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Le gouvernement s’explique sur les restrictions imposées pour la protection de la production locale

Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi 11 mars courant dans la salle des conférences de l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), les résultats du conseil des ministres, qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.

Le conseil a examiné et adopté, plusieurs projets de lois, de décrets et des communications, dont ceux relatifs au Code des Douanes, l’organisation de l’école nationale du tourisme, l’approvisionnement du marché et l’évolution du portefeuille des grands marchés, a précisé d’emblée dans son mot introductif, le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou.

Le porte-parole du gouvernement a répondu à cette occasion à une question relative à la protection de la production locale.

Les restrictions mises en place, visent à garantir les besoins locaux, avant toute exportation, a-t-il assuré, soulignant le tenue hebdomadaire dudit comité de réunions, afin d’évaluer la situation et décider de maintenir la restriction, autoriser un allègement ou choisir de la lever.

En ce qui concerne le cheptel, Meddou a estimé que la Mauritanie a plus de 6 millions de têtes de bovins et environ 21 millions de têtes de petits ruminants.

Le pays approvisionne plusieurs voisins, dont le Sénégal, le Mali ou encore l’Algérie, entre autres. Cette activité se déroule aussi bien dans le cadre d’accords entre États, que de façon libérale. ll soulignera que rien n’est négligé pour que cette ressource pastorale soit gérée au mieux.

Revenant sur la question des taxes appliquées aux transactions monétaires électroniques, le porte-parole du gouvernement a réaffirmé le fait que la loi a fixé le montant imposable à 50 mille ouguiyas. Il a au passage relevé que la pression fiscale en Mauritanie est légère comparée aux pays voisins.

En ce qui concerne la taxe douanière sur les smartphones, il a indiqué qu’elle est passée de 32,5 à 30%. Il s’agit donc d’une baisse. Ensuite, il a expliqué qu’avant, les commerçants s’acquittaient de cette taxe de façon désordonnée. Désormais, un outil a été mis en place en collaboration avec l’autorité de régulation et les sociétés de téléphonie, pour organiser et faciliter le paiement de ladite taxe. Il a par ailleurs souligné que selon la valeur du téléphone, le montant prélevé peut être.

 

Lecture autour des racines du conflit inextricable du Sahara Occidental » … Mohamed Echriv Echriv

Ces derniers temps, certaines voix intellectuelles ont remis à l’avant-scène la question de La Güera et, au-delà, celle du Sahara occidental tout entier. Mais une lecture sérieuse de ce dossier impose de ne pas se laisser enfermer dans les seules années 1970, ni dans les simplifications rétrospectives qu’autorisent les passions contemporaines. Cette question plonge ses racines dans une temporalité beaucoup plus longue , où se croisent les logiques tribales ،, les stratégies impériales, les ruptures coloniales et les calculs géopolitiques des États modernes . Bien avant que les chancelleries, les armées et les organisations internationales ne s’en emparent, cet espace n’était ni vide ni sans histoire. Il formait un monde social et humain structuré par les parcours nomades, les puits, les routes caravanières, les solidarités lignagères, les allégeances religieuses et les rivalités entre tribus. Les conflits entre Reguibat et Oulad Dleim en 1881, entre Reguibat et Oulad Gaylan en 1899 , ou encore entre Reguibat et Oulad Bou Sba en 1899, témoignaient déjà de l’existence d’un ordre politique propre, mouvant certes, mais nullement inexistant. L’autorité y procédait moins d’une souveraineté centralisée au sens moderne que de l’emboîtement des influences, des rapports de force et des légitimités coutumières.

L’intérêt espagnol pour cette façade atlantique remonte d’ailleurs à une période très ancienne. Dès 1476, Diego García de Herrera établit à Santa Cruz de Mar Pequeña, identifiée à Sidi Ifni, une tour-forteresse destinée à sécuriser la navigation entre les îles Canaries et la côte africaine. Mais cette première présence ne survécut pas à la résistance locale : en 1524, des tribus sahraouies détruisirent l’installation et mirent fin à cette tentative d’implantation. Pendant plusieurs siècles ensuite, le Sahara échappa à tout contrôle colonial effectif. L’Espagne comme les autres puissances européennes ne disposaient alors que d’intérêts intermittents, sans véritable maîtrise du territoire intérieur.

La situation changea radicalement à la fin du XIXe siècle avec la poussée impériale européenne et le partage colonial du continent africain. La Conférence de Berlin, ouverte en novembre 1884, constitua, à cet égard, un tournant décisif. C’est dans ce climat de concurrence coloniale que l’Espagne chercha à donner un contenu réel à ses prétentions sur la côte saharienne. La même année, Enrique Bonelli Hernando fonda un comptoir à Río de Oro, futur Villa Cisneros, l’actuelle Dakhla. Quelques jours plus tard, le 28 novembre 1884, survint un acte qui devait acquérir une importance considérable dans l’argumentation mauritanienne ultérieure : l’Émir de l’Adrar Ahmed Ould M’Hamed Ould Ahmed Aida signa un traité autorisant l’Espagne à établir un comptoir à Dakhla. Ce document allait être invoqué plus tard comme preuve de l’existence d’un lien juridique et politique entre l’espace saharien et l’entité mauritanienne héritière de l’Émirat de l’Adrar. Il ne signifiait pas que l’Espagne s’était installée dans un désert politique ; bien au contraire, il révélait qu’elle avait dû traiter avec une autorité locale reconnue.

Cette présence coloniale ne fut jamais paisible. Dès 1885, les installations de Villa Cisneros furent attaquées par des groupes venus de l’intérieur. La pénétration espagnole suscita progressivement une réaction des tribus du Nord, qui, face au colonisateur, suspendirent en partie leurs conflits internes pour faire front. Les Oulad Dleim, les Reguibat, les Oulad Bousbaa, les Erousiyins , les Oulad Lab , les Oulad Ghaylan, El Guerea, Tekna et d’autres encore opposèrent une résistance continue aux implantations espagnoles. Les attaques contre Villa Cisneros en 1889 puis en 1894 en sont l’illustration la plus nette. Même les efforts espagnols de colonisation humaine restèrent fragiles : en 1897, les autorités allèrent jusqu’à y exiler des anarchistes catalans pour peupler la région, sans parvenir à en neutraliser la farouche hostilité .

Au tournant du XXe siècle, un autre personnage donna à la région une profondeur religieuse et politique exceptionnelle : Cheikh Ma el-Aïnin. Originaire de Baribafa, quarante kilomètres au sud-ouest de la ville de Néma, dans le Hodh mauritanien , fils du grand érudit Cheikh Mohamed Fadel Ould Mamin, né en 1797, mort en 1869, vécut dans la région de Néma au Hodh. Il fut le créateur de la grande confrérie qui porte son nom, la Fadelia, branche de la Qadiriyya. Cette confrérie connut un grand succès et reste encore importante dans l’ensemble mauritanien ainsi que dans toute l’Afrique de l’Ouest. Cheikh Ma el-Aïnin fut l’une des figures majeures du Sahara.

La résistance prend alors une ampleur nouvelle avec l’émergence de Cheikh Ma el-Aïnin. En 1898, il fonde Smara, conçue à la fois comme centre spirituel autour d’une grande zawiya et comme bastion de la résistance face aux ambitions françaises et espagnoles.

En 1905, il mène une attaque contre un poste français à Tiznit, épisode qui contribue à l’embrasement d’un conflit appelé à se prolonger pendant près de trois décennies.

En 1907, des armes lui parviennent par la côte atlantique, ce qui renforce la capacité de mobilisation de ses partisans. Peu après, les autorités espagnoles publient un décret interdisant l’importation d’armes de guerre dans les possessions espagnoles du Sahara occidental, signe de l’inquiétude que suscite l’intensification de la lutte.

Dès 1908, les actions des partisans de Ma el-Aïnin se multiplient, notamment contre les convois français circulant dans la région. Cette dynamique culmine en 1913, lorsque des guerriers Reguibat lancent une attaque contre un camp militaire français, illustrant la persistance et la structuration progressive de la résistance saharienne face à la pénétration coloniale.

La trajectoire de Cheikh Ma el-Aïnin ne peut être lue selon des catégories simplistes. Cette question occupa une place centrale dans l’argumentation présentée par la Mauritanie devant la Cour internationale de Justice en 1975. La délégation mauritanienne était conduite par l’ambassadeur Mohamed Ould Maouloud Ould Daddah, entouré notamment de Moulaye El Hassen, représentant permanent de la Mauritanie auprès de l’Organisation des Nations Unies, de Yedali Ould Cheikh, secrétaire général adjoint à la Présidence de la République, ainsi que du juriste Jean Salmon, professeur à la Faculté de droit de l’Université libre de Bruxelles.

Un épisode resté célèbre dans les témoignages de l’époque illustre la tension de ces audiences. La veille de son intervention devant la Cour, le texte du discours préparé par Mohamed Ould Maouloud Ould Daddah disparut dans des circonstances demeurées obscures. Privé de son document écrit, l’ambassadeur fut contraint d’improviser son exposé. Avec le sang-froid et l’érudition qui le caractérisaient, il prononça pourtant une plaidoirie orale d’une remarquable précision, qui impressionna de nombreux observateurs présents à La Haye.

Au cœur de son argumentation figurait le personnage de Cheikh Ma el-Aïnin. Mohamed Ould Maouloud Ould Daddah s’attacha à démontrer que l’influence de ce grand érudit et chef religieux s’enracinait d’abord dans l’espace chinguittien mauritanien, bien avant de connaître, dans une phase ultérieure de sa vie, une extension vers le monde marocain. Il importait en effet à la délégation mauritanienne de montrer que la trajectoire historique du cheikh ne pouvait être interprétée de manière réductrice.

Souvent invoqué par l’argumentaire marocain comme preuve de la prétendue « marocanité » du Sahara, Cheikh Ma el-Aïnin ne pouvait, selon la démonstration mauritanienne, être ramené à cette seule dimension. Son enracinement originel était mauritanien ; son parcours spirituel, intellectuel et politique s’était déployé durant les deux tiers de sa vie au sein de l’espace chinguittien ; et son engagement contre les pénétrations coloniales répondait avant tout à une logique religieuse et saharienne plus large, inscrite dans l’histoire des sociétés du désert, bien au-delà des catégories étatiques modernes qui n’apparurent que tardivement dans cette région.

Auparavant , les puissances coloniales poursuivaient leur découpage méthodique de l’espace. En 1900, une convention franco-espagnole fixa les limites de leurs zones d’influence. Puis, en 1912, le partage colonial prit une forme plus nette encore : Port-Étienne, l’actuelle Nouadhibou, releva de la zone française, tandis que La Güera et Río de Oro furent intégrées à la zone espagnole. Ce fut là une césure artificielle entre deux espaces qui, dans leur histoire sociale et tribale, n’avaient jamais été pensés comme radicalement séparés. La proximité de La Güera, située à quelques kilomètres seulement de Port-Étienne, devait par la suite nourrir toute une mémoire mauritanienne du caractère absurde et artificiel de cette frontière coloniale.

L’intérêt espagnol pour La Güera n’était pas marginal. Ce site contrôlait une zone maritime stratégique, se trouvait à proximité immédiate de Port-Étienne et pouvait servir de base halieutique. En 1919, les Espagnols l’occupèrent officiellement sous le commandement de Francisco Bens Argandoña. La garnison, modeste mais significative, comprenait deux officiers supérieurs, un lieutenant médecin, un sergent, plusieurs caporaux et quarante-six soldats. Par la suite, La Güera devint à la fois un poste militaire avancé, un point d’appui pour la surveillance du sud du territoire et un centre de pêche non négligeable. Cette importance fut encore consolidée dans les décennies suivantes par la construction d’infrastructures, l’organisation de la propriété dans les territoires du Río de Oro et le développement progressif d’activités maritimes. Ainsi, loin d’être un simple point perdu dans le désert, La Güera occupait une place singulière dans la géographie stratégique du Sahara espagnol.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Espagne entreprit de consolider son emprise administrative sur le territoire. En 1958, le Sahara fut officiellement transformé en province espagnole. Ce changement de statut s’accompagna d’un développement progressif d’infrastructures et d’une présence administrative plus affirmée. La découverte des gisements de phosphates de Bou Craa renforça encore l’importance du territoire, désormais perçu non seulement comme une possession symbolique ou maritime, mais comme un espace de richesse potentielle majeure. À cela s’ajoutaient les indices pétroliers relevés sur la côte et les ressources halieutiques considérables de la zone. Dès lors, la question saharienne cessa d’être seulement un problème de décolonisation : elle devint aussi un enjeu économique et stratégique de premier ordre.

C’est dans ce cadre qu’il faut replacer l’intervention mauritanienne. Selon les mémoires de l’inamovible Secrétaire général de la Présidence de la République Mohamed Aly Chérif, un moment fondateur se produisit le 1er juillet 1957, lorsque Moktar Ould Daddah prononça à Atar un discours historique. Mohamed Aly Chérif insiste sur le caractère exceptionnel de cette prise de parole. Nous sommes alors à peine un an après l’indépendance du Maroc, deux ans et demi après le déclenchement de la guerre d’Algérie, et trois mois seulement après la mise en œuvre effective de la loi-cadre Defferre. La Mauritanie demeure un territoire en transition , encore largement encadré par l’appareil colonial français. Sa capitale administrative est toujours N’Dar l’actuel Saint Louis du Sénégal , et la haute administration française garde l’essentiel du levier politique. Dans ce contexte, aller à Atar pour y évoquer publiquement ce qui deviendra plus tard l’idée de la réunification entre la Mauritanie et le Sahara espagnol, c’était poser un acte politique d’une portée considérable. Atar n’était pas choisie au hasard : cette ville marquait la limite méridionale du Sahara occidental administré par l’Espagne, et prononcer un tel discours à cet endroit revenait à affirmer, symboliquement, l’existence d’une profondeur mauritanienne dans cet espace .

Mohamed Aly Chérif souligne avec force que la Mauritanie disposait alors de moyens dérisoires. Le pays comptait moins de cinq universitaires achevés, ses structures administratives étaient embryonnaires, et toute affirmation politique sur une question aussi sensible relevait presque du défi. Pourtant, ce discours posait déjà les termes d’une continuité historique entre l’ensemble mauritanien et le Sahara. Dans la mémoire de Mohamed Aly Chérif, cette continuité n’avait rien d’artificiel : elle reposait sur la perception très ancienne d’un espace commun allant du Draa aux rives du Sénégal, de l’Atlantique à l’Azawad, où les frontières coloniales restaient, dans l’esprit des populations, des lignes abstraites tracées sur les cartes, alors que les véritables frontières étaient celles des aires tribales, des puits et des cimetières .

Cependant, comme il le rappelle lui-même, la question du Sahara ne devint réellement un objet de débat structuré au sein des élites mauritaniennes qu’à partir de 1968-1969. Mohamed Aly Chérif évoque deux dîners organisés par Moktar Ould Daddah avec les universitaires du pays, puis une réunion plus large de cadres regroupant universitaires et direction nationale du PPM. C’est là que de longs débats furent ouverts. Il se souvient notamment, parmi les cadres présents, de Mohamedhen Ould Babbah, Ahmed Ould Sidi Baba, Ahmedou Ould Abdallah, Abdallahi Ould Soueid’Ahmed et Sidi Ould Cheikh Abdallahi ; et, côté pouvoir, de Ahmed Ould Mohamed Saleh, Mohamed Lemine Ould Hamoni, Ely Ould Allaf, Sall Abdoul Aziz, Cheikh Saad Bouh Kane, Hamoud Ould Abdel Wedoud, Abdallahi Ould Cheikh, Baro Abdoulaye, Ba Abdoul Aziz et Petit BA. Les discussions mettaient en lumière plusieurs orientations : se tenir constamment informé de l’état du territoire, raviver les liens avec les notables des tribus sahraouies, envisager une sorte de cellule spéciale au niveau de la présidence ou du ministère de l’Intérieur, et poser avec plus de fermeté le problème de la décolonisation du Sahara sur le plan international.

Mais Mohamed Aly Chérif insiste sur un point essentiel : aucune perspective de règlement militaire n’était envisagée. Moktar Ould Daddah, Ahmed Ould Mohamed Saleh et Mohamed Lemine Ould Hamoni avaient parfaitement conscience de la faiblesse des moyens mauritaniens. La ligne retenue était donc prudente : maintenir le cap d’une coopération avec l’Espagne, défendre discrètement mais constamment la position mauritanienne dans les fora africains et internationaux, et renforcer parallèlement les relations sociales et culturelles avec les populations du territoire. Il était notamment question d’envoyer dans le Sahara des enseignants de mahadras, des cadis et des mouallims de qualité, avec prise en charge de leurs salaires et charges, afin d’entretenir une présence mauritanienne douce mais réelle au sein des communautés locales.

Jusqu’au début des années 1970, la question saharienne resta donc, selon l’expression de Mohamed Aly Chérif, dans l’ordre des balbutiements. L’ONU adoptait régulièrement des résolutions, souvent rédigées d’un commun accord entre la Mauritanie, le Maroc et l’Algérie, appelant l’Espagne à accélérer la décolonisation du territoire. Une forme de concertation tripartite existait encore. La reconnaissance de la Mauritanie par le Maroc en 1969 avait permis un rapprochement, concrétisé par le sommet tripartite Boumediene-Hassan II-Moktar Ould Daddah de Nouadhibou en septembre 1970. Puis, en juin 1972, à Rabat, fut conclu le fameux accord secret de partage entre la Mauritanie et le Maroc, en présence et avec l’accord explicite de Houari Boumediene. C’est dans cette atmosphère que chacun entreprit, à sa manière, de travailler le terrain saharien : le Maroc relança certains réseaux de mobilisation ; la Mauritanie réunit des tribus à Zouératt, F’Derick, Atar et Nouadhibou pour harmoniser les positions en vue d’un mouvement de libération orienté vers le rattachement à la  » mère patrie » mauritanienne ; de son côté, l’Algérie poussa à la structuration de ce qui allait devenir le Front Polisario, organisation jeune, militarisée et fortement encadrée dans la clandestinité.

À partir de là, les convergences régionales se dégradèrent rapidement. La non-ratification par le Maroc du traité frontalier avec l’Algérie empoisonna les relations algéro-marocaines entre 1971 et 1974. L’Algérie, qui avait initialement soutenu l’idée d’une solution concertée, opéra progressivement un revirement. L’Espagne, de son côté, annonça en 1974 la préparation d’un référendum d’autodétermination. La question fut alors portée devant la Cour internationale de Justice. En 1975, l’avis consultatif de la Cour établit deux choses capitales : d’une part, que le Sahara n’était pas une terra nullius au moment de la colonisation ; d’autre part, qu’il existait des liens juridiques avec le Maroc et avec l’ensemble mauritanien. Mais la Cour ajouta clairement que ces liens ne remettaient nullement en cause le principe d’autodétermination du peuple sahraoui. Cette formulation, loin de clore le débat, révéla au grand jour l’impossibilité de concilier totalement les prétentions concurrentes.

Dans ce contexte tendu, les contradictions marocaines relevées par Mohamed Aly Chérif devinrent, selon lui, de plus en plus manifestes. Le Maroc cherchait à maximiser ses chances en négociant parfois seul avec l’Espagne, en se présentant aux yeux de l’ONU comme l’interlocuteur principal, voire exclusif, et en posant des actes unilatéraux sur le terrain, notamment à Dakhla. Malgré la qualité des juristes mobilisés par Rabat : M. Magid Benjelloun, Procureur général près la Cour suprême du Maroc ; M. Georges Vedel, Doyen honoraire de la Faculté de droit de Paris ; M. René-Jean Dupuy, Professeur à la Faculté de droit de Nice, membre de l’Institut de droit international ; M. Mohamed Bennouna, Professeur à la Faculté de droit de Rabat ; et M. Paul Isoart, Professeur à la Faculté de droit de Nice , la thèse marocaine fut, selon lui, ébranlée à La Haye par la solidité de l’argumentaire mauritanien, notamment sur le cas de Cheikh Ma el-Aïnin. Le roi Hassan II dut alors demander une harmonisation plus étroite des positions marocaines et mauritaniennes afin d’éviter un affrontement destructeur entre deux thèses pourtant officiellement alliées .

À mesure que la crise saharienne s’intensifiait, les services de renseignements américains commencèrent à s’impliquer de plus en plus dans l’analyse et la gestion diplomatique du conflit naissant. Un rapport confidentiel de la CIA, daté du 7 février 1975 et consacré à l’évolution des relations entre le Maroc et l’Espagne autour du Sahara espagnol, dressait déjà un tableau révélateur des calculs politiques en cours. Le document soulignait notamment que la question des enclaves et du Sahara constituait pour le roi Hassan II un levier politique majeur, susceptible de renforcer son prestige et de mobiliser l’opinion publique marocaine autour de la monarchie. Selon cette analyse, le succès personnel du souverain dans la gestion du dossier de la décolonisation du Sahara espagnol apparaissait déjà comme l’une des initiatives les plus populaires de son règne, même si l’évolution du dossier restait suspendue à l’examen de l’affaire par la Cour internationale de Justice, dont les audiences devaient s’ouvrir quelques semaines plus tard .

Au début du mois d’octobre 1975, l’attention de Washington se concentra encore davantage sur l’évolution de la situation. Le directeur de la CIA, William E. Colby, informa alors le secrétaire d’État américain Henry Kissinger des intentions probables de Rabat pour les semaines à venir, dans un contexte marqué par les conclusions défavorables tant de la mission d’inspection des Nations Unies que par les perspectives peu encourageantes qui se dessinaient devant la Cour internationale de Justice. Dans cette communication confidentielle, Colby signalait l’existence d’un rapport d’analyse plus détaillé, intitulé « Plans marocains d’invasion du Sahara », qui examinait les conséquences militaires et politiques qu’aurait un affrontement autour du territoire.

Ce rapport évaluait les différents scénarios possibles et les risques qu’ils comportaient pour l’ensemble des acteurs impliqués — l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie. Il mettait notamment en évidence plusieurs conclusions stratégiques. D’abord, si l’armée espagnole décidait de maintenir durablement sa présence au Sahara, la probabilité d’un conflit majeur devenait élevée. Ensuite, l’échec du Maroc dans sa tentative de récupérer le territoire pourrait avoir des conséquences politiques graves à Rabat, allant jusqu’à fragiliser la stabilité du gouvernement et du régime lui-même. De l’autre côté, un affrontement militaire prolongé accompagné de pertes importantes pour les forces espagnoles risquait de provoquer une crise politique interne à Madrid, déjà fragilisé par la situation du régime franquiste à la fin de son règne .

Le rapport évoquait également l’hypothèse d’un élargissement du conflit, notamment par l’entrée éventuelle de l’Algérie, ce qui transformerait une crise de décolonisation en confrontation régionale majeure au Maghreb. Quant à la Mauritanie, bien qu’elle ait revendiqué sa part du Sahara espagnol, l’analyse américaine estimait qu’elle serait probablement la partie la plus prudente, cherchant avant tout à éviter une implication directe dans une guerre longue et coûteuse .

Un deuxième rapport confidentiel de la CIA, daté du 10 février 1975, confirmait qu’un échange significatif s’était tenu entre le ministre espagnol des Affaires étrangères Pedro Cortina et l’ambassadeur des États-Unis à Madrid, Wells Stabler. Lors de cette conversation, l’ambassadeur américain exprima la préoccupation de Washington quant aux conséquences qu’un retrait précipité de l’Espagne du territoire saharien pourrait provoquer, notamment le risque d’un conflit régional impliquant les États voisins.

Pedro Cortina reconnut que cette question constituait effectivement l’une des préoccupations majeures du gouvernement espagnol. Il indiqua que Madrid cherchait à obtenir au préalable un accord entre les parties concernées avant toute décision définitive sur le statut du territoire, et qu’à cet égard l’Espagne espérait pouvoir compter sur la collaboration diplomatique des États-Unis. Au cours de cet échange, le chef de la diplomatie espagnole manifesta également son inquiétude quant au sort de la population sahraouie, consciente que toute décision précipitée pourrait avoir de graves répercussions humaines et politiques.

Cependant, quelques semaines plus tard, vers la fin du mois de février, un autre responsable espagnol livra une analyse sensiblement différente. Le général Eduardo Blanco, directeur général de la Promotion du Sahara, déclara au même ambassadeur américain que l’option de l’indépendance du territoire n’était plus réellement viable et qu’il devenait désormais nécessaire pour l’Espagne de parvenir à un accord direct avec le Maroc.

Cette prise de position contrastait nettement avec les propos plus prudents exprimés auparavant par le ministre Cortina. Ces échanges diplomatiques illustrent clairement les divergences d’appréciation qui existaient alors au sein même des autorités espagnoles face à la délicate question de la décolonisation du Sahara. L’État espagnol ne disposait pas d’une ligne politique unanimement partagée quant à la manière d’organiser son retrait.

Plusieurs scénarios étaient en effet envisagés à Madrid. Certains responsables défendaient l’idée d’accorder l’indépendance au territoire à l’issue d’un référendum d’autodétermination, conformément aux principes soutenus aux Nations Unies. D’autres envisageaient la possibilité d’un accord avec le Front Polisario, qui commençait à apparaître comme un acteur politique incontournable sur le terrain. Une troisième option consistait à transférer le territoire à un ou plusieurs États voisins, principalement le Maroc ou la Mauritanie, voire à imaginer une solution plus complexe impliquant plusieurs acteurs régionaux.

Peu après, le 28 avril 1975, Hassan II déclara à la radio française France Inter qu’il se placerait personnellement à la tête de son peuple et précisa que, « si l’affaire devait se régler, elle le serait en faveur du Maroc ».

Ces déclarations furent relayées dès le lendemain par la presse espagnole. Pourtant, le ministre Antonio Carro, écrivit ensuite que pour l’Espagne la « Marche Verte » fut une surprise, voire une menace.

Cette affirmation paraît difficile à concilier avec les informations publiées à l’époque dans la presse, notamment dans un article intitulé « Réaction énergique espagnole aux déclarations de Hassan II », reproduisant la réponse adressée par Jaime de Piniés, représentant permanent de l’Espagne auprès de l’ONU, au Secrétaire général.

La note informait Rabat :

« La marche pourra parfaitement se dérouler dans deux mois ; il l’aidera en tout. »

Selon Diego Aguirre, cette information aurait été reprise dans diverses publications, bien qu’il ne cite pas le nom de l’une d’elles pour en vérifier l’authenticité.

Pour sa part, Powell adopte une position prudente : d’après la documentation consulaire disponible, la participation américaine à la marche ne serait pas confirmée, mais il ne l’exclut pas formellement.

Un élément attire néanmoins l’attention : le directeur adjoint de la CIA, Vernon Walters, se trouvait alors à Rabat. Selon Powell, il entretenait une relation d’amitié ancienne avec Hassan II, remontant à la Seconde Guerre mondiale.

Un autre facteur essentiel est la permanence d’Hassan II sur le trône. Selon le général Gutiérrez Mellado, commandant général de Ceuta et délégué du gouvernement à la ville, Hassan II était allé trop loin et se trouvait dans une situation telle que, s’il ne parvenait pas à obtenir au minimum un succès partiel, il risquait non seulement le trône mais aussi sa propre vie.

Le général prononça ces paroles durant l’été 1975, laissant entendre que les manœuvres du monarque devaient être comprises comme une tentative de « jouer la carte marocaine », en assumant les conséquences.

En août 1975 , Hassan II surprit l’opinion publique par de nouvelles déclarations réaffirmant sa détermination à s’emparer du Sahara — « libérer » selon ses propres termes — indépendamment du verdict du Tribunal international de Justice.

Puis survint le basculement décisif. Le 6 novembre 1975, Hassan II déploya une manœuvre politique et tactique d’une audace exceptionnelle en lançant la Marche verte, avec un appui américain discret mais réel, et en mobilisant près de 350 000 civils marocains . La marche pénétra effectivement en territoire alors administré par l’Espagne, progressant sur un front d’environ 800 mètres et une profondeur de près de deux kilomètres. Des véhicules de la gendarmerie royale marocaine se placèrent à l’avant-garde afin d’empêcher la masse des marcheurs de s’approcher des champs de mines, tandis que certaines voitures arboraient même des drapeaux des États-Unis, signe hautement révélateur du climat politique entourant l’opération.

La décision marocaine fut assumée jusqu’au bout. L’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Martín Gamero, fut convoqué au ministère marocain des Affaires étrangères et informé sans ambiguïté que la marche se poursuivrait , qu’il n’était plus possible de l’arrêter, et que le gouvernement marocain envisageait même l’hypothèse d’affrontements avec les forces espagnoles, avec les pertes humaines que cela pourrait entraîner. Face à cette poussée, le commandement espagnol au Sahara avait déjà déclenché les opérations Marabunta et Trapecio, destinées à déployer les forces armées et à empêcher toute progression en direction de la ville Laâyoune Un premier champ de mines fut installé en avant-garde, tandis que le Troisième et le Quatrième Tercio de la Légion prenaient position, appuyés par un bataillon d’infanterie, deux groupes de nomades, deux unités parachutistes, des compagnies blindées ainsi que de l’artillerie. L’aviation couvrait le dispositif et la marine contrôlait la côte. Tout indiquait que l’armée espagnole était prête à empêcher à tout prix que la marche atteigne Laâyoune , tant l’entrée de cette foule dans la ville risquait de provoquer des violences incontrôlables .

Dans le même temps, les combattants du Front Polisario adoptèrent une attitude de retrait et de réserve, alors même qu’ils disposaient théoriquement de possibilités d’action. Ils se replièrent vers le nord-est du territoire afin de ne pas perdre la maîtrise du passage frontalier avec l’Algérie. Quant à l’armée algérienne, elle s’abstint de toute démonstration de force. Ce silence militaire pesa lourd dans l’évolution des événements. Il est même permis de penser que si l’armée espagnole du Sahara avait eu pleinement connaissance de l’ultimatum marocain, la situation aurait pu devenir explosive et conduire à un scénario imprévisible.

À Madrid, cependant, la pression produisit l’effet recherché. Alors que Franco était hospitalisé à La Paz, le Conseil des ministres choisit de s’orienter vers la négociation de la cession du territoire. Le samedi 8 novembre fut sans doute le seul moment où l’hypothèse d’un affrontement armé généralisé sembla réellement possible. Quelques accrochages limités eurent lieu entre les forces marocaines et des éléments du Polisario à Hausa, El Farsia et Mahbes. Mais ce même jour, Fernández Carro rencontra Hassan II à Agadir. Le souverain accepta alors d’ordonner le retrait des marcheurs, tandis que l’Espagne consentirait, en contrepartie, à transférer au Maroc et à la Mauritanie l’ensemble des responsabilités civiles et militaires dans la zone.

La nouvelle de cette rencontre à Agadir provoqua, au sein de l’armée espagnole, une indignation profonde. Beaucoup y virent l’aveu d’un abandon pur et simple. Selon les autorités espagnoles elles-mêmes, Madrid eut alors le sentiment d’avoir été laissée seule, y compris par ses alliés, et d’avoir subi de fortes pressions extérieures. L’ONU, pour sa part, apparut singulièrement impuissante, incapable de faire respecter ni ses propres missions ni l’esprit de ses résolutions. Quant aux États-Unis, ils semblèrent jouer ouvertement en faveur du Maroc, notamment en entravant l’usage par l’Espagne d’équipements militaires d’origine américaine.

Hassan II remporta la partie. Par cette initiative spectaculaire, il réussit à imposer un fait politique majeur, en passant au-dessus des conclusions de la mission spéciale des Nations Unies, de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, du plan Waldheim, ainsi que des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. La Marche verte s’imposa dès lors comme l’un des coups de force diplomatiques les plus retentissants de l’histoire contemporaine du Maghreb, au prix d’une remise en cause manifeste des principes mêmes du droit international.

Le 14 novembre 1975, les Accords de Madrid organisèrent le transfert de l’administration du territoire et son partage de facto entre le Maroc et la Mauritanie. La zone sud, Oued Eddahab, incluant La Güera, fut attribuée à la Mauritanie. Mais cette solution, présentée comme pragmatique, ouvrit immédiatement la voie à la guerre. L’Espagne se retira officiellement en février 1976, le Polisario proclama la République arabe sahraouie démocratique, et le conflit éclata entre le Maroc, la Mauritanie et le Front Polisario, avec l’Algérie en arrière-plan décisif.

Pour la Mauritanie, la situation devint rapidement extrêmement lourde. Mohamed Aly Chérif décrit une guerre meurtrière, passionnellement tribalisée, qui mit à rude épreuve l’État mauritanien. Les premières attaques contre Inal et Aïn Bentili commencèrent dès le 7 décembre 1975. Puis vinrent les coups portés plus profondément, jusqu’à Nouakchott, attaquée en juin 1976. Selon son témoignage, la gravité de la situation fut aggravée par la manière dont les logiques tribales pénétrèrent l’administration, l’armée et même les représentations politiques du conflit. La guerre ne fut plus seulement une guerre entre États et mouvements armés ; elle devint, pour la Mauritanie surtout, un ébranlement intérieur.

Le coup d’État du 10 juillet 1978 renversa finalement Moktar Ould Daddah. Le nouveau régime choisit de sortir du conflit.

Après de longs mois de négociations difficiles et complexes entre la délégation négociatrice du POLISARIO et la délégation mauritanienne dans la capitale de la Sierra Leone, Freetown, la diplomatie algérienne, conduite notamment par Ahmed Taleb Ibrahimi et Abdelhamid Mehri, parvint à rapprocher les positions et à combler le fossé entre les parties sahraouie et mauritanienne .

Ces efforts aboutirent finalement à la signature d’un accord de paix, dont la rédaction fut également facilitée par le ministre mauritanien des Affaires étrangères Ahmedou Ould Abdallah. L’accord fut signé par Bachir Mustapha Sayed au nom du Polisario et par Ahmed Salem Ould Sidi au nom de la délégation mauritanienne, dans la capitale algérienne, le dimanche 5 août 1979. Cet accord mit fin aux hostilités et fut suivi par la reconnaissance, par la République islamique de Mauritanie, de la République arabe sahraouie démocratique.L’Accord consacra le retrait mauritanien et la renonciation officielle de la Mauritanie à toute revendication sur le Sahara occidental. Le Maroc s’étendit alors à la zone anciennement administrée par Nouakchott, y compris l’espace de La Güera, qui cessa dès lors d’être une position mauritanienne effective.

Malgré les avertissements de plusieurs chefs militaires adressés au roi Hassan II au sujet du piège que pouvait représenter le remplacement immédiat de l’armée mauritanienne après son retrait de la région de Oued Eddahab, par crainte de voir les forces marocaines dispersées sur un territoire plus vaste et difficile à contrôler, l’encouragement de la France à combler le vide laissé par la Mauritanie et à empêcher qu’il ne soit occupé par le Polisario conduisit le souverain à donner l’ordre de prendre le contrôle de la partie méridionale du Sahara le 14 août 1979 .

Le Polisario lança alors une série d’attaques successives contre l’armée royale marocaine, lui infligeant des pertes humaines et matérielles importantes. Les principales offensives se concentrèrent sur Laâyoune, Dakhla, Guelta Zemmour, Amgala, Mahbes et Smara, et les opérations allèrent jusqu’à atteindre la région de Tan-Tan, à l’intérieur même du territoire marocain .

Deux ans seulement après ces événements, le roi Hassan II donna finalement l’ordre d’engager des négociations avec le Polisario. Celles-ci furent amorcées grâce à une médiation algérienne en 1982, dans la capitale portugaise Lisbonne, où eut lieu une rencontre entre Bachir Mustapha Sayed, frère d’El-Weli Mustapha Sayed, et le ministre marocain de l’Intérieur Driss Basri .

Avec la poursuite de la guerre, les rencontres et les négociations entre les différentes parties se multiplièrent progressivement. Ce processus déboucha finalement sur un accord historique de cessez-le-feu signé le 6 septembre 1991, marquant l’acceptation par le Royaume du Maroc du principe de l’autodétermination comme base de règlement du conflit du Sahara occidental, alors que le Maroc avait auparavant défendu l’idée d’un partage du territoire — option que le Front Polisario avait rejetée, en maintenant le mot d’ordre : « toute la terre ou le martyre ».

Juridiquement, pourtant, la question ne fut pas close. Selon les Nations Unies, le Sahara occidental demeure un territoire non autonome, dont le statut final doit être déterminé par un processus d’autodétermination. Dans cette perspective, La Güera reste, en droit international onusien, une partie intégrante du Sahara occidental. Aujourd’hui elle n’est pas reconnue internationalement comme territoire marocain. Elle n’est pas davantage reconnue comme territoire mauritanien. C’est ce caractère inachevé, suspendu, de son statut qui continue d’alimenter les discussions, les mémoires et les spéculations politiques.

C’est à ce stade qu’intervient, dans le débat contemporain, la parole de Devali Ould Cheine, notable de Nouadhibou appartenant à la tribu des Oulad Dleim, tribu dont l’histoire est étroitement liée à la défense de cet espace saharien face aux pénétrations coloniales. Les ancêtres de cette tribu se distinguèrent à plusieurs reprises dans la résistance contre les implantations étrangères. Ainsi, le 2 novembre 1894, des groupes des Oulad Dleim prirent part à l’attaque de la factorerie de Villa Cisneros, opération qui provoqua des dégâts importants dans les installations espagnoles. L’année suivante, en 1895, la Compagnie Transatlantique, confrontée à l’insécurité persistante dans la région, fut contrainte d’adopter la pratique du tributarisme et de conclure un accord avec le chef général des Oulad Dleim, par lequel celui-ci s’engageait à garantir la sécurité des transactions et à éviter toute atteinte aux sujets espagnols. Cette relation demeura cependant fragile, comme en témoigne encore l’attaque nocturne menée par des groupes Oulad Dleim contre Port-Étienne le 26 mars 1924, qui illustre la permanence d’une résistance saharienne face aux structures coloniales.

Selon Devali, deux éléments apparaissent comme essentiels.

Le premier concerne La Güera, territoire qu’il estime devoir être récupéré, rappelant que les tribus qui y vivaient autrefois ont perdu leurs maisons et leurs biens à la suite des bouleversements politiques et militaires qu’a connus la région.

Le second élément est la question du chemin de fer traversant Choum, dont le tracé passait autrefois par le Ghar, mais qui, aujourd’hui, contourne cette zone. Pour lui, ces deux points constituent des positions stratégiques majeures pour la Mauritanie.

Dans cette perspective, Devali considère que la Mauritanie devrait formuler une proposition politique à la fois à la République sahraouie et au Royaume du Maroc, afin de récupérer ces deux points stratégiques. Selon son raisonnement, si les deux parties acceptaient de les céder, la Mauritanie maintiendrait sa position de neutralité dans le conflit du Sahara. Si, en revanche, l’une acceptait et l’autre refusait, il estime que la Mauritanie pourrait s’aligner sur la partie qui accepterait la proposition.

Devali rappelle également un épisode qu’il considère significatif : la première délégation sahraouie arrivée en Mauritanie avant 1975 , conduite par son cousin, un notable Oulad Dleim, Mohamed Lemine Ould Hormettalah. Celui-ci aurait rencontré le président Mokhtar Ould Daddah à la présidence. Selon Devali, il aurait alors déclaré au président que les Sahraouis préféraient rester avec la Mauritanie où ils se reconnaissent dans une même culture , même si celle-ci ne disposait pas de grandes ressources, plutôt que de rejoindre le Maroc, qui, malgré ses moyens et les avantages qu’il offrait à ceux qui choisissaient de s’y rallier, ne suscitait pas la même adhésion chez eux.

La réponse de Mokhtar Ould Daddah aurait été empreinte de prudence et de principe : il affirma alors qu’il tenait avant tout à éviter que le sang sahraoui ne soit versé, que ce soit par les Espagnols ou par quiconque.

C’est dans l’héritage de cette histoire que s’inscrit aujourd’hui la position de Devali Ould Cheine. Son intervention introduit une dimension singulière et pragmatique dans un débat souvent figé par les lectures idéologiques ou strictement étatiques du conflit. Selon lui, la question de La Güera pourrait être abordée sous un angle nouveau : non par la voie d’une aventure militaire ni par une surenchère nationaliste, mais par la recherche d’un arrangement politique concerté associant la République sahraouie, le Royaume du Maroc et la Mauritanie.

Une telle proposition ne prétend ni effacer la complexité juridique du dossier ni ignorer la mémoire des conflits qui ont marqué la région. Elle exprime plutôt une intuition nourrie par la géographie, l’histoire des voisinages et la conscience que, sur ce point précis du littoral saharien, l’héritage colonial a laissé une situation singulière, presque anachronique, que seule une solution négociée pourrait véritablement résoudre.

Sous cet angle, la réflexion de Devali Ould Cheine rejoint, d’une certaine manière, l’enseignement plus profond que l’on peut tirer des mémoires de Mohamed Aly Chérif : dans l’espace saharien, les solutions imposées unilatéralement ont rarement produit la stabilité recherchée. Bien souvent, elles ont au contraire engendré des tensions durables, alors que les équilibres fondés sur le dialogue et les compromis ont, historiquement, mieux correspondu à la nature même des sociétés du désert.

Ainsi, lorsqu’on relit la longue durée du dossier saharien, depuis les premières implantations espagnoles avortées du XVe siècle jusqu’aux partages coloniaux, depuis le traité de 1884 avec l’Émir de l’Adrar jusqu’au discours d’Atar de 1957, depuis les débats mauritaniens de 1968-1969 jusqu’aux arrangements de 1972, depuis l’avis de La Haye jusqu’aux Accords de Madrid, depuis la guerre jusqu’au retrait mauritanien de 1979, une évidence se dégage : la question de La Güera et du Sahara occidental ne se réduit ni à une simple querelle de frontières, ni à une pure opposition entre thèses nationales. Elle mêle des héritages tribaux, des mémoires de résistance, des actes juridiques coloniaux, des stratégies d’États, des fractures maghrébines et des visions concurrentes de la légitimité historique. Et c’est précisément parce que cet espace fut longtemps un carrefour plutôt qu’une clôture qu’il continue, aujourd’hui encore, d’échapper aux simplifications. Comme l’écrivait Mohamed Aly Chérif, les horizons du désert restent ouverts ; et c’est peut-être dans cette ouverture même, à la fois historique, humaine et politique, qu’il faut chercher un jour la possibilité d’un dépassement .

Mohamed Echriv Echriv

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président,

Votre action à la tête de l’État s’inscrit, nul ne peut honnêtement le nier, dans une volonté de stabilisation et de réforme. Beaucoup de Mauritaniens observent avec attention les efforts engagés pour consolider l’État, pacifier la vie politique et tracer les contours d’un projet de société fondé sur la modération, l’équilibre et la continuité institutionnelle. Dans un environnement régional souvent agité, cette orientation mérite d’être saluée.

Pourtant, au-delà de ces avancées, un sentiment diffus mais persistant traverse une partie de l’opinion : celui d’une forme d’exclusion silencieuse. Non pas une exclusion proclamée ou brutale, mais une impression plus subtile, presque intime — celle d’être tenu à distance de l’action publique malgré l’engagement, le travail et la compétence.

Car ceux qui, souvent dans l’ombre, contribuent le plus activement à la réussite du projet national ne sont pas toujours ceux qui accèdent aux responsabilités. Administrateurs compétents, journalistes engagés dans la construction d’un débat public responsable, communicants porteurs de la parole institutionnelle, ingénieurs qui imaginent les infrastructures de demain, docteurs et experts qui nourrissent la réflexion stratégique de l’État : autant de femmes et d’hommes qui constituent la véritable richesse intellectuelle et professionnelle de notre pays. Pourtant, beaucoup d’entre eux ont le sentiment d’être relégués au second plan.

À leur place apparaissent fréquemment les figures familières d’une classe politique qui, au fil du temps, a fait de la politique non plus un engagement ponctuel au service de la nation, mais un métier à part entière. Les mêmes visages passent d’une responsabilité à une autre, d’un ministère à un conseil d’administration, d’une mission à une autre fonction, donnant parfois l’impression d’un cercle fermé où les postes changent de mains sans que les pratiques ne se renouvellent réellement.

Une nomination publique ne devrait jamais être la simple traduction d’un dosage politique ou d’un équilibre circonstanciel. Elle devrait répondre à une nécessité, à une justification claire, à une compétence reconnue. Gouverner, c’est choisir ; mais choisir, c’est aussi donner un sens à ces choix.

Permettez-moi, Monsieur le Président, d’illustrer cette réflexion par un exemple personnel qui, je le crois, dépasse largement mon cas individuel.

J’ai consacré ma vie au service de l’éducation et de la pensée. Professeur durant de longues années, j’ai eu l’honneur de former plusieurs générations de cadres de ce pays. Parmi mes anciens étudiants figurent aujourd’hui des ministres, des walis, des directeurs et de nombreux responsables de premier plan dans l’administration et la vie publique. Les voir réussir a toujours été pour moi une source de fierté sincère, car l’enseignant vit aussi à travers la réussite de ceux qu’il a formés.

Sur le plan académique, j’ai poursuivi mes études jusqu’à l’obtention d’un master 2. Sur le plan intellectuel et public, je me suis investi dans l’écriture, dans le journalisme et dans la réflexion nationale. Écrivain, journaliste connu — et reconnu — j’ai toujours cherché, par mes analyses et mes textes, à contribuer au débat public et à la compréhension des enjeux de notre pays.

Et pourtant, à trois années seulement de la retraite, mon parcours administratif est resté modestement figé. Je n’ai jamais dépassé le grade de chef de division au ministère de l’Éducation, ni celui de rédacteur en chef à l’Agence Mauritanienne d’Information.

Je ne formule pas ce constat avec amertume personnelle. Je l’énonce plutôt comme le symbole d’une réalité plus large : celle d’un système qui, parfois, ne sait pas reconnaître ou utiliser pleinement les compétences dont il dispose.

Combien d’enseignants, de chercheurs, de journalistes, d’ingénieurs ou de cadres administratifs expérimentés vivent aujourd’hui cette même situation ? Combien d’hommes et de femmes ayant consacré leur vie au service du pays voient leurs carrières s’arrêter à des niveaux intermédiaires, tandis que d’autres circulent indéfiniment dans les sphères du pouvoir ?

Bien entendu, dans une démocratie, chaque citoyen peut nourrir l’espoir légitime d’accéder un jour à des responsabilités. Cet espoir fait partie de la vitalité d’une nation. Mais entre cette espérance légitime et la répétition presque mécanique des mêmes nominations, il existe une frontière que la sagesse de l’État doit préserver.

Le recyclage permanent des mêmes profils donne parfois l’impression que le pays tourne en rond. Il entretient une forme de fatigue civique et nourrit, chez les jeunes élites, un doute silencieux : celui de savoir si le mérite, le travail et l’expertise suffisent réellement à ouvrir les portes de la responsabilité publique.

La Mauritanie dispose pourtant d’un capital humain remarquable. Dans l’administration, dans les universités, dans les médias, dans les entreprises, une génération entière de cadres compétents et engagés attend simplement que l’État reconnaisse davantage la valeur du mérite et de l’expérience.

Votre réputation personnelle de mesure, de discernement et de sens de l’État laisse espérer que cette question ne vous est pas indifférente. Elle appelle peut-être une réflexion plus structurée sur les mécanismes de nomination : comment les rendre plus transparents, plus justifiés, plus ouverts aux compétences réelles ?

Il ne s’agit pas de remettre en cause l’autorité de décision qui appartient naturellement au chef de l’État. Il s’agit plutôt de créer les garde-fous capables d’empêcher, autour du pouvoir, les nominations de complaisance ou les logiques d’entre-soi.

Car l’expérience montre que les ministres et les responsables influents ont parfois tendance à reproduire les mêmes cercles de proximité, perpétuant ainsi un système de rotation qui finit par éloigner de nombreux talents de la sphère publique.

La sagesse présidentielle pourrait précisément consister à mettre en place les mécanismes qui corrigent ces dérives : des critères plus clairs, une valorisation réelle des parcours professionnels, une ouverture plus large aux compétences issues de la société civile et des corps techniques de l’État.

Une telle évolution ne serait pas seulement une réforme administrative. Elle constituerait un signal politique fort : celui d’un État qui reconnaît le mérite, valorise le travail et refuse que la fonction publique devienne l’espace d’une circulation permanente des mêmes figures.

L’histoire des nations montre que les périodes de maturité politique se reconnaissent souvent à la capacité d’un pouvoir à renouveler ses élites sans renoncer à sa stabilité.

Beaucoup de Mauritaniens espèrent aujourd’hui que cette nouvelle étape pourra s’ouvrir. Non par contestation, mais par fidélité à l’idée même de service public et à l’ambition d’un État plus juste dans la reconnaissance de ses talents.

Et si j’ai pris la liberté d’évoquer mon propre parcours, c’est simplement pour rappeler qu’au-delà des discours, il existe dans ce pays des hommes et des femmes dont la trajectoire silencieuse témoigne de cette réalité.

L’autorité d’un président ne se mesure pas seulement à la solidité de ses décisions, mais aussi à la confiance qu’il inspire à ceux qui, dans l’ombre, travaillent pour la réussite de son projet.

Et c’est précisément parce que cette confiance demeure que cette parole peut être prononcée — avec respect, mais aussi avec l’espoir que la justice du mérite trouvera toute sa place dans la Mauritanie de demain.

 

Sneiba Mohamed

Journaliste, Rédacteur en chef à l’AMI

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Nouvelle série de nominations au Conseil des mlinstres

 

Le Conseil des Ministres s’est réuni le mercredi 11 mars 2026, sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed OULD CHEIKH EL-GHAZOUANI, Président de la République.

Le Conseil a examiné et adopté les projets de textes suivants :

‐ Projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2017-035 du 21 décembre 2017 portant le Code des Douanes.

Ce projet de loi vise à créer un outil juridique qui accompagne les actuels et futurs défis et qui combine entre la rapidité et l’efficacité des procédures de dédouanement. Il vise, spécialement, à admettre la qualité de l’opérateur économique, à renforcer les mesures de lutte contre la fraude et la contrebande, et à s’adapter à l’essor numérique des transactions commerciales et des procédures douanières.

D’autre part, le projet de code établit des règles de contentieux douanier qui protègent le droit des usagers du service des douanes, qu’ils soient déclarants, opérateurs économiques ou transporteurs, tout en garantissant la protection des consommateurs, les intérêts du trésor public et la politique économique de l’Etat.

Dans l’ensemble, cette modification proposée met le fondement d’un code des douanes conforme aux législations nationales, régionales et internationales.

‐ Projet de décret portant nomination du Président et des membres du Conseil d’Administration de l’Agence Nationale de la Formation Technique et Professionnelle (Agence TEKWINE)

‐ Projet de décret portant nomination du Président et des membres du Conseil d’Administration de l’Agence Nationale de Promotion de l’Artisanat (Agence TARGHIYA).

– Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration de la Société Nationale des Aménagements Agricoles et des Travaux (SNAAT).

– Projet de décret portant réorganisation de l’Ecole Nationale des Métiers du Tourisme.

Ce présent projet de décret s’inscrit dans une démarche de mise à jour du cadre juridique régissant l’École de l’Hôtellerie et du Tourisme, en vue de passer d’un modèle institutionnel à flexibilité limitée à une institution nationale de référence, capable d’accompagner les mutations que connaît le secteur du tourisme et ses métiers, et de répondre de manière opérationnelle aux besoins du marché de l’emploi.

Il pose en outre les fondements d’un dispositif de formation susceptible d’obtenir l’agrément et la reconnaissance à l’échelle internationale, à même de renforcer l’employabilité des diplômés, à accroître le rayonnement de l’institution et à consolider la crédibilité de ses certifications, à améliorer sa capacité d’interaction avec le marché de l’emploi et à faire de la formation un véritable levier de production des compétences effectivement demandées, sur le marché. Il permet également à l’Ecole d’établir des partenariats avec les opérateurs économiques portant sur la participation à la conception et à la mise en œuvre des formations, l’appui en équipements et en encadrement, la facilitation des stages et de l’insertion professionnelle, ainsi que l’octroi d’une priorité d’embauche aux diplômés de l’École.

Le Ministre chargé du Secrétariat Général du Gouvernement a présenté une communication relative à l’évolution du portefeuille des grands marchés du 1er janvier au 28 fevrier2026.

La présente communication vise à informer le Gouvernement sur l’état d’avancement des grands projets et programmes de développement. Elle entre dans le cadre du mécanisme de suivi méthodique et rapproché initié sur instruction de Son Excellence Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en septembre 2023 dans le but d’en améliorer l’exécution.

Globalement, le portefeuille est aujourd’hui composé de 114 marchés. L’avancement moyen du portefeuille à la fin du mois de février 2026 est de 48%. Le taux de décaissement moyen est de 34%. La consommation moyenne des délais est de 106%.

Pour ce qui est de la cadence mensuelle d’avancement, elle enregistre une progression moyenne sur les deux derniers mois de 6,54 points soit 3,27 points par mois. La cadence reste convenable, avec des résultats mitigés par département.

On constate que le taux d’avancement mensuel est resté au-dessus de la barre des 3 points sur la période janvier-février 2026.

Le Programme Prioritaire de Développement de la Ville de Nouakchott (PPDV_NKC) lancé le 20 janvier 2025 présente, au 28 Février 2026, un avancement de 87% pour un délai consommé à 81%. L’évolution sur les mois de janvier et février 2026 est de 10 points cumulés sur la période.

Pour le Programme d’Urgence pour la Généralisation de l’Accès aux Services de Base (PPGAS), après une entrée en phase d’exécution plutôt timide pour les composantes Education et Santé, le programme commence à prendre une bonne trajectoire avec une cadence mensuelle moyenne de 6 points qui doit néanmoins encore être augmentée.

En effet, l’avancement au 28 février 2026 est de 28% contre 16% au 31 décembre 2025, soit 12 points accumulés sur la période janvier-février 2026. Le délai consommé au 28 février 2026, est de 25% : le programme est donc globalement en avance.

Cette communication montre que le mécanisme suivi a permis de lever des contraintes, d’améliorer la coordination entre les acteurs et d’accélérer la mise en œuvre des projets et a commencé ainsi à produire des résultats tangibles. Ce qui se traduit progressivement par une amélioration de la cadence d’exécution et une réduction de l’écart entre l’avancement physique des projets et les délais consommés.

Le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement Local a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre de l’Elevage a présenté une communication relative à l’Encadrement des exportations d’animaux, aux enjeux de durabilité du cheptel national et à l’optimisation de la valeur économique des flux d’exportation.

Cette Communication propose de refonder la politique d’exportation des animaux vivants en l’ancrant dans une logique de souveraineté sanitaire, de responsabilité économique et de qualité certifiée. Son objectif est double : d’une part, rendre applicables les normes sanitaires et zootechniques, tout en créant un cadre économique favorable à leur respect rigoureux ; et d’autre part, protéger et regénérer durablement le capital animal national, socle de notre sécurité alimentaire et de notre économie pastorale, tout en maximisant la valeur ajoutée et la compétitivité de nos exportations sur les marchés régionaux et internationaux.

La Ministre de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille a présenté une communication relative aux activités commémoratives de la Journée internationale des droits des femmes, organisées sous le haut patronage de la Première Dame, Dr Mariem Mohamed Vadel Dah. Le Conseil a également approuvé l’adoption de la période du 8 au 15 mars de chaque année comme Semaine nationale de la femme mauritanienne.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :

Ministère de la Formation Professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers

Établissements Publics

Agence Nationale de Promotion de l’Artisanat

‐ Directeur Général Adjoint : Barikalla Mohamed Ahmed, Ingénieur

Ministère de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement Local

Cabinet du Ministre

‐ Chargé de mission: Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh

Ministère du Commerce et du Tourisme

Cabinet du Ministre

Chargés des Missions :

– Lematt Mint Ounane, précédemment Présidente du Comité de la Régulation du Marché

– Kane Adama Omar, précédemment Directeur du Registre du Commerce

– Abdel Aziz Cheikh khlil, précédemment Directeur Adjoint du Commerce International

– Fatimettou Mint El Mouna, précédemment Conseillère chargée de la Communication

– Yahfdhou Ould El Mohabe, précédemment Inspecteur au Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille

Conseillers

– Conseillère Chargée du Tourisme : Fatimettou Mint Ahmed Dah, précédemment Directrice de la Communication de l’Office National du Tourisme

– Conseiller Chargé de la veille et du Suivi de la Qualité : Rabab Kaber Hachem, précédemment Chargé de mission

– Conseiller Chargé de la Communication : Abdallah Ould Hormatallah

– Conseiller Juridique : Ahmed Ould Mohamed M’barek Ould Samb Vall

– Commissaire Générale aux Expositions : Khadija Mint Cheikh Mellainine, précédemment Chargée de mission auprès de la Commission des Droits de l’Homme à l’Action Humanitaire et aux Relation avec la Société Civil

Inspection Générale Interne

– Inspecteur Générale : Melainine Ould Hachem, précédemment Directeur financier de l’Office National des Services de l’Eau en Milieu Rural

Direction de la Concurrence et de la Régulation du Marché

– Directeur : Sidi Ould Hadd, précédemment Conseiller Juridique

– Directeur Adjoint : Bounena Ould Moulaye, précédemment chef du Service des prix et de l’Approvisionnement

Direction de la Protection des Consommateurs et de la Répression des Fraudes

– Directeur Adjoint : Ahmed Ould Boumrah, précédemment chef de Service à l’Office National du Tourisme

Direction du Tourisme

– Directrice Adjointe : M’Barka Mint M’hamed Ould Amar, précédemment cadre à la Délégation Générale pour la Solidarité Nationale et la lutte contre l’Exclusion (Taazour)

Direction du Registre Central du Commerce

– Directeur : Sow Alassane, précédemment chef de la commission de passation de Marchés au port de Ndiago

– Directeur Adjoint : Khaled Ould Abdallah Mohamed El Amine, précédemment chef de Service de l’Informatique

Direction des Etudes, de la Programmation et de la Coopération

– Directrice : Khadijettou Mint Haki, précédemment conseillère chargée du Tourisme

– Directeur Adjoint : Sid Mohamed Ould Bennen Abidine, précédemment chef du Service de la Traduction

Direction des Affaires Administratives et financières

– Directrice Adjointe : Khadijettou Mint Mohamed Ould Cheikhna, Titulaire d’une Licence en Economie

Conseil de la Concurrence

Présidente : Mati Mint Hamadi

Membres :

– Premier vice-président : Sidi Baba Ould Omar, précédemment Inspecteur Général du Ministère

– Deuxième vice-président : Ibrahim Ould Sidi Ould N’Dah, Juge

– Troisième vice-président : Sidi Ahmed Ould Sidatti, précédemment Directeur Adjoint de la Protection des Consommateurs

– Quatrième vice-président : Mohamed Mokhtar El Houssein, précédemment Directeur Adjoint de la Concurrence

– Membre : Mohamed Abdallah Mohamed Lemine, précédemment Directeur Adjoint du Registre du Commerce

– Membre : Khadijettou Mint Mohamed Mahmoud, Chef de Service de la Concurrence

– Membre : H’mada Ould Bouna, Economiste

– Membre : Sid’Ahmed Ould Jiyid, précédemment Directeur Adjoint à la Direction des Etudes, de la Programmation et de la Coopération

Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille

Cabinet du Ministre

Inspection interne

Inspecteur chargé de l’Enfance : Saleck Mohamed Mahmoud Jiddou.

Recrutement d’ingénieurs et de techniciens supérieurs au profit de certains ministères …Communiqué

Le ministère de la Fonction Publique et la Commission Nationale des Concours ont annoncé aujourd’hui mercredi 11 mars courant, l’organisation d’un concours externe pour le recrutement direct de 120 ingénieur et technicien supérieur en informatique au profit de certains ministères

Cette mesure intervient selon un communiqué publié sur le site de la commission nationale des concours, en application des dispositions de l’arrêté conjoint n° 303 du 10 mars 2026.

Ce concours sera organisé le samedi 18 avril 2026 à 08h00 dans les locaux de la Faculté des Lettres et des sciences humaines de l’Université de Nouakchott.

Il est ouvert aux personnes de nationalité mauritanienne, âgées de 18 ans au moins et de 40 ans au plus à la date d’ouverture du registre de candidature.

Le registre de candidature est ouvert exclusivement à distance durant la période allant du mercredi 11 mars au mercredi 25 mars 2026 à 23h59.

La candidature s’effectue via l’application « Khidmati » ou via la plateforme de la Commission Nationale des Concours sur le lien: candidature.cnc.gov.mr ou à travers son site web www.cnc.gov.mr.

Les postes à pourvoir, les spécialités, les diplômes, le nombre de places demandées par chaque département peuvent être consultés au lien suivant :

https://www.cnc.gov.mr/VisAvis.aspx?av=229AV0

Quand l’accès au numérique devient une question fiscale.

Ces derniers jours, les vendeurs de téléphones manifestent pour protester contre une nouvelle taxe douanière que le gouvernement veut appliquer. Dans plusieurs marchés et boutiques, la colère gronde. Pour ces commerçants, cette mesure menace directement leur activité déjà fragile et risque de faire grimper les prix des téléphones, au détriment des consommateurs.

Mais au-delà de la protestation des vendeurs, c’est toute la question de l’accès au numérique qui est posée. Aujourd’hui, le téléphone mobile n’est plus un simple objet de confort : il est devenu un outil indispensable de communication, d’éducation, de commerce et même d’accès aux services publics. Dans un monde où l’économie et l’information passent de plus en plus par le numérique, alourdir la fiscalité sur ces outils revient à pénaliser les citoyens et à ralentir l’inclusion numérique.

L’expérience d’autres pays devrait pourtant servir de leçon. Dans plusieurs régions du monde, des tentatives de taxation ciblant directement l’usage du téléphone ou de l’internet mobile ont suscité de vastes mouvements de contestation populaire. Face à la pression de l’opinion publique et aux risques de freiner le développement numérique, certains gouvernements ont fini par reculer.

Dans certains cas, ces taxes ont même été purement supprimées, les autorités reconnaissant qu’elles constituaient un obstacle à la démocratisation des technologies et à la participation des citoyens à l’économie numérique.

Au moment où les nations cherchent à réduire la fracture numérique et à accompagner la transformation technologique, la question mérite d’être posée : faut-il taxer davantage les outils qui permettent justement le développement, l’innovation et l’accès au savoir ?

Une politique visionnaire devrait au contraire encourager l’accès aux technologies, soutenir les acteurs du secteur et faciliter l’équipement des citoyens. Car dans le monde d’aujourd’hui, l’accès au numérique n’est plus un privilège : c’est une nécessité.

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