par Webmaster | 4 02 26 | Actualitès, Politique, Tribunes

Géographiquement située entre le Sahel et le Maghreb, la Mauritanie, pays aux héritages afro-arabes, fait figure de pôle de stabilité dans une région soumise à de très fortes tensions. Bechar Benmoumen, consultant, analyse les forces et faiblesses de la stratégie politique d’équilibre déployée par Nouakchott.
À l’échelle africaine, la République islamique de Mauritanie demeure un angle mort de l’analyse stratégique. Non par manque d’enjeux, mais parce qu’elle échappe aux catégories dominantes. Coincée entre un Sahel central réduit à ses crises sécuritaires et un Maghreb prisonnier de ses divisions, elle est le plus souvent perçue comme une périphérie, rarement pensée comme un centre de gravité. Or, dans le prolongement des réflexions du philosophe Souleymane Bachir Diagne, ce découpage entre Maghreb et Afrique dite subsaharienne apparaît moins comme une évidence historique que comme un héritage intellectuel insuffisamment interrogé. S’il est un pays qui en révèle les limites, c’est précisément la Mauritanie : par ses continuités saharo-sahéliennes, ses héritages afro-arabes imbriqués et sa trajectoire politique singulière, elle met en défaut ce partage. Loin d’un simple entre-deux, elle constitue un point de tension analytique, où se lisent les impensés persistants de la cartographie africaine.
Dans une Afrique de l’Ouest marquée par la recrudescence des coups d’État, la Mauritanie fait figure d’îlot de stabilité, le pays n’ayant connu aucune rupture institutionnelle depuis 2008. Elle a réussi, en 2019, une transition présidentielle pacifique avec l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Ghazouani, là où nombre de ses voisins s’enfonçaient dans l’incertitude. De la même manière, alors que l’Afrique de l’Ouest a enregistré plus de 450 attaques terroristes en 2025, causant près de 1900 morts, le territoire mauritanien n’a pas connu d’attentats djihadistes majeurs depuis 2011. Dans un environnement régional chaotique, Nouakchott s’est illustrée par une étonnante résilience.
Cette stabilité n’est pourtant ni le produit d’une abondance de ressources ni celui d’un parapluie sécuritaire occidental massif. Elle s’est construite sans dispositifs militaires étrangers comparables à ceux déployés ailleurs au Sahel, sans institutions surdimensionnées, sans économie de rente capable d’acheter durablement la paix sociale. Elle repose sur une combinaison plus subtile : anticipation, gestion fine des équilibres internes, diplomatie d’équidistance. Une stabilité paradoxale, fragile par nature, mais suffisamment robuste pour résister, jusqu’ici, aux secousses régionales.
La géographie et la démographie accentuent encore cette singularité. Située à l’ouest du continent africain, à la charnière du Sahara et du Sahel, la Mauritanie s’étend sur plus d’un million de kilomètres carrés pour une population de moins de cinq millions d’habitants. Le « pays des mille poètes » dispose par ailleurs de près de 720 kilomètres de côtes atlantiques et de frontières longues et poreuses, dépourvues de véritables barrières naturelles. Cette configuration territoriale en fait un carrefour, autant qu’un espace d’exposition permanente aux crises. Effondrement sécuritaire au Sahel, montée en puissance de nouveaux régimes militaires, affirmation d’influences et d’ingérences extérieures concurrentes : les lignes bougent autour d’elle, parfois brutalement. Reste à savoir si cet environnement mouvant renforcera la position mauritanienne ou s’il finira par fragiliser les équilibres patiemment construits.
C’est à cette tension que s’intéressent ces quelques pages. Partons d’un constat simple : la stabilité mauritanienne n’est pas un accident. C’est une stratégie façonnée par la contrainte. Mais comme toute stratégie fondée d’équilibre, elle reste exposée.
Bechar Benmoumen
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par Webmaster | 4 02 26 | Actualitès, Sociétés

La région de Nouakchott et l’Association internationale des maires francophones, a donné aujourd’hui mercredi 4 février 2026, le coup d’envoi des activités de la troisième édition du symposium international sur les collectivités locales au Sahel au Centre de conférences Mokhtar Ould Daddah de Nouakchott.
Ce symposium organisé sous le thème «Construire la paix par la diplomatie urbaine», vise à renforcer le rôle des associations locales dans la construction de la stabilité et du développement durable au Sahel.
Dans son discours d’ouverture du symposium, prononcé en présence des ministres de la Transformation numérique et de la Modernisation administrative, et de l’Environnement et du Développement durable, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local M. Yacoub Ould Salem Vall, a souligné l’importance capitale de cette rencontre.
Il s’agit, a-t-il dit, d’un lieu de dialogue et d’échange d’expertise, et une occasion de renforcer la coordination entre tous les acteurs afin d’accélérer le développement local et d’atteindre les objectifs de la décentralisation.
Cette rencontre témoigne d’une volonté collective sincère de transformer les défis complexes auxquels nos pays sont confrontés en opportunités prometteuses, et de faire des contraintes de développement héritées un véritable moteur de progrès, a déclaré quant à elle, la présidente de la Région de Nouakchott, Mme Fatimetou Mint Abdelmaleck.
La paix ne peut être atteinte sans fondements solides, a-t-elle souligné, disant qu’il ne peut y avoir de sécurité durable sans développement global, et aucun développement ne peut être réalisé en l’absence de sécurité.
Ce symposium constitue une occasion importante d’échanger des expériences et des bonnes pratiques, a mis en exergue pour sa part, le président de l’Association des maires de Mauritanie, M. Bamba Ould Daramane.
Par ailleurs, le chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, l’ambassadeur Joaquín Tasso Villalonga, a indiqué que l’Union européenne entretient un partenariat stratégique avec l’Association internationale des maires francophones (AIMF) depuis 2015. Ce partenariat vise à renforcer les collectivités locales en tant qu’acteurs clés dans la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier dans les zones fragiles.
par Webmaster | 4 02 26 | Actualitès, NTIC

L’internet haut débit par satellite de Starlink, la société d’Elon Musk, est désormais accessible au Sénégal. L’annonce a été faite par l’homme d’affaires américain sur son réseau social X.
Sur son site officiel, Starlink confirme couvrir l’ensemble du territoire sénégalais y compris dans les zones les plus enclavées du pays.
Le kit standard est proposé à 146 000 FCFA, alors que le kit mini est vendu à 117 000 FCFA,il faut y ajouter les frais de transport estimés à 14 000 FCFA.
Deux abonnements sont offerts . Une offre appelée « Résidentiel », facturée à 30 000 FCFA par mois avec un débit descendant compris entre 135 et 305 Mbit/s, pour un débit montant de 20 à 40 Mbit/s.
La seconde offre, dite « Résidentiel Lite « , est proposée à 22 000 FCFA par mois, avec un débit descendant de 80 à 200 Mbit/s et un débit montant allant de 15 à 35 Mbit/s.
par Webmaster | 4 02 26 | Tribunes
Le dialogue national lancé par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est avant tout ,comme l’a déjà dit un homme politique nationale »un projet pour l’avenir de la Mauritanie et non un terrain d’affrontements politiques » et à juste titre « au lieu de spéculer sur un éventuel troisième mandat,nous devons insister sur la nécessité de recentrer la discussion sur la stabilité, la cohésion sociale et le renforcement de l’État de droit ».Le président a récemment multiplié les gestes d’apaisement, assurant aux partis de l’opposition réunis le 8 janvier 2026 sa détermination à aller au bout du processus et en se montrant réceptif à nombre de leurs préoccupations. Il a également clairement écarté les rumeurs sur un éventuel troisième mandat, cherchant à recentrer les discussions sur les réformes.
Cependant, des lignes rouges et des sujets historiquement conflictuels persistent dont notamment le traitement du passif humanitaire (exactions de 1986-1991), l’esclavage et ses séquelles, la place des langues nationales et la réforme électorale restent très controversés.
Mais comme le souligne le rapport du coordinateur Moussa Fall, la stabilité du pays, bien que réelle, ne doit pas masquer les facteurs de fragilité persistants. Pour éviter un nouvel échec, le dialogue doit impérativement être suivi d’actes concrets et mesurables. Sa crédibilité ne sera jugée qu’à l’aune des réformes adoptées et appliquées.
Un échec ou des résultats purement cosmétiques risqueraient de creuser davantage le fossé politique et de menacer la stabilité à long terme du pays.
Nous devons tous avoir pour seul et unique objectif la réussite de ce dialogue
La réussite du dialogue devenant l’objectif unique et partagé est la seule voie pour transformer cet exercice en un levier de progrès durable pour la Mauritanie. Atteindre ce but nécessite une stratégie claire qui dépasse les postures pour se concentrer sur des résultats tangibles.
Les fondations de la Réussite sont à tirer des leçons du Passé.
Pour que ce sixième dialogue national ne répète pas les échecs des précédents, il doit impérativement s’adosser à trois principes fondamentaux dont le premier est deja acquis celui de l’engagement irréversible des plus hautes autorités en effet le président Ghazouani s’est engager personnellement et publiquement à mettre en œuvre les conclusions du dialogue.
Le deuxième Principe est la méthode qui doit etre transparente et inclusive en ce sens que la feuille de route doit être co-construite et accepter d’aborder tous les sujets, y compris les questions historiques et identitaires sensibles, sans les écarter au nom de la « stabilité ».
Enfin un mécanisme de suivi indépendant et contraignant doit être miss en place par la création d’un organe de surveillance reconnu par toutes les parties pour suivre l’application des décisions.
La réussite de ce dialogue ne se mesurera pas à la tenue des assises, mais aux lois qui seront changées, aux institutions qui seront renforcées et à la confiance qui sera restaurée entre les Mauritaniens et leur pays. C’est la garantie que les conclusions ne resteront pas lettre morte.C’est aussi un investissement nécessaire pour une stabilité durable.
Ahmed Bezeid Deida
par Webmaster | 4 02 26 | Actualitès, santé

La Caisse nationale de solidarité en santé (CNASS) et l’Agence nationale pour l’emploi (TECHGHIL ont signé hier mardi à Nouakchott un accord de partenariat visant à renforcer la protection sanitaire des travailleurs agricoles.
Cet accord a pour objectif d’intégrer un système d’assurance maladie structuré aux services proposés par l’Agence nationale pour l’emploi aux travailleurs agricoles employés dans le cadre de programmes et de projets de placement professionnel, tout en simplifiant les procédures d’inscription et en garantissant un accès effectif aux services de santé de base.
Cet accord s’inscrit dans la stratégie de l’État visant à étendre progressivement la couverture sanitaire universelle, notamment aux groupes vulnérables et aux personnes travaillant dans des secteurs précaires, a déclaré à cette occasion, la Directrice générale de la Caisse nationale de solidarité en santé (CNASS), Mme Amal Mint Cheikh Abdallahi, selon laquelle, les travailleurs agricoles figurent parmi les groupes prioritaires dans cette démarche.
Toujours selon elle, ce partenariat permettra aux travailleurs agricoles de réduire leurs dépenses de santé et d’améliorer leurs conditions de travail, et a exprimé l’espoir qu’il s’étende à d’autres secteurs à l’avenir.
L’intégration de la solidarité sanitaire aux offres d’emploi dans le secteur agricole renforcera l’attractivité de ce secteur et encouragera la population active nationale à s’y intégrer et à s’y maintenir, a indiqué quant à lui, le Directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (TECHGHIL), M. Abdelvettah Ould Abdelvettah ; ce aura un impact positif sur la production agricole et le développement économique local, a-t-il ajouté.
L’accord stipule que les deux parties s’engagent à mettre en œuvre des programmes conjoints de sensibilisation et de communication, à suivre l’impact de ce système sur les conditions de vie et de travail des travailleurs agricoles et à établir un mécanisme de coordination permanent pour assurer le suivi de la mise en œuvre des dispositions du partenariat.
Cet accord devrait contribuer à renforcer l’intégration des politiques d’emploi et de protection sociale et à soutenir les efforts nationaux visant à construire un système d’assurance maladie plus complet et durable.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de plusieurs représentants des deux institutions.