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Le Parquet général révèle les circonstances d’arrestation de l’activiste Warda Souleymane

Le parquet général de Nouakchott Ouest a clarifié dans un communiqué, les circonstances de l’arrestation de Maimouna Mint Sleymane, dite « Warda », apportant un démenti catégorique aux informations diffusées sur les réseaux sociaux et faisant état des motifs de son arrestation.

 

« Nous avons récemment constaté la circulation sur les réseaux sociaux d’informations inexactes et mensongères concernant les motifs de l’arrestation de Maïmouna Mint Sleymane, dite « Warda », indique, ledit communiqué.

 

Warda faisait l’objet avant son arrestation, d’une enquête pénale relative au dossier n° 1082/2025, précise le parquet général, selon lequel, Mint Sleymane était placée sous contrôle judiciaire dans l’attente des résultats de l’instruction.

Toujours selon le communiqué précité, il a été constaté qu’elle avait manqué aux obligations découlant de ce contrôle, d’où l’émission d’un mandat d’arrêt, conformément à la procédure légale.

 

Il convient également de noter que l’exécution du mandat d’arrêt a été retardée car elle se trouvait hors de Nouakchott, souligne le parquet, selon lequel, le mandat dont elle fait l’objet a été exécuté à son retour, conformément à la procédure légale.

 

« Par conséquent, les motifs de son arrestation n’ont aucun lien avec les déclarations qui lui sont attribuées concernant des personnes détenues par les services de sécurité », précise le communiqué.

Ces déclarations font toujours l’objet d’une notification auprès du Parquet général de la part de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel, et le Parquet général n’a pris, à ce jour, aucune mesure à ce sujet, ajoute cette autorité.

 

Le parquet conclut en réaffirmant son engagement à appliquer la loi en toute impartialité et indépendance, et appelle à faire preuve de rigueur et à éviter la diffusion d’informations non vérifiées.

 

 

Monsieur le Député, Il est des moments dans l’histoire d’un pays où la parole publique cesse d’être un simple instrument de positionnement pour devenir une épreuve de responsabilité. Nous sommes, me semble-t-il, à l’un de ces moments décisifs.

Votre trajectoire, votre combat, votre nom même, ne relèvent plus seulement du registre politique : ils appartiennent désormais à une mémoire collective, à une lutte qui a traversé les consciences et contribué à déplacer les lignes du possible en Mauritanie.
C’est précisément pour cette raison que cette lettre se veut à la fois respectueuse et exigeante. Respectueuse de votre engagement indéniable contre les formes historiques et contemporaines de domination ; exigeante parce que toute figure majeure, lorsqu’elle accède à ce degré de centralité, se voit investie d’une responsabilité supérieure : celle de savoir non seulement dénoncer, mais aussi préserver, orienter, apaiser lorsque cela devient nécessaire.
Vous avez incarné, et continuez d’incarner, une voix qui dérange, qui interpelle, qui refuse les silences confortables. Cette voix a été essentielle. Elle a permis de nommer des réalités que d’autres préféraient ignorer. Elle a forcé le débat. Elle a donné une visibilité à des souffrances longtemps marginalisées. Mais toute parole qui transforme le réel finit, à un moment donné, par se heurter à une autre exigence : celle de mesurer ses effets dans un contexte où la tension sociale peut basculer.
C’est ici que se situe le cœur de cette interpellation.
Aujourd’hui, la Mauritanie n’est plus celle d’hier. Non pas que les injustices aient disparu — elles persistent, parfois avec la même brutalité silencieuse — mais leur nature s’est transformée, déplacée, recomposée. L’esclavage, tel qu’il a été historiquement dénoncé, ne constitue plus l’unique matrice de lecture des rapports sociaux. Il subsiste des traces, des héritages, des situations inacceptables — nul ne peut le nier — mais la réalité dominante semble désormais être celle d’une injustice plus diffuse, plus transversale, qui touche différentes composantes de la société, y compris les Haratines, mais sans s’y limiter.
Réduire la complexité actuelle à une seule grille de lecture comporte un risque : celui d’enfermer la lutte dans une forme d’absolu qui, paradoxalement, peut limiter son efficacité et accroître les tensions qu’elle entend combattre.
Vous le savez mieux que quiconque : les sociétés ne se transforment pas uniquement par la confrontation. Elles se transforment aussi par des moments de suspension, de réévaluation, de déplacement stratégique. Il ne s’agit pas de renoncer. Il s’agit de choisir le moment, le ton, la forme.
La confrontation permanente, lorsqu’elle devient un horizon en soi, peut produire des effets contraires à ceux qu’elle vise. Elle peut renforcer les peurs, rigidifier les positions, enfermer chacun dans son camp. Elle peut, surtout, exposer des citoyens ordinaires — souvent les plus vulnérables — à des conséquences qu’ils ne maîtrisent pas.
Et c’est là que surgit une question fondamentale, presque tragique dans sa formulation : que vaut une cause, aussi juste soit-elle, si elle conduit à sacrifier ceux-là mêmes qu’elle prétend défendre ?
Il ne s’agit pas ici d’un renoncement moral. Il s’agit d’un déplacement de la responsabilité. Le véritable courage politique ne réside pas uniquement dans la dénonciation, mais dans la capacité à protéger, à éviter que des tensions légitimes ne se transforment en fractures irréversibles.
Vous avez, à un moment donné, engagé une démarche différente. Un moment rare dans la vie politique mauritanienne : celui d’un rapprochement, d’une tentative de dialogue avec le pouvoir de Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani. Vous avez vous-même reconnu, publiquement, avoir trouvé en lui un « ami ». Ce mot n’est pas anodin. Il dépasse la simple cordialité politique. Il suggère une possibilité : celle d’un espace de confiance, fragile mais réel, où la parole peut circuler autrement que dans l’opposition frontale.
Pourquoi ne pas revisiter ce moment ? Non pas comme une parenthèse, mais comme une piste stratégique.
Le dialogue n’est pas une faiblesse. Il est, dans certaines configurations, la forme la plus exigeante de la lutte. Il suppose de renoncer à la pureté du conflit pour entrer dans la complexité du compromis — non pas un compromis de renoncement, mais un compromis de transformation progressive.
Il ne s’agit pas d’oublier les injustices. Il s’agit de les inscrire dans une dynamique où leur résolution devient possible sans produire de nouvelles fractures.
Votre position actuelle vous place à un carrefour. Vous pouvez continuer à incarner une ligne de confrontation permanente, avec les risques qu’elle comporte dans un contexte social sensible. Ou vous pouvez opérer un déplacement stratégique : maintenir la fermeté sur les principes, tout en ouvrant des espaces de désescalade.
Ce choix n’est pas seulement politique. Il est profondément humain.
Car au-delà des concepts, des discours et des analyses, il y a des vies. Des citoyens, parfois jeunes, parfois désorientés, parfois facilement mobilisables, qui peuvent devenir les instruments d’une tension qui les dépasse. Les préserver, c’est peut-être aujourd’hui la forme la plus haute de responsabilité.
Accepter, si nécessaire, de ralentir une ambition politique — non pour y renoncer, mais pour la reconfigurer — peut apparaître comme une perte à court terme. Mais c’est souvent, dans l’histoire, ce type de geste qui ouvre des possibilités durables.
Les grandes figures politiques ne sont pas seulement jugées à l’intensité de leur combat, mais à leur capacité à en maîtriser les effets.
Vous avez déjà marqué l’histoire politique de la Mauritanie. La question qui se pose désormais est la suivante : comment inscrire cette trajectoire dans une perspective qui dépasse le conflit immédiat pour ouvrir un horizon de stabilité, de justice et de coexistence ?
La Mauritanie a besoin de voix fortes. Mais elle a aussi besoin de voix capables de moduler leur intensité en fonction des risques du moment. Elle a besoin de leaders capables de dire « non », mais aussi, lorsque cela devient nécessaire, de dire « avançons autrement ».
Ce n’est pas une demande de renoncement. C’est une invitation à une forme plus complexe de courage.
Le courage de suspendre.
Le courage de réévaluer.
Le courage de protéger.
Peut-être est-ce là, aujourd’hui, la tâche la plus difficile — et donc la plus nécessaire.
Veuillez croire, Monsieur le Député, en l’expression d’une considération à la hauteur de l’enjeu que vous incarnez.
Fin

Sneiba Mohamed,
Professeur à la veille de la retraite
Journaliste
Ancien d’El Hor et de la première opposition (1989-2005).

Rencontre entre le président Ghazouani et la diaspora mauritanienne

Le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rencontré, ce vendredi soir, à sa résidence à l’hôtel Le Bristol dans la capitale française Paris, des membres de la communauté mauritanienne établie à l’Hexagone dont ses représentants.

Ce tête-à-tête intervient selon des sources officielles, dans le cadre de la visite d’État effectuée par Ghazouani à la France, dont aujourd’hui est le troisième.

Le Chef de l’État vise à travers cette rencontre avec la diaspora à renforcer le contact direct avec les citoyens vivant à l’étranger, indique-t-on.

Ghazouani a écouté les principales préoccupations exprimées par ses interlocuteurs et pris connaissance de leurs conditions de vie, apprend-on.

Les échanges entre le Président et la communauté mauritanienne expatriée se sont déroulés dans un esprit d’échange et de proximité « visant à consolider les liens entre la diaspora et les institutions nationales », dit-on.

Candidature au poste de SG de lOIF : Mme Coumba Ba officiellement investie par Nouakchott

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur a annoncé aujourd’hui vendredi 17 avril courant, l’investiture de la candidature de Mme Coumba Ba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Cette investiture témoigne de l’engagement de la Mauritanie à soutenir une Francophonie dynamique, capable de relever les défis actuels, indique un communiqué de la diplomatie mauritanienne

Mme Coumba Ba avait occupé par le passé plusieurs postes ministériels, notamment celui de ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration.

Elle avait officié également en sa qualité de ministre-conseillère auprès de la Présidence.

Elle avait été nommée par ailleurs en 2024, au poste d’Envoyée spéciale du Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani auprès de l’OIF.

Mauritanie-France : la sécurité au menu du premier jour de la visite de Mohamed Ould Ghazouani

Arrivé en France le 15 avril pour une visite d’État de trois jours, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s’est entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron, notamment sur les défis sécuritaires.

Emmanuel Macron a salué à cette occasion la « responsabilité » de la Mauritanie, dont il a reçu le président, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en visite d’État en France, pour « son rôle dans une région sahélienne profondément déstabilisée ».

« La Mauritanie fait la démonstration que face à ces défis, une voie d’indépendance stratégique, de responsabilité est possible », a souligné le chef de l’État français en saluant « très solennellement » l’action de son homologue. Il a évoqué une « volonté d’agir ensemble » avec ce « partenaire-clé de la France », « en soutien des efforts des pays de la région pour éviter une déstabilisation encore plus grande ».

« Sahel », « sécurité » et « migration »

Mohamed Ould Ghazouani est arrivé en France ce 15 avril, pour une visite d’État de trois jours qui constitue une première pour un président mauritanien depuis plus de 30 ans. D’abord accueilli par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, il a reçu les honneurs militaires aux Invalides avant de se rendre à l’Élysée pour un entretien avec son homologue, Emmanuel Macron.

Nouakchott fait figure de partenaire privilégié de la France, et plus largement des Européens, au Sahel alors que le Mali, le Burkina et le Niger se sont détournés de leurs anciens alliés depuis l’accession au pouvoir de juntes souverainistes. Lors des échanges, le président français a donc particulièrement insisté sur les questions de sécurité. Une source diplomatique malienne a d’ailleurs résumé ainsi la teneur des échanges : « Sahel », « sécurité » et « migration ».

A lire : Crise entre la Mauritanie et le Mali : face à Ghazouani, Goïta a-t-il franchi la « ligne rouge » ?

« La question sécuritaire au Sahel demeure une priorité majeure », a assuré le président mauritanien, défendant son « approche globale combinant prévention, présence de l’État et dialogue » qui, selon lui, « nous a permis de préserver une stabilité relative ». « Malheureusement, au regard des données factuelles du terrain et des dynamiques actuellement en œuvre au Sahel central, la perspective d’un enlisement de la situation, voire son expansion géographique, ne peut être exclue », a-t-il prévenu.

« Les conséquences, dans une telle perspective, seraient catastrophiques pour l’ensemble de la région et affecteraient significativement les schémas migratoires mondiaux », a-t-il insisté, prônant un renforcement de la coopération avec la France.

De son côté, Emmanuel Macron a remercié son homologue pour l’accueil « de plus de 300 000 réfugiés » dans l’est du pays en lien avec la crise sahélienne, soulignant l’engagement de l’Agence française de développement (AFD) pour soutenir les communautés hôtes. Les deux présidents ont aussi évoqué la guerre en cours au Proche-Orient et ses conséquences, notamment économiques.

La pêche au menu du deuxième jour

La visite de Mohamed Ould Ghazouani se poursuit ce 16 avril, avec au programme un entretien avec la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet puis avec le maire de Paris récemment élu, Emmanuel Grégoire. Le président mauritanien et sa délégation – qui comprend notamment le chef de la diplomatie, Mohamed Salem Ould Merzoug – se rendront ensuite à Brest, en Bretagne, en compagnie de la ministre déléguée française chargée de la Mer, Catherine Chabaud.

Le président mauritanien visitera des chantiers navals ainsi que l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). La pêche est un secteur primordial pour l’économie mauritanienne (elle représente environ 10 % de son PIB et 50 % de ses exportations), et cette visite doit permettre d’évoquer le sujet de la protection des eaux territoriales contre les bâtiments étrangers qui viennent y pêcher illégalement.

A lire : Entre exploration et répression, quand la France s’imposait en Mauritanie

Pour le troisième et dernier jour de la visite, le 17 avril, la délégation sera de retour à Paris. Après un passage par la tombe du soldat inconnu, le programme prévoit une rencontre avec la branche internationale de la principale organisation patronale française, le Medef, pour un « forum d’affaires ». L’objet étant de trouver des pistes d’accroissement des relations économiques entre les deux pays.

Selon les données fournies par Paris, la France – qui se présente comme le premier fournisseur de Nouakchott en matière d’aide publique au développement, au coude-à-coude avec les Émirats arabes unis – est le 10e partenaire commercial de la Mauritanie, loin derrière un trio de tête composé du Canada, de la Chine et de l’Algérie. La Mauritanie achète aux Français des produits agricoles, en particulier du blé, tandis que Paris importe des produits de la pêche, du minerai de fer et s’intéresse beaucoup au gisement gazier offshore exploité en commun avec le Sénégal

Jeune Afrique

Députées détenues: le président de la CNDH regrette d’être persona non grata

La Commission Nationale des Droits de l’homme (CNDH) a dépêché, lundi passé une mission pluridisciplinaire conduite par son président, M. El Bekaye Ould Abdel Maleck et composée de son secrétaire général  et de plusieurs de ses membres en plus du directeur de la protection.

Objectif présumé : visiter les lieux de détention des députées Mme Mariem Cheikh Samba Dieng et Mme Ghamou Achour Salem.

Les deux parlementaires sont placées depuis quelques jours, en garde à vue au niveau du Bureau de lutte contre la cybercriminalité à Nouakchott.

Cette visite vise, selon les responsables de la Commission, à constater sur le terrain les conditions de détention et à vérifier leur conformité avec les dispositions juridiques nationales ainsi que les normes internationales en la matière.

Toutes les deux députées ont refusé de recevoir les membres de la mission, sans que les raisons de ce Niet ne soient révélées, bien que tout porte à dire, que les parlementaires pourraient suspecter la Commission de jouer le jeu du pouvoir et de rendre leurs conditions de détention, roses à l’opinion publique.

Commentant ce refus, El Bekaye a exprimé ses regrets de ne pas avoir pu rencontrer directement ou écouter les détenues,   disant que la Commission reste disposée à les rencontrer à tout moment, ainsi que leurs avocats.

« La mission s’est appuyée sur les informations fournies par les autorités sécuritaires chargées de la garde à vue concernant leur situation, lesquelles indiquent que les conditions générales de détention sont jugées convenables », a affirmé, le président de la Commission, soit exactement, les déclarations auxquelles s’attendaient les députées, d’où leur réserve de recevoir une autorité partisane.

Persona non grata, le président de la CNDH n’a pas tari d’éloges sur les bonnes conditions de détention des députés, évoquant comme illustration, la présence d’un agent de sécurité féminin pour assurer la surveillance, afin de tenir compte des besoins spécifiques des femmes, ainsi que la prise en charge des besoins essentiels, notamment l’alimentation, les soins de santé et l’assistance liée à l’enfant.

El Bekaye a également souligné que la défense a été autorisée à accéder aux personnes détenues, mettant à profit ce fait indépendant de son autorité pour se faire du crédit auprès de l’opinion.

L’atteinte au Président de la République constitue, par principe, une atteinte à la volonté populaire qui l’a élu ainsi qu’aux institutions constitutionnelles qu’il incarne, en tant qu’élu disposant d’un mandat populaire, a précisé le Président de la commission, selon lequel, toute atteinte à sa personne, matérielle ou morale, est considérée comme une atteinte à la volonté générale.

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