Un groupe de jeunes soutiens du président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a salué ce qu’il a qualifié de « tournant important » dans la gestion de la question issue de l’esclavage et de ses séquelles au cours des dernières années.
L’approche actuelle a permis de sortir ce dossier du cercle de la méfiance officielle pour l’intégrer au discours politique et aux programmes de développement de l’État, estime ledit groupe.
Toujours selon ces jeunes, qui ont publié pour la circonstance un communiqué, la question des Haratines a longtemps été posée comme une « affaire de l’opposition », sans bénéficier d’une adoption claire de la part des régimes successifs, malgré les efforts et les sacrifices consentis par les activistes pour la mettre en lumière et la défendre.
L’arrivée du président Ghazouani au pouvoir a constitué, selon les signataires du communiqué, un point d’inflexion dans le traitement de ce dossier. Ils ont cité pour preuve sa participation, lors de sa campagne électorale, à la marche du Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratines, ainsi que le contenu du discours de Ouadane, dans lequel il a appelé à « assainir le patrimoine culturel des résidus de l’injustice, des préjugés et des stéréotypes ».
Les dernières années ont vu l’orientation de projets de développement vers les Adwaba (localités vulnérables) et les zones fragiles, à travers la construction d’écoles, de points de santé et de puits, ajoute le communiqué, selon lequel, ces projets sont désormais orientés selon des critères d’équité, plutôt que par la mainmise traditionnelle des notables locaux.
Le communiqué a également mentionné ce qu’il a qualifié d’« évolution sans précédent » dans la protection des membres de la communauté des Haratines contre les insultes.
Des responsables et des citoyens ont fait l’objet de poursuites judiciaires en raison de déclarations ou de positions jugées offensantes envers cette communauté, indique le communiqué précité, selon lequel, c’est une première dans les annales de l’histoire contemporaine du pays.
Le groupe a en outre évoqué l’adoption de mesures de discrimination positive, comprenant la facilitation de l’accès des enfants des familles inscrites au registre social aux écoles d’excellence, ainsi que la généralisation des bourses universitaires au profit des enfants de ces familles. Cela a permis à des centaines d’étudiants de bénéficier, pour la première fois, de bourses universitaires sur la base du critère de pauvreté.
Tout en saluant les réalisations accomplies, le groupe a souligné que ces étapes « ne représentent pas le plafond des ambitions », insistant sur la nécessité de poursuivre les réformes, de renforcer la justice sociale et d’encourager l’émergence d’entrepreneurs issus de cette communauté.
Sur un autre plan, le groupe a appelé à éviter d’instrumentaliser cette cause dans des « surenchères politiques » ou des discours de provocation et de tension, réaffirmant son rejet de toute offense envers une composante sociale, quelle qu’en soit la source ou la partie qui la soutient.
Il a également exprimé son respect pour la justice et son indépendance, considérant que le traitement de toute erreur potentielle se fait à travers les différents degrés de recours légaux.
Le groupe a conclu son communiqué en affirmant qu’il s’en remet à « la sagesse du président Ghazouani, à son bon jugement » et aux prérogatives que lui confère la loi pour prendre les mesures qu’il jugera appropriées afin de libérer les deux députées parlementaires, Ghamou Achour et Mariem Cheikh.
