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L’économie de la Mauritanie progresse très bien, déclare le Secrétaire Exécutif de la CEA …Entretien

« La Mauritanie, les indicateurs économiques sont très favorables mais elle fait partie des 19 pays africains qui n’ont jamais bénéficié d’une notation souveraine »

En visite en Mauritanie du 31 janvier au 4 février M. Claver Gatete, Secrétaire général adjoint de l’ONU et Secrétaire Exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA),revient dans cette interview sur cette importante visite qu’il a effectuée à la tête d’une délégation de la CEA et au cours de laquelle il a été reçu en audience par le président mauritanien et a rencontré les hauts responsables mauritaniens pour s’informer sur les spécificités de l’économie nationale ainsi que les opportunités de coopération Sud-Sud pour le développement de la Mauritanie et de l’Afrique en général.

Question : M. le Secrétaire Exécutif, la Mauritanie, malgré des atouts certains, fait face à des difficultés . Comment expliquez-vous cette situation ? Est-ce lié à des problèmes structurels et en quoi consiste exactement l’appui apporté par la CEA pour booster l’économie du pays ?

Claver Gatete : Tout d’abord, j’estime que l’économie de la Mauritanie progresse très bien. Chaque pays  a son propre potentiel, et il en va de même pour la Mauritanie. Si vous examinez les fondamentaux macroéconomiques, les indicateurs vont tous dans la bonne direction : Le déficit est très faible, l’inflation est très faible, la dette est inférieure à la moyenne africaine… en résumé, les indicateurs macro-économiques ne sont pas mauvais !

Ceci dit, la Mauritanie est aussi un pays qui ne fait pas l’objet de notation souveraine, et qui fait partie des 19 pays africains qui n’ont jamais bénéficié d’une telle notation. C’est pour cela que nous travaillons avec eux( les autorités mauritaniennes)pour nous assurer que ce pays sera noté d’ici la fin de l’année, d’autant plus que tous les indicateurs sont très favorables, et que le pays est aussi entrain de développer de nouveaux produits gaziers et pétroliers, qui, associés à la gestion macroéconomique, vont également contribuer à la croissance économique. Notre perception est que le cas de la Mauritanie est prometteur en ce qui concerne le développement économique.

Question : Et en quoi consiste le soutien de la CEA pour stimuler l’économie du pays ?

Claver Gatete : Notre soutien passé à la Mauritanie a porté sur la mobilisation des ressources nationales et l’organisation de la taxation de manière à améliorer le ratio taxe/PIB.  En Afrique, le ratio taxe/PIB moyen est de 16%, mais la Mauritanie a porté le sien à 17 % du PIB – ce qui est très positif – et s’efforce de le porter à plus de 20 %, ce qui est vraiment très utile. Si on compare avec les autres pays africains, le plus élevé est l’Afrique du Sud, avec 26.7% tandis que d’autres sont à moins de 10%. En d’autres termes, on voit ici une tendance positive, mais le progrès doit continuer et nous apportons un soutien dans ce sens. Nous savons également que la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, est très importante, c’est pour cela que nous apportons un soutien sur ce plan, au niveau des PME, qui sont créatrices d’emploi.

Nous allons continuer à travailler avec la Mauritanie, en particulier dans le domaine de l’emploi des jeunes, pour voir comment de telles problématiques peuvent être traitées.

Troisièmement, nous nous sommes également engagés à soutenir le gouvernement en ce qui concerne le plan national à long terme. La Mauritanie travaille actuellement sur un projet de Plan, et nous voulons nous assurer que ce dernier puisse être mis en œuvre  sur le terrain, et accompagné d’un mécanisme qui lui permettrait de soutenir le pays.

Nous travaillons aussi sur des emprunts obligataires destinés à la diaspora et une structure qui pourrait aider à attirer des financements des membres de la diaspora mauritanienne à l’étranger.

En travaillant de concert avec le système des Nations Unies en Mauritanie, la Banque Centrale et le gouvernement, nous pouvons parvenir à une formule qui permettrait d’attirer davantage les ressources de la diaspora.

Question : Grâce à la production gazière, les prévisions de croissance pour l’année 2026 sont optimistes. De votre point de vue qu’est-ce que cette nouvelle ressource pourrait apporter concrètement et dans le court et moyen terme à la situation économique de la Mauritanie ?

Claver Gatete : Nos échanges avec le gouvernement et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures ont porté entre autres sur la formule selon laquelle le gouvernement va utiliser ces ressources. Ailleurs, d’autres pays ont expérimenté ce qu’on appelle le « syndrome hollandais », en d’autres termes, des situations où les pays dépensent tout l’argent ainsi obtenu, sans réserve, et se retrouvent en difficulté en cas de choc. Dans le cas des hydrocarbures, la plupart des prix sont déterminés sur le marché international, il est donc nécessaire de prendre des dispositions pour pouvoir aller de l’avant en cas de choc. C’est pour cela que nous avons promis à nos partenaires mauritaniens de compiler les expériences d’autres pays sur la meilleure façon d’utiliser les ressources supplémentaires issues des réserves gazières. De cette manière, il serait possible de stimuler l’économie sans pour autant dépenser tout l’argent d’un seul coup. Il est aussi important de parvenir à une formule pour que ces ressources bénéficient également aux générations futures.

Question : Comment se présentent les perspectives d’intégration économique au niveau de l’Afrique du Nord et quelle part de contribution la Mauritanie pourrait-elle y apporter ?

Claver Gatete : Je voudrais d’abord souligner qu’à la CEA, nous observons l’évolution de l’ensemble du continent. Initialement, l’Afrique se caractérisait par l’existence de huit communautés économiques régionales, dont l’UMA, la CEDEAO et la CEN-SAD, dont la Mauritanie fait partie ou reste proche. Depuis la mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), il est important de prendre en compte la dimension continentale. Voici pourquoi, lorsque nous parlons de la contribution de la Mauritanie, nous ne nous limitons pas à l’Afrique du Nord, nous voyons également la Mauritanie exportant du gaz vers des pays voisins, par exemple vers les pays de l’ECOWAS, ou à l’international, vu que tout le monde a besoin de gaz. Donc on parle ici de la connexion de la Mauritanie à l’ensemble du continent, et la Mauritanie a maintenant l’opportunité d’exporter ses ressources naturelles, ceci va être bénéfique à ce pays et à d’autres pays africains, l’augmentation de la disponibilité de gaz devant coïncider avec une baisse des prix.

Question : Où se situe la Mauritanie par rapport aux stratégies relatives aux zones économiques spéciales initiées par la CEA et celles mises en place dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine ?

Claver Gatete : Le travail sur les aspects propices à la création de zone économiques spéciales est encore en cours. Lors de la conférence que nous avons eue en Angola l’année dernière (https://www.uneca.org/stories/statement-by-mr.-claver-gatete-at-the-african-special-economic-zones-annual-meeting-2025)

, nous avons étudié le cas des zones économiques où il existe un marché et où nous pouvons créer des entreprises capables d’ajouter de la valeur à nos matières premières. Ce travail est aussi toujours en cours, et c’est l’une des raisons de notre visite [dans la région] pour apprendre des pays, connaître leur vision, et aussi découvrir les produits auxquels nous pouvons ajouter plus de valeur. C’est cela qui détermine une zone économique spéciale : une SEZ signifie attirer beaucoup d’entreprises, réduire le risque, et s’assurer qu’elles soient en mesure de créer de la valeur dans le domaine concerné. Si vous parlez d’industrialisation, il faut se demander de quels produits on est entrain de parler. C’est ça le travail que nous sommes en train de faire. Pour certains produits, quelques 94 produits, nous avons une solution, mais pour certains autres, nous recherchons toujours des solutions.

Sur un autre plan, quand vous parlez de zones économiques spéciales, elles ne concernent pas forcément un seul pays à la fois : elles peuvent concerner des pays comme la Mauritanie et des pays voisins. En même temps, en ce qui concerne l’industrialisation, chaque pays a sa stratégie, mais à la CEA, nous nous efforçons de voir au-delà d’un seul pays. Personne ne peut tout faire en même temps, c’est pourquoi nous nous focalisons davantage sur la dimension régionale, et que nous parlons de chaînes de valeurs régionales (CVR).

Question : Quelle évaluation pouvez-vous faire des secteurs mauritaniens de l’industrialisation, de l’innovation et de la contribution du secteur privé au développement économique du pays ? Quel apport pourront lui apporter sur tous ces plans les autres pays de la région dans le cadre des programmes de la CEA ?

Claver Gatete : Tout d’abord, nous ne sommes pas en position de dire que nous sommes « les  experts en ce qui concerne la Mauritanie, c’est pour ça que nous effectuons cette visite. Nous sommes venus rencontrer les responsables pour comprendre la structure de l’économie nationale, et sur cette base, essayer de fournir des conseils sur les modalités d’aller de l’avant. Nous ne sommes pas ici pour dire que nous sommes les meilleurs experts en ce qui concerne la structure économique de la Mauritanie, c’est ce que nous sommes entrain d’étudier. Une fois que nous aurons rassemblé toutes les données nécessaires, c’est là que nous serons en position de faire des recommandations. Pour l’instant, nous avons besoin d’analyser, avec le gouvernement, le contexte actuel, pour pouvoir informer le processus de planification qui est en cours de développement.

Question : Pouvez-vous tirer un premier bilan de votre visite en Mauritanie ?

Hier, nous avons eu l’honneur de rencontrer et d’avoir une longue conversation avec S. E. M le Président de la République qui nous a permis de comprendre sa vision pour le pays. C’était une conversation très utile, car ce dont il a besoin, en fait, c’est d’une stratégie à long terme, qui est en cours d’élaboration, mais aussi des modalités pour sa mise en œuvre rapide. Parmi les priorités de cette stratégie figurent l’amélioration du fonctionnement de l’économie ; la notation souveraine dans la mesure où cette dernière peut à la fois encourager les investisseurs nationaux et étrangers à investir dans le pays et faciliter l’emprunt à l’étranger ; la mobilisation des ressources domestiques ; la question de la diaspora mauritanienne hors du pays, qui souhaite investir dans le pays, mais pour laquelle un système doit être mis en place– et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons rencontré la Banque Centrale. Notre ambition est d’examiner les piliers de la croissance de la Mauritanie, dans le cadre du développement du plan à long terme et de sa stratégie de mise en œuvre à moyen terme.

Propos recueillis Par Bakari Gueye

 

Sidney Sokhona : le dialogue reste l’espace souverain où la Nation se parle à elle-même

Le dialogue national auquel SE le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a convié toutes les forces vives du pays est un acte de sincérité et de haute portée politique. L’expression « sans tabou » signifie qu’aucune voix n’est interdite et qu’aucune opinion n’est proscrite d’avance.

C’est dans cet esprit de liberté que diverses sensibilités ont pu s’exprimer ces derniers jours, y compris au sein de notre propre famille politique. Toutefois, il est essentiel de rappeler que ce dialogue n’appartient à aucune entité seule : il s’agit d’une page blanche que nous écrivons ensemble.

Il doit être clair pour tous que :

L’Inclusivité totale : Le dialogue est l’espace où toutes les préoccupations nationales s’expriment librement. C’est un processus ouvert, sans agenda caché ni exclusivité.

L’Engagement du Président de la République : Sa seule boussole reste l’intérêt supérieur de la Nation et la consolidation de notre État de droit.

L’Objectif suprême : Notre priorité demeure la stabilité du pays, l’apaisement du climat social et le renforcement de nos acquis démocratiques.

Notre classe politique doit s’engager dans la construction de ce pont que nous bâtissons ensemble. Le dialogue reste l’espace souverain où la Nation se parle à elle-même, dans un esprit de haute responsabilité nationale.

L’heure est à l’action. Le Président de la République poursuit la mission que le peuple mauritanien lui a confiée, avec la détermination de bâtir un avenir stable et prospère pour tous.

 

Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale, Sidney Sokhona est également Membre du Comité permanent du Parti El INSAF

Nouakchott accueille la 55ᵉ session du Comité exécutif de l’Union parlementaire des États membres de l’OCI

La capitale mauritanienne Nouakchott a accueilli ce mardi les travaux de la 55ᵉ session du Comité exécutif de l’Union parlementaire des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, tenue à l’hôtel  » FASQ »

Des délégations parlementaires représentant plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique prennent part à cette réunion de deux jours, consacrée à l’examen des questions inscrites à l’ordre du jour de l’Union, dans un esprit de concertation et de coordination parlementaire.

Dans son allocution, le Secrétaire général de l’Union des Conseils des États membres, M. Mohamed Khouraichi Niass, a souligné que l’Union avait franchi des étapes importantes dans la mise en œuvre des décisions de ses conférences. Il a rappelé que la récente réunion de Ouagadougou avait adopté un document sur la migration et les réfugiés ainsi qu’une déclaration mettant en lumière cette problématique. Il a ajouté que l’Union envisageait d’organiser des réunions spécialisées sur des thèmes tels que la jeunesse et le chômage, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, les droits de l’homme et le renforcement de la solidarité entre les États islamiques. Il a insisté sur le fait que les grands défis auxquels fait face le monde islamique, notamment la question palestinienne, exigent l’unité et l’attachement aux valeurs de l’islam pour faire face à l’occupation et aux agressions répétées.

Pour sa part, le Président de l’Assemblée nationale, Son Excellence M. Mohamed Bamba Meguett, a indiqué que cette session se tient dans un contexte international et régional complexe marqué par l’accélération des événements et des mutations, ce qui impose aux parlements islamiques davantage de coopération et de coordination afin de relever les défis politiques, économiques, sécuritaires et environnementaux. Il a exprimé l’inquiétude de la Mauritanie face à l’évolution de la situation au Moyen-Orient, en particulier à Gaza et en Cisjordanie, où l’occupation israélienne poursuit ses crimes malgré les accords de cessez-le-feu. Il a appelé l’Union à intensifier son action sur tous les fronts pour permettre au peuple palestinien de recouvrer son droit à l’autodétermination et d’établir son État indépendant avec Jérusalem pour capitale.

La tenue de cette session à Nouakchott confirme le rôle croissant de la Mauritanie dans le soutien au travail parlementaire et dans le renforcement de la coopération entre les institutions législatives au service des causes d’intérêt commun.

Parti El Islah s’ancre sur le terrain et affirme son rôle de force réformiste nationale.

Le parti El Islah poursuit avec détermination le renforcement de sa présence sur l’ensemble du territoire national à travers l’ouverture progressive de sièges pour ses coordinations dans les wilayas et les moughataas du pays. Cette démarche traduit une volonté claire : faire de la proximité avec les citoyens, les militants et les cadres locaux le socle de l’action politique du parti, loin des logiques de centralisation et de déconnexion des réalités du terrain.

En s’implantant durablement dans toutes les régions, El Islah affirme son ambition d’assumer pleinement son rôle de grand parti national, porteur d’un projet réformiste fondé sur la justice sociale, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la consolidation de l’État de droit. Cette présence territoriale vise également à mieux encadrer les préoccupations des populations, à accompagner les dynamiques locales de développement et à contribuer à l’enracinement d’une pratique politique responsable et participative.

Sur le plan international, El Islah bénéficie d’une reconnaissance politique significative. Son élection en tant que membre de l’Internationale Socialiste, ainsi que son appartenance aux réseaux des partis socialistes arabes, témoignent de la crédibilité de sa ligne idéologique, de son engagement en faveur des valeurs de démocratie, de liberté, d’égalité et de solidarité entre les peuples. Cette dimension internationale renforce la capacité du parti à porter la voix de la Mauritanie dans les espaces de dialogue politique et idéologique à l’échelle régionale et mondiale.

Sur le plan national, El Islah soutient le programme politique du Président de la République et s’inscrit dans le cadre de la majorité présidentielle, par sens de responsabilité et souci de stabilité institutionnelle. Toutefois, ce soutien ne saurait être assimilé à un alignement aveugle. Fidèle à son identité de parti réformiste, El Islah revendique son indépendance de jugement et de position sur les grandes questions nationales, en plaçant toujours l’intérêt général, la souveraineté nationale et la dignité du citoyen au cœur de ses choix politiques.

Par cette approche équilibrée entre engagement national, ancrage populaire et ouverture internationale, El Islah confirme sa vocation : être une force politique de proposition, de réforme et de rassemblement, au service d’une Mauritanie plus juste, plus solidaire et résolument tournée vers l’avenir.
Ahmed Salem Deida
Expert en communication
Membre du bureau politique El Islah.

De la constitutionalisation des Coups d’État au troisième mandat ou l’art de se maintenir au pouvoir en Afrique.

La fragilité des processus démocratiques face à la tendance des dirigeants africains à prolonger leur pouvoir au-delà des limites constitutionnelles montre la précarité de la stabilité de nos pays et de nos institutions.La nouvelle trouvaille du maintien au pouvoir est la constitutionalisation des coups d’État comme cela fut le cas dans plusieurs pays africains.Une stratégie où un pouvoir, souvent issu d’un coup de force militaire ou d’un affaiblissement des institutions, organise ensuite des élections biaisées pour se parer d’une légitimité démocratique.Ces élections sont souvent caractérisées par l’utilisation des ressources de l’État, la partialité des commissions électorales, l’intimidation des opposants et des médias et parfois des fraudes directes.

Le but est de faire accepter, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur une transition « légale » d’un régime né de la combinaison de la violence initiale (coup d’État) et d’une légitimation factice par les urnes qui crée un hybride autoritaire qui est difficile à déloger.

Un syndrome politique qui mine la crédibilité de nos démocraties .

D’un autre côté,le « troisième mandat » est devenu pour certains le symbole de l’acharnement au pouvoir. Les constitutions de nombreux pays prévoyaient initialement des limites (souvent deux mandats) pour assurer l’alternance.Mais la manipulation des institutions pour modifier ou réinterpréter la constitution et permettre à un président sortant de se représenter est devenue une tactique courante.

L’opportunisme de certains dévient un creuset pour la réflexion et l’exégèse justifiant souvent le maintien au pouvoir par la nécessité de poursuivre des projets de développement ou d’éviter le chaos, un discours qui peut trouver un certain écho dans des populations fatiguées par l’instabilité et préoccupées par leur quotidien.

Face à cela , la communauté internationale continue de jouer un rôle ambiguë avec souvent des condamnations sélectives et basées sur des intérêts géostratégiques ou économiques, affaiblissant les normes démocratiques dans les pays.

Des démocraties qui restent »en sursis » car constamment menacées, suspendues ou taillées sur mesure et non encore consolidées dont les institutions demeurent faibles face à un exécutif auquel au fil du temps, elles lui deviennent inféodées .

Mais heureusement que des résistances citoyennes fortes dans plusieurs pays africains se mobilisent, parfois avec succès, contre les tentatives de tripatouillage constitutionnel.

Le défi est de renforcer les contre-pouvoirs indépendants comme la justice, les médias et la société civile mais aussi en parallèle de construire des institutions réellement impartiales et de faire pression pour que les constitutions et leurs limites soient respectées.

L’enjeu est de passer d’une démocratie de façade, constamment « en sursis », à une démocratie vivante où l’alternance est acceptée comme une norme saine de la vie politique.

Ahmed Bezeid Deida

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