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Mahadra El Mouyessar relevant de Boutilimit : décès dans des circonstances non encore élucidées d’un talibé

La famille de l’étudiant de la Mahadra décédé dans des circonstances non encore élucidées, Sidi Mohamed Ould Mahfoud a déclaré que son fils avait été battu et négligé avant sa mort à la Mahadra d’Aboubakr (Al-Mabrouk) dans la commune d’El Mouyassar, dans la moughata de Boutilimitt.

Dans un communiqué qu’elle a publié, la famille a indiqué que les témoignages fournis par les accompagnateurs de l’enfant à la mahadra, à savoir son oncle (18 ans) et son frère (16 ans), qui ont également témoigné devant la gendarmerie nationale, ont révélé que l’enfant avait commencé à tomber malade le 17 janvier, avec une forte fièvre et des frissons qui ont duré plusieurs jours, avant que son état ne s’aggrave et qu’il ne développe un gonflement important de la gorge qui l’empêchait d’avaler.

Elle a précisé que les surveillants se sont contentés de lui donner des analgésiques, tout en le soumettant à des coups répétés de la part d’un certain Al-Qasim, en éloignant parfois ses frères de lui et en leur faisant croire qu’il faisait semblant de s’évanouir.

La famille a indiqué que l’enfant demandait à ses frères d’informer ses parents de son état de santé, leur reprochant leur incapacité à faire passer le message.

Elle a indiqué que les derniers jours de l’enfant avaient été marqués par une difficulté à exprimer ses sentiments et l’approche de sa mort, ainsi que par des périodes de délire, tandis que les surveillants tentaient de le nourrir de force avec des pommes de terre chaudes écrasées, en raison de l’obstruction de sa gorge et de son incapacité totale à avaler.

Les accompagnateurs ont rapporté que le cheikh de la Mahadra l’avait giflé en lui disant : « Monsieur, reste tranquille, tu sais que tu n’as rien du tout. »

Avec la détérioration de son état de santé, l’enfant est devenu incapable de contrôler ses besoins physiologiques, et les surveillants ont commencé à avoir peur de s’approcher de lui.

Elle a indiqué que l’enfant est décédé vers 18 heures le 1er février et que son corps a été transporté à l’hôpital Cheikh Zayed de Nouakchott vers 20 h 30, où le personnel médical a informé les accompagnateurs que le décès était survenu plusieurs heures auparavant et a refusé de remettre le corps sans la présence de la famille et sans pièce d’identité de l’enfant.

La famille a déclaré que les autorités administratives et sécuritaires avaient traité l’affaire de manière positive et responsable et avaient recueilli les informations nécessaires avant de déposer la plainte officielle aujourd’hui.

Des cadres de Kaédi lancent un appel citoyen au Président de la République pour l’arrêt de démolition d’une Ecole du patrimoine

Initiative Citoyenne de Cadres de Kaédi a lancé un appel citoyen au Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à travers lequel, les cadres du Gorgol attirent l’attention de son Excellence sur la démolition d’une école à Kaédi en pleine année scolaire.

Il s’agit de bâtiments historiques de l’École 1 de Kaédi, un établissement fondé au début des années 1950 et qui a contribué à former de nombreux cadres depuis l’indépendance du pays, indique ledit appel citoyen dont ci-après l’intégralité :

 

A Monsieur le Président de la République, Mohamed Cheikh Ould Ghazouani

Objet : Démolition d’une école à Kaédi : Un appel Citoyen

Excellence Monsieur le Président de la République,

Quelques jours avant votre visite officielle dans la Wilaya du Gorgol, tant attendue avec enthousiasme et espoir par ses habitants et ceux de Kaédi en particulier, nous sommes désolés de devoir nous adresser à vous ainsi pour attirer votre attention sur des événements aussi surprenants que graves qui viennent de se dérouler à Kaédi, et pour lesquels nous demandons votre intervention décisive.

De récentes images frappantes diffusées sur les réseaux sociaux montrent la destruction, en pleine année scolaire, de bâtiments historiques de l’École 1 de Kaédi, un établissement fondé au début des années 1950 et qui a contribué à former de nombreux cadres depuis l’indépendance du pays. Cette démolition surprend d’autant plus que ni le Conseil municipal de Kaédi, normalement chargé des écoles primaires, ni les habitants n’ont été consultés à ce sujet.

Selon les éléments dont nous disposons, ces démolitions sont justifiées par la nécessité d’agrandir le terrain destiné à la construction d’un dispensaire Mère et Enfant à Kaédi, qui sera réalisé sous votre haute autorité.

Si la population de Kaédi accueille avec honneur et fierté ce projet, il reste surprenant que la création de cet établissement de santé implique la destruction de salles de classe déjà jugées insuffisantes, surtout à un moment où l’école républicaine, initiative politique portée par vous-même et soutenue par nos soins, est promue. De plus, cette école représente un élément essentiel du patrimoine culturel de la ville et incarne une part de l’identité affective des habitants, puisque bon nombre de leurs enfants ont fréquenté ce haut lieu de l’enseignement primaire.

Nous sollicitons votre discernement ainsi que votre engagement envers la justice et la qualité du travail afin de mettre un terme à cette situation et d’envisager des solutions alternatives.

Nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre considération distinguée.

 

Les signataires 

Signataires de l’appel citoyen ‘Ecole 1 de Kaédi’

1     Amadou Oumar Ba   +222 46491812

2     Cheikh Saadbouh Tandia +222 44244424

3     Ahmadou Bal dit Zakaria       +1(283) 225-2949

4     Mohamadou Abdoul Majid Niang      +222 46768741

5     Elhabibou Chérif Sanghott    +1(216) 319-9601

6     Abdoulaye Lassana Diagana  +222 46493450

7     Souleymane Lo  +222 46879929

8     Cheikh Tahara Baradji dit Nkono +222 46456210

9     Diewo Camara   +222 36308561

10   Mama Thierno Ndiaye    +222 46406887

11   Abdoul Tandia   +222 36459205

12   Hapsa Sow  +222 46462211

13   Oumou Diallo Sy      + 221 771859536

14   Moussa Bathily Ba   +222 47654118

15   Mamoudou Abderrahim Toure     +222 34171649

16   Cire Gatta Ba     +33 665138161

Kaédi, le 02 février 2026
****

Ampliation :

S.E.M. le Ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement Local

S.E.M. le Ministre de l’Education et de la Réforme de l’Enseignement

S.E. Mme. la Ministre de l’Habitat de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire

Monsieur le Wali du Gorgol

Monsieur le Président du Conseil Régional du Gorgol

Monsieur le Hakem de la Moughataa de Kaédi

Monsieur le Maire de Kaédi

 

 

 

Notes d’un Professeur

Moi, je dérange. Je traîne avec moi une tare que nulle rédemption ne corrige : la mémoire. Dans cette ville de sable et d’amnésie, se souvenir est un défaut social, une entrave à l’ascension, presque une faute morale. Ici, tout le monde se réinvente, renie son passé pour ne pas entraver son présent tant il le contredit.

Je les observe défiler dans leurs voitures rutilantes, vitres fumées telles des paupières closes sur ce qu’ils furent. Je les ai connus quand leurs vêtements n’étaient que lambeaux de dignité, quand la poussière adhérait à leur peau comme une vérité indélébile. Aujourd’hui, ils drapent leur médiocrité dans des costumes importés et manient le verbe avec l’assurance de ceux qui ont compris : le pouvoir ne naît pas de l’action, mais de l’art de baratiner, volubile, flagorneur, parlant fort et longtemps sans rien dire de substantiel.

Ils ont appris à discourir avant d’apprendre à bâtir. Leurs mots ne nomment plus le réel, ils le maquillent.

Regardez cet homme, là-bas, dans l’hémicycle feutré. Hier encore, il faisait antichambre pour mendier une audience ; aujourd’hui, il incarne l’État. Son secret ? Ni génie, ni courage. Il est simplement protéiforme. Un caméléon sémantique.

Avec le puissant, il adopte une voix de soie, des phrases sinueuses où la loyauté rampe dans chaque virgule. Avec l’étranger, il déploie un lexique calibré : « ouverture », « réformes », « dialogue inclusif » — monnaie d’échange pour rassurer les bailleurs de fonds. Avec l’ami comme avec l’ennemi, il se fait serpent : mielleux en surface, mortel dans le silence subséquent. Cyberharcèlement au besoin.

Ici, l’éloquence néfaste a dévoré la vertu.

Certains sont devenus méconnaissables. La misère s’est retirée de leurs traits comme une marée basse. En Mauritanie, soyons lucides : devenir richard en un clin d’œil n’a rien d’un miracle divin. Il suffit de trouver le bon tunnel, d’en verrouiller l’entrée, et l’on se retrouve propulsé manu militari au sommet de la pyramide.

À Nouakchott, l’ascension n’est pas une escalade, c’est une éjection. Le matin, tu comptes tes quelques ouguiyas pour un thé amer, tu joues ton destin au poker des alliances, tu courtises l’ombre des grands, tu danses la nuit lors des mariages des nantis. Le soir, tu trônes à la table des notables. Tu es devenu la « coqueluche », la nouvelle cible des prédatrices de salon. Tu as ta part du gâteau, tu es respecté.

C’est une alchimie brutale. On change de quartier, de femme, d’amis. Mais surtout, on change de lexique. Les mots besoin, faim, justice ou compassion sont rayés d’un trait de plume. Ils cèdent la place à partenariat, stabilité, influence. La pitié a laissé place au mépris souverain des parvenus.

Le problème n’est pas qu’ils montent. Le drame, c’est qu’une fois juchés sur les hauteurs, ils brûlent l’échelle. Ils s’assurent que nul ne viendra leur rappeler l’odeur de la sueur dont ils sont issus.

Moi, j’écris tout cela dans un carnet usé. Je suis le grain de sable dans leur mécanique de velours. Un ami aisé — exception à la règle de cette bourgeoisie indue — m’invite par habitude. À mon arrivée, ils fuient mon regard. Ils savent que je possède la table de conjugaison de leur imposture.

Récemment, lors d’une réception mondaine sous des lumières froides, l’un d’eux s’est avancé vers moi. Il m’a reconnu avant que je n’esquisse un geste. Son sourire était de porcelaine, mais ses yeux ont vacillé une fraction de seconde : le temps pour l’enfant qu’il fut de trahir l’homme qu’il feignait d’être.

— Professeur…

Le mot a ricoché contre ses dents trop blanches. C’était un ancien de ma promotion. Jadis discret, brillant par son absence de scrupules plutôt que par son travail. Aujourd’hui ? Conseiller spécial de je ne sais quelle éminence. Costume italien, montre suisse, conscience sous garantie. Il m’a débité son chapelet de « vision stratégique » et de « réalisme politique ». Je l’ai laissé parler. Le silence est parfois la plus cruelle des autopsies.

Je lui ai demandé, d’une voix neutre :
— Et la justice, tu l’as rangée dans quel tiroir ? Tu te rappelles quand tu as abandonné l’école ? Comment es-tu devenu haut fonctionnaire ?

Il a ri. Un rire sec, institutionnel, sans joie et sans honte. À cet instant, j’ai compris que je ne parlais plus à un homme, mais à une fonction. L’élève paresseux et opportuniste avait muté en un rouage parfaitement huilé.

Je l’ai regardé s’éloigner, porté par les applaudissements polis et les complicités de couloir. Je suis resté seul avec mon carnet et ma mémoire. Dans ce pays qui redoute ceux qui se souviennent, je continuerai de noter chaque trahison. Car tant qu’un seul mot vrai survivra dans l’ombre, leur mensonge ne sera jamais tout à fait tranquille.

L’Orfèvre des Nuits Discrètes

À la périphérie de ce cercle d’hommes aux ventres repus, elle est apparue. Elle ne marche pas, elle glisse, portée par une aura qui fait taire les conversations à son passage. Zahra.

Dans l’amphithéâtre de mes souvenirs, elle était déjà cette beauté incendiaire, capable de dérégler la respiration des garçons d’un simple regard. Mais la beauté, en Mauritanie, n’est qu’un capital. Zahra l’a compris très tôt : la sienne ne serait pas gaspillée dans les corvées domestiques d’un mariage de quartier. Elle en a fait un levier, une arme de précision, une clé ouvrant les coffres-forts les plus hermétiques.

Elle est devenue la « chasseuse en série » des sommets. Sa proie ? Le haut fonctionnaire en mal d’exotisme ou l’homme d’affaires dont le compte en banque déborde autant que l’ennui conjugal.

Le contrat de l’ombre

Sa méthode est d’une efficacité chirurgicale. Elle ne demande pas de bijoux ; elle propose un pacte : le mariage secret. Elle offre l’illusion de la passion pure, loin des exigences familiales et des obligations de l’épouse légitime. En échange, elle érige son empire. Un terrain à Soukouk, une villa à Tevragh Zeina, des contrats pour son établissement. Chaque « oui » prononcé devant un marabout complaisant ajoute un étage à son ascension.

Elle ne collectionne pas les amants ; elle collectionne les titres de propriété.

Le duel des regards

Elle s’est approchée de moi, sa melhafa de soie multicolore exhalant un parfum de oud qui vaut peut-être mon salaire annuel.

— Toujours avec votre carnet, mon pauvre professeur ? me lança-t-elle, une lueur de défi dans ses yeux sombres. Tu dois être fatigué d’écrire tes leçons et tes poèmes au tableau. Tes amis prospèrent pendant que tu crèves dans l’enseignement. La vie est plus douce quand on ferme un peu les yeux… et qu’on ouvre habilement la bouche. Tu aurais pu accéder à la bonne société. Tu as choisi un métier qui ne permet pas de s’épanouir, même en regardant tes élèves qui te surpassent en réussite. L’enseignement est un métier ingrat. Qu’as-tu accompli ? La retraite n’est pas loin… Écoute, pauvre professeur têtu : l’innocence et la rectitude ne remplissent ni le ventre ni le réservoir d’une voiture de luxe, murmura-t-elle avec un sourire qui n’atteignait plus ses yeux. Dans ce pays, Professeur, on est soit prédateur, soit bétail. J’ai choisi mon camp. C’est un conseil que je te donne : tant que tu seras enseignant, tu habiteras dans un quartier pauvre. Tu as choisi le bétail.

Elle s’est éloignée pour rejoindre un ministre qui tremblait légèrement en l’accueillant. Elle est le miroir de notre société : une beauté de façade bâtie sur des secrets honteux, une richesse accumulée dans les alcôves du pouvoir.

Moi, j’ai noté la métamorphose de Zahra, l’orfèvre des nuits discrètes, celle qui transforme les serments clandestins en lingots d’or. Elle aussi brûle l’échelle, mais elle le fait avec une allumette de luxe, tout en vous regardant droit dans les yeux.

Voilà. Je dérange. Je ne suis pas le bienvenu. C’est ennuyeux…

Eléya Mohamed
Notes d’un vieux professeur

* Titre non officiel : Carnet : notes d’un professeur sur le paradoxe d’ascension dans le sérail et de luxe dans la société* ‘

Le Président de la République qualifie l’éducation de priorité nationale

Le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s’est engagé, aujourd’hui samedi 24 janvier courant, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’éducation, à faire une priorité nationale.

C’est ce qu’indique un tweet du Président posté sur son compte X, motivant cette priorité par le fait que l’éducation « joue un rôle essentiel dans la réalisation du bien-être, l’instauration de la justice et la construction d’un avenir meilleur pour notre peuple ».

Le Gouvernement compte réceptionner, dans le cadre de cette priorité nationale, réceptionner en 2026,  l’ensemble des infrastructures scolaires programmées au titre du volet Éducation de la première phase du programme d’urgence pour la généralisation de l’accès aux services essentiels pour le développement local.

Ce qui porte sur plus de 3 000 salles de nouvelles classe destinées à l’enseignement fondamental et secondaire.

Chaque année, le 24 janvier, le monde célèbre la Journée internationale de l’éducation, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour rappeler le rôle central de l’éducation dans la construction de sociétés pacifiques, justes et durables, rappelle-t-on.
En 2026, l’UNESCO met à l’honneur un thème plus que jamais d’actualité : « Le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation »

 

Renforcement de l’enseignement supérieur : le Gouvernement table sur le recrutement de 120 professeurs universitaires en 2026

Université de Nouakchott Alaasriya | Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Les 3000 fonctionnaires que le Gouvernement mauritanien compte recruter cette année dans la fonction publiques, tel que annoncé hier jeudi 22 janvier courant par le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, à l’occasion de son plaidoyer auprès des députés pour soutenir les perspectives d’action de son staff se répartissent selon les domaines de spécialité comme suit :

  • Justice  : 40 magistrats, 60 greffiers, 60 juristes,
  • Enseignement supérieur : 120 professeurs d’université,
  • Santé : 1190 médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes
  • Ingénierie : 245 ingénieurs et techniciens supérieurs dans diverses spécialités
  • Finances, économie, planification : 190 spécialistes
  • Douanes :  270 officiers, contrôleurs et agents des douanes,
  • Police de l’environnement et des gardes forestiers : 160 inspecteurs et contrôleurs
  • Elevage : 50 vétérinaires et techniciens en santé et production animale
  • Jeunesse et sports : 30 animateurs de jeunesse et de sport,
  • Surveillance des prix  : 18 contrôleurs des prix
  • Enseignement préscolaire et des écoles de promotion sociale pour les personnes handicapées : 170 formateurs
  • Rédacteurs d’administration : 20
  • Spécialistes du protocole : 10
  •  Contractuels (secrétaires, chauffeurs, gardiens, etc.) : plus de 300

 

Nos langues nationales sont notre seule garantie d’indépendance et de développement…

Lo Gourmo Abdoul

La revendication d’une réforme du système d’éducation fondée sur l’enseignement de nos quatre langues nationales ne date pas d’aujourd’hui. Elle a toujours figuré parmi les exigences des patriotes de toutes nos communautés. Le MND en faisait déjà entre 1969-70 et 1978-79, l’un des points essentiels de sa plate-forme de lutte contre le néocolonialisme et pour une réelle indépendance nationale, à côté de la nationalisation de la MIFERMA, de la création d’une monnaie nationale, de la lutte contre l’esclavage et la féodalité et de la solution de la question nationale sur la base de l’égalité entre nos ethnies. Le régime du Président Khouna Ould Haîdalla s’est inspiré de cette plate-forme pour engager la réforme de 1979 au moment oû une grave crise scolaire menaçait de basculer en affrontements identitaires. Ceux qui invoquent les systèmes éducatifs en vigueur chez nos voisins, en particulier le Sénégal ou le Mali oû la langue d’enseignement est la langue française, considérée comme la seule langue officielle, le font par méconnaissance ou par oubli de la réalité distincte des niveaux de développement des luttes populaires dans nos différents pays. Au Sénégal, par exemple, And Jëff/ MRDN ( frere du MND) avait la même revendication en matière d’officialisation et d’enseignement des langues nationales que les forces révolutionnaires en Mauritanie. Il en allait de même d’ailleurs des autres revendications nationales- democratiques fondamentalement identiques. En Mauritanie autant qu’au Sénégal, par exemple, des 2 cotés du fleuve, les campagnes d’alphabétisation et de vulgarisation culturelle (chants, ballets, poésie et théâtre patriotiques…) étaient menées par les courants clandestins dans nos langues nationales ( arabe, wolof, pulaar, soniinke, serere, diola etc).Nombre de ceux qui, aujourd’hui, sont des experts reconnus en matière de promotion et développement académique des langues negroafricaines ont acquis leur science et leur expertise, au cours de cette période et au sein des mouvements de masse initiés par ces organisations clandestines. En Mauritanie, l’influence culturelle du MND sur la classe politique dans son ensemble à été si hégémonique jusqu’au début des années 80 que les régimes aussi bien de feu le Président Mocktar Ould Daddah que des militaires ont dû tenir compte de certaines de leurs revendications populaires. Donc, si au Sénégal ou au Mali ou ailleurs en Afrique, la tendance à la revendication d’un système d’enseignement basé sur les langues nationales s’est beaucoup affaiblie , cela tient aux aléas de la vie politique et sociale de ces pays et non à l’inexistence historique d’une telle demande. Il en a été ainsi jusqu’à tout récemment en ce qui concerne le sort du Franc CFA. Chez nous, cette question est réglée depuis 1973. En Afrique de l’ouest le sort du CFa n’a été scellé dans sa forme néocoloniale brutale que très récemment, en dépit des résistances de certaines forces conservatrices. Donc être seul à revendiquer une cause ne signifie pas que cette cause n’est pas juste et ne mérite pas d’être defendue. D’ailleurs, fatalement, tous les autres pays africains finiront par réajuster leur système éducatif dont la crise larvée archi connue, provient en partie de son caractère extraverti sur le plan linguistique . Partout le sort du français comme langue d’enseignement hégémonique est voué à l’échec dés lors qu’il étouffe le plein épanouissement de nos langues nationales. Celà ne signifie nullement qu’il faut se débarrasser du français comme langue d’ouverture et de communication interafricaine. Au contraire. Celà signifie qu’il faut la réajuster et lui donner un statut spécifique non attentatoire à celui des langues africaines.

Le tout est de cesser de voir en nos langues de simples objets folkloriques ou de loisir mais comme les seuls vrais outils de notre indépendance collective et de notre réel développement. A condition qu’elles soient des langues officielles, c’est à dire celles que parlent nos Etats à nos populations.

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