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Programme gouvernement intensif pour créer 30 mille emplois en 24 mois

Des membres du gouvernement, ont commenté hier mercredi 19 mars courant, les résultats du conseil des ministres qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.

Le ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly est revenu à cette occasion, sur les grandes lignes de sa communication, relative aux mécanismes de mise en œuvre de la décision du Président de la République visant à créer 30 000 opportunités d’emplois entre 2026 et 2027. Il a souligné que la synthèse soumise au conseil, s’articule autour de 4 points.

Le premier revient sur les actions engagées par le ministère à travers les 42 projets structurants et 307 autres impulsés dans le cadre du programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services et le développement local. Il a ajouté que pour chaque projet, le nombre d’emplois à créer et les profils requis sont identifiés.

S’agissant du bilan, le ministre a déclaré que 35 757 emplois directs ont été générés durant la mise en œuvre des projets, et 7 204 emplois directs ont vu le jour ensuite. Pour lui, ces emplois, mêmes ponctuels, ont permis aux jeunes d’avoir l’occasion de renforcer leurs capacités et leurs aptitudes à saisir de nouvelles opportunités.

Au chapitre des compétences mobilisées, le ministre a indiqué qu’elles étaient diversifiées, mais relève ces catégories : 4 790 pour la main d’œuvre, 2 664 techniciens de creusage, 2 612 dans le domaine l’électricité et réseaux, 2 365 administrateurs, gestionnaires et agents de sécurité et 2 230 techniciens d’assainissement, techniciens de stations de pompage, entre autres.

Ensuite il a relevé que les opérations de recrutements se sont déroulées dans la transparence, notant que plus de 20 000 opportunités ont été publiés sur le site jobs.mr

Le ministre a aussi annoncé qu’après l’évaluation faite par le département, en ce qui concerne la planification 2026 – 2027, 20 055 opportunités d’emplois seront créées en 2026 et 23 220 en 2027.

Le troisième point abordé par le ministre met l’accent sur la mauritanisation des opportunités d’emplois. Pour lui, c’est un défi à relever, rappelant la nécessité d’accorder les compétences et besoins du marché. Dans ce sens, il a indiqué qu’un exercice sera fait afin d’identifier les zones où seront localisés les futurs emplois et former les jeunes en conséquence. Pour cela, son département et celui de la formation professionnelle travailleront de concert, notamment en ce qui concerne la sensibilisation.

Le dernier point abordé a trait à la gouvernance. D’après lui, des étapes importantes ont été franchies. Il a rappelé que la politique de l’emploi est actuellement au Conseil national du Dialogue social, qui est un cadre de concertation entre l’État, le patronat et les travailleurs sur les questions socio-économiques. Il a aussi évoqué le Conseil National du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, la loi sur le contenu local, entre autres éléments relatif à la gouvernance de l’emploi.

La voix des femmes africaines résonne au Parlement des îles Canaries

Le Parlement des îles Canaries a accueilli le mardi 17 mars 2026, dans la salle Europa du parlement des Iles Canaries, la conférence « Femmes et Parlement : La voix de l’Afrique est féminine », organisée par Charter 100 Canarias et visant à mettre en avant le leadership des femmes africaines en politique.

La présidente du Parlement, Astrid Pérez, a inauguré l’événement en soulignant l’importance d’« écouter la voix des femmes » et en insistant sur le fait que leur participation est essentielle à la construction de sociétés plus justes et égalitaires. Elle a également salué le travail de Charter 100 Canarias dans la création de réseaux de coopération entre l’Afrique et les îles Canaries.

Parmi les intervenantes à cet évènement figurent Nayra Delgado, Coordonnatrice de plusieurs projets du Gouvernement des Canaries en Mauritanie, Mircea Delgado, député du Cap-Vert, Fatou Ndiaye, avocate sénégalaise et Sonja Arup, femme d’affaires gambienne.

Tout au long de la réunion, les participantes ont discuté des progrès et des défis liés à la représentation des femmes en Afrique, ainsi que de la nécessité de poursuivre la promotion de politiques favorisant l’égalité et la participation des femmes aux instances décisionnelles.

Avant l’événement, les intervenantes avaient rencontré la présidente Astrid Pérez, ainsi que Luis Guillermo Padilla Macabeo, directeur général des relations avec l’Afrique du gouvernement des îles Canaries, et Nardy Barrios, présidente de Charter 100 Canarias, lors d’une réunion institutionnelle visant à renforcer les liens de collaboration.

Par cette initiative, le Parlement des îles Canaries et Charter 100 Canarias réaffirment leur engagement en faveur du leadership des femmes et de la coopération internationale.

Extraits du discours de la Coordinatrice du Gouvernement canarien en Mauritanie

Actuellement Coordinatrice de plusieurs projets du Gouvernement des Canaries en Mauritanie à travers la Fondation Canario-Mauritanienne pour le Développement Économique et Social (FCM), notamment des initiatives telles que Tierra Firme, le Cluster de la Mode et Ballon de l’Espoir, Nayra Delgado a tenu d’emblée à remercier Charter 100 pour l’invitation.

Cette organisation « nous rappelle depuis des années quelque chose de très simple… mais profondément transformateur : que le talent n’a pas de genre, mais que les opportunités… parfois si et que le véritable progrès d’une société se mesure à la place qu’occupent ses femmes », a souligné cette pionnière très engagée dans le développement des relations économiques entre l’Europe et la Mauritanie et  coprésidente du CIEM, le Club des Investisseurs Européens en Mauritanie.

Et d’ajouter : « lorsque nous prononçons le mot Mauritanie, beaucoup de personnes ne pensent pas à un pays réel. Elles pensent à une image. Parfois le désert. Parfois la pauvreté », disant « quand on parle des Canaries, très souvent, la Mauritanie apparaît dans les médias pour une raison bien précise : la migration. Les embarcations qui partent de ses côtes et arrivent sur les nôtres ».

Nayra Delgado qui est par ailleurs présidente de la COEME, l’Association des Entreprises Mauritano-Espagnoles, estime dans son discours à cette conférence qu’il est important de rappeler une chose : ceux qui voyagent dans ces embarcations ne sont presque jamais mauritaniens, que les images ont beaucoup de force, que lorsqu’une image se répète souvent…

Une telle image finit par remplacer la réalité, étant donné que derrière cette image, il y a un pays bien plus complexe, s’appuyant dans ses propos d’ d’une expérience très personnelle, poursuit, cette leader qui occupe aussi le rôle de Business Attaché de PROEXCA en Mauritanie, où elle œuvre activement à attirer les investissements aux Iles Canaries et à accompagner les entreprises mauritaniennes souhaitant développer leurs activités à l’international, notamment à travers la plateforme MauritaniaGateway.com.

« Je suis canarienne, mais je vis en Mauritanie. Et quand on y vit, on découvre quelque chose de fascinant : les pays ressemblent rarement aux titres des journaux », met-elle en exergue. Et de dire pour s’expliquer : « aujourd’hui, la Mauritanie est aussi un pays où les femmes commencent à occuper des espaces de décision », avançant des chiffres pour illustrer cette percée de la femme mauritanienne.

Le Parlement mauritanien compte actuellement 176 députés, dont 42 femmes, soit environ 23 % de l’assemblée, a indiqué Nayra, selon laquelle, ce progrès a été rendu possible en grande partie grâce à un système de quotas introduit lors des dernières réformes électorales qui réserve 20 sièges nationaux aux femmes.

« Cela peut sembler modeste. Mais si l’on regarde en arrière, le changement est immense », a précisé cette pionnière, organisatrice d’événements d’envergure internationale, tels que le salon MEDEX, dédié au secteur de la santé, ainsi que le forum AMEISS Atlantic Marine Industry Support Summit.

Toujours selon elle, il y a quelques décennies à peine, la présence des femmes au Parlement mauritanien était presque inexistante, alors qu’aujourd’hui, elles participent à la vie politique et à la prise de décision et qu’elles ont une vision très claire de leur rôle.

« Comme me l’expliquait récemment la députée Mariam Wane Dia, leur mission principale est de renforcer la représentation féminine dans les institutions et de promouvoir des lois autour de trois grands objectifs : la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, l’égalité des opportunités, et l’autonomie économique des femmes », a-t-elle dit.

Notre travail se concentre sur trois axes très concrets à savoir le plaidoyer législatif, la participation à la prise de décision et  l’avancée vers une plus grande parité politique, a précisé la parlementaire.

Les femmes représentent un peu plus de 51 % de la population mauritanienne, cependant, leur présence dans les postes au commet de la pyramide Etat reste encore limitée, a poursuit la conférencière, installée en Mauritanie depuis plus de huit ans et jouissant d’une connaissance approfondie du terrain et des opportunités qu’offre ce marché en pleine croissance.

Toujours selon elle, sans les listes électorales spécifiques aux femmes, leur représentation serait encore plus faible, précisant à titre d’exemple, que leur présence faible dans l’administration territoriale, de trois femmes gouverneures, est réduite également au sein du gouvernement.

Les parlementaires mauritaniennes font aussi face à des obstacles sociaux, culturels et religieux qui freinent encore certaines réformes, a indiqué Nayra, selon laquelle, certains projets de loi visant à renforcer la protection des femmes ont été présentés puis retirés du Parlement à plusieurs reprises en raison de résistances conservatrices.

Toujours dans cette allocution très suivie, Nayra Delgado dit : « mais malgré cela, le processus de changement continue, et cela, en soi, est déjà significatif.

Pour ceux d’entre nous qui vivons aux Canaries, la Mauritanie n’a jamais été un pays lointain. Notre relation avec cette côte remonte à loin. Nos ancêtres naviguaient déjà vers ces eaux. Il y a eu de la pêche.

Du commerce. Des échanges. Dans cette mer qui nous sépare… mais qui nous unit aussi.

Parfois, elle ressemble davantage à un pont bleu qu’à une frontière. Aujourd’hui, cette relation est aussi économique et humaine.

Les Canaries exportent plus de 75 millions d’euros par an vers la Mauritanie. Plus de 350 entreprises canariennes participent à cet échange commercial. Et chaque année, environ 20 000 citoyens mauritaniens se rendent aux Canaries.

Beaucoup d’entre eux à Las Palmas de Gran Canaria, où ils passent plusieurs jours pour faire des achats ou accéder à des services de santé.

Plus de 5 000 Mauritaniens vivent aujourd’hui aux Canaries. Notre relation est économique.

Elle est sociale. Elle est humaine.

Et aussi stratégique. Mais peut-être que le fait le plus important concernant la Mauritanie est un autre.

C’est un pays extraordinairement jeune. Plus de la moitié de sa population a moins de 21 ans.

Et parmi cette jeunesse se trouvent aussi les femmes qui commencent à transformer leur société.

Des femmes formées. Talentueuses.

Leader. Comme cela s’est produit aux Canaries.

L’histoire du progrès social ne se fait presque jamais immédiatement.

D’abord, ce sont les personnes qui changent. Ensuite, ce sont les institutions. Et les femmes mauritaniennes sont déjà en train de transformer leur pays.

C’est pourquoi, lorsque nous pensons aujourd’hui à la Mauritanie, nous ne devrions pas penser aux titres du passé. Ni aux stéréotypes.

Nous devrions penser à quelque chose de bien plus intéressant : les images du futur. Un futur partagé. Un futur dans lequel les femmes mauritaniennes et canariennes ne se contentent pas de soutenir la société.

La Présidence mauritanienne a procédé hier mardi 17 mars courant, par décret présidentiel à un remaniement partiel du gouvernement, touchant trois portefeuilles ministériels dont ceux des mines, de la santé et de l’agriculture. .

Le ministre des Mines et de l’Industrie, Thiam Tidjani, a été nommé ministre de la Santé et a été remplacé par Eddi Ould Zein, ancien ministre, qui fait ainsi son retour au sein du gouvernement.

De son côté, Mohamedou Ould Mhaïmid, ancien ministre et ex-conseiller à la Présidence de la République, a intégré le gouvernement en tant que ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.

Mohamed Mahmoud O. Ely Mahmoud quitte le gouvernement où il détenait le portefeuille de la santé et Sid’Ahmed O. Bouh quitte lui aussi le ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire

Il s’agit du deuxième remaniement partiel en six mois de l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Mokhtar Ould Diay. Le précédent, intervenu le 18 septembre 2025, avait concerné onze ministères

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Mauritanie : Vives tensions après des accusations de Mali

Les relations entre la Mauritanie et le Mali se sont nettement crispées lundi. En cause : le rejet ferme par Nouakchott des accusations émanant du régime de Bamako, qui soutient que des soldats maliens seraient détenus par des groupes terroristes dans un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien.

Dans un communiqué officiel, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a dénoncé des allégations ‘’totalement infondées et profondément offensantes’’. Le texte fustige des accusations formulées ‘’sans la moindre preuve ni consultation préalable par les canaux appropriés’’, les qualifiant d’acte indécent et inacceptable.

Les autorités rappellent que le camp de réfugiés de M’Berra, vraisemblablement visé par les déclarations maliennes, est placé sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de plusieurs organisations humanitaires internationales.

Implanté dans l’est mauritanien, près de Bassikounou, dans la région du Hodh Ech Chargui, le site accueille plus de 309 000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon le HCR. Environ 98 % d’entre eux sont de nationalité malienne.

Les rapports entre Nouakchott et Bamako se sont dégradés ces derniers mois à la suite de plusieurs incidents sécuritaires recensés le long de leur frontière commune, longue de plus de 2 200 kilomètres, depuis avril 2024. Ces épisodes sont fréquemment liés à des opérations de traque menées par l’armée malienne contre des groupes jihadistes armés.

Le 6 mars, des médias mauritaniens, dont Sahara Media, ont affirmé que sept ressortissants mauritaniens auraient été tués par l’armée malienne dans la zone d’Ehl Elkori, à la frontière entre les deux pays.

Parallèlement, la Mauritanie a lancé depuis mars 2024 une vaste campagne d’expulsions visant les étrangers en situation irrégulière, touchant de nombreux Maliens. Amnesty International, s’appuyant sur des chiffres officiels, fait état de 28125 migrants expulsés au premier semestre 2025.

Les frictions diplomatiques ont aussi des répercussions économiques. En septembre 2025, des centaines de commerces mauritaniens ont fermé à Bamako. «Près de 300 établissements sont concernés», a précisé Saadna Hamoud, vice-président de la communauté mauritanienne dans la capitale malienne.

Dernièrement, à la suite d’instructions venues d’Algérie, Nouakchott a interrompu une partie de ses exportations de produits alimentaires et énergétiques par voie terrestre, une mesure pour perturber et compliquer l’approvisionnement du Mali.

Le porte-parole du gouvernement mauritanien, El Houssein Ould Medou, a évoqué « une mesure temporaire liée à la conjoncture mondiale et aux tensions au Moyen-Orient ».

Sahelintelligence

 

Le ministre des finances félicite la DGI sur fond de recettes fiscales collectées de près d’100 milliard

Le ministre des Finances, M. Codioro Moussa N’guenore, a salué le rôle joué par la direction générale des impôts dans la mobilisation des ressources financières de l’État, disant qu’elle a assumé une mission essentielle consistant à fournir les moyens nécessaires au développement des diverses institutions de services dans le pays.

 

Cette direction constitue un axe fondamental dans le processus de mobilisation des ressources publiques, une action quotidienne contribuant à renforcer la capacité de l’État à financer les services publics, à construire les infrastructures et à mettre en œuvre les politiques de développement en général, ce qui se reflète positivement sur la fourniture des moyens nécessaires aux citoyens, a déclaré le ministre aujourd’hui lundi, lors d’une réunion tenue, avec ses cadres et employés, à son siège à Nouakchott.

 

 

N’guenore a félicité les équipes travaillant à la direction générale pour les performances exceptionnelles réalisées en 2025, qui, dira-t-il, ont dépassé les objectifs fixés dans la loi de finances, mais aussi pour le bon démarrage de l’année 2026.

Les recettes fiscales réalisées jusqu’au 13 mars ont atteint 9 706 212 994 ouguiyas, contre 5 754 508 995 ouguiyas pour la même période de l’année dernière, a révélé le ministre.

Codioro  a exhorté également les employés de la direction à respecter les règles professionnelles et à faire preuve d’un comportement exemplaire, à la hauteur des attentes des citoyens.

Le Département continuera à soutenir la direction générale des impôts, à accompagner son développement et à renforcer son efficacité, renouvelant ses remerciements à tous ses employés pour leur engagement et leurs performances exceptionnelles, a assuré le ministre, exprimant sa confiance en leur capacité à poursuivre cet effort avec un esprit de responsabilité et le souci de l’intérêt général.

 

La réunion s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère, M. Diallo Mamadou Abdoulaye, et du directeur général de la direction générale des impôts, M. El Mokhtar Salem Ould El Mouna.

Nouvelles tensions entre la Mauritanie et le Mali

Ces nouvelles tensions font suite à un communiqué de l’armée malienne affirmant que deux de ses soldats, retenus en otage, se sont évadés d’un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien, une version que Nouakchott rejette avec la plus grande fermeté.

Selon le Mali les deux soldats  ont réussi à s’évader d’un camp de réfugiés en Mauritanie dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 .

Les deux militaires avaient été enlevés le 9 octobre 2025 sur le fleuve Niger alors qu’ils étaient en permission.
L’évasion a été possible grâce aux opérations de l’armée malienne le long de la frontière. Les deux soldats ont regagné le territoire malien .
Devant ces affirmations, la Mauritanie a exprimé sa « stupéfaction » et son « indignation » face à ces accusations, les jugeant « totalement infondées » et « profondément offensantes » .
Le Camp de M’Berra au Cœur de la Controverse est situé dans le sud-est de la Mauritanie, à environ 50 km de la frontière avec le Mali .
La Mauritanie rappelle que ce camp, qui accueille environ 160 000 personnes selon l’UNHCR, est sous la supervision constante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de nombreuses organisations humanitaires internationales . Nouakchott souligne que des membres du gouvernement malien ont eux-mêmes visité ce camp par le passé et en avaient salué la gestion .
Pour la Mauritanie, l’idée que des groupes terroristes puissent détenir des otages dans un lieu aussi surveillé est « incompatible avec les mécanismes de contrôle en place » . Le gouvernement mauritanien estime que ces accusations, formulées sans preuve et sans consultation diplomatique préalable, constituent une atteinte à son image et à sa souveraineté .
Malgré la vivacité de la réaction mauritanienne, Nouakchott semble vouloir privilégier la voie diplomatique pour désamorcer la crise.Tout en dénonçant des accusations « offensantes », la Mauritanie réaffirme son attachement à des « relations de bon voisinage » et à la « cohésion entre les deux peuples » . Elle appelle Bamako à « privilégier les canaux diplomatiques » pour traiter les questions de sécurité commune . Cependant, elle prévient qu’elle se « réserve le droit d’activer toutes les dispositions nécessaires pour défendre son image et sa souveraineté » si de telles accusations venaient à se répéter .
Cet incident illustre les défis de la coopération sécuritaire au Sahel, où les pays doivent lutter contre la menace terroriste tout en gérant des sensibilités politiques et des crises humanitaires complexes, notamment le sort des nombreux réfugiés .
L’avenir proche dira si le dialogue permettra de surmonter cette crise ou si les relations entre les deux voisins vont se tendre davantage.

Texte du Communiqué du Ministère Mauritanien des Affaires étrangères:

« Le Gouvernement de la République islamique de Mauritanie vient de prendre connaissance, avec stupéfaction et indignation, du communiqué publié par l’état-major des forces armées maliennes (FaMa), affirmant que des militaires maliens détenus par des groupes terroristes auraient réussi à s’échapper d’un camp de réfugiés situé sur notre territoire.

La Mauritanie rejette, avec la plus grande fermeté, ces accusations totalement infondées et profondément offensantes. De telles affirmations, émises sans la moindre preuve ni consultation préalable par les canaux appropriés, caractérisent une démarche indécente qui ne saurait être tolérée.

La Mauritanie rappelle que le camp de M’Berra accueille des dizaines de milliers de Maliens et d’autres nationalités, depuis près d’une trentaine d’années. Le lieu a toujours été placé sous la supervision permanente du Haut‑Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de nombreuses organisations humanitaires internationales et ONG indépendantes. L’ensemble des acteurs de la solidarité disposent d’un accès permanent à l’emprise où ils assurent un suivi quotidien des conditions de sécurité et de vie, de déplacés en hausse constante.

Le dispositif a reçu la visite des ministres de l’actuel gouvernement malien, de manière transparente et en présence de la presse. Ils ont loué tant le professionnalisme des services locaux que l’hospitalité des populations hôtes. La règle établie depuis trois décennies protège toute personne secourue tant qu’elle s’abstient de conduire une action hostile à la paix, de part et d’autre de la frontière.

Dès lors, laisser entendre que des groupes terroristes pourraient y détenir des personnes relève d’une accusation grave. La réfutation de celle-ci constitue une évidence, au regard de l’expérience des relations fraternelles entre la Mauritanie et le Mali.

Malgré la gravité et la complexité de la situation sécuritaire dans notre sous région et la pression associée, la Mauritanie a toujours misé sur la retenue, l’esprit de responsabilité et le sens de l’apaisement. Aussi, préfère-t-elle la voie du dialogue direct et des échanges diplomatiques avec les autorités du Mali frère, afin d’éviter l’escalade et de préserver la cohésion des deux peuples.

Dans ce contexte, les accusations aujourd’hui alléguées sans preuve aux dépens de la Mauritanie suscitent autant la perplexité que la déception.

Fidèle aux préceptes de l’islam, aux traditions africaines et aux valeurs universelles de solidarité et de fraternité, la Mauritanie ne peut accepter que son engagement soit questionné sur la base de déclarations infondées.

Le Gouvernement mauritanien appelle, son homologue du Mali, à assumer ses responsabilités, observer davantage de rigueur dans ses communications officielles et l’invite à privilégier les canaux convenus, en conformité aux usages de la politique extérieure. Ainsi se règlent, sans surenchère, les questions sensibles de sécurité et de gestion des défis communs.

La Mauritanie demeure attachée à des relations de bon voisinage et de coopération multidimensionnelle avec la République sœur du Mali. Cependant, elle se réserve le droit d’activer toutes les dispositions requises, afin de défendre son image, sa souveraineté et la vérité factuelle ».

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