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Ould Diay : le surplus en légumes et pommes de terre prévu dans une ou deux années sera exporté à l’extérieur

Le Gouvernement œuvre à la réalisation d’une révolution agricole en Mauritanie, a affirmé le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, selon lequel, la pandémie de la “COVID-19” a fait naître la conviction de la nécessité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Les mécanismes nécessaires sont disponibles, à savoir les terres agricoles, l’eau et la main-d’œuvre, a ajouté le Chef du Gouvernement, au cours de son grand Oral, le week-end dernier à l’Assemblée nationale, , à l’occasion de la présentation devant les députés du bilan 2025 et des perspectives 2026 de l’action de son équipe.

Toujours selon lui, l’autosuffisance a été atteinte dans le domaine du riz, avec des progrès notables dans le domaine des légumes, où un bond en avant a été réalisé dans la production, en plus de la fourniture des financements nécessaires à ce secteur.

L’autosuffisance sera atteinte au cours d’une ou deux années, a affirmé Ould Diay, disant qu’un surplus dans le domaine des légumes et des pommes de terre, sera exporté dans les mêmes délais, générant ainsi des devises.

Notes d’un Professeur

Moi, je dérange. Je traîne avec moi une tare que nulle rédemption ne corrige : la mémoire. Dans cette ville de sable et d’amnésie, se souvenir est un défaut social, une entrave à l’ascension, presque une faute morale. Ici, tout le monde se réinvente, renie son passé pour ne pas entraver son présent tant il le contredit.

Je les observe défiler dans leurs voitures rutilantes, vitres fumées telles des paupières closes sur ce qu’ils furent. Je les ai connus quand leurs vêtements n’étaient que lambeaux de dignité, quand la poussière adhérait à leur peau comme une vérité indélébile. Aujourd’hui, ils drapent leur médiocrité dans des costumes importés et manient le verbe avec l’assurance de ceux qui ont compris : le pouvoir ne naît pas de l’action, mais de l’art de baratiner, volubile, flagorneur, parlant fort et longtemps sans rien dire de substantiel.

Ils ont appris à discourir avant d’apprendre à bâtir. Leurs mots ne nomment plus le réel, ils le maquillent.

Regardez cet homme, là-bas, dans l’hémicycle feutré. Hier encore, il faisait antichambre pour mendier une audience ; aujourd’hui, il incarne l’État. Son secret ? Ni génie, ni courage. Il est simplement protéiforme. Un caméléon sémantique.

Avec le puissant, il adopte une voix de soie, des phrases sinueuses où la loyauté rampe dans chaque virgule. Avec l’étranger, il déploie un lexique calibré : « ouverture », « réformes », « dialogue inclusif » — monnaie d’échange pour rassurer les bailleurs de fonds. Avec l’ami comme avec l’ennemi, il se fait serpent : mielleux en surface, mortel dans le silence subséquent. Cyberharcèlement au besoin.

Ici, l’éloquence néfaste a dévoré la vertu.

Certains sont devenus méconnaissables. La misère s’est retirée de leurs traits comme une marée basse. En Mauritanie, soyons lucides : devenir richard en un clin d’œil n’a rien d’un miracle divin. Il suffit de trouver le bon tunnel, d’en verrouiller l’entrée, et l’on se retrouve propulsé manu militari au sommet de la pyramide.

À Nouakchott, l’ascension n’est pas une escalade, c’est une éjection. Le matin, tu comptes tes quelques ouguiyas pour un thé amer, tu joues ton destin au poker des alliances, tu courtises l’ombre des grands, tu danses la nuit lors des mariages des nantis. Le soir, tu trônes à la table des notables. Tu es devenu la « coqueluche », la nouvelle cible des prédatrices de salon. Tu as ta part du gâteau, tu es respecté.

C’est une alchimie brutale. On change de quartier, de femme, d’amis. Mais surtout, on change de lexique. Les mots besoin, faim, justice ou compassion sont rayés d’un trait de plume. Ils cèdent la place à partenariat, stabilité, influence. La pitié a laissé place au mépris souverain des parvenus.

Le problème n’est pas qu’ils montent. Le drame, c’est qu’une fois juchés sur les hauteurs, ils brûlent l’échelle. Ils s’assurent que nul ne viendra leur rappeler l’odeur de la sueur dont ils sont issus.

Moi, j’écris tout cela dans un carnet usé. Je suis le grain de sable dans leur mécanique de velours. Un ami aisé — exception à la règle de cette bourgeoisie indue — m’invite par habitude. À mon arrivée, ils fuient mon regard. Ils savent que je possède la table de conjugaison de leur imposture.

Récemment, lors d’une réception mondaine sous des lumières froides, l’un d’eux s’est avancé vers moi. Il m’a reconnu avant que je n’esquisse un geste. Son sourire était de porcelaine, mais ses yeux ont vacillé une fraction de seconde : le temps pour l’enfant qu’il fut de trahir l’homme qu’il feignait d’être.

— Professeur…

Le mot a ricoché contre ses dents trop blanches. C’était un ancien de ma promotion. Jadis discret, brillant par son absence de scrupules plutôt que par son travail. Aujourd’hui ? Conseiller spécial de je ne sais quelle éminence. Costume italien, montre suisse, conscience sous garantie. Il m’a débité son chapelet de « vision stratégique » et de « réalisme politique ». Je l’ai laissé parler. Le silence est parfois la plus cruelle des autopsies.

Je lui ai demandé, d’une voix neutre :
— Et la justice, tu l’as rangée dans quel tiroir ? Tu te rappelles quand tu as abandonné l’école ? Comment es-tu devenu haut fonctionnaire ?

Il a ri. Un rire sec, institutionnel, sans joie et sans honte. À cet instant, j’ai compris que je ne parlais plus à un homme, mais à une fonction. L’élève paresseux et opportuniste avait muté en un rouage parfaitement huilé.

Je l’ai regardé s’éloigner, porté par les applaudissements polis et les complicités de couloir. Je suis resté seul avec mon carnet et ma mémoire. Dans ce pays qui redoute ceux qui se souviennent, je continuerai de noter chaque trahison. Car tant qu’un seul mot vrai survivra dans l’ombre, leur mensonge ne sera jamais tout à fait tranquille.

L’Orfèvre des Nuits Discrètes

À la périphérie de ce cercle d’hommes aux ventres repus, elle est apparue. Elle ne marche pas, elle glisse, portée par une aura qui fait taire les conversations à son passage. Zahra.

Dans l’amphithéâtre de mes souvenirs, elle était déjà cette beauté incendiaire, capable de dérégler la respiration des garçons d’un simple regard. Mais la beauté, en Mauritanie, n’est qu’un capital. Zahra l’a compris très tôt : la sienne ne serait pas gaspillée dans les corvées domestiques d’un mariage de quartier. Elle en a fait un levier, une arme de précision, une clé ouvrant les coffres-forts les plus hermétiques.

Elle est devenue la « chasseuse en série » des sommets. Sa proie ? Le haut fonctionnaire en mal d’exotisme ou l’homme d’affaires dont le compte en banque déborde autant que l’ennui conjugal.

Le contrat de l’ombre

Sa méthode est d’une efficacité chirurgicale. Elle ne demande pas de bijoux ; elle propose un pacte : le mariage secret. Elle offre l’illusion de la passion pure, loin des exigences familiales et des obligations de l’épouse légitime. En échange, elle érige son empire. Un terrain à Soukouk, une villa à Tevragh Zeina, des contrats pour son établissement. Chaque « oui » prononcé devant un marabout complaisant ajoute un étage à son ascension.

Elle ne collectionne pas les amants ; elle collectionne les titres de propriété.

Le duel des regards

Elle s’est approchée de moi, sa melhafa de soie multicolore exhalant un parfum de oud qui vaut peut-être mon salaire annuel.

— Toujours avec votre carnet, mon pauvre professeur ? me lança-t-elle, une lueur de défi dans ses yeux sombres. Tu dois être fatigué d’écrire tes leçons et tes poèmes au tableau. Tes amis prospèrent pendant que tu crèves dans l’enseignement. La vie est plus douce quand on ferme un peu les yeux… et qu’on ouvre habilement la bouche. Tu aurais pu accéder à la bonne société. Tu as choisi un métier qui ne permet pas de s’épanouir, même en regardant tes élèves qui te surpassent en réussite. L’enseignement est un métier ingrat. Qu’as-tu accompli ? La retraite n’est pas loin… Écoute, pauvre professeur têtu : l’innocence et la rectitude ne remplissent ni le ventre ni le réservoir d’une voiture de luxe, murmura-t-elle avec un sourire qui n’atteignait plus ses yeux. Dans ce pays, Professeur, on est soit prédateur, soit bétail. J’ai choisi mon camp. C’est un conseil que je te donne : tant que tu seras enseignant, tu habiteras dans un quartier pauvre. Tu as choisi le bétail.

Elle s’est éloignée pour rejoindre un ministre qui tremblait légèrement en l’accueillant. Elle est le miroir de notre société : une beauté de façade bâtie sur des secrets honteux, une richesse accumulée dans les alcôves du pouvoir.

Moi, j’ai noté la métamorphose de Zahra, l’orfèvre des nuits discrètes, celle qui transforme les serments clandestins en lingots d’or. Elle aussi brûle l’échelle, mais elle le fait avec une allumette de luxe, tout en vous regardant droit dans les yeux.

Voilà. Je dérange. Je ne suis pas le bienvenu. C’est ennuyeux…

Eléya Mohamed
Notes d’un vieux professeur

* Titre non officiel : Carnet : notes d’un professeur sur le paradoxe d’ascension dans le sérail et de luxe dans la société* ‘

Mauritanie : l’enjeu n’est pas de trouver un sauveur, mais de bâtir, ensemble, des institutions dignes

Le constat est brutal, non par pessimisme, mais par lucidité : en Mauritanie, aujourd’hui, aucune personne – toutes communautés confondues – ne peut accéder à une position de leadership sans être immédiatement encerclée.

Autour du pouvoir, des spécialistes de l’hypocrisie ont érigé un système opaque. Leurs voies sinueuses tissent des toiles d’intérêts inavouables ; leur mécanique de corruption transforme les idéaux en compromis ; leur emprise étouffe toute velléité de changement authentique.

Le piège est redoutable : même les plus intègres risquent d’y être contrôlés, détournés ou dominés par ces logiques. Faut-il pour autant se résigner ? À mon avis, non. Nous ne devons pas abdiquer. Ce diagnostic doit servir de signal d’alarme et de point de départ pour l’action.

Il faut promouvoir une culture de désacralisation des dirigeants : cessons d’attendre des sauveurs. L’avenir se construit collectivement.
Il est ensuite crucial de soutenir les contre-pouvoirs : appuyons sans relâche les lanceurs d’alerte, les médias indépendants et les collectifs citoyens (comme l’Observatoire de la Démocratie ou les associations pour la Transparence).
Enfin, exigeons des mécanismes robustes : commissions anti-corruption indépendantes, protection effective des témoins, transparence absolue des financements politiques et surtout dénonciation des personnes corrompues ainsi que leur sale business.

Notre force réside dans la prise de conscience. En observant l’action de ces entités hypocrites, qui orientent et ajustent le déroulement des événements à leur profit, nous pourrions être tentés de baisser les bras et de laisser ces parasites consumer l’espoir. Mais ce système compte précisément sur notre fatalisme pour perdurer. Brisons ce cercle. L’enjeu n’est pas de trouver un sauveur, mais de bâtir, ensemble, des institutions dignes de la Mauritanie et de son peuple.

Eléya Mohamed
Notes d’un vieux professeur

Anatomie d’une dérive 

Nous assistons à une mutation inquiétante des rituels sociaux où la substance émotionnelle et collective est vidée au profit de calculs individuels.Le moment de deuil était traditionnellement un temps « hors du monde », suspendu, protégé des logiques profanes. L’intrusion de l’opportunisme et de l’ostentation le réintègre brutalement dans l’économie mondaine, annulant sa fonction de sanctuaire temporaire pour les endeuillés.

La compassion, vertu tournée vers l’autre, devient un prétexte pour recentrer l’attention sur soi. La douleur n’est plus un lieu de communion discrète, mais une ressource à exploiter pour un gain symbolique ou social.

On assiste à une spectacularisation de l’intimité niant ainsi l’authenticité de la peine. Le geste de condoléances n’est plus un partage silencieux, mais devient une performance évaluée par un public. La solennité, qui exigeait le retrait de l’ego, est sacrifiée.Nous sommes désormais face à une pathologie sociale plus large ,celle de l’incapacité croissante à concevoir des espaces non stratégiques, non marchands, où la valeur humaine ne se mesure pas à la visibilité ou au capital social accumulé. Lorsque même la mort devient une scène pour les vivants ambitieux, c’est peut-être le signe d’une forme extrême de désenchantement du monde.Misere!nous devenons misérables,nous avons remplacé les anciens autels du sacré et du collectif par un culte nouveau, dédié à l’individu calculateur.

Oui,une anatomie de la dérive et ce qui précède n’est que le symptôme d’une métamorphose bien plus profonde.

Le cérémonial traditionnel du deuil était un processus centripète, tourné vers l’intérieur (la famille, le chagrin, la mémoire). Il devient un événement centrifuge, tourné vers l’extérieur (le public, la société, les réseaux). Dès lors, il entre dans la logique de tout événement mondain : il faut y être vu, y faire acte de présence, y briller même sobrement.

Dans une société saturée de signes, la douleur authentique est devenue une rare monnaie d’échange attentionnel. Exhiber sa proximité avec le défunt (ou avec la famille endeuillée) devient un capital symbolique. Ainsi, la peine est monétisée : elle se convertit en « likes », en mentions dans la presse people, en renforcement d’un récit personnel (« l’ami fidèle », « la personnalité respectueuse »). Le deuil devient une niche de marché dans l’économie de l’émotion.

La cérémonie offre désormais une couverture morale parfaite pour des manœuvres autrement impardonnables. Sous le parapluie sacré de la compassion, on peut négocier en abordant un rival dans un contexte désarmant,se racheter par une présence ostentatoire qui peut servir à blanchir une réputation ou tester la solidité des alliances et observer les hiérarchies en place.

Une société sans dehors par l’effacement de la sphère privée où l’intimité est perçue comme une réserve à exploiter, y compris la sienne. La frontière entre le for intérieur (le deuil) et le for extérieur (la scène sociale) s’est effritée. Quand tout est potentiellement spectacle, pourquoi alors la mort y échapperait-elle ?

L’impératif de gérer son « image de marque » personnelle est continu et total. Il n’y a plus de temps mort, plus de rôle « hors jeu ». Le devenir-commodité de l’individu exige que chaque interaction, même la plus tragique, soit une occasion, sinon de promouvoir, du moins de consolider sa « marque » : sérieux, empathique, bien connecté.Le langage ritualisé partagé se perd .

Les rites traditionnels, avec leurs codes stricts (la tenue sombre, les gestes codifiés, les paroles éprouvées), avaient pour vertu de soustraire l’individu à ses tentations individuelles. Ils lui offraient un script, un rôle à jouer qui le protégeait de lui-même. L’affaiblissement de ces codes, au nom d’une authenticité mal comprise, a laissé un vide. Dans ce vide, c’est l’individualité stratégique, sans garde-fou, qui a prospéré.Double violence.Les endeuillés sont dépossédés de leur deuil. Leur chagrin n’est plus le centre gravitationnel de la cérémonie ; il devient l’arrière-plan obligé du théâtre social des autres.

Une deuxième violence faite au collectif se marque car une société a besoin d’espaces désintéressés pour respirer et se reconnaître. En corrompant ces ultimes sanctuaires de la non-stratégie, on achève de privatiser le lien social. On signe que tout est désormais calcul, même la pitié. Cela engendre une défiance généralisée et un cynisme encore plus grand : si même là, on joue, alors tout n’est que jeu. C’est l’asphyxie du sens.

Le pire est peut-être que tout le monde, souvent, voit clair dans le jeu. Mais la loi du silence mondain s’impose. On participe donc à une grandiose comédie des masques, où l’on feint de croire à la compassion de l’opportuniste, où l’on valide le spectacle de l’ostentatoire. Cette complicité forcée dans le mensonge est peut-être la forme la plus aboutie de l’indécence.

La cérémonie de deuil était un miroir tendu à la communauté, reflétant sa capacité à se mettre en pause, à honorer, à simplement être ensemble dans le silence d’un respect partagé.

Le miroir est aujourd’hui brisé. Il reflète désormais en mille éclats les ego dispersés, chacun captant sa propre image pour la projeter plus loin,le plus loin possible . La solennité n’a pas été simplement sacrifiée sur l’autel de l’ego, elle a été cannibalisée : l’ego se nourrit de sa substance pour grandir. Le lieu qui était la négation du monde social devient son acmé perverse, son expression la plus crue et la plus désespérément vide.

Ahmed bezeid Deida

Les députés appelés au cours des discussions parlementaires du bilan de l’action gouvernementale à se concentrer sur les faits et à élever le niveau de la légitime critique

Gourmo

Les discussions du bilan et des perspectives de l’action gouvernementale 2025 et des perspectives pour 2026, tenues le week-end passé à l’Assemblée nationale n’ont pas manqué d’attitudes qui portent atteinte à la réputation de cette auguste chambre. Bien que des parlementaires ont fait des interventions objectives et constructives, d’autres ont malheureusement tenu des discours qui ne cadrent pas avec l’éthique propre à l’Assemblée nationale, allant même jusqu’à s’engager dans des oraux non argumentés par des faits incontestés et totalement déconnectés de l’ordre du jour.

Une anomalie qui a gâché beaucoup d’énergies et de temps aussi pour le gouvernement que pour les députés, coupant court à la curiosité de l’opinion impatiente de suivre un duel Premier ministre-députés où le contrôle de l’action gouvernementale suscite la satisfaction.

Ce disfonctionnement au sein du parlement mauritanien a suscité d’ailleurs des critiques au sein de l’opinion mais aussi à des appels lancés par des constitutionnalistes de réputation aux parlementaires afin de privilégier dans leurs joutes les faits et les chiffres.

L’illustre professeur universitaire Lô Gourmo Abdoul a tweeté le post suivant sur sa page Facebook, dans lequel, il appelle les honorables députés à se concentrer sur les chiffres et les lettres de la Déclaration de Politique Générale (DPG):

Mesdames et Messieurs les députés concentrez-vous sur les chiffres et les lettres de la DPG!

La critique de la Déclaration de politique générale, devant le Parlement est l’essence même de l’activité parlementaire stratégique d’une opposition. C’est son heure de vérité de l’année. Celle où elle démontre sa maturité, son aptitude à être une alternative sérieuse, en énonçant ses propres propositions, après avoir démonté; factuellement, les contre-vérités, les leurres et les approximations de l’exécutif. Point par point. Chiffre par chiffre.

La contestation doit  se fonder sur des faits aussi vérifiables que ceux prétendus par les gouvernants du moment. Cette opération critique est facilitée par la structure même de la DPG: une partie bilan consacrée aux  » réalisations » de l’exercice précédent et une seconde partie  déclinant les orientations, les projets et attentes. L’exercice de la critique  parlementaire est donc d’une simplicité désarmante : un tableau dont la première partie pointe les promesses de l’année dernière ( les plus essentielles) : ce qu’en dit le premier Ministre est-il vrai ou faux? Ici, la charge de la preuve DOIT être renversée.

Ce n’est pas au Premier Ministre de prouver qu’il a réalisé 100 ou 92% de ce qu’il a déclaré. C’est à l’opposition de démontrer le contraire en s’appuyant sur des faits contraires, des chiffres inverses etc pour lesquels l’opinion peut être prise à témoin. Cela seul permet de justifier les honoraires des députés : aller chercher les informations en temps réel et mettre la vérité sous le nez de la majorité et de son gouvernement.

Au lieu de cela, quel spectacle que celui d’une partie de nos parlementaires, à nous l’opposition, devenus de session en session,  Champions du monde des invectives et des ́rodomontades, sans chiffres ni faits concrets à opposer aux prétentions, fussent-elles iconiques du régime comme pour combler notre légendaire paresse intellectuelle.

Il suffit pour sonder la profondeur du gouffre qui nous sépare des vrais parlements de par le monde, de suivre cet exercice annuel chez nos voisins, du Nord ou du Sud dont les assemblées ne sont pourtant pas si éloignées de la nôtre ! Donc messieurs et chers camarades de l’opposition, relisez la DPG de l’année dernière et faites une simple comparaison entre ce qui y était annoncé et ce que la réalité actuelle impose au regard.  » Vous aviez promis, tel puits à Ouad Nag1? Oû est-il?

Telle reforme dans tel secteur avec tel financement. Oû est-elle? Tel progres en matiere de détention préventive : voilà les chiffres actuels et les rapports des ong »…

Est-ce également trop demander à nos députés de faire vérifier par des spécialistes proches ou non de l’opposition,  la fiabilité et la viabilité des projets annoncés dans la DPG afin de pouvoir fonder nos critiques sur les perspectives annoncées et proclamées souvent avec une assurance que rien ne peut justifier a priori?

Pour tout dire, il me semble nécessaire que les députés  apprennent enfin à travailler sur les faits, à élever le niveau de la légitime critique en sauvegardant l’honneur et la dignité de la fonction et des personnes.

Gourmo Abdoul Lô, 25 janvier 2026

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