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France-à la croisée de deux cultures …reconduction de la franco-mauritanienne Mame Mariem Tamara-Varin

Félicitations à Mame Mariem Tamara-Varin pour sa reconduction à son poste. Ce renouvellement témoigne de la confiance renouvelée en son engagement et consacre un parcours marqué par le sérieux, la constance et le sens du service.

Franco-mauritanienne, elle incarne avec élégance ce lien vivant entre deux cultures qui se rencontrent et s’enrichissent. Par son travail et sa détermination, elle contribue à faire rayonner cette double appartenance avec fierté, au service du dialogue, de l’excellence et de l’ouverture.

Fille d’Abderrahmane Watt, ancien cadre du ministère des Finances et précurseur dans le domaine du recyclage et de la formation professionnelle continue des fonctionnaires en Mauritanie, Mariem Tamara-Varin est aujourd’hui maire de Yèbles.

Je l’ai rencontrée en décembre 2015 à Paris, lors d’un stage de perfectionnement organisé au sein de CAPER , l’établissement de formation qu’elle représentait. J’ai pu alors apprécier son engagement en faveur de la formation, du partage d’expériences et du rapprochement des compétences.

La Mauritanie comme la France peuvent se réjouir d’un parcours inspirant. Tous nos vœux de succès pour la poursuite de cette belle mission.

Ahmed Mahmoud Jemal Ahmedou

Nécrologie : décès de Boubacar Messaoud, une immense perte pour la nation

Avec la disparition de la grande figure nationale et humaine Boubacar Ould Messaoud, c’est un homme exceptionnel qui quitte la scène de la vie. Il a vécu parmi les siens avec grandeur par ses positions, discret dans sa présence, mais profondément marquant dans son parcours. Il s’en est allé dans le silence des hommes nobles qui accomplissent leur mission avec fidélité, puis s’en vont sans bruit, laissant derrière eux une histoire à raconter et une mémoire nationale impossible à effacer.

Le défunt — que Dieu lui accorde Sa miséricorde — fut le modèle d’un homme qui a su réunir compétence professionnelle et engagement humain. Il a tracé son chemin dans le domaine de l’architecture, faisant partie de ces fils de la nation qui ont contribué, par leur savoir, à bâtir l’urbanisme et à façonner les traits de la ville. Il dirigea la société SOCOGIM, où il incarna dans son travail un profond sens des responsabilités et du sérieux, avant de poursuivre son engagement en tant que conseiller au ministère de l’Habitat, mettant son expérience et son expertise au service des questions de logement et de développement.

Cependant, la trajectoire du défunt ne fut pas seulement celle d’une carrière administrative réussie ; elle fut avant tout celle d’un homme convaincu que la justice a un prix et que la dignité humaine ne saurait faire l’objet de compromis. Après des années de service dans différentes responsabilités, il choisit de consacrer ses efforts à la lutte pour les droits humains, convaincu que servir l’homme est la plus noble manière de servir la patrie.

Le défunt mena un combat clair contre l’esclavage en Mauritanie, mais ce fut un combat sage et équilibré, qui ne fut jamais dirigé contre aucune composante de la société. Il demeura plutôt une voix de vérité et de justice face à ceux qui violent la loi et portent atteinte à la dignité humaine. Il croyait que la défense de l’opprimé ne devait pas nourrir la haine, mais plutôt renforcer les valeurs d’équité et de justice au sein d’une société unie par une histoire et un destin communs.

Ce chemin ne fut pas facile : le défunt connut la prison à plusieurs reprises, mais il en sortit plus ferme dans ses convictions et plus profondément convaincu de la nécessité de préserver l’unité et la cohésion de ce peuple. Il rappelait constamment que la véritable réforme ne se construit pas sur la division, mais sur une justice qui protège la dignité de tous.

Il fut également l’un des premiers fondateurs du mouvement El Hor, qui adopta une lutte pour les droits humains modérée, visant à servir les esclaves et les anciens esclaves, dans un cadre préservant la paix sociale et renforçant les valeurs d’une citoyenneté égale. Ainsi, Boubacar Ould Messaoud demeura une voix sage dans le combat pour les droits, alliant courage dans la défense des opprimés et sagesse dans la préservation de la cohésion sociale.

Aujourd’hui, sa dépouille est portée en terre au cimetière Talhaya “Eleybe EL Ghoudatt” dans la ville de Rosso, non loin de son lieu de naissance dans la ferme de Toeoueikendiye . Comme si la terre qui avait été témoin des débuts de son parcours l’accueillait désormais à son terme, dans une scène où l’amertume de la perte se mêle à la sérénité du retour vers Dieu.

C’est un moment de tristesse qui ne concerne pas seulement sa famille, mais qui s’étend à tous les Mauritaniens qui ont reconnu en lui un homme sincère dans ses positions, ferme dans ses principes, et convaincu que la patrie appartient à tous.

En cette douloureuse circonstance, j’adresse mes plus sincères condoléances et ma profonde compassion à Son Excellence M. Mohamed Cheikh El Ghazouani, à son gouvernement, au peuple mauritanien, à la famille du défunt, à ses proches, à ses amis et à tous ceux qui l’ont connu et accompagné dans le chemin du combat et du service.

Nous avons perdu un homme grand par sa présence, sa morale et ses positions. Mais notre consolation réside dans le fait que des hommes comme Boubacar Ould Messaoud ne disparaissent jamais vraiment : ils laissent derrière eux une trace noble et une histoire lumineuse qui demeure vivante dans la mémoire de la nation et de ses générations futures.

Et dans le Messager de Dieu ﷺ nous trouvons la meilleure consolation.

Comme l’ont dit les pieux prédécesseurs :

« Il nous suffit, pour trouver consolation, de savoir que même le Messager de Dieu est mort. »

Que Dieu accorde au défunt Sa vaste miséricorde, l’accueille dans Son Paradis, et accorde à sa famille, à ses proches et à ceux qui l’aiment patience et réconfort.

En ce qui me concerne,  je viens de perdre un oncle,  un père,  un confident,  bref quelqu’un qui m’était très proche,  quelqu’un à côté de qui j’ai beaucoup appris de la vie

Brahim Fall Mohamed Vall M’Bareck

Rosso

Prix de la recherche monétaire et financière : Prolongation des délais de dépôt des dossiers de candidature

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM)  annonce le report de la date limite de réception des candidatures au Prix de la recherche monétaire et financière au 31 mai 2026, doté de 200 000 ouguiyas nouvelles.

Ledit prix récompense un travail académique achevé (thèse, article scientifique ou ouvrage) apportant une contribution significative à l’analyse des enjeux monétaires, bancaires et financiers de la Mauritanie, avec un appui à la publication et à la diffusion des travaux primés.

Le Prix vise à :
• Encourager et valoriser la recherche académique rigoureuse sur les questions de politique monétaire, de stabilité financière et de développement des systèmes financiers ;
• Soutenir des travaux apportant une contribution analytique originale et utile à la réflexion économique aux niveaux national et régional ;
• Renforcer le dialogue entre la Banque centrale et la communauté académique.

Il convient de préciser que les conditions du concours demeurent identiques à celles fixées dans l’annonce de lancement, à savoir :
◦ Thèses de doctorat soutenues depuis moins de trois ans ;
◦ Articles scientifiques publiés dans des revues académiques reconnues ou formellement acceptés pour publication, sur la base d’une décision écrite de la revue concernée ;
◦ Ouvrages académiques présentant une contribution analytique structurée et originale.

Les candidatures seront évaluées par le jury sur la base d’une notation globale sur 100 points, en tenant compte de la nature du travail (thèse, article scientifique ou ouvrage) et des standards académiques internationaux, selon les critères suivants :
1. Qualité scientifique, rigueur de l’analyse et maîtrise de la littérature — 30 points
2. Cadre académique et reconnaissance scientifique du travail — 20 points
3. Originalité et contribution à la littérature scientifique — 20 points
4. Pertinence pour les missions d’une banque centrale — 20 points
5. Clarté, maturité et potentiel de diffusion — 10 points

L’attribution du prix est conditionnée à l’atteinte d’un niveau élevé d’excellence scientifique globale. La satisfaction partielle de certains critères ne saurait, à elle seule, justifier l’attribution du prix.

Les contributions sont à envoyer à l’adresse électronique suivante : [email protected]

 

La Mauritanie a déjà exporté près de 30 mille de pastèques rouges en Espagne

Les derniers préparatifs pour l’expédition de 2 100 tonnes de pastèques rouges mauritaniennes, dans le cadre de la première expédition directe par voie maritime vers la ville de Tarragone, en Espagne, se sont déroulés hier vendredi 13 mars courant.

Le navire affecté au transport de cette quantité était arrivé quelques heures auparavent au port, avait déclaré le président de l’Union nationale du patronat mauritanien, M. Mohamed Zine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, selon lequel, l’opération de chargement débuterait aujourd’hui samedi.

Cette expédition marque le début d’une série de livraisons régulières vers l’Espagne à raison d’une expédition tous les quinze jours, a-t-il précisé.

Toujours selon lui,  les exportations mauritaniennes de pastèques rouges vers les marchés européens ont atteint, au cours des trois premiers mois de cette année, 30 000 tonnes environ, pour des recettes dépassant les 120 millions de dollars en devises fortes.

Zeine El Abidine a salué par ailleurs le rôle joué par les acteurs économiques et les investisseurs dans le secteur agricole.

La croissance des exportations constitue un levier important pour l’augmentation de la production agricole locale et contribue à renforcer la présence des produits agricoles mauritaniens sur les marchés extérieurs, a-t-il conclu.

L’argent ne se mange pas deux fois…Mohamed Mahmoud Né

Je voudrais partir de deux postulats qui me paraissent essentiels. Le premier est que je me réclame des autorités nationales actuelles et demeure convaincu que leurs orientations politiques accordent une place centrale au citoyen, conformément à la lettre de mission du gouvernement.

Le second est qu’il ne saurait être question d’accepter, sous quelque forme que ce soit, une évasion fiscale qui se ferait au détriment du trésor public. La lutte contre la fraude et le respect de l’impôt constituent des principes fondamentaux de toute gouvernance responsable.

Cependant, cette double conviction ne saurait empêcher un regard critique sur certaines pratiques administratives qui, malheureusement, tendent à s’installer dans notre système de gestion publique. Parmi elles figure une habitude particulièrement préoccupante : celle qui consiste, notamment dans les niveaux supérieurs de l’administration, à redéfinir l’objectif ou la procédure d’une mesure en transférant progressivement sa mise en œuvre et ses conséquences au citoyen. Or nous sommes précisément, dans ce cas précis, face à une illustration manifeste de ce mécanisme.

Il suffit d’observer la réaction de l’opinion pour constater combien cette mesure est impopulaire. Et cette impopularité n’est pas anodine : elle révèle un problème de conception plus profond. En réalité, la situation s’explique principalement par deux facteurs. Le premier tient à une tendance croissante de l’administration à répercuter sur le citoyen non seulement les coûts, mais aussi les procédures qui devraient normalement relever de l’État ou des acteurs économiques concernés.

Cette logique entre en contradiction avec l’évolution générale du monde contemporain. Aujourd’hui, les systèmes économiques et administratifs s’organisent de plus en plus autour du principe du “tout-en-un” : permettre au citoyen d’accéder à un service ou à un produit en un seul lieu et par une seule transaction. Cette logique est devenue un véritable modèle économique, notamment dans les secteurs de services où l’intermédiation crée de la valeur précisément parce qu’elle simplifie l’expérience de l’utilisateur.

Le monde, aujourd’hui, est ainsi structuré autour de la figure du citoyen-client, et tout est conçu pour lui permettre de remplir son « panier » en un seul endroit et par un seul paiement. C’est le principe même des grandes surfaces commerciales, mais aussi des innovations en matière de paiement, telles que le sans-contact ou les systèmes intégrant livraison et règlement dans une seule opération.

Cette philosophie inspire également certaines avancées administratives dont notre pays peut être fier. Des applications comme Houwiyeti ou Khidmaty incarnent précisément cette logique de simplification : elles permettent d’accomplir plusieurs démarches en un seul point d’accès, dans une seule interface. Ces initiatives ont d’ailleurs contribué à la réputation de modernisation administrative de la Mauritanie dans la sous-région, au point que des responsables étrangers ont publiquement salué leur utilité et leur rigueur.

Dans le même esprit, si la Direction générale des impôts mettait en place un système efficace de paiement électronique pour certains impôts ou taxes, nul doute que l’initiative serait largement saluée. Tous ceux qui passent aujourd’hui des heures, parfois deux jours consécutifs, à faire la queue pour accomplir une formalité administrative y verraient une amélioration tangible de leur quotidien.

Car c’est bien là que réside l’enjeu central : élargir l’assiette fiscale afin de réduire la pression sur chacun et de favoriser le consentement volontaire à l’impôt. Une réforme fiscale durable ne repose pas uniquement sur l’augmentation des prélèvements, mais sur l’intégration de nouveaux contribuables, la réduction des niches d’évasion et la transparence des mécanismes de collecte afin de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.

Or, dans les deux dernières mesures adoptées, le citoyen se retrouve paradoxalement pris en étau entre plusieurs acteurs : d’un côté le commerçant qu’il s’agisse de banques, d’importateurs ou de vendeurs de téléphones et de l’autre une administration déterminée à récupérer les recettes qui lui reviennent. Dans ce type de configuration, l’expérience montre que c’est presque toujours le citoyen qui finit par supporter le surcoût. L’exemple des transactions financières est révélateur : les commissions bancaires existantes ont simplement été majorées pour intégrer les nouvelles charges.

Il ne s’agit donc nullement de défendre l’évasion fiscale. Celle-ci doit être combattue avec détermination, mais au moment et à l’endroit où elle se produit, et surtout auprès de ceux qui en sont les véritables auteurs. La question posée aujourd’hui et qui préoccupe une large partie des citoyens ne concerne pas tant le principe des droits fiscaux que cette tendance administrative à choisir systématiquement le chemin le plus court : transférer au citoyen une procédure qui relève normalement des mécanismes de contrôle et de recouvrement de l’État.

Dans un monde où les politiques publiques s’efforcent plutôt de simplifier les procédures et de réduire la pression administrative, il apparaît en effet surprenant d’introduire régulièrement de nouvelles taxes tout en faisant porter au consommateur final des démarches qui devraient incomber aux importateurs ou aux services publics concernés, ici l s douanes.

La situation peut être illustrée par une image simple : ce serait comme si, demain, dans la supérette du quartier, l’achat d’un produit de « grande consommation» exigeait non seulement de payer le commerçant, mais aussi de régler séparément l’agent des douanes avant de pouvoir emporter l’article.

Dès lors, une question se pose légitimement : pourquoi ne pas orienter les ressources mobilisées pour cette mesure vers un renforcement du contrôle au cordon douanier et vers des inspections plus rigoureuses auprès des commerçants et des importateurs ? Une action plus ferme à la source permettrait probablement d’atteindre l’objectif fiscal recherché sans transférer la complexité administrative au citoyen.

Enfin, il convient de rappeler qu’en matière de gouvernance, la capacité à réévaluer une mesure et à la corriger lorsqu’elle se révèle inadaptée constitue moins un signe de faiblesse qu’une preuve de maturité politique. L’histoire récente montre que plusieurs pays ayant expérimenté des dispositifs similaires ont finalement choisi de les abandonner ou de les ajuster après avoir constaté leurs effets indésirables.

Dans ces conditions, la véritable question n’est peut-être pas de savoir s’il faut lutter contre la fraude car ce point fait consensus mais plutôt de déterminer comment le faire de manière équitable, efficace et compatible avec la simplification attendue par les citoyens

 

Quand la pression fiscale remplace le service public: manifestation de vendeurs de téléphones dans les rues de Nouakchott contre la nouvelle taxe douanière.

Toujours plus d’impôts n’est pas un exploit politique, c’est au contraire un signe de faiblesse de la gouvernance publique. Beaucoup de pays cherchent aujourd’hui à réduire la pression fiscale, conscients que l’impôt excessif étouffe l’économie, décourage l’initiative et fragilise le pouvoir d’achat.
Certes, aucun État ne peut fonctionner sans impôts ni taxes. Ils sont indispensables pour financer les infrastructures, l’éducation, la santé, la sécurité et les services publics. Mais la légitimité de l’impôt repose sur un principe simple : le citoyen doit voir et sentir ce que son argent produit pour la collectivité.
Lorsque la fiscalité augmente mais que les routes restent dégradées, que les services publics sont défaillants et que les conditions de vie ne s’améliorent pas, l’impôt cesse d’être un instrument de solidarité nationale. Il devient alors une contrainte imposée à une population qui ne perçoit plus la contrepartie de son effort.
La question n’est donc pas seulement de lever des impôts, mais de gouverner avec responsabilité, transparence et efficacité. Car dans toute démocratie, la fiscalité doit être fondée sur un véritable contrat entre l’État et les citoyens : contribuer au bien commun, oui, mais à condition que l’État remplisse pleinement sa mission au service de la nation.
Ahmed Salem Deida
Expert en communication
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