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Le gouvernement des Iles Canaries en mission en Mauritanie pour faire le bilan des projets Pôle Mode et Ballon de l’Espoir

Le vice-ministre auprès du Président, Octavio Caraballo, effectuera une visite de trois jours en Mauritanie à la mi-février afin de s’informer de l’avancement de deux projets lancés par le gouvernement des îles Canaries : le Pôle Mode Mauritanie et l’initiative « Ballon de l’Espoir », pour lesquels la phase de formation a déjà débuté.

Grâce à ces initiatives, la communauté autonome entend contribuer au développement et à l’intégration sociale des populations vulnérables de ce pays africain, renforcer le sentiment d’appartenance des jeunes et, simultanément, freiner l’émigration.

Caraballo, accompagné du directeur général des relations avec l’Afrique, Luis Padilla, et de représentants de l’équipe du Laboratoire des îles responsables (IRLab), souligne que ce voyage témoigne de l’intérêt du gouvernement des îles Canaries pour la Mauritanie, d’où partent de nombreuses embarcations qui desservent l’archipel. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement régional visant à renforcer et à dynamiser ses relations avec tous les pays et régions de la zone géopolitique de l’archipel.

Le vice-ministre explique que, « à l’instar de Tierra Firme, un projet déjà mis en place dans plusieurs pays africains pour former les jeunes, ces initiatives ont pour objectif d’offrir des alternatives et des perspectives d’emploi, notamment aux femmes », contribuant ainsi à la croissance économique et à l’avenir du pays. Il réaffirme que ces personnes « peuvent désormais choisir de rester chez elles et de ne pas risquer leur vie en embarquant sur une petite embarcation », tout en valorisant les talents présents dans ces pays et qui « se perdent souvent faute de formation ».

La délégation des îles Canaries s’informera des progrès du projet de développement de l’industrie textile, lancé officiellement en octobre dernier à Nouakchott et qui rassemble déjà 45 créatrices.

Soutenu par le gouvernement des îles Canaries et la Fondation mauritanienne des îles Canaries pour le développement économique et social (FCM), le Cluster de la mode mauritanienne valorise le talent, la culture et les ressources textiles et artisanales du pays. Par ailleurs, l’équipe IRLab Agenda 2030 collabore avec diverses organisations et entreprises de l’archipel désireuses de s’associer au projet, en fournissant du matériel et des formations aux femmes qui y participent. À cette fin, elles ont reçu 21 ordinateurs offerts par le gouvernement des îles Canaries, acheminés en Mauritanie par conteneur en décembre dernier, accompagnés de matériel sportif et médical.

Un défilé de mode sera organisé en juillet afin de permettre aux créatrices de présenter leur talent et de vendre leurs créations.

Balle de l’Espoir

Le Pôle Mode et l’initiative « Ballon de l’Espoir » ont pour objectif de contribuer à l’intégration sociale des jeunes Mauritaniens, d’où l’agenda du voyage du vice-ministre auprès du Président, Octavio Caraballo visant à assister au lancement de la formation des jeunes participant à Balle de l’Espoir, un tournoi de football organisé dans les quartiers les plus défavorisés de Nouakchott, la capitale mauritanienne. Ce projet est coordonné par la Fondation canaro-mauritanienne pour le développement économique et social, la Fédération mauritanienne de football (FFRIM) et le ministère mauritanien de la Jeunesse, des Sports et des Affaires sociales. Il bénéficie du soutien du vice-ministre auprès du président du gouvernement des îles Canaries, Octavio Caraballo.

Cette initiative vise à utiliser le football comme outil d’inclusion et de transformation des vies par le sport, en offrant des opportunités aux jeunes de 18 à 25 ans, en favorisant leur intégration sociale et en luttant contre l’exode rural. Elle a également pour ambition de renforcer la cohésion sociale, de réduire la marginalisation et de promouvoir des modèles positifs dans ces quartiers.

Ainsi, 2 500 enfants pourront débuter leur entraînement grâce à du matériel offert par la Fondation du Club Sportif de Tenerife, la Fondation de l’Union Sportive de Tenerife Costa Adeje et la Fondation de la Fédération Inter-Îles de Football de Las Palmas. La Fédération Mauritanie assurera la formation technique, et un championnat sera ensuite organisé. Ce championnat sera structuré en trois zones et réunira neuf équipes composées de jeunes espoirs mauritaniens. Le projet comprend également une formation à l’organisation et à l’arbitrage pour les filles.

En décembre dernier, un conteneur de matériel sportif et éducatif a été expédié des îles Canaries pour ces initiatives, rappelle-t-on.

Relations entre les îles Canaries et la Mauritanie

Les îles Canaries entretiennent des relations étroites avec la Mauritanie, axées sur la coopération au développement, les migrations, le commerce et la formation. L’archipel est d’ailleurs le territoire espagnol qui exporte le plus vers ce pays africain, qui est son principal partenaire commercial en Afrique. En 2024, le total des exportations des îles Canaries vers la Mauritanie a dépassé 75 millions d’euros. Près de 350 entreprises canariennes exportent vers ce pays.

Parmi ces entreprises, plus de 75 sont des exportateurs réguliers.

Outre leurs exportations, près de 60 entreprises des îles Canaries opèrent régulièrement en Mauritanie. Elles sont actives dans les secteurs de l’import-export, du conseil, du commerce, du transport, de la pêche, des matériaux de construction, des services, de la restauration, de l’agroalimentaire et de l’ingénierie.

Les chambres de commerce des deux côtés de l’Atlantique ont également identifié un important potentiel commercial dans ce pays africain, notamment dans des secteurs tels que l’agriculture, l’économie bleue, les carburants, les énergies renouvelables, la formation et la santé.

L’excellente desserte aérienne entre les îles Canaries et la Mauritanie explique en partie la solidité des relations, en particulier commerciales, entre les deux pays. On estime à quelque 20 000 le nombre de Mauritaniens qui se rendent régulièrement dans les îles, y séjournant entre cinq et sept jours pour faire leurs achats ou accéder aux services de santé. Plus de 5 000 Mauritaniens résident aux îles Canaries.

Levée de l’interdiction à l’éx détenu mauritanien de Guantanamo

Le Tribunal administratif supérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a levé l’interdiction d’entrée sur le territoire allemand qui pesait sur Mohamedou Ould Slahi. Cet ancien détenu de Guantanamo est autorisé à rentrer en Allemagne. Quels sont les motifs de cette décision ?

L’histoire de Mohamedou Ould Slahi, portée à l’écran dans un film hollywoodien intitulé « Le Mauritanien », est autorisée à rentrer en Allemagne. Cette décision a été prise par le Tribunal administratif supérieur (OVG) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (arrêt du 2 février 2026, affaire n° 18 A 109/24). Mohamedou Ould Slahi a été emprisonné pendant 14 ans au camp de détention américain de Guantanamo pour ses liens présumés avec le réseau terroriste Al-Qaïda.

Originaire de Mauritanie, M. Slahi a étudié le génie électrique en Allemagne jusqu’en 1995, année où il a obtenu son diplôme. Il avait initialement reçu l’ordre de quitter l’Allemagne fin 2000 après avoir été condamné pour fraude aux prestations sociales. Il a été expulsé de son pays natal, la Mauritanie, vers la Jordanie en 2002, puis transféré en Afghanistan. Arrêté, il a été détenu à Guantanamo de 2002 à 2016. Selon son témoignage, il a subi de graves mauvais traitements et des tortures dans le camp. Les États-Unis souhaitaient obtenir de lui des informations sur des groupes terroristes après les attentats du 11 septembre 2001.

En vertu de la loi en vigueur à l’époque, son expulsion d’Allemagne entraînait une interdiction d’entrée et de séjour à durée indéterminée. En 2020, il a demandé à la ville de Duisbourg une limitation de la durée de cette interdiction. La ville lui a alors imposé une nouvelle interdiction de 20 ans, invoquant ce qu’elle considérait comme une menace terroriste persistante.

Le tribunal administratif de Düsseldorf avait déjà jugé en 2023 que cette interdiction de 20 ans était injustifiée. Il avait estimé qu’il était irrecevable de justifier rétroactivement cette interdiction par une menace terroriste. Au moment de l’imposition de l’interdiction d’entrée, le seul chef d’accusation retenu était la fraude aux prestations sociales, qui, en vertu de la nouvelle loi, ne justifie qu’une interdiction d’entrée d’une durée maximale de cinq ans.

L’interdiction d’entrée et de séjour a expiré.

La 18e chambre de la Cour administrative supérieure (OVG) a confirmé cette décision, mais pour un motif différent.

Au cours de la procédure d’appel, M. Slahi a acquis la nationalité néerlandaise et est ainsi devenu citoyen de l’Union européenne. L’interdiction d’entrée et de séjour fondée sur la fraude aux prestations sociales a donc été levée.

La disposition transitoire de la loi sur le séjour des étrangers (AufenthG), en vigueur depuis 2005 et qui garantit le maintien en vigueur des interdictions d’entrée et de séjour prononcées en vertu de l’ancienne loi (Foreigners Act 1990), comme dans le cas présent, n’est plus applicable au requérant, citoyen de l’UE bénéficiant de la libre circulation, depuis la loi de février 2024 relative à l’amélioration du rapatriement.

La menace terroriste demeure.

La question de savoir si le requérant représente actuellement une menace terroriste pour la République fédérale d’Allemagne, comme l’affirme la ville de Duisbourg, n’était pas pertinente lors de la procédure d’appel, selon la Cour administrative supérieure (OVG). La Cour a également laissé ouverte la question de savoir si une future décision concernant la perte de la liberté de circulation au sein de l’UE et une nouvelle interdiction d’entrée et de séjour pourraient être fondées sur une telle menace.

Les autorités évaluent différemment la menace terroriste que représente Slahi. La ville de Duisbourg a fondé son interdiction d’entrée renouvelée sur des informations du département de la Justice des États-Unis. Le tribunal administratif de Düsseldorf, quant à lui, a obtenu des informations de l’Office fédéral de police criminelle (BKA) indiquant que l’homme ne représente aucune menace. Le BKA ne dispose d’aucune preuve que l’homme ait continué à diffuser des idéologies islamistes internationales depuis sa libération, ni qu’il ait été actif au sein de la mouvance islamiste en Allemagne au cours des 20 dernières années.

Slahi est désormais écrivain.

L’affaire Mohamedou Ould Slahi a fait la une des journaux du monde entier. Hollywood a adapté son autobiographie, « Journal de Guantanamo », en un film intitulé « Le Mauritanien ». Sorti en 2021, le film met en scène Jodie Foster dans le rôle d’une avocate spécialisée dans les droits de l’homme et Benedict Cumberbatch dans celui d’un enquêteur. Il a également été diffusé à la télévision allemande.

Selon son avocat, Slahi travaille désormais comme écrivain. Il se rend fréquemment dans de nombreux pays européens pour ses projets, notamment pour recevoir des prix et assister aux premières de ses pièces. Il a des liens familiaux avec la région rhénane. C’est pourquoi son client souhaite être autorisé à rentrer en Allemagne, a déclaré son avocat à l’agence de presse allemande dpa. Le Tribunal administratif supérieur (OVG) n’a pas ordonné sa comparution à l’audience de Münster.

Cette décision n’est pas encore définitive. Compte tenu de l’importance fondamentale de l’affaire, l’OVG a autorisé un pourvoi devant le Tribunal administratif fédéral (BVerwG) de Leipzig.

Traduction assistée de l’allemand

Esclavage : Cet éternel esclavage en terre d’islam

Officiellement aboli dans la quasi-totalité des pays musulmans, l’esclavage en terre d’islam n’est pourtant pas un vestige du passé. Des petits talibés du Sénégal au système de caste ancestral toujours en vigueur en Mauritanie, en passant par les travailleurs immigrés exploités au Moyen-Orient, il perdure au quotidien, profitant de la résignation de victimes le plus souvent invisibilisées.

En juin 2025, près de 120 ans après l’abolition de l’esclavage par l’Espagne, dernier pays européen à adopter cette mesure, l’Arabie saoudite annonçait l’abolition du système de kafala, donnant à l’employeur le pouvoir de refuser à un travailleur migrant la possibilité de quitter le territoire ou simplement de changer de travail. Une véritable mise sous tutelle ouvrant la porte à d’innombrables abus. Cette réforme est censée emboîter le pas au Qatar, qui l’a engagée après les nombreuses polémiques ayant entouré la Coupe du monde de football 2022, durant laquelle la construction des stades s’était faite au prix de l’exploitation — et parfois de la mort par épuisement — d’une abondante main-d’œuvre immigrée. En attendant que les annonces se traduisent concrètement dans les faits, le Moyen-Orient reste la région du monde la plus touchée par le travail forcé. Du Liban à Oman, en passant par l’Arabie saoudite, le Qatar ou les Émirats arabes unis, le calvaire de milliers d’employées domestiques africaines, notamment Kényanes, a été abondamment documenté.

Bien sûr, ce phénomène existe ailleurs que dans des pays à majorité musulmane, comme en Inde ou en Chine. Mais cette persistance de l’esclavage en terre d’islam, quand il a été aboli depuis longtemps dans les pays de tradition chrétienne soulève plusieurs questions : « Pourquoi les sociétés musulmanes n’ont-elles jamais produit de discours abolitionniste avant l’arrivée des Européens ? Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de Condorcet ou de Lincoln en terre d’islam ? Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de Société des Amis des Noirs, cette société civile qui s’est battue pour mettre fin aux traites négrières ? Ce sont les Français qui ont forcé les Algériens à renoncer au commerce des Noirs en 1848, ce sont les Français qui ont fermé des marchés d’esclaves au Maroc », s’insurge l’essayiste d’origine comorienne Ferghane Azihari.

 

Les cinq derniers pays à avoir aboli l’esclavage sont le Qatar (1952), l’Arabie saoudite (1962), le Yémen (1962), Oman (1970) et la Mauritanie (1981). Une abolition souvent de façade, destinée à refléter une image de modernité à l’international. La Mauritanie, constitue un cas d’école de cette pratique persistante. « Dans les communautés négro-mauritaniennes — Wolofs, Peuls, Soninkés — subsistent des pratiques esclavagistes sous forme de castes héritées », affirme la sociologue Dieynaba N’Diom. « Il y a aussi les Arabo-berbères qui ont soumis les Haratines à l’esclavage. C’est la forme la plus effroyable et la plus visible aujourd’hui. » Et là encore, « c’est la femme qui souffre le plus, parce qu’elle subit des viols à répétition ». Une discrimination systémique, selon elle, liée à la couleur de peau — « tout Noir mauritanien subit le racisme » — mais aussi à l’influence religieuse : « On a des livres écrits par des grands savants arabes et musulmans qui cautionnent et même parlent de l’esclavage comme étant une pratique qui est partie intégrante de la religion ».

 

L’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye s’est longuement épanché sur le sujet dans le journal Le Monde, indigné face aux images de traite de migrants en Libye :  « Bien avant les théories raciales européennes du XIXᵉ siècle, existait, un paradigme de l’infériorité de l’homme noir dans le monde arabo-musulman. Le savant Ibn Khaldûn écrivait au XIVᵉ siècle : “ Les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les Nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité ; leur place se situe au stade animal. ” C’est ainsi que la castration fut planifiée et massive afin que les Noirs ne fassent pas souche, expliquant leur quasi-disparition en Turquie, au Yémen ou en Irak, et leur présence aujourd’hui très marginale au Maghreb ou en Arabie saoudite. »

 

De fait, le Coran autorise explicitement l’esclavage. Les quelques versets encourageant une certaine bienveillance n’enlèvent pas aux esclaves leur statut d’objet juridique : « Sont des croyants vertueux ceux qui préservent leur chasteté, sauf avec leurs épouses ou avec celles que possède leur main droite, car alors ils ne sont pas blâmables » (Sourate 23, Al-Mu’minûn, versets 5-6). La religion ne doit pas occulter pour autant la place primordiale de l’économie. L’histoire du royaume de Dahomey, l’ancêtre du Bénin actuel, qui avait fondé sa prospérité sur la capture et la vente d’esclaves rafflés dans les contrées voisines, offre un exemple saisissant d’un système opérant au sein même de l’Afrique noire.

 

Aujourd’hui au Sénégal, l’esclavage touche des enfants contraints de mendier dans les rues, les petits talibés, soumis à des objectifs chiffrés par leurs maîtres coraniques et souvent victimes de sévices. Au Pakistan, l’histoire d’Iqbal Masih — vendu à quatre ans, évadé à neuf, assassiné à douze ans après avoir dénoncé l’esclavage des enfants — demeure un symbole tragique. D’autant plus que la révolte semble être l’exception. Assimilée depuis l’enfance, la pratique finit par s’ancrer jusque dans les mentalités des victimes elles-mêmes : « Certains esclaves ne veulent pas être libérés. On leur a appris toute leur vie à dépendre d’un maître ; même libérés, ils se sentent perdus et incapables de s’intégrer », explique Dieynaba N’Diom. Pour elle, la lutte à mener est avant tout sociale et culturelle : « Si on veut vraiment abolir l’esclavage de manière optimale, il n’y a pas que les tribunaux et les lois, les personnes doivent être prises en charges et réintégrées ».

 

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À retenir :

Ce n’est que l’année dernière que l’Arabie Saoudite a annoncé l’abolition de la kafala. Un système engendrant de nombreuses situations d’esclavage moderne.

Dans d’autres pays musulmans comme la Mauritanie, l’esclavage est une réalité intégrée dans le quotidien de la population, malgré une abolition de façade.

Le Coran légitime explicitement cette pratique.

Les premières victimes sont souvent les femmes et les enfants

 

Par Stanislas Gabaret

La Sélection du Jour

 

Début des activités de la troisième édition du symposium international sur les collectivités locales au Sahel

La région de Nouakchott et l’Association internationale des maires francophones, a donné aujourd’hui mercredi 4 février 2026, le coup d’envoi des activités de la troisième édition du symposium international sur les collectivités locales au Sahel au Centre de conférences Mokhtar Ould Daddah de Nouakchott.

Ce symposium organisé sous le thème «Construire la paix par la diplomatie urbaine», vise à renforcer le rôle des associations locales dans la construction de la stabilité et du développement durable au Sahel.

Dans son discours d’ouverture du symposium, prononcé en présence des ministres de la Transformation numérique et de la Modernisation administrative, et de l’Environnement et du Développement durable, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local M. Yacoub Ould Salem Vall, a souligné l’importance capitale de cette rencontre.

Il s’agit, a-t-il dit, d’un lieu de dialogue et d’échange d’expertise, et une occasion de renforcer la coordination entre tous les acteurs afin d’accélérer le développement local et d’atteindre les objectifs de la décentralisation.

Cette rencontre témoigne d’une volonté collective sincère de transformer les défis complexes auxquels nos pays sont confrontés en opportunités prometteuses, et de faire des contraintes de développement héritées un véritable moteur de progrès, a déclaré quant à elle,  la présidente de la Région de Nouakchott, Mme Fatimetou Mint Abdelmaleck.

La paix ne peut être atteinte sans fondements solides, a-t-elle souligné, disant qu’il ne peut y avoir de sécurité durable sans développement global, et aucun développement ne peut être réalisé en l’absence de sécurité.

Ce symposium constitue une occasion importante d’échanger des expériences et des bonnes pratiques, a mis en exergue pour sa part, le président de l’Association des maires de Mauritanie, M. Bamba Ould Daramane.

Par ailleurs, le chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, l’ambassadeur Joaquín Tasso Villalonga, a indiqué que l’Union européenne entretient un partenariat stratégique avec l’Association internationale des maires francophones (AIMF) depuis 2015. Ce partenariat vise à renforcer les collectivités locales en tant qu’acteurs clés dans la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier dans les zones fragiles.

 

Azougui, sur le terrain de l’histoire vivante


À la faveur de la reprise des fouilles archéologiques annoncée par Chloé Capel, responsable du projet scientifique mené en collaboration avec l’Université de Nouakchott, le site historique d’Azougui s’impose de nouveau comme une clé majeure pour comprendre l’histoire saharienne, almoravide et transsaharienne.
D’ores et déjà, une visite de terrain permet d’en mesurer concrètement la portée scientifique et humaine. J’ai eu l’honneur de me rendre sur le site en compagnie du conservateur du musée de Toueizeguet, Khalil Ould Ntahah, et d’échanger avec la responsable du projet, dont l’engagement et la rigueur scientifique forcent le respect.
Ce déplacement fut également l’occasion de retrouver mon ami, le Professeur Lemine Baba, entouré de ses étudiants de master en histoire, désormais engagés sur le terrain exigeant de l’archéologie.
Ces jeunes chercheurs, appelés — dans quinze ans ou moins, qu’Allah leur accorde longue vie — à devenir les acteurs de la mauritanisation de l’archéologie, incarnent l’avenir d’une science enracinée dans notre sol et portée par nos propres compétences.
C’est précisément cette dimension — le patrimoine comme mémoire, mais aussi comme promesse d’avenir — qui a retenu mon attention dans le brillant exposé de la responsable du projet, et qui explique la résonance particulière de cette expérience avec l’objet même de mon séjour actuel à Atar.
Les mots-clés qui structurent cette démarche — mémoire, patrimoine, développement — constituent en effet le socle du programme d’action de l’Association Renaissance de la Ville d’Atar, engagée pour un développement durable à l’échelle locale, fondé sur la valorisation des ressources historiques, culturelles et humaines.

C’est dans cet esprit que nous entendons contribuer au développement local, en joignant nos efforts à ceux des autres initiatives de la société civile, dans une logique de convergence et de concurrence positive. Cette orientation se traduit déjà par le lancement d’une sensibilisation à grande échelle autour du thème de l’eau durable pour Atar, à travers conférences, colloques et espaces de débat.
Nous avons, à cet égard, noté avec satisfaction l’intérêt manifeste des autorités régionales et municipales pour les enjeux du développement durable dans leur dimension locale.
Il s’agit désormais de soutenir la Renaissance
de la ville, dans le cadre d’un partenariat avec la mairie, en impulsant un mouvement d’idées capable de servir le bien-être des populations et de réconcilier mémoire, patrimoine et avenir.
La visite d’Azougui , en fouilles, conduit ainsi à une conclusion claire :
le patrimoine historique est un levier vivant, capable d’alimenter une dynamique de développement, à condition qu’il soit porté par le savoir, soutenu par les institutions et approprié par les populations..

Abdel Kader Mohamed

Le ministre de l’Equipement et des Transports interpelé sur l’absence de finition d’infrastructures routières

Le ministre de l'équipement en visite sur les sites des projets routiers au  Hodh Chargui | Saharamedias FR

L’Assemblée nationale a consacré sa séance publique, tenue hier mercredi, à l’écoute des réponses du Ministre de l’Équipement et des Transports, M. Ely El Veirik, à une question orale qui lui a été adressée par le député Mokhtar Ould Mohamed Limam.

Dans sa question, le député a déclaré que le critère de qualité est resté le plus grand défaut des projets routiers, malgré les réalisations récentes en matière de réhabilitation des routes principales et de construction de centaines de nouveaux kilomètres.

Comment expliquer alors ces défauts enregistrés dans les travaux en cours sur de nombreuses nouvelles routes, l’absence de finition, et le manque de contrôle technique et de rigueur dans la réception des travaux, s’est interrogé le parlementaire.

Le Ministre a affirmé, en réponse à la question, que la réalisation des projets routiers est soumise à toutes les procédures en vigueur et internationalement reconnues, depuis la préparation des études techniques de la route, des cahiers des charges et des dossiers d’appel d’offres, jusqu’à l’exécution des travaux conformément aux normes techniques internationales.

Le Département contracte avec des bureaux internationaux de contrôle et de suivi, tenus de respecter les normes internationales à toutes les étapes de l’exécution, depuis l’approbation des études d’exécution, l’approbation des carrières et des matériaux utilisés, tels que les pierres, le béton et le ciment, avant le début de tout travail, a ajouté Veirick.

Toujours selon lui, l’organisme de contrôle est composé d’experts dans toutes les spécialités, l’État les rémunère pour leurs services, en plus du suivi par l’administration concernée du ministère pour garantir le respect des conditions et des contrats par les entrepreneurs et les bureaux, avec la participation d’équipes d’ingénieurs et de techniciens spécialisés.

le Laboratoire National des Travaux Publics joue par ailleurs un rôle de contrôle supplémentaire pour garantir la qualité des travaux, a souligné le ministre, selon lequel, la Direction de l’Entretien des Infrastructures supervise quant à elle, l’entretien régulier et continu des routes par le biais de programmes contractuels avec l’entreprise de travaux d’entretien routier, afin de garantir que le réseau urbain et interurbain reste dans un état sûr et acceptable.

Le Ministre a souligné l’attention maximale accordé par le Gouvernement aux routes et au désenclavement, à travers un programme axé sur la modernisation et l’extension du réseau routier national, la préservation des routes existantes par des programmes d’entretien et de réhabilitation, et la construction de nouvelles routes pour désenclaver les villes et les zones de production, et renforcer l’interconnexion et l’intégration régionale.

Toujours selon lui, même si la réalisation des routes nationales est conforme à toutes les normes techniques internationalement reconnues, elles peuvent rencontrer des problèmes après la réception et l’exploitation, tels que l’infiltration d’eau sous les couches ou le comportement de certains citoyens et opérateurs comme le creusement ou le déversement répété d’eau, en plus de l’impact de la surcharge des camions, qui nuisent à toute route quelle que soit la qualité de sa réalisation.

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