois après des reports dus à des déplacements intermittents du Président de la République Ghazouani et du Premier ministre Mokhtar Ould Diay, le Conseil des Ministres a effectué des dizaines de nominations.
Ces mesures telles qu’elles ont été révélées par le communiqué sanctionnant la réunion du Gouvernement se présentent comme suit :
Ministère de la Formation Professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers
Cabinet du Ministre
– Conseiller Chargé de l’Économie Sociale et Solidaire : Modi Wassa, Ingénieur
Administration Centrale
Direction Générale de la Formation Technique et Professionnelle
– Directeur Général : Mohamed Lemine Ould Seyid, précédemment Directeur de l’Institut National pour la Promotion de la Formation Technique et Professionnelle
Etablissements Publics
Agence Nationale de la Formation Professionnelle
– Directeur Général : Mahfoudh Ould Ibrahim, précédemment Conseiller à la Présidence de la République
– Directeur Général Adjoint : Mahfoudh Abderrahmane Habib, précédemment Directeur Général de la Formation Technique et Professionnelle
Agence Nationale de l’Artisanat
– Directeur Général : Abed Daim Ould Noune, précédemment Conseiller Chargé de l’Economie Sociale et Solidaire.
Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel
Cabinet du Ministre
Charges des Missions :
– Diallo Amadou Niandé, précédemment Directeur Régional du Ministère des Affaires Islamiques et de de l’Enseignement Originel dans la Wilaya de Guidimagha ;
– Salma Bachir Bakari, Titulaire d’une maîtrise en Sociologie, précédemment cadre au même ministère,
Inspection Générale
– Inspecteur Issa Bouhamadi, précédemment Directeur Régional du Ministère des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel dans la Wilaya de Tagant ;
Administration Centrale
Direction Chargée des Institutions
– Directeur : Mohamed Ould Ali, précédemment Inspecteur au sein du même ministère.
Ministère des Finances
Cabinet du Ministre
Inspection Générale des Finances
– Inspecteur Général des Finances : Ahmed Jeddou Ould Sidi, titulaire d’un diplôme d’Etudes Supérieures en Economie, précédemment cadre au Ministère de l’Équipement et des Transports
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Cabinet du Ministre
– Chargé de mission : Mohamed Lemine Cheikh Ahmed, professeur d’Université à l’École Normale Supérieure, en remplacement de Mohamed Lemine Haless, appelé à se consacrer à l’Enseignement.
Établissements publics
Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises (ISCAE)
– Directeur : Saad Bouh Cheikh El Mehdi, précédemment Directeur Adjoint de l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises (ISCAE), en remplacement de Sidi Mohamed Abde Daim, appelé à se consacrer à l’Enseignement.
Centre National des Œuvres Universitaires
– Directeur Adjoint : Ingénieur Mustapha Cheikh Mehdi Meyara, en remplacement de Mami Diop, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Ministère de l’Élevage
Cabinet du Ministre
– Chargé de mission : Jemal Keboud
Commission Départementale des Marchés Publics du Ministère de l’élevage
– Président : Cheikh Ben Maaly Moine.
Etablissements Publics
Centrale d’Achat des Intrants de l’Elevage (CAIE)
– Directeur : Dr Camara Codoré
Ministère de l’Équipement et des Transports
Cabinet du Ministre
Inspection Interne
– Inspecteur : Sidina El Hacen Boudgue, précédemment Chef Service à la Délégation Générale à la Solidarité Nationale et la Lutte contre l’Exclusion « Taazour »
Administration Centrale
Direction des Etudes et d’Infrastructures
– Directeur : Mohamed Zerrough, précédemment Ingénieur au même ministère
par Webmaster | 19 02 26 | Actualitès, Tribunes
Aprés la remise par le coordinateur du Dialogue de la derniere mouture de la feuile de route aux pôles politiques participationnistes pour marquer le demarrage du processus, nous assistons à une montée en puissance des forces politiques hostiles, pour des raisons diverses, à la réalisation de cette aspiration profonde du peuple mauritanien.
Cette poussée s’est transformée, ces derniers jours, en une véritable vague de défiance, portée par la convergence objective de partis et de mouvements issus d’horizons idéologiques et politiques très différents, animés sans doute par des intentions variées, mais désormais unis autour d’un seul mot d’ordre : « Pas de dialogue, pas de réformes ! ».
Dans cette offensive, les forces opposées à l’unité nationale et à un règlement responsable des questions qui divisent la nation mènent la charge, en particulier en instrumentalisant des sujets sensibles, tels que l’officialisation des langues, la lutte contre les discriminations, ou encore le dossier du passif humanitaire, en jouant sur les peurs et en maîtrisant l’art du déni, des contrevérités et de la manipulation des opinions.
La tactique privilégiée par ces forces consiste, dans un premier temps, à disqualifier, par tous les moyens, l’idée même du dialogue.
Cette entreprise de disqualification s’articule autour de trois axes.
Le premier consiste à s’en prendre à la crédibilité de l’appel au dialogue, en soutenant qu’il ne saurait être recevable dès lors qu’il émane d’un Président de la République qu’ils ont choisi de vouer aux gémonies. Cette posture est notamment celle des partisans les plus en vue de l’ancien Président et de leurs alliés, dont la ligne politique repose sur le rejet systématique de toute initiative susceptible d’apaiser le climat national.
Le second axe, plus insidieux, vise à empoisonner le débat par une diversion soigneusement construite : mettre au centre de la scène une thématique qu’ils savent explosive et inacceptable, et que personne — en dehors d’eux-mêmes — n’a pourtant jamais sérieusement introduite dans les discussions, à savoir l’hypothèse d’une révision constitutionnelle destinée à ouvrir la voie à un troisième mandat du Chef de l’État.
Un troisième axe, tout aussi préoccupant, consiste à insinuer — voire à marteler — les risques de dérapage et de crise identitaire prétendument inhérents à tout débat relatif à deux questions pourtant essentielles : d’une part, la nécessité d’une officialisation décomplexée, unitaire et apaisée des langues nationales négro-africaines ; d’autre part, la recherche d’une solution consensuelle, définitive et désormais à portée de main, au dossier du passif humanitaire.
Cet axe est en réalité central dans la stratégie de sabotage. Il vise à réinstaller la peur, à faire croire que le simple fait d’aborder ces sujets constituerait en soi une menace pour la cohésion nationale, alors même que c’est précisément leur maintien artificiel dans le registre du tabou qui, depuis des décennies, alimente les frustrations, les incompréhensions et les fractures.
Plus grave encore, cette entreprise s’accompagne désormais d’une escalade verbale inacceptable : certains n’hésitent plus à interpeller le Président de la République sur un ton comminatoire, en proférant à son égard des menaces à peine voilées, pour avoir osé démystifier ces sujets indûment tabous et pour avoir choisi de les inscrire, enfin, dans le champ normal du débat national.
Il faut le dire avec force : il ne s’agit plus ici d’un désaccord politique classique, ni même d’une critique légitime. Il s’agit d’une tentative d’intimidation, d’une volonté délibérée de faire reculer l’État et d’imposer, par la pression et la peur, la loi du silence sur des dossiers qui engagent la justice, la dignité et l’unité nationale.
Ces menaces, quelles qu’en soient les formes, sont inacceptables et dangereuses . Elles constituent une mise en danger du climat de stabilité et un appel implicite à la confrontation de type chaotique. Elles révèlent surtout une stratégie claire : prendre en otage la cohésion nationale en faisant croire que toute discussion sur l’unité nationale, les langues nationales, la lutte contre les discriminations ou sur le passif humanitaire conduirait mécaniquement au chaos et même pourrait justifier un coup de force.
Or, la vérité est exactement inverse : ce n’est pas le débat qui menace l’unité, c’est le tabou ; ce n’est pas la recherche de solutions qui fragilise la nation, c’est l’entretien organisé des frustrations ; ce n’est pas la parole responsable qui divise, c’est la manipulation et l’instrumentalisation des peurs.
Face à cette stratégie de sabotage et d’intimidation, il est impératif de réaffirmer une évidence : le dialogue national n’est ni une concession faite à qui que ce soit, ni une manœuvre politicienne, mais une nécessité républicaine, une exigence de stabilité durable et une condition du progrès économique et social.
Les questions liées aux langues nationales, à la lutte contre les discriminations et au passif humanitaire ne doivent plus être traitées comme des sujets interdits ou comme des prétextes à la surenchère. Elles doivent être abordées avec responsabilité, dans un cadre serein, institutionnel et respectueux, afin de parvenir à des solutions justes, consensuelles et définitives. Il faut reconnaître que le Président de la République semble clairement s’y atteler comme on l’a vu notamment lors de ses récents déplacements à l’intérieur du pays. Et c’est ce qui dérange les milieux obscurantistes hostiles aux réformes et à l’unité nationale, au progrès social et au véritable développement économique inclusif.
Aucun acteur politique ne peut prétendre aimer ce pays tout en cherchant à empêcher qu’il se parle, qu’il se réconcilie avec lui-même, et qu’il règle enfin, par la voie pacifique et démocratique, ce qui divise encore sa conscience nationale.
Il appartient dès lors à toutes les forces patriotiques, quelles que soient leurs sensibilités, leur obédience ou leur passé, de refuser la logique du blocage, d’isoler les saboteurs et de défendre, sans faiblesse, le principe même du dialogue, qui demeure aujourd’hui la voie la plus sûre vers l’unité nationale, la justice et la stabilité.
Le Dialogue national n’est pas une option : il est une nécessité vitale. Il suffit de nous regarder en face et d’observer ce qui se passe autour de nous et dans le reste du monde.
La Mauritanie ne peut plus se permettre le luxe du tabou, de la peur et du blocage organisé.
Ceux qui refusent le dialogue ne défendent pas la nation : ils défendent leurs intérêts, leurs calculs et leurs rancunes.
Le moment est venu de choisir : la division ou l’unité, le silence ou la vérité, le blocage ou la République.
Gourmo Lô, 19 février 2026