par Webmaster | 30 03 26 | Actualitès, Sociétés
Plus d’une centaine de femmes leaders de la société civile ont adressé une lettre ouverte au Président de la République Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dans laquelle, elles l’interpellent afin de garantir une représentation significative des femmes dans le dialogue national à venir.
Cette représentation doit être selon la même lettre, à hauteur d’au moins 35 %, en cohérence avec leur poids et leur rôle essentiel dans la société.
Lire l’intégralité de la lettre ouverte ci-après :
Lettre ouverte adressée à Son Excellence le Président de la République
Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani,
Qu’Allah le protège et guide ses actes.
Objet : Représentation des femmes dans le dialogue national
Excellence Monsieur le Président,
Nous vous adressons nos salutations les plus respectueuses, accompagnées de toute la considération et du respect dus à votre haute fonction.
Nous, femmes leaders de la société civile en Mauritanie, avons l’honneur d’adresser à Votre Excellence cette lettre ouverte, afin d’exprimer nos préoccupations suite à notre suivi attentif du processus de préparation du dialogue national à venir, que vous avez initié de votre propre volonté et que nous considérons comme une étape décisive pour renforcer la cohésion nationale, améliorer les mécanismes de gouvernance et consolider la confiance entre les différents acteurs.
Cependant, notre observation de la vie publique révèle, malheureusement, la persistance d’approches traditionnelles dans la question de la représentation, où la présence des femmes demeure très limitée dans les approches et les listes proposées par plusieurs partis politiques. Cela reflète un écart évident entre votre discours éclairé appelant à l’équité et à l’égalité, et certaines pratiques qui continuent de limiter l’accès des femmes aux postes d’influence et de prise de décision.
Excellence Monsieur le Président,
Nous sommes convaincues qu’aucun dialogue national sérieux ne peut atteindre ses objectifs s’il ne reflète pas la diversité réelle de la société. Nous dénonçons donc la marginalisation de la présence des femmes ou sa soumission aux choix d’acteurs qui ont pris l’habitude de les exclure, au lieu d’oeuvrer à contribuer à leur autonomisation et à leur intégration en tant que partenaires à part entière dans l’élaboration des politiques publiques.
Dans ce contexte, nous exprimons notre profonde appréciation pour les orientations que vous avez annoncées dans votre programme politique « Mon ambition pour la Nation », qui comportait un engagement clair en faveur de la promotion du statut de la femme et du renforcement de sa participation dans divers domaines. Nous saluons également votre décision progressiste de réserver plus de 30 % des postes aux femmes dans la dernière formation gouvernementale, une mesure qualitative qui reflète une volonté politique forte et claire en faveur de l’équité et du renforcement de la présence des femmes dans les centres de décision.
En conséquence, nous soumettons à Votre Excellence un ensemble de propositions que nous jugeons nécessaires pour assurer la réussite de cette échéance nationale :
− Garantir une représentation significative des femmes dans le dialogue national à venir, à hauteur d’au moins 35 %, en cohérence avec leur poids et leur rôle essentiel dans la société ;
− Élargir la base de sélection des participants afin d’inclure des compétences féminines indépendantes en dehors des cadres partisans traditionnels ;
− Assurer une participation effective et influente des femmes leaders de la société civile dans les différents mécanismes et instances du dialogue.
Par la présente, nous annonçons également le lancement d’une pétition nationale ouverte, qui sera signée par des personnalités issues des différentes composantes de la société civile, afin de réclamer une représentation juste et équitable des femmes dans ce dialogue ainsi que dans la mise en oeuvre de ses
résultats, comme condition essentielle pour garantir son caractère inclusif et son efficacité.
Excellence Monsieur le Président,
La femme mauritanienne a démontré, à travers sa présence qualitative et ses contributions concrètes, qu’elle constitue un pilier essentiel du processus de développement et une force de proposition incontournable dans l’orientation des politiques nationales. Par conséquent, tout dialogue qui ne reflète pas cette présence restera, inévitablement, incomplet et incapable d’atteindre pleinement ses objectifs.
En conclusion, nous réitérons à Votre Excellence notre entière disposition à contribuer positivement à la réussite de ce processus national et à soutenir toutes les initiatives visant à renforcer l’unité nationale et à consolider les principes de justice et d’égalité, au service de l’avenir de la Mauritanie et de ses intérêts supérieurs.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.
Signataires : Femmes leaders de la société civile en Mauritanie
N° Nom et Prénom N° Téléphone Wilaya
1 Mariem N’gaidé 46555708 Nouakchott Sud
2 Salma Ely Lejreb 43330466 Nouakchott Sud
3 Opa Tandia 46445809 Nouakchott Sud
4 Fatimetou Sidi Aly 38029614 Nouakchott Sud
5 Fatimetou Cheikh 46823285 Nouakchott Sud
6 Maah Djibi Mohamed 46463340 Nouakchott Sud
7 Aminetou Mahfoudh Khtari 49399034 Nouakchott Sud
8 Bint Wahb 41893061 Nouakchott Sud
9 Fatima M’bareka 47489848 Nouakchott Sud
10 Meimoune Beila Kane 49210920 Nouakchott Sud
11 Khadijetou Sidi Aly 36528035 Nouakchott Sud
12 Fatme Maaloum 46453643 Nouakchott Sud
13 Khdeija Mohamed 46885425 Nouakchott Sud
14 Mismiye Sarr 46419887 Nouakchott Sud
15 Nafissa 36518968 Nouakchott Sud
16 Thilla Sarr 36075118 Nouakchott Sud
17 Mariem Diallo 46406833 Nouakchott Sud
18 Aicha Mbarek Vall 46462310 Nouakchott Sud
19 Fatimetou Ibrahim 47597354 Nouakchott Sud
20 Mariem El Mahjoub 42114335 Nouakchott Ouest
21 Youma Yanboye 46720704 Nouakchott Ouest
22 Khadi Sid’Ahmed 36808036 Nouakchott Ouest
23 Sektou Mohamed Vall 33672707 Nouakchott Ouest
24 Efeyti El-Alem 44393396 Nouakchott Ouest
25 Aichetou El-Hassen 48339930 Nouakchott Ouest
26 Aissata Abdoul Sow 46720704 Nouakchott Ouest
27 Mardhiya Mint Ely Beibe 26489217 Nouakchott Nord
28 Fatou Diop 26529150 Nouakchott Nord
29 Ely Aker 26255250 Nouakchott Nord
30 Khadijetou Bah 46603779 Nouakchott Nord
31 Meneyt Khlil 36450030 Nouakchott Nord
32 Mint Babe 46540482 Nouakchott Nord
33 Fatimetou Ahmed 47131371 Nouakchott Sud
34 Nouha Saleck 49211606 Nouakchott Sud
35 Hawa Kane 46489384 Nouakchott Sud
36 Aicha Ahmed 46440372 Nouakchott Sud
37 Chemeni El Ghassem 37203798 Nouakchott Sud
38 Choueye Bilal 46525077 Nouakchott Sud
39 khoydima Ethmane 46825975 Nouakchott Sud
40 Naha Ahmedou Hmeyid 22344256 Nouakchott Ouest
41 Mah Naji 43838900 Nouakchott Nord
42 Noura Taleb 46420165 Nouakchott Nord
43 Elfeiche 41308999 Nouakchott Sud
44 Fatimetou Aly 36310878 Nouakchott Nord
45 Aichetou Yedaly 46414143 Nouakchott Nord
46 Minetou Mint Mbourou 22209971 Nouakchott Nord
47 Aichetou Ndiaye 47911397 Nouakchott Nord
48 Khadi Mohamed Dossou 26305503 Nouakchott Nord
49 Aichetou Hamat 37249424 Inchiri
50 Aminetou Beibakar 22122646 Inchiri
51 Khadijetou Saad Bouh 22303687 Assaba
52 Sy Fatimata 46431936 Assaba
53 Zeinebou Soueidatt 48121315 Assaba
54 Zeinebou Saleck 36248202 Assaba
55 Cheikh Ahmed Memine 36308377 Assaba
56 Khadijetou Mohamed Samba 46473380 Hodh El-Gharbi
57 Rougheya Mohamed Vall 46534706 Hodh El-Gharbi
58 Mbata Mohamed Sid’Ahmed 46534704 Hodh El-Gharbi
59 Khadijetou Baba Saleck 43254595 Hodh El-Gharbi
60 Mariem Mohamed Ahmed 22349584 Hodh El-Gharbi
61 Mahjouba Ahmed Bouwbe 49084244 Hodh El-Gharbi
62 Deida Navaa 46570547 Hodh El-Gharbi
63 Khadija Mint Mohamed Damna 38334746 Hodh El-Gharbi
64 M’barka Vall 20133014 Hodh El-Gharbi
65 Emna Varah 48060667 Hodh El-Gharbi
66 Tahye Mint Mohamed 20156922 Hodh El-Gharbi
67 M’barka Vall Bembay 46796693 Hodh El-Gharbi
68 Salka Taleb Ely 34165027 Hodh El-Gharbi
69 Aminetou Mint Ahmed 46526725 Hodh El-Gharbi
70 Emetha Mint Sidi Ahmed 36534704 Hodh El-Gharbi
71 Selkha Taleb Ely 34165037 Hodh El-Gharbi
72 Ba Diallo Diarra 34523303 Hodh El-Gharbi
73 Lekhdheira Mint Sidi Yargue 37855689 Hodh El-Gharbi
74 Salka Ghaly 46526751 Hodh El-Gharbi
75 Chowghi Mint Boubeit 43582003 Hodh El-Gharbi
76 Mariem Mint Meghari 42261683 Hodh El-Gharbi
77 Amnimen Zidane 41518044 Hodh El-Gharbi
78 Elwe Ekar 31318377 Hodh El-Gharbi
79 Khadijetou Mint Lebeid 48259597 Hodh El-Gharbi
80 Lalla Mhadi 26262935 Hodh El-Gharbi
81 Djeinaba Samba Ba 46405051 Trarza
82 Fatimetou Abeidna 46553870 Dakhlet Nouadhibou
83 Ndeye Yeslem 33723000 Dakhlet Nouadhibou
84 Asstou Ndiaye 46818178 Dakhlet Nouadhibou
85 Lalla Mint Abbas 22060178 Dakhlet Nouadhibou
86 Fatimetou Akrikid 36367065 Dakhlet Nouadhibou
87 Lameti Neine 46520046 Tagant
88 Aichetou Edaye 46488016 Brakna
89 Messouda Mint Sidi Mbarek 46345911 Brakna
90 Fatimetou Kily 41505697 Brakna
91 Zeibou Mint Bou 46717142 Brakna
92 Mariata Dia 46515494 Brakna
93 Aichetou Mint Massoud 41344675 Brakna
94 Menine Cheikhna 36113838 Brakna
95 Khadijetou Diagana 46435193 Guidimagha
96 Rabiaa 46711748 Guidimagha
97 Hawa Houssein Kane 48920744 Gorgol
98 Ami Diallo 46414578 Gorgol
99 Fatma Mariem Oumhah 36311778 Tiris Zemmour
100 Idouma Abbas 20700054 Tiris Zemmour
par Webmaster | 29 03 26 | Actualitès, Sociétés
En Mauritanie, 80% des enfants subissent des violences domestiques. Découvrez l’analyse des chiffres clés et le combat de l’AMSME pour les droits de l’enfant.
Malgré un arsenal juridique de plus en plus robuste, la réalité quotidienne des mineurs en Mauritanie reste marquée par une omniprésence de la violence domestique et la persistance des mariages précoces. Entre progrès institutionnels et résistances culturelles, le pays cherche encore l’équilibre pour protéger son avenir.
Un sanctuaire domestique sous tension
Le foyer, censé être un refuge, s’avère paradoxalement être le premier lieu de vulnérabilité pour l’enfance mauritanienne. Selon les données les plus récentes, notamment issues des enquêtes MICS, 80 % des enfants âgés de 1 à 14 ans subissent une forme de discipline violente au sein de leur famille.
Cette violence ne se limite pas aux seuls châtiments corporels — coups ou gifles — qui restent pourtant monnaie courante. Elle s’étend à des agressions psychologiques plus insidieuses, telles que les cris et les humiliations. En somme, près de 4 enfants sur 5 sont exposés à une forme de brutalité éducative, un chiffre qui souligne une normalisation profonde de la violence comme outil de dressage social.
Le mariage précoce : une baisse réelle mais insuffisante
L’autre défi majeur concerne l’intégrité des jeunes filles. Si l’on observe une tendance à la baisse, les chiffres de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2019-2021) rappellent l’ampleur de la tâche. 16,8 % des femmes de 20 à 49 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Bien que ce chiffre marque un progrès par rapport aux 35 % enregistrés en 2015, la pratique reste ancrée, particulièrement dans les zones rurales. Plus alarmant encore, environ 15 à 16 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, une étape de vie où l’immaturité physique et psychologique transforme ces unions en véritables risques sanitaires et sociaux, brisant net leur parcours scolaire.
L’AMSME : Le rempart de la société civile
Dans ce paysage où les réformes peinent parfois à atteindre les foyers les plus isolés, l’Association Mauritanienne de la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME) occupe une place de premier plan. Fondée sur la conviction que la santé et la protection sont indissociables, l’AMSME déploie une stratégie de proximité qui pallie souvent les carences des services publics.
Son action se décline sur trois axes majeurs :
La prise en charge des victimes : À travers son centre d’écoute (le Centre El Wafa), l’association offre un refuge sécurisé, une assistance juridique et un accompagnement psychologique aux mineurs victimes de violences sexuelles.
Le plaidoyer législatif : L’AMSME ne se contente pas de soigner ; elle s’attaque aux racines du mal en faisant pression pour l’application stricte du Code de Protection de l’Enfance et la criminalisation réelle des mutilations génitales féminines (MGF).
La sensibilisation communautaire : En collaborant avec les leaders d’opinion, l’association travaille à déconstruire les mythes justifiant la « discipline violente », prônant une éducation basée sur le dialogue.
Un cadre légal en quête d’efficacité
Face à ce constat, l’État mauritanien a pourtant renforcé son action. L’adoption du Code général de l’enfant et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de protection de l’enfance (2020-2025) témoignent d’une volonté politique d’aligner la législation sur les standards internationaux.
Cependant, le fossé entre le texte de loi et la pratique sociale demeure béant. Seuls 33 % des citoyens se disent satisfaits des efforts gouvernementaux. Ce scepticisme s’explique par le manque de ressources allouées aux structures de protection et par l’acceptation sociale persistante de la discipline physique, souvent perçue comme un droit parental sacré.
Conclusion : L’urgence d’un changement de paradigme
La protection de l’enfance ne peut se limiter à une réponse judiciaire. Elle nécessite une transformation profonde des mentalités. Si l’amélioration du taux de scolarisation est un signe encourageant, le combat se joue désormais dans l’intimité des familles. Pour la Mauritanie, protéger ses enfants n’est plus seulement un devoir moral, c’est la condition sine qua non de son développement futur.
Sources et Références
Enquête Démographique et de Santé (EDS 2019-2021), Office National de la Statistique (ONS), Mauritanie.
Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS 2015), UNICEF et Gouvernement de Mauritanie.
Rapports d’activité de l’AMSME (Association Mauritanienne de la Santé de la Mère et de l’Enfant).
Stratégie Nationale de Protection de l’Enfance (2020-2025), Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF).
Par Ahmed Ould Bettar/REJADE — Nouakchott, le 28 mars 2026
par Webmaster | 29 03 26 | Actualitès
La guerre entre les États-Unis (avec Israël) et l’Iran a déclenché une crise énergétique mondiale très grave et bien réelle.l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a d’ailleurs qualifié cette situation de « plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de l’histoire » La cause principale est le blocus du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite donc environ un cinquième (20 %) du pétrole et du GNL mondial . En le fermant, l’Iran a coupé un flux énergétique vital pour le monde entier.
La conséquences directes de ce controle est une flambée des prix et pénuries
Le baril de Brent (référence mondiale) a grimpé d’environ 55 % pour dépasser les 110 $, son plus haut niveau depuis des années .
En Europe, le prix du gaz a bondi de près de 100 % en un mois. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont vu leurs prix augmenter de plus de 70 % .
A la pompe, le prix de l’essence a augmenté de plus de 30 % aux États-Unis, dépassant les 4 dollars le gallon . Des pénuries sont signalées en Australie, et des pays comme les Philippines ont décrété l’état d’urgence énergétique .On craint désormais,un effet domino mondial avec des répercussions bien au-delà des prix de l’énergie , l’approvisionnement en urée (un engrais essentiel) est menacé, car sa production dépend du gaz naturel d’où la possibilité d’une possible crise alimentaire mondiale .
Concernant la production énergétique elle-même plus de 11 millions de barils de pétrole par jour ne sont plus produits. D’immenses infrastructures, notamment le terminal géant de GNL au Qatar, ont été endommagées, ce qui rendra le redémarrage lent et difficile .
Par rapport à la chaîne des valeurs,La hausse du coût de l’énergie renchérit tout, des semi-conducteurs au transport, ce qui pourrait plongre l’économie mondiale dans la récession .
On le voit donc ,cette crise diffère des chocs pétroliers des années 1970 par son ampleur et sa nature car elle combine une flambée des prix, des pénuries physiques et des dégâts directs sur les infrastructures. Elle crée une situation de tension maximale à l’échelle planétaire.
Qu’en est-il des conséquences sur la Mauritanie ?
Même si le pays n’est pas directement impliqué dans le conflit, la flambée des prix du pétrole et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mettent l’économie du pays et la vie quotidienne des Mauritaniens sous une pression considérable.
Face a la flambée des prix,le gouvernement indique que la tonne de gasoil a atteint 1156 dollars.Si les prix restent à ce niveau élevé, la facture des subventions sur les carburants (diesel, essence, gaz, ) et l’électricité pourrait atteindre les 168 milliards d’ouguiyas. C’est un montant énorme, qui représente 13% des ressources totales du budget de l’État.
Cette charge pèsera lourdement sur les finances publiques et risquera de creuser le déficit budgétaire.
Mais la facture pétrolière n’est pas la seule préoccupation des Autorités Mauritaniennes. Elle craignent un effet domino sur l’ensemble de l’économie.
En premier lieu une pression sur les réserves car si la facture d’importation des carburants continue d’augmenter, les réserves de devises étrangères du pays vont continuer de subir de lourdes ponctions et comme on le sait , le carburant est un intrant essentiel pour tous les secteurs (transport, agriculture, industrie),son coût élevé réduit la valeur ajoutée des entreprises et pourrait ralentir la croissance économique.D’0un autre côté,le déficit budgétaire, initialement prévu à 3,5% du PIB, pourrait atteindre 7% à cause de ces subventions massives.
Devant la crise qui s’installe,le gouvernement mauritanien a mis en place une commission de crise et prépare une loi de finances rectificative pour s’adapter à cette nouvelle donne et les Autorités ont pris plusieurs mesures immédiates pour tenter de gérer la crise .Les principales actions décidées sont structurées autour de trois axes.
1. Mesures immédiates : bouclier tarifaire et sécurisation des stocks
L’urgence est d’éviter une pénurie et une explosion des prix à la pompe avec le maintien d’un prix administré (Bouclier) : L’État a fixé un prix plafond pour limiter l’impact sur les ménages. Par exemple, le gasoil est maintenu à 500 ouguiyas/litre et l’essence à 566 ouguiyas/litre. La différence avec le coût réel d’importation est intégralement payée par l’État via des subventions massives.
Pour sécuriser l’approvisionnement malgré les tensions sur les routes maritimes (détroit d’Ormuz), le gouvernement a affrété 5 pétroliers attendus fin mars 2026 pour renforcer les réserves nationales. Les autorités assurent que les stocks actuels couvrent plusieurs mois.Concernant le gaz domestique et conscient des difficultés des ménages, l’État continue de supporter entièrement l’écart de prix sur le gaz de cuisine (bouteilles), pour un coût de près de 2,7 milliards d’ouguiyas sur les 21 derniers mois.
2. Mesures structurelles : recentrage de l’aide et nouveau mécanisme
Pour ne pas mettre en péril l’équilibre budgétaire, le gouvernement change de stratégie en passant d’une subvention « aveugle » à une aide « ciblée ».
Un nouveau dispositif de compensation ciblée a été lancé. Il s’appuie sur le Registre social pour identifier et verser une aide financière directe uniquement aux ménages les plus vulnérables en cas de choc des prix. Cela permet de ne pas gaspiller l’argent public sur ceux qui n’en ont pas besoin.
Avec l’indexation sur les cours mondiaux depuis février 2026, si les prix mondiaux baissent, la baisse est répercutée immédiatement à la pompe. Cela évite que l’État ne capte la marge et permet au citoyen de bénéficier directement des accalmies.
3. Mesures d’austérité et lutte contre la fraude
L’État donne l’exemple en serrant sa propre ceinture et en luttant contre les fuites.Le gouvernement prépare une loi de finances rectificative pour s’adapter à la nouvelle donne économique. Concrètement, l’utilisation des véhicules 4×4 de l’État est strictement limitée (sauf ambulances et forces de sécurité) et la consommation d’énergie dans les administrations est réduite.
Les autorités intensifient également les contrôles. Récemment, 550 tonnes d’hydrocarbures destinées à être revendues frauduleusement hors du pays ont été saisies.
Pour financer son bouclier sans asphyxier le Trésor, la Mauritanie a signé un accord-cadre de 1 milliard de dollars avec la Société islamique pour le financement du commerce (ITFC) afin de garantir l’importation de produits énergétiques essentiels.
En résumé, la Mauritanie navigue entre deux eaux : elle utilise l’endettement et les réserves pour amortir le choc immédiat (prix bas à la pompe), tout en mettant en place des réformes de fond (Tassanoud, fin des subventions généralisées) pour que la facture ne soit pas insoutenable à long terme.
La guerre entre les États-Unis et l’Iran a placé la Mauritanie face à un dilemme économique très difficile. Le gouvernement tente de protéger le pouvoir d’achat des citoyens en subventionnant massivement les carburants, mais cela se fait au prix d’un déficit budgétaire explosif qui menace la stabilité macroéconomique du pays.
Cette crise, réelle et immédiate, pourrait avoir des répercussions durables sur les finances publiques et le coût de la vie en Mauritanie.
par Webmaster | 28 03 26 | Actualitès
La 19ᵉ unité de la Gendarmerie nationale, la neuvième unité consécutive déployée dans la ville de Bria, a quitté le territoire national ce vendredi soir à destination de la République centrafricaine.
Elle participera, comme les précédentes, aux opérations de maintien de la paix sous l’égide des Nations unies dans ce pays africain frère.
Cette unité, qui s’inscrit dans le cadre des contingents de la Gendarmerie nationale engagés dans les missions de paix onusiennes, a été saluée à son départ de l’aéroport international de Nouakchott « Oum Tounsi » par le général de brigade Mohamed Abidine Sidi, directeur de l’Intendance au sein de l’état-major de la Gendarmerie nationale, entouré de plusieurs officiers responsables des bureaux et directions de l’état-major.
Au cours des derniers mois, cette unité a bénéficié, à l’instar des précédentes, de formations intensives portant sur ses nouvelles missions, notamment le maintien de l’ordre dans le cadre des opérations onusiennes, la protection des personnes et des biens, la sécurisation des installations des organisations internationales, des bâtiments gouvernementaux ainsi que des hautes personnalités de l’État hôte. Elle est également préparée à répondre aux demandes d’assistance humanitaire et à intervenir conformément au droit international humanitaire dans un contexte marqué par l’instabilité.
Dans une déclaration à l’Agence mauritanienne d’information, en marge de la cérémonie d’adieu, le commandant Mohamed Ould El Hafedh Ould Mahmoud, chef du bureau des études et des relations publiques à l’état-major de la Gendarmerie nationale, a exhorté les membres de cette unité à préserver les acquis honorables réalisés par les précédents contingents et à consentir tous les efforts nécessaires pour représenter dignement la nation dans cette noble mission internationale.
Il a également insisté sur l’importance de la solidarité, du sens du sacrifice et du travail d’équipe, appelant officiers, sous-officiers et gendarmes à agir en véritables ambassadeurs de leur pays.