Bien que l’attention internationale soit naturellement portée sur le projet gazier de la région du Grand Toronto et son impact potentiel sur l’économie, une transformation plus discrète mais tout aussi importante est en cours :
la modernisation des infrastructures qui transportent de l’argent, facilitent les transactions et relient citoyens et entreprises au système financier formel.
Le taux d’inclusion financière de la Mauritanie est passé de 21 % en 2019–2020 à 55 % en 2026. Ces progrès reflètent plusieurs années d’investissements dans les infrastructures financières, la réforme réglementaire et les solutions de paiement numérique.
Le programme PAMIF, mis en œuvre par la Banque centrale de Mauritanie, a joué un rôle fondamental en soutenant la modernisation des systèmes de paiement, le règlement interbancaire en temps réel et le développement du marché obligataire intérieur. Son successeur, PAFIID, s’appuie désormais sur ces bases en soutenant une nouvelle génération de réformes et d’innovations.
Parmi les développements les plus importants actuellement en cours :
La mise en œuvre d’un commutateur de paiement instantané, incluant l’interopérabilité de l’argent mobile, devrait transformer les solutions de portefeuille fragmentées en un écosystème plus ouvert et interconnecté.
L’adoption croissante des portefeuilles numériques et des solutions de paiement, notamment Bankily, Masrvi, Sadad, Click et d’autres services émergents.
Le développement d’un marché obligataire domestique avec des échéances allant jusqu’à dix ans, créant de nouvelles opportunités pour les investisseurs institutionnels.
Le lancement prévu de la Bourse de Nouakchott, soutenu par une infrastructure technologique internationale et une coopération avec la Bourse de Casablanca.
L’accent croissant de la Banque centrale sur l’éducation financière, la finance verte et inclusive, l’innovation réglementaire et le développement d’un écosystème fintech plus sophistiqué.
La lecture stratégique est claire : la Mauritanie ne se contente plus de construire une infrastructure financière. Elle entre dans une nouvelle phase dans laquelle cette infrastructure peut soutenir une gamme plus large de services, allant des paiements numériques interopérables et du financement pour PME aux solutions de marché des capitaux, produits d’assurance et innovations financières basées sur les données.
Pour les investisseurs et les opérateurs, l’opportunité réside précisément dans l’écart entre les infrastructures déjà en place et les services qui restent à développer.
Notre dernier résumé sur les marchés financiers – juin 2026 explore cette transformation, ses implications et les opportunités émergentes pour les investisseurs du secteur financier et les fournisseurs de technologies.
Abdel Aziz Ould Dahi
Ancien ministre et ex Gouverneur de la BCM
