A qui veut commenter une candidature francophone de la Mauritanie.



L’État s’engage fermement à consolider les principes d’équité et de justice sociale et à lutter contre l’injustice et la précarité, a déclaré hier jeudi 26 février courant à Nouakchott, le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
C’est cet objectif qui constitue notre choix stratégique irréversible, visant à améliorer les conditions de vie des citoyens les plus nécessiteux, a ajouté Ghazouani.
Le Président a fait ces déclarations lors d’une cérémonie d’iftar organisée par la Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion Taazour dans la capitale mauritanienne, en l’honneur de cent personnes représentant la communauté “Taazour” des différentes wilayas du pays.
Le mois béni du Ramadan incarne des valeurs nobles, au premier rang desquelles la miséricorde, la fraternité, l’équité et la solidarité, a dit Son Excellence, selon lequel, ces significations se manifestent clairement dans le concept de “Taazour”, qui constitue une valeur centrale de l’Islamique, car “le croyant est pour le croyant comme l’édifice dont une partie supporte l’autre“, selon le Hadith Cherif.
Toujours selon lui, Taazour est une valeur sociale et une valeur républicaine, car le niveau de cohésion, le niveau de solidarité et l’unité pour chaque pays peuvent être mesurés par le niveau de justice entre ses peuples, et le niveau d’équité, de fraternité, d’unité et de solidarité.
“Taazour” n’est ni une charité ni une faveur, mais une incarnation réelle du droit des citoyens à la dignité, à l’égalité des chances et à l’égalité devant la loi, a poursuit Ghazouani, selon lequel, le gouvernement a oeuvré, par l’intermédiaire de cette délégation, à traduire ces principes en politiques et programmes pratiques.

La Mauritanie et le Gouvernement des Canaries ont renforcé leur coopération à travers une série d’initiatives conjointes axées sur le développement durable et l’autonomisation des jeunes. Ce partenariat stratégique, fondé sur des liens historiques et une proximité géographique, met l’accent sur la formation, l’inclusion sociale et la création d’opportunités économiques durables.
En visite officielle en Mauritanie, le vice-conseiller du Cabinet du Président du Gouvernement des Canaries, Octavio Caraballo, a effectué un suivi des projets développés en collaboration avec les institutions mauritaniennes. Cette mission a permis d’évaluer les avancées enregistrées et de réaffirmer l’engagement commun en faveur de la jeunesse comme moteur du développement.
Ces projets sont dirigés et coordonnés sur le terrain par la Fundación Canario Mauritana para el Desarrollo Económico y Social, qui joue un rôle central dans leur mise en œuvre et leur suivi en Mauritanie.
Parmi les initiatives phares figure une nouvelle édition du programme Tierra Firme, dédié à la formation des jeunes Mauritaniens dans le secteur du bâtiment afin de faciliter leur insertion professionnelle. Ce projet se distingue par la combinaison de formation théorique et pratique, incluant des ateliers sur les techniques de construction modernes et la sécurité sur les chantiers. L’objectif est de doter les jeunes de compétences solides et directement utilisables sur le marché du travail, contribuant ainsi à créer des opportunités locales durables.
Le Clúster de Moda a accompagné 45 créatrices mauritaniennes dans la valorisation du savoir-faire textile national et le développement de l’entrepreneuriat. Des formations en couture, bijouterie, entrepreneuriat et marketing ont également été organisées en collaboration avec la Fédération Provinciale des PME du Métal et des Nouvelles Technologies de Las Palmas (FEMEPA) illustrant l’importance accordée à l’autonomisation des femmes et au renforcement de l’économie créative.
Dans le domaine sportif, le projet Balón de la Esperanza, mis en œuvre avec le Ministère mauritanien de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique et la Fédération de Football de la Mauritanie (FFRIM), mobilise le sport comme outil d’inclusion sociale au profit de milliers de jeunes à Nouakchott. Grâce au financement du Gouvernement des Canaries, 144 entraîneurs ont bénéficié d’un programme de formation et encadreront 72 équipes engagées dans la ligue, favorisant l’éducation aux valeurs, la cohésion sociale et l’accompagnement structuré des jeunes. Lors de la visite, ce projet a également été marqué par la remise de matériel sportif et informatique, destinée à renforcer les capacités organisationnelles et pédagogiques.
Dans le secteur de la santé, l’École de Santé Publique de Rosso, dans le sud du pays, a accueilli le projet Formation de formateurs, visant à renforcer les compétences du personnel sanitaire, notamment en obstétrique, et à réduire la mortalité materno-infantile. Ce programme a permis d’améliorer les compétences de 203 professionnels, dont 25 ont effectué une formation pratique dans des hôpitaux des Canaries.
La délégation a également effectué une visite à l’Hôpital Mère & Enfant, où le Gouvernement des Canaries a contribué à travers le don d’un bloc opératoire gynécologique, renforçant ainsi les infrastructures sanitaires et l’accès à des soins spécialisés pour les femmes et les enfants.
À travers l’ensemble de ces initiatives, la Mauritanie et les Canaries réaffirment leur volonté commune de bâtir un partenariat solide, axé sur la formation, la jeunesse, l’inclusion et le développement humain durable




La candidature de Coumba Bâ à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) dépasse la simple manœuvre diplomatique. La candidature de la Mauritanie à la Francophonie : entre souveraineté, ouverture et vision africaine.
Elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur la place de la Mauritanie dans le nouvel échiquier linguistique, culturel et géopolitique de l’Afrique du XXI siècle.
Loin d’être paradoxale pour un pays dont la langue officielle est l’arabe, cette initiative traduit une volonté de souveraineté assumée et d’ouverture maîtrisée, à la croisée des identités mauritaniennes.
La Mauritanie est une terre d’intersection.
Arabe dans son héritage culturel et historique, sahélienne et africaine dans sa composition sociale, elle se nourrit d’une pluralité linguistique qui façonne son unité.
Les langues nationales pulaar, soninké, wolof et hassaniya ne sont pas de simples outils de communication : elles représentent autant de mémoires vivantes, de récits collectifs et de ponts entre communautés.
Dans ce contexte, Coumba Bâ incarne cette synthèse harmonieuse. Originaire du Gorgol, elle se situe à la confluence des héritages et des aspirations qui traversent la nation mauritanienne.
Sa candidature à la tête de la Francophonie illustre la volonté de la Mauritanie de proposer une voix africaine, enracinée dans sa diversité, mais résolument tournée vers la modernité et l’action.
La Francophonie : non pas contrainte, mais opportunité.
L’image de la Francophonie a profondément évolué.
Jadis perçue comme un prolongement de l’espace francophone européen, elle est aujourd’hui un cadre d’échanges Sud-Sud réunissant plus de 80 États.
L’Afrique y joue un rôle moteur : près des deux tiers des locuteurs du français sont désormais africains, signe d’un basculement historique.
Dans ce contexte, la candidature mauritanienne résonne comme une affirmation d’autonomie intellectuelle.
Elle n’exprime pas une nostalgie linguistique, mais une vision politique : faire du français un instrument d’influence, de créativité et de coopération continentale.
La Mauritanie, en cela, propose une Francophonie africaine, décomplexée et souveraine, capable d’articuler diversité linguistique et solidarité stratégique.
Vers une doctrine mauritanienne du plurilinguisme stratégique.
La démarche de la Mauritanie révèle une doctrine claire : la souveraineté linguistique ne signifie pas le repli, mais la maîtrise des codes multiples du monde globalisé.
L’arabe reste la colonne vertébrale de l’identité nationale, tandis que le français s’érige en levier de communication et d’ouverture.
Cette approche rejoint celle du Maroc, du Sénégal ou du Rwanda, qui ont su transformer leur plurilinguisme en atout compétitif.
La Mauritanie, elle aussi, peut choisir d’assumer pleinement cette richesse en valorisant ses langues nationales, tout en mobilisant le français comme passerelle vers les réseaux économiques, diplomatiques et technologiques du monde francophone.
Coumba Bâ : une projection africaine de leadership.
La figure de Coumba Bâ dépasse la dimension personnelle.
Elle incarne une génération d’Africaines conscientes des mutations de leur continent et prêtes à en porter les ambitions.
Expérimentée et à l’écoute, elle pourrait, à la tête de l’OIF, inscrire la Francophonie dans une nouvelle dynamique : celle d’une plateforme économique, culturelle et numérique au service des peuples.
Son parcours illustre une volonté de dialogue, d’équité et d’efficacité qualités essentielles pour réinventer l’action francophone dans un monde polarisé.
À travers sa candidature, la Mauritanie exprime une maturité diplomatique nouvelle : celle d’un État qui refuse d’être défini par son passé colonial, et préfère être reconnu par sa capacité à articuler l’arabe, l’africain et le francophone dans une même vision.
En se portant candidate à la direction de l’OIF, la Mauritanie envoie un message fort : elle veut transformer sa diversité en cohérence et faire de sa position géographique et culturelle un levier d’influence positive.
La candidature de Coumba Bâ symbolise cette ambition de leadership africain éclairé, à la fois enraciné et prospectif une Francophonie réinventée, porteuse d’ouverture, de souveraineté et d’unité continentale.
Abdoulaziz DEME
Observateur de la vie politique et économique en Mauritanie.
Le 26 Février 2026
La modernisation de l’action publique est devenue une exigence incontournable. L’efficacité, la rapidité d’exécution et la transparence dans la gestion des projets publics sont désormais au cœur des attentes des citoyens comme des partenaires techniques et financiers.
Dans cette dynamique, l’idée de délester les Secrétaires Généraux des ministères de leur rôle d’ordonnateur des dépenses sur les projets, pour le confier directement aux chefs de projets, apparaît à première vue comme une réforme audacieuse et pragmatique.
Sur le principe, la logique est séduisante.
Rapprocher la décision financière du terrain permettrait d’accélérer l’exécution budgétaire, de réduire les lourdeurs administratives et de responsabiliser davantage les équipes opérationnelles. Une gestion directe par projet offre aussi une meilleure lisibilité des coûts et une évaluation plus précise des performances.
Mais toute réforme technique porte en elle une dimension politique et institutionnelle.
Multiplier les ordonnateurs, c’est aussi multiplier les centres de décision financière. Et sans garde-fous solides, cela peut conduire à un éparpillement des responsabilités, à une dilution du contrôle hiérarchique et, dans le pire des cas, à l’émergence de foyers de gabegie difficiles à maîtriser.
Le Secrétaire Général n’est pas seulement un signataire administratif. Il est un pivot de cohérence budgétaire, un garant de l’alignement stratégique des projets avec les priorités du ministère. L’écarter totalement du circuit d’ordonnancement reviendrait à affaiblir un maillon essentiel de la chaîne de gouvernance financière.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut réformer,
la question est de savoir comment réformer ?
Une décentralisation financière réussie suppose :
■Un cadre juridique clair définissant les responsabilités ;
■Un contrôle interne renforcé et indépendant ;
■Des audits réguliers et systématiques ;
■Une formation rigoureuse des chefs de projets en finances publiques ;
■Un maintien d’un pouvoir de supervision stratégique au niveau du Secrétariat Général.
Réformer sans sécuriser, c’est déplacer le risque sans le réduire.
Décentraliser sans responsabiliser clairement, c’est créer une illusion d’efficacité.
L’État moderne n’est ni excessivement centralisé ni anarchiquement fragmenté. Il est organisé, cohérent et rigoureux. La performance publique ne se décrète pas par transfert de signature ; elle se construit par l’équilibre entre autonomie et contrôle.
Oui à la modernisation, à la responsabilisation des chefs de projets, mais dans un cadre maîtrisé, progressif et évalué.
Car en matière de finances publiques, la souplesse doit toujours marcher aux côtés de la rigueur.
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme du parti visant à élargir sa présence nationale et à renforcer ses structures organisationnelles, le parti a dépêché le Dr El Hadrami Abdel Salam, Conseiller du Président du parti chargé de l’encadrement et de la formation politique, en mission officielle dans la wilaya du Hodh Ech Chargui.
La mission de la délégation consistait à superviser l’ouverture d’une section du parti au niveau de la moughataa de Néma, marquant ainsi l’inauguration officielle du siège du parti dans la ville.
La rencontre a connu une participation diversifiée et de qualité, reflétant l’adhésion croissante des différentes composantes du peuple mauritanien au projet politique du parti. À l’issue de discussions approfondies et responsables, les propositions organisationnelles ont été adoptées à l’unanimité, aboutissant à la mise en place officielle de la section du parti dans un climat consensuel et constructif.
Cette section constitue le noyau du lancement effectif de l’action politique du parti dans le Hodh Ech Chargui, en prélude à la préparation des prochaines échéances législatives, régionales et municipales.