par Webmaster | 23 02 26 | Actualitès, Focus

Legrayer n’était pas un point sur une carte ; c’était une respiration dans l’immensité. Une étendue de sable fauve que le vent modelait comme une mer immobile, un chapelet de tentes sombres accrochées à l’horizon, quelques acacias tordus, des enclos de branchages, et, au centre invisible de tout, l’ordre ancien.
Le soleil s’y levait sans douceur. Il surgissait d’un trait, comme un jugement. À l’aube, avant même que la lumière ne prenne toute sa force, le campement des Ehel El Haj s’animait d’un frémissement discret. Les femmes se levaient les premières. On entendait le frottement des pierres sur le foyer, le crépitement du feu, le souffle des braises qu’on ranime. De quelques rares tentes, l’odeur du thé montait, verte et amère.
Plus loin, à la lisière du camp, dans un espace moins ordonné, plus bas, plus exposé au vent, vivaient les Dneiba.
Ils ne possédaient rien que leurs bras.
Sidi Ould El Haj était le maître de ce monde. Grand, sec, le regard droit sous un turban toujours impeccablement noué, il parlait peu, mais sa parole avait la densité d’un décret. Il héritait d’une lignée fière, savante et guerrière à la fois. On disait que ses ancêtres avaient récité des vers sous les étoiles et mené des caravanes à travers des tempêtes de sable. Il connaissait ses généalogies jusqu’à la septième génération. Il pouvait nommer chaque alliance, chaque querelle, chaque dette d’honneur.
À ses côtés, sa femme, Lalla, portait la noblesse comme un voile invisible. Elle savait les poèmes anciens, elle modulait le hassaniya avec une élégance qui faisait taire les conversations. Sa tente était le cœur du campement, le lieu des décisions feutrées, des conseils murmurés.
Leur enfant unique, Mohamed Lemine, grandissait dans cette certitude tranquille : le monde était ordonné. Il y avait ceux qui commandaient et ceux qui servaient.
Les Dneiba, eux, vivaient dans l’autre vérité.
M’Barka se levait avant le jour. Elle n’attendait pas qu’on l’appelle. L’habitude avait creusé en elle une horloge intérieure plus fiable que le soleil. Elle nouait son voile rapidement, jetait un regard à ses trois enfants encore endormis sur la natte de fibre usée, puis sortait.
Son mari, Dneiba, était déjà dehors. Il s’occupait des chèvres. Il connaissait chacune d’elles, leur tempérament, leurs blessures anciennes. Les bêtes répondaient à sa voix plus qu’à celle de quiconque. Pourtant, elles n’étaient pas les siennes.
Le troupeau appartenait aux Ehel El Haj. Les bras, eux, appartenaient aux Dneiba. Esclave et fils d’esclave, Dneiba n’avait jamais appris à lire, mais il connaissait les étoiles. Il savait à quelle saison l’herbe se ferait rare, à quel signe le vent annoncerait une tempête. Il avait hérité de savoirs qui ne s’écrivaient pas, transmis par des hommes dont on ne gardait pas les noms dans les généalogies officielles.
Il gardait les animaux du lever au coucher du soleil. Parfois davantage.
Legrayer, en 1955, vivait sous une double autorité. L’ancienne, enracinée dans les lignages et les alliances tribales. Et la nouvelle, lointaine, venue avec l’administration coloniale française. On parlait de commandant de cercle, de recensement, d’impôts en nature. Mais ces mots n’avaient pas encore bouleversé l’équilibre profond du campement.
Ce qui comptait, c’était l’ordre interne.
Les Ehel El Haj possédaient les terres autour du village, les puits, les bêtes. Ils détenaient aussi les Dneiba. On ne disait pas « esclaves ». On disait « ceux de la maison ». Mais chacun savait.
Le travail ne s’arrêtait jamais.
Lorsque la saison était favorable, on cultivait. Un carré de terre près d’une dépression où l’eau s’accumulait après les rares pluies. Mil et sorgho étaient semés à la main. Les Dneiba travaillaient la terre sous le soleil. Les pieds nus dans la poussière chaude, le dos courbé, ils traçaient les sillons avec des outils rudimentaires.
Sidi Ould El Haj venait parfois observer. Il ne touchait pas la terre. Il évaluait, calculait, décidait.
— Plus serré, disait-il. La pluie ne sera pas généreuse cette année.
Dneiba acquiesçait sans lever les yeux.
Les récoltes, lorsqu’elles étaient bonnes, renforçaient la réputation de la famille. On disait que Dieu bénissait les Ehel El Haj. Personne ne parlait des mains qui avaient semé.
Le fils des Ehel El Haj, Mohamed Lemine, avait dix-sept ans. Il observait plus qu’il ne parlait. Il avait été initié aux vers, aux récits de batailles, aux règles de l’honneur. Mais quelque chose en lui résistait à la simplicité de l’ordre établi.
Un jour, alors qu’il accompagnait son père vers les champs, il vit M’Barka redresser son dos avec difficulté. La sueur traçait des lignes sombres sur son visage.
— Elle est forte, dit-il.
— Elle est à nous, répondit simplement son père.
Ces mots restèrent suspendus dans l’esprit du jeune homme.
À nous.
Que signifiait posséder un être humain ?
Il n’osa pas poser la question.
Du côté des Dneiba, l’enfance avait un goût d’ombre.
Le fils de M’Barka, El Hor, âgé de huit ans, gardait parfois les chevreaux. Il aimait courir derrière eux, sentir le vent sur son visage. Dans ces instants-là, il oubliait la hiérarchie. Mais il savait déjà qu’il ne serait jamais assis sous la grande tente pour écouter les poèmes.
Un soir, il demanda à sa mère :
— Pourquoi nous ne vivons pas là-bas ?
Il désignait les tentes des Ehel El Haj.
M’Barka posa la main sur sa tête.
— Parce que Dieu nous a faits ainsi.
Elle ne croyait pas entièrement à sa propre réponse. Mais que pouvait-elle dire d’autre ?
Les travaux forcés prenaient aussi une autre forme. Lorsque l’administration coloniale exigeait des corvées — transport de matériel, construction d’un poste, réparation d’une piste — ce n’étaient pas les fils des grandes familles qui partaient.
On envoyait Dneiba et tous les esclaves du campement.
Dneiba fut réquisitionné un matin de vent sec. Il devait rejoindre un groupe d’hommes pour transporter des charges sur plusieurs jours de marche. Il laissa derrière lui M’Barka et les enfants. Il partit sans protester.
Le silence était devenu une seconde peau.
Lalla, pourtant, n’était pas insensible. Elle observait M’Barka parfois, avec une curiosité mêlée d’une forme d’inquiétude diffuse. Elle savait que les temps changeaient. Des rumeurs circulaient : ailleurs, certains affranchissaient. Ailleurs, des esclaves avaient fui vers les centres administratifs.
Elle craignait le désordre plus que l’injustice.
Un soir, elle convoqua M’Barka sous la grande tente.
— Tes enfants grandissent, dit-elle. Il faudra qu’ils soient utiles.
M’Barka inclina la tête.
Utile.
Le mot pesait lourd.
Mohamed Lemine commençait à écouter les rares nouvelles qui arrivaient du chef-lieu. Il y était question d’abolition proclamée depuis longtemps, de modernité, de réformes. Ces mots entraient en contradiction avec ce qu’il voyait chaque jour.
Il observa El Hor un après-midi. L’enfant traçait des signes dans le sable avec un bâton.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— J’écris.
— Tu sais écrire ?
— Non.
Il imitait les lettres qu’il avait aperçues sur un vieux papier.
Un trouble profond saisit le jeune maître.
Il comprit soudain que le monde pouvait être autrement.
Mais Legrayer, en ce temps-là, restait prisonnier de sa lenteur. Les saisons se succédaient. Le vent recouvrait les traces. Les hiérarchies se reproduisaient comme une loi naturelle.
Pourtant, sous la surface, quelque chose s’infiltrait.
Une fatigue dans le regard de Dneiba.
Une question silencieuse dans celui de Mohamed Lemine.
Un désir muet dans le cœur d’El Hor.
Un soir d’orage rare, le ciel se déchira au-dessus du campement. La pluie tomba avec violence. Les tentes furent secouées. Les enclos menacèrent de céder.
Dans la confusion, El Hor courut vers les bêtes pour les aider à se regrouper. Mohamed Lemine le rejoignit. Ils luttèrent ensemble contre le vent.
Pour un instant, il n’y eut plus ni maître ni esclave.
Seulement deux garçons sous la pluie.
Quand l’orage cessa, le campement semblait intact. L’ordre ancien tenait encore.
Mais dans le cœur de Mohamed Lemine, une fissure s’était ouverte.
Et dans celui d’El Hor, une idée nouvelle venait de naître : peut-être que le monde n’était pas immuable.
La nuit tomba sur Legrayer.
Les étoiles reprirent leur place.
Les tentes séchèrent lentement.
Sous le silence du désert, la première partie de leur histoire venait de s’écrire — non dans les livres, mais dans les consciences.
Sneiba Mohamed (Auteur)
A propos de l’auteur
Sneiba Mohamed est titulaire d’un Master en lettres modernes et journaliste. Rédacteur en chef à l’Agence Mauritanienne d’Information, il est également correspondant du magazine Afrimag (Casablanca) et du média en ligne Œil d’Humanité (Belgique).
Observateur attentif des mutations sociales, culturelles et linguistiques contemporaines, Sneiba Mohamed développe à travers ses écrits une réflexion profonde sur les identités, les héritages et les dynamiques humaines dans les sociétés africaines et sahéliennes.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont Le parler français hassaniya, Le Système et Textes et contextes, il poursuit avec Les enfants du même horizon une exploration littéraire où se croisent mémoire, destin collectif et quête d’un avenir commun.
par Webmaster | 1 02 26 | Actualitès, Focus

L’Art, tout comme la vie, nous interroge : Comment puis-je me transformer en vivant le monde ? En touchant les autres ? Quels bouleversements s’opèrent en moi, au gré des rencontres, des lieux parcourus, des instants partagés ?
Ainsi, l’esprit créatif, outil premier de l’artiste, devient le vecteur d’une liberté fragile mais essentielle. Cette liberté d’expression repousse sans cesse les limites et les cadres établis et résonne profondément avec notre propre démarche de découverte humaine.
Car notre curiosité, elle aussi, repose sur l’interprétation de symboles spirituels, de signes, de ce qui nous entoure et de ce que nous sommes ou en devenir. Il existe une constante : à chaque époque, en chaque civilisation, les expressions artistiques témoignent de la capacité des hommes et des femmes à dialoguer avec leur temps.
L’Art est un langage universel, un miroir tendu à l’âme collective. Nietzsche résumait cette essence avec force : « L’Art et rien que L’Art…
Nous avons l’Art pour ne pas mourir de la Vérité. » Une vérité que nous croyons toucher du doigt, non pour l’enfermer mais pour nous en libérer et nous transcender. Alors qu’en réalité, la Vérité est un océan sans rivage…
Elle se dessine souvent dans l’opposition : entre le Réel et la Raison ou, encore, entre les images dont notre intellect se fait parfois le geôlier.
Cette réflexion m’inspire une autre pensée : l’Art, en tant qu’expression de l’âme, nous préserve donc de l’absurdité de l’existence. Par cela, il devient un sanctuaire pour les pensées absurdes, un miroir qui révèle l’impasse où elles s’égarent.
L’Art agit alors comme un détonateur critique face à ces absurdités, surtout lorsque celles-ci s’opposent à sa libre expression. Un acte de communion
Le symbolisme artistique est l’émanation d’une pensée affranchie synonyme de liberté, d’une conscience éclairée. Il donne corps à une expression, qu’elle soit matérielle, sonore, verbale ou corporelle, et contribue à son épanouissement dans l’action.
Et alors, une question essentielle s’impose : être libre, n’est-ce pas l’acte radical de rejeter toute forme de tutelle ? Quelle soit spirituelle, politique, clanique, psychologique, philosophique ou, osons même le dire, tribale, en pensant à mon origine féodale saharienne. L’art se refuse à toute tutelle ou à être un outil de propagande et de contrôle idéologique.
C’est dans cette lutte pour l’expression artistique que naît une forme de pureté, d’innocence et d’authenticité. Une pensée véritable qui, une fois purifiée de ses oripeaux, devient, paradoxalement, générosité infinie.
Elle s’adresse à tous sans distinction de culture ou d’origine. Et surtout, elle offre à chacun un bien précieux : la Liberté ; celle de choisir, d’aimer ou de s’en abstenir, d’embrasser un élan ou de s’en détourner… En cela, cette pensée artistique forge un langage des sens, discret mais profond : celui de l’esprit et du cœur.
Un langage qui vibre sur des cordes singulières, nous invitant à apprivoiser une expression dans toute sa dimension, à la partager, à la diffuser. C’est ainsi que se dévoilent nos sentiments les plus nobles, nos ressentis les plus sincères, nos impressions les plus intimes. Débarrassé des masques de l’artifice, ce dialogue authentique n’est accessible qu’en étant pleinement soi-même, sans chercher à être identique à autrui mais en toute conscience et toute intelligence.
Une pensée universelle devient alors, dans ces conditions, un acte de communion d’une intensité insondable. Cependant, une question fondamentale demeure et plane au-dessus de ce voyage des sens : « Si l’Art regorge de telles vertus, contribue-t-il à améliorer les relations humaines? »
Nous le savons : la fonction artistique est une pierre angulaire de nos sociétés. Plus son champ d’expression s’élargit, plus elle façonne des êtres harmonieux, tournés vers leur essence, et construit les fondations d’une société plus lumineuse.
Face à cette interrogation, certaines clés permettent d’entrevoir une réponse plus détaillée. Par son langage non verbal, l’Art abaisse les barrières linguistiques, offrant aux individus la possibilité de partager des émotions et des idées sans recourir aux mots.
Ce mode d’expression unique favorise une compréhension mutuelle, tissant des liens profonds entre les êtres. Face à l’art pur, une évidence : il est une célébration de la sensualité à l’état pur, un hymne à l’union des contraires.
Pourtant, pour en percevoir toute la profondeur, il faut se dépouiller du bruit du monde et toujours encore s’abandonner au silence.
C’est dans cette quiétude que l’Art dévoile son essence : les formes séparées se répondent, s’élèvent l’une vers l’autre et, finalement, s’unissent dans une communion symbolique, quasi transcendante. L’art pur nous exhorte à solidifier nos valeurs, à cultiver l’humilité et à embrasser la reconnaissance de nos propres limites.
Il incarne également un rappel fondamental : celui du respect inconditionnel envers autrui, indépendamment de ses origines, de sa condition sociale, de son sexe. Face à l’amour, l’abandon de l’orgueil se présente comme une clé essentielle.
Elle ouvre les portes d’un espace sacré, menant à une élévation de conscience et de moralité. Ce voyage initiatique illustre une vérité universelle et intemporelle : l’acquisition de la sagesse exige un effort constant, une patience éclairée et une humilité sans faille.
Briser la doxa des étiquettes L’art incarné invite aussi l’être à s’abaisser symboliquement, réfléchissant à ses pensées et ses actions, s’interrogeant sur les vérités cachées au-delà des apparences.
Ce geste marque un voyage intérieur vers la connaissance et une transformation intime où la quête de la vérité devient le fondement d’une métamorphose personnelle. Et qui n’a jamais traversé ces quartiers populaires laissés à l’abandon, pour les voir renaître sous le souffle créatif des artistes ?
L’Art, par sa seule présence, redonne vie, couleur et jeunesse à ce que le temps avait figé ou détérioré, ravivant par là même les âmes qui le traversent. Mais l’Art ne se limite pas à une résurgence esthétique : il bâtit des ponts, lie les cultures et reflète les traditions qui façonnent nos sociétés.
À travers l’exploration et l’appréciation des multiples expressions artistiques, chacun peut apprendre à voir la richesse des différences culturelles, développer un respect mutuel et tisser des relations humaines plus fortes.
À une époque où certains cherchent à enfermer les identités dans des prismes nationalistes et religieux, invoquant la crainte et la désunion ou la perte d’une prétendue pureté, il est essentiel de se souvenir que notre république, dont la chute est « programmée » par les trompeurs de l’État et des citoyens de Mauritanie, s’est aussi nourrie de leurs diversités.
Nos origines mêlées, nos parcours entrecroisés : tout cela forge notre singularité. Et c’est précisément ce mélange qui fait la force de notre régime républicain. Et non leurs peurs. Pour cela, il est nécessaire de dépasser les jugements ethniques et de genre, de briser la doxa des étiquettes. Être républicain, ce n’est pas dire au nouveau venu : « À Rome, fais comme les Romains », non !
Mais, plutôt, laisser fleurir des expressions culturelles diverses, tant qu’elles se côtoient de manière harmonieuse.
L’Art, avec pour seul bagage une identité culturelle, franchit les frontières, contourne les obstacles, défie les oppositions politiques et s’affranchit des limites imposées. La littérature, entre autres, témoigne de cette richesse métissée.
D’aucuns s’émerveillent autant des philosophies et poésies orientales que de celles d’Apollinaire, lorsqu’il nous supplie de « rallumer les étoiles ». Et c’est bien cela que l’Art nous enseigne : célébrer ce qui nous distingue autant que ce qui nous unit. À travers la cohésion sociale, l’Art – qu’il s’agisse de théâtre, de musique ou de danse – rassemble les individus dans un même espace, autour d’expériences éphémères.
Ces instants suspendus suscitent un sentiment d’appartenance, cimentent la communauté et tissent des liens profonds entre ses membres. Ce n’est rien de moins qu’une invitation à se reconnaître dans l’unique communauté de ses hommes et femmes.
L’Art est ainsi une expression puissante. Il offre à chacun la liberté de mettre en forme ses pensées, ses émotions, ses expériences les plus personnelles. Et lorsque ces œuvres sont partagées, elles révèlent des vulnérabilités sincères, une authenticité précieuse.
En se dévoilant ainsi, l’artiste invite à une connexion véritable où chacun peut avancer à visage découvert, connu et accepté dans son essence la plus intime. L’authenticité, comme je vous l’ai déjà confié, est une clé. Une clé qui ouvre les portes de l’univers d’un frère et d’une sœur.
Et l’Art, expression pure et intime, en plus de la Baraka d’Allah, en est le garant. Enfin, l’Art est un formidable vecteur d’empathie. Il nous permet d’endosser d’autres vies, d’autres regards. Il nous aide à pourfendre les frontières de nos origines culturelles, non pour les renier mais pour mieux les interroger. L’Art et la Prière nous libèrent des conditionnements qui brident notre perception du monde, tout en honorant l’histoire et les traditions qui nous façonnent.
Ils ouvrent un espace où l’on peut ressentir, comprendre et accueillir les émotions de l’Autre, avec compassion et bienveillance. N’est-ce pas là, en définitive, le socle des relations humaines harmonieuses ? En réalité, l’Art détient un rôle d’une portée que nous sous-estimons trop souvent, dans l’amélioration des relations humaines qui façonnent nos vies, pour peu que nous nous laissassions toucher par sa magie.
Ce « peu » est le frémissement, la graine d’un changement capable de réorienter une société en perte de repères, vers un avenir nourri par des aspirations progressistes, audacieuses et collectives…
MOHAMED MAEL AÏNINE SIDI ETHMANE (ESSEMLALY) 22, RUE DURANTON 75015 PARIS 0787551049 maelnemacherif.wixsite.com/anc1 Caravane des Échanges Culturels et Artistiques Internationaux www.maelanc.com
Novembre 2025
par Webmaster | 27 01 26 | Actualitès, Focus, Sociétés

Conduire à Nouakchott est un parcours du combattant et des efforts permanents sur les nerfs.
Du véhicule qui double par la droite à celui qui s’arrête subitement devant ainsi que celui qui bloque toute la circulation pour un brin de causette du chauffeur avec un passant ou autre ami venant en sens inverse, le chaos et les avc(s) ne sont jamais loin. hhhhhh
Conduire à Nouakchott aujourd’hui reste une prouesse et une roulette russe qui ne dit pas son nom. Une arrivée à destination saint et sauf avec sa voiture est une baraka certaine surtout que la majorité des usagers de la route ici arrivent à peine à réciter le code de la route par cœur.
On se pose souvent la question comment ont-ils eu le permis de conduire du moment qu’ils n’ont aucune notion du code de la route?
Un conseil, démarrons toujours nos voitures avec un verset du Saint Coran pour éviter un carré du PK 7. hhhhhh
Qu’ALLAH nous protège des dangers de la route.
Yacoub Doumoctar
par Webmaster | 25 01 26 | Focus, Tribunes
Qui de nous, n’a pas vu à la longueur de la journée des jeunes gens aux volants de bolides neufs sur les avenues de Nouakchott, ce qui donne l’impression d’une classe émergente et éduquée.
Mais en y regardant de près ces sujets, on remarque que ce sont des citoyens qui n’arrivent pas à sortir de la mentalité bédouine.hhhhhh
Être dans une voiture high-tech mais la chevauchant en mode dromadaire reste un véritable paradoxe.
Si la voiture dernier cri en boîte automatique ne justifie pas de mettre un pied libre au-dessus du tableau de bord et non plus au niveau du rétroviseur,ce qui donne l’impression que les mecs sont sur une rahla(selle du dromadaire), hhhhhh.
Une tare qui ne rend pas notre capitale fière, surtout en la présence des étrangers qui regardent ces scènes avec mépris et amusements.
Il est temps de communiquer sur ces pratiques dangereuses et désagréables pour l’image du pays avant celle de Nouakchott.
À notre prochaine prisme.
Yacoub Doumoctar
par Webmaster | 13 06 22 | Actualitès, Focus, Le monde, Politique

Moustapha Limam Chafi
Voilà dix semaines que les rebelles tchadiens – plus d’une cinquantaine de mouvements – discutent à Doha en vue de signer un accord leur permettant d’obtenir des garanties pour venir à N’Djamena lors du dialogue inclusif. Le Qatar, sous la pression du ministre tchadien des affaires étrangères, Mahamat Zene Chérif, a bien prévu un calendrier de discussions allant jusqu’à la mi-juin (AI du 23/05/22), mais les autorités hôtes ont parfois semblé perdues dans la mise en œuvre des moyens pour faire avancer le dialogue et la façon de gérer les différents acteurs en présence : les rebelles et les membres de la délégation d’une vingtaine de personnes dirigée par Mahamat Zene Chérif.
Selon nos sources, Mohammed bin Ahmed al-Misnad, le conseiller à la sécurité de l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, demande depuis plusieurs mois au Mauritanien Moustapha Limam Chafi de venir épauler l’émirat lors de cette négociation. Actuel conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum et ex-éminence grise de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, Chafi a atterri à Doha le 26 avril pour accompagner le ministre nigérien des affaires étrangères, Hassoumi Massaoudou, afin de préparer la visite de son patron courant juin. Il n’est pas reparti depuis.
Des rencontres tous azimuts
Depuis six semaines, Chafi rencontre tous les acteurs du pré-dialogue : les membres des mouvements des trois sous-groupes de rebelles – Rome, Doha et Qatar -, ainsi que les responsables de la délégation officielle tchadienne, Zene Chérif en tête. A chaque entrevue, organisée dans son hôtel Kempinski ou dans celui des rebelles, le Mariott ou le Rotana du quartier de West Bay, il écoute et transmet les messages susceptibles d’apaiser les tensions, afin de faire émerger des points de convergence entre les parties. Il a par ailleurs rencontré le représentant de la France (en tant qu’observateur) dans cette médiation, l’ambassadeur Bruno Foucher.
A Doha, opposants comme officiels tchadiens tentent désormais, par le biais de Chafi, de faire passer leur message au puissant al-Misnad, qui est le cousin de la mère de l’émir, Mozah bint Nasser al-Missned. Al-Misnad peut à son tour se mettre en rapport avec l’envoyé spécial chargé des médiations au ministère des affaires étrangères, Mutlaq bin Majeb al-Qahtani, responsable du suivi des discussions au quotidien avec sa petite équipe de diplomates.
Une relation ancienne
Les rapports de Chafi avec le Qatar sont anciens. Ils se sont particulièrement densifiés lorsque Chafi a été considéré comme persona non grata dans son pays, la Mauritanie, durant les années de présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz (2008-2019). Ce dernier avait rompu les relations diplomatiques du pays avec le Qatar en 2017, dans le sillage du blocus imposé par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, de juin 2017 à janvier 2021.
Passant plusieurs mois par an à Doha – presque un an pendant le pic d’épidémie de Covid-19 -, Chafi a noué de très bonnes relations avec de nombreux ministres influents, en particulier avec le cousin de l’émir, le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères sheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani. Ce dernier n’est pas un grand connaisseur du continent africain, mais sa proximité avec l’émir lui permet de faire bouger des dossiers bloqués avec son omniprésent directeur de cabinet, Saad bin Ali Saad al-Kharji. Chafi sait user de son entregent avec al-Misnad et le vice-premier ministre.
Côté qatari, le carnet d’adresses de Chafi est un vrai atout. En Afrique de l’Ouest, ce Mauritanien né au Niger et parlant quantité de langues locales échange régulièrement avec les présidents Macky Sall (Sénégal), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Faure Gnassingbé (Togo), Nana Akufo-Addo (Ghana), ainsi qu’avec le chef de la junte burkinabé, Paul-Henri Sandaogo Damiba. Il est proche de Paul Kagame (Rwanda) dans l’Afrique des Grands Lacs et entretient de bons rapports également avec les autorités françaises.
Source: Africa Intelligence
par Webmaster | 27 12 21 | Actualitès, Focus, Le monde

C’est une avancée pour le gouvernement du président Macky Sall qui en avait fait une des priorités pour un Sénégal émergent. Les premiers voyages à bord du nouveau TER débutent ce lundi 27 décembre. À une vitesse de 160 km/h, pas moins de 115 000 voyageurs pourront, chaque jour, se déplacer dans ces 15 locomotives tirant chacune 4 wagons.

Le tarif de ce nouveau transport en commun est de moins de 3 euros pour à peine 36 kilomètres de voyage. Et au total, le coût global de cette première phase est évalué à plus d’un milliard d’euros, payés sur fonds propres et via des prêts, provenant majoritairement de la France. Un budget jugé onéreux par l’opposition.
Premier du genre en Afrique de l’Ouest, ce train vise à désengorger la capitale sénégalaise, selon les autorités, qui rappellent qu’il s’agit là de l’un des objectifs du plan Sénégal émergent du président Macky Sall qui devient ainsi realité.