par Webmaster | 26 02 26 | Actualitès, Politique

La candidature de Coumba Bâ à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) dépasse la simple manœuvre diplomatique. La candidature de la Mauritanie à la Francophonie : entre souveraineté, ouverture et vision africaine.
Elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur la place de la Mauritanie dans le nouvel échiquier linguistique, culturel et géopolitique de l’Afrique du XXI siècle.
Loin d’être paradoxale pour un pays dont la langue officielle est l’arabe, cette initiative traduit une volonté de souveraineté assumée et d’ouverture maîtrisée, à la croisée des identités mauritaniennes.
La Mauritanie est une terre d’intersection.
Arabe dans son héritage culturel et historique, sahélienne et africaine dans sa composition sociale, elle se nourrit d’une pluralité linguistique qui façonne son unité.
Les langues nationales pulaar, soninké, wolof et hassaniya ne sont pas de simples outils de communication : elles représentent autant de mémoires vivantes, de récits collectifs et de ponts entre communautés.
Dans ce contexte, Coumba Bâ incarne cette synthèse harmonieuse. Originaire du Gorgol, elle se situe à la confluence des héritages et des aspirations qui traversent la nation mauritanienne.
Sa candidature à la tête de la Francophonie illustre la volonté de la Mauritanie de proposer une voix africaine, enracinée dans sa diversité, mais résolument tournée vers la modernité et l’action.
La Francophonie : non pas contrainte, mais opportunité.
L’image de la Francophonie a profondément évolué.
Jadis perçue comme un prolongement de l’espace francophone européen, elle est aujourd’hui un cadre d’échanges Sud-Sud réunissant plus de 80 États.
L’Afrique y joue un rôle moteur : près des deux tiers des locuteurs du français sont désormais africains, signe d’un basculement historique.
Dans ce contexte, la candidature mauritanienne résonne comme une affirmation d’autonomie intellectuelle.
Elle n’exprime pas une nostalgie linguistique, mais une vision politique : faire du français un instrument d’influence, de créativité et de coopération continentale.
La Mauritanie, en cela, propose une Francophonie africaine, décomplexée et souveraine, capable d’articuler diversité linguistique et solidarité stratégique.
Vers une doctrine mauritanienne du plurilinguisme stratégique.
La démarche de la Mauritanie révèle une doctrine claire : la souveraineté linguistique ne signifie pas le repli, mais la maîtrise des codes multiples du monde globalisé.
L’arabe reste la colonne vertébrale de l’identité nationale, tandis que le français s’érige en levier de communication et d’ouverture.
Cette approche rejoint celle du Maroc, du Sénégal ou du Rwanda, qui ont su transformer leur plurilinguisme en atout compétitif.
La Mauritanie, elle aussi, peut choisir d’assumer pleinement cette richesse en valorisant ses langues nationales, tout en mobilisant le français comme passerelle vers les réseaux économiques, diplomatiques et technologiques du monde francophone.
Coumba Bâ : une projection africaine de leadership.
La figure de Coumba Bâ dépasse la dimension personnelle.
Elle incarne une génération d’Africaines conscientes des mutations de leur continent et prêtes à en porter les ambitions.
Expérimentée et à l’écoute, elle pourrait, à la tête de l’OIF, inscrire la Francophonie dans une nouvelle dynamique : celle d’une plateforme économique, culturelle et numérique au service des peuples.
Son parcours illustre une volonté de dialogue, d’équité et d’efficacité qualités essentielles pour réinventer l’action francophone dans un monde polarisé.
À travers sa candidature, la Mauritanie exprime une maturité diplomatique nouvelle : celle d’un État qui refuse d’être défini par son passé colonial, et préfère être reconnu par sa capacité à articuler l’arabe, l’africain et le francophone dans une même vision.
En se portant candidate à la direction de l’OIF, la Mauritanie envoie un message fort : elle veut transformer sa diversité en cohérence et faire de sa position géographique et culturelle un levier d’influence positive.
La candidature de Coumba Bâ symbolise cette ambition de leadership africain éclairé, à la fois enraciné et prospectif une Francophonie réinventée, porteuse d’ouverture, de souveraineté et d’unité continentale.
Abdoulaziz DEME
Observateur de la vie politique et économique en Mauritanie.
Le 26 Février 2026
par Webmaster | 26 02 26 | Actualitès, Politique
La modernisation de l’action publique est devenue une exigence incontournable. L’efficacité, la rapidité d’exécution et la transparence dans la gestion des projets publics sont désormais au cœur des attentes des citoyens comme des partenaires techniques et financiers.
Dans cette dynamique, l’idée de délester les Secrétaires Généraux des ministères de leur rôle d’ordonnateur des dépenses sur les projets, pour le confier directement aux chefs de projets, apparaît à première vue comme une réforme audacieuse et pragmatique.
Sur le principe, la logique est séduisante.
Rapprocher la décision financière du terrain permettrait d’accélérer l’exécution budgétaire, de réduire les lourdeurs administratives et de responsabiliser davantage les équipes opérationnelles. Une gestion directe par projet offre aussi une meilleure lisibilité des coûts et une évaluation plus précise des performances.
Mais toute réforme technique porte en elle une dimension politique et institutionnelle.
Multiplier les ordonnateurs, c’est aussi multiplier les centres de décision financière. Et sans garde-fous solides, cela peut conduire à un éparpillement des responsabilités, à une dilution du contrôle hiérarchique et, dans le pire des cas, à l’émergence de foyers de gabegie difficiles à maîtriser.
Le Secrétaire Général n’est pas seulement un signataire administratif. Il est un pivot de cohérence budgétaire, un garant de l’alignement stratégique des projets avec les priorités du ministère. L’écarter totalement du circuit d’ordonnancement reviendrait à affaiblir un maillon essentiel de la chaîne de gouvernance financière.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut réformer,
la question est de savoir comment réformer ?
Une décentralisation financière réussie suppose :
■Un cadre juridique clair définissant les responsabilités ;
■Un contrôle interne renforcé et indépendant ;
■Des audits réguliers et systématiques ;
■Une formation rigoureuse des chefs de projets en finances publiques ;
■Un maintien d’un pouvoir de supervision stratégique au niveau du Secrétariat Général.
Réformer sans sécuriser, c’est déplacer le risque sans le réduire.
Décentraliser sans responsabiliser clairement, c’est créer une illusion d’efficacité.
L’État moderne n’est ni excessivement centralisé ni anarchiquement fragmenté. Il est organisé, cohérent et rigoureux. La performance publique ne se décrète pas par transfert de signature ; elle se construit par l’équilibre entre autonomie et contrôle.
Oui à la modernisation, à la responsabilisation des chefs de projets, mais dans un cadre maîtrisé, progressif et évalué.
Car en matière de finances publiques, la souplesse doit toujours marcher aux côtés de la rigueur.
par Webmaster | 26 02 26 | Actualitès
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme du parti visant à élargir sa présence nationale et à renforcer ses structures organisationnelles, le parti a dépêché le Dr El Hadrami Abdel Salam, Conseiller du Président du parti chargé de l’encadrement et de la formation politique, en mission officielle dans la wilaya du Hodh Ech Chargui.
La mission de la délégation consistait à superviser l’ouverture d’une section du parti au niveau de la moughataa de Néma, marquant ainsi l’inauguration officielle du siège du parti dans la ville.
La rencontre a connu une participation diversifiée et de qualité, reflétant l’adhésion croissante des différentes composantes du peuple mauritanien au projet politique du parti. À l’issue de discussions approfondies et responsables, les propositions organisationnelles ont été adoptées à l’unanimité, aboutissant à la mise en place officielle de la section du parti dans un climat consensuel et constructif.
Cette section constitue le noyau du lancement effectif de l’action politique du parti dans le Hodh Ech Chargui, en prélude à la préparation des prochaines échéances législatives, régionales et municipales.
par Webmaster | 26 02 26 | Actualitès, Sociétés

Probablement prévu dans les prochaines semaines, sinon au plus tard en mai 2026, le concours de recrutement à la fonction publique de 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat connaitra une innovation majeure, étant donné que les candidats à cette compétition massive circonscrite dans le temps et dans l’espace, répondront pour la première fois aux questions sur des tablettes numériques. Détails.
Le dispositif technique qui devra encadrer le concours devant permettre le recrutement des 3000 fonctionnaires et agents de l’Etat, a été fait l’objet aujourd’hui mercredi, d’un exposé présenté par le Ministre de la Transformation Numérique et de la Modernisation de l’Administration M. Ahmed Salem Bede Etvagha.
Le ministre a tenu d’emblée, au cours d’une conférence de presse organisée par des membres du gouvernement, pour commenter les résultats du Conseil ministériel, organisé quelques heures auparavant, à saluer la révision du cadre légal, qui autorise l’introduction des nouvelles techniques dans la préparation, organisation et supervision des concours.
Un comité interministériel supervise le processus, avec le support de commissions techniques, a souligné Bede Etvagha, selon lequel, celles-ci ont pour mission d’identifier les solutions techniques adéquates pour gérer de bout en bout le concours.
Il ressort de ces travaux, que tout sera digitalisé et que l’intelligence artificielle sera utilisée, a révélé Ahmed Salem.
D’abord les candidats peuvent accéder au concours via les applications Khidmaty ou Houwiyeti, a-t-il indiqué, disant à propos de ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser un téléphone, qu’un lien sera mis à leur disposition. Le dépôt des dossiers se fera entièrement à distance et que c’est une intelligence artificielle qui se chargera de leur traitement, a ajouté Bede Etvagha, selon lequel, il est ici question de la vérification de la conformité des éléments fournis aux prérequis.
Toujours selon lui, les outils qui seront utilisés ont déjà été testés par le passé et leurs résultats sont satisfaisants.
Le jour-J, les candidats au concours seront reçus par vagues, de sorte que tout se passe de façon fluide, a dit le ministre, selon lequel, ils auront à disposition des tablettes, configurées pour accéder seulement au questionnaire au choix multiple. Les questions et réponses sont générées par l’intelligence artificielle le même jour.
Lordre des questions et des réponses sera aléatoire pour chaque tablette, puisque le but visé ici, c’est d’empêcher toute velléité de triche, a-t-il souligné.
Pour ce qui est des résultats, le ministre a indiqué que chaque candidat aura une notification à chaque étape du processus. Après l’examen, les résultats seront disponibles automatiquement. La correction est effectuée par l’intelligence artificielle. De plus, il a déclaré que chaque candidat aura le droit de faire un recours s’il estime avoir été lésé.
Par ailleurs, le ministre a annoncé qu’un plan B est prévu, dans le cas où une situation se présente, rendant une tablette inutilisable.
Les copies en papiers seront fournies pour répondre aux QCM.
A la fin, elles seront scannées et introduites dans le système pour correction. Pour lui, tout est fait, pour qu’il y ait le moins d’intervention humaine possible, au nom de la transparence.
par Webmaster | 26 02 26 | Actualitès

La candidature de Coumba Bâ à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie dépasse le simple fait diplomatique. Elle nous invite à clarifier notre propre architecture nationale. La Mauritanie a fait le choix constitutionnel de consacrer l’arabe comme langue officielle, un choix inscrit dans son histoire et son ancrage culturel. Mais l’État s’inscrit aussi dans une société plurielle, sahélienne et africaine, où les langues nationales participent pleinement à l’équilibre social et à la transmission des mémoires collectives. La Mauritanie est sahélienne par sa géographie et ses équilibres, africaine par sa sociologie et son destin. Elle est traversée par le pulaar, le soninké, le wolof, langues nationales porteuses de mémoires, de savoirs et de visions du monde. Notre identité n’est pas monocorde. Elle est stratifiée.
Dans ce contexte, parler de Francophonie ne devrait pas déclencher de réflexes défensifs. Une langue internationale n’est pas une menace. C’est une plus-value. C’est un apport d’ouverture, un instrument de coopération, un levier de mobilité, et souvent une voie concrète vers le développement. L’arabe structure notre État. Les langues nationales irriguent notre société. Le français ouvre des circuits diplomatiques, économiques et universitaires. Il n’y a pas antagonisme. Il y a articulation.
D’ailleurs, la Francophonie elle-même a changé de nature. L’Afrique représente aujourd’hui plus de 60 % des locuteurs francophones dans le monde selon les données de l’OIF, et cette proportion devrait dépasser les 80 % à l’horizon 2050. Autrement dit, l’espace francophone n’est plus périphérique pour le continent, il devient l’un de ses terrains d’influence majeurs. La question n’est donc pas de subir la Francophonie, mais d’y peser. La puissance moderne ne repose plus sur l’uniformité linguistique, mais sur la capacité d’interagir dans plusieurs sphères. Un pays qui assume sa langue officielle tout en pratiquant un plurilinguisme stratégique ne s’affaiblit pas. Il s’équipe.
D’autres États ont compris cette logique. Le Maroc, tout en consolidant l’arabe et l’amazigh, mobilise le français et l’anglais comme instruments de projection économique. Le Rwanda, après avoir opéré un basculement linguistique majeur, a intégré plusieurs espaces internationaux sans renier sa souveraineté. Le Sénégal, enfin, a su articuler langues nationales, français et diplomatie culturelle pour accroître son influence régionale. Aucun de ces pays n’a perçu la pluralité linguistique comme une capitulation. Ils en ont fait un outil. Ceux qui pensent que défendre l’arabe exige de réduire les autres langues se trompent de combat. La souveraineté n’est pas l’isolement. Elle est la capacité de choisir ses instruments. La Mauritanie occupe une position singulière. Elle peut dialoguer avec le Maghreb, comprendre le Sahel, participer aux dynamiques ouest-africaines et peser dans l’espace francophone. Peu de pays disposent de cette configuration. La candidature mauritanienne à la direction de l’OIF ne doit donc pas être lue comme une contradiction. Elle peut être interprétée comme l’expression d’un pays qui assume sa pluralité et la transforme en levier d’influence.
Il n’y a d’ailleurs aucun paradoxe, ni aucune incompatibilité institutionnelle, à ce qu’un pays dont la langue officielle est l’arabe aspire à diriger l’OIF ; l’histoire de l’organisation montre que la diversité linguistique des États membres n’a jamais constitué un obstacle à l’exercice de responsabilités internationales. La Francophonie n’est plus un simple héritage figé. Elle est devenue un espace politique, culturel et économique, mais aussi un cadre de coopération Sud-Sud, où les États africains redéfinissent progressivement les équilibres internes. Si elle doit se réinventer, elle aura besoin de pays capables de parler plusieurs langages, au sens propre comme au sens stratégique. La Mauritanie est de ceux-là. Valoriser l’arabe ne signifie pas marginaliser les langues africaines. Valoriser les langues nationales ne signifie pas fermer les portes internationales. S’ouvrir à la Francophonie ne signifie pas renoncer à notre identité. Notre force n’est pas la simplification. Notre force est l’équilibre. Au fond, cette candidature nous renvoie à une évidence. La Mauritanie n’est pas un pays à choisir entre ses appartenances. Elle est un pays à organiser ses appartenances. Et lorsqu’un État parvient à transformer sa diversité en cohérence, il ne subit plus les espaces internationaux. Il y entre avec méthode. Ce que révèle cette candidature n’est pas une contradiction. C’est la possibilité d’une doctrine mauritanienne du plurilinguisme stratégique.
Mansour Ly