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La Grande puanteur ou quand le débat public se transforme en égout.

Une nausée collective s’est installée. Elle ne vient ni d’une crise sanitaire, ni d’une pollution industrielle ni d’un égout a ciel ouvert mais d’une contamination bien plus insidieuse : celle de la parole publique. Le débat politique, autrefois conçu comme l’agora où s’affine la chose commune, s’apparente désormais à un égout à ciel ouvert où circulent en flux continu insultes, accusations infondées et passions malsaines. L’air est devenu irrespirable et beaucoup ont le sentiment de suffoquer, écœurés au point de se détourner. Comment en sommes-nous arrivés là ? et surtout, comment sortir de cette asphyxie démocratique toxique ?

Les réseaux sociaux, optimisés pour l’engagement émotionnel, agissent comme le collecteur principal. L’insulte, la simplification outrancière et l’accusation ad hominem y génèrent un trafic intense. Ce contenu, conçu pour le clash, déborde ensuite dans l’espace médiatique traditionnel. Les sites d’information, les pages personnelles en quête d’audience, deviennent alors des chambres d’écho de cette violence verbale, légitimant par leur exposition ce qui n’était au départ qu’un cri numérique.
Si une déclaration polémique est lancée elle est immédiatement reprise, décortiquée, surinterprétée par les médias affiliés, partagée des milliers de fois, avant d’être brandie par l’adversaire comme preuve de la malveillance de son auteur. La phrase, vidée de son contexte, devient un étendard ou un chiffon rouge. La vérité des faits se noie dans le flux des réactions. Tel un monstre l’affaire se nourrit d’elle-même jusqu’à épuisement, laissant derrière elle un dépôt de méfiance et de cynisme.
Dans cette atmosphère saturée d’éthylène de la colère, les sujets complexes s’évaporent.
Cette pollution n’est pas un accident. Elle est le produit de logiques convergentes ,en effet dans un marché saturé d’informations, l’insulte, la peur et la colère sont des produits à haute valeur audimatique. Elles captent le regard plus sûrement qu’une analyse mesurée. Une partie des médias et de la classe politique a ainsi fait un pacte faustien avec le spectacle de la division.
Pour une partie des acteurs politiques, cette « puanteur » est un outil délibéré
et pour une partie des médias un revenu financier. En diabolisant l’adversaire, en alimentant un récit de trahison des élites ou de menace existentielle, on mobilise une base électorale par la passion bien plus efficacement que par le programme. Le but n’est pas de convaincre l’autre, mais de radicaliser le sien.
Le débat public vit désormais au rythme du « temps réel » des réseaux sociaux . La retenue, qui implique de se taire pour réfléchir, de laisser mûrir une idée, est perçue comme une faiblesse. Il faut réagir dans l’heure, « marquer un point ».
Mais les conséquences vont bien au-delà d’un simple malaise passager. C’est la santé même de la démocratie qui est atteinte.

Quand le débat public donne envie de vomir, on ferme la fenêtre et l’abstention massive est la traduction politique de cette nausée. Pourquoi participer à un spectacle qui vous révulse ?
La banalisation de la violence verbale prend le dessus quand les représentants nationaux s’accusent publiquement de corruption, de trahison ou de bassesse sans aucune retenue, ils légitiment ce registre dans tout le corps social. L’insulte devient alors un mode normal de dialogue dans les hémicycles et les salles de réunions.
Le compromis disparaît alors la démocratie représentative repose sur l’art du compromis, de la recherche d’un terrain d’entente. Or, dans un climat d’empoisonnement permanent, toute concession est présentée comme une capitulation, tout dialogue avec l’adversaire comme une collusion. Le compromis devient intenable, condamnant la société à l’impuissance ou à l’affrontement.
La tentation autoritaire ressurgit et l’écœurement peut faire naître, dans une partie de l’opinion, une nostalgie pour l’ordre pur, pour un homme ou une femme providentiel qui viendrait « nettoyer » les écuries d’Augias du débat public. Cette solution, séduisante par sa simplicité, est un piège mortel pour les libertés.

L’assainissement est possible, mais il exige une prise de conscience et une action collective.

Il faut refuser d’être un canal pour les poisons. Avant de partager une insulte, de relayer une accusation non vérifiée, s’arrêter. Choisir de s’informer auprès de sources qui privilégient la vérification des faits (fact-checking) et l’analyse contextuelle. Désintoxiquer son fil d’actualité, c’est le premier geste sanitaire ensuite valoriser les contre-espaces car l’égout médiatique n’est pas tout le pays. Il existe encore des lieux où le débat substantiel, respectueux et constructif se pratique. Les soutenir, y participer, c’est recréer des oasis de la parole saine.
En tant que citoyens, téléspectateurs, lecteurs, nous avons un pouvoir : celui de l’exigence. Écrire à un média pour dénoncer un traitement sensationnaliste, interpeller un élu sur la tenue de ses propos, récompenser par son attention les discours de fond, sont des actes politiques de résistance. Nous devons résister. Résistons!

La grande puanteur du débat public n’est pas une fatalité. C’est le symptôme d’une démocratie fatiguée, instrumentalisée par les logiques du spectacle ,de la division et du mercantilisme. Mais une démocratie, aussi malade soit-elle, conserve en elle les anticorps nécessaires à sa guérison : la raison, l’exigence de vérité et le respect tenace de l’autre. C’est à nous, citoyens, de les réactiver. Avant que l’écœurement ne nous fasse tout simplement fermer les yeux.

Deida Ahmed Bezeid

Poisson en abondance à Nouakchott, mais hors de portée des petites bourses

Je me suis rendu au marché aujourd’hui mercredi 28 janvier 2026 à la plage, plus exactement au marché de poisson, afin d’acheter quelques kilos pour la famille, avant le début du mois béni du Ramadan, où ce plat devenu très rare dans le menu quotidien du jeun.
J’avais pensé que le poisson devrait être moins cher sur la plage qu’au marché de la Mosquée marocaine ou des jardins, là où les vendeuses exhibent leur marchandise depuis l’aube jusqu’au crépuscule.
. Première surprise : le poisson est bel et bien présent, en quantité et en diversité. Pourtant, les prix sont tout simplement exorbitants pour un pays qui se targue de posséder l’une des côtes les plus poissonneuses de la région voire du monde. En effet, une unité de yaye boy, ce grosse sardine indispensable pour un vrai teyboudenn se vend à 350 MRO. Des poissons plus grands et de qualité vont jusqu’à 3000 MRO/Kg. Une aberration économique et sociale.
Une autre espèce très abondante sur les étalages et visiblement très sollicité par les petites bourses, se vend à 150 MRO, mais elle ne semble pas attirer beaucoup d’acheteurs.


Deuxième constat, tout aussi préoccupant : les conditions d’hygiène dans lesquelles ce poisson est exposé et vendu laissent fortement à désirer. Les gratteurs se vaquent à leur besogne sur des tables sales et le poisson leur échappe parfois des mains pour atterrir sur le sol sablonneux.
Le marché de poisson, jadis propre et bien administré par des responsables du secteur des pêches est devenu méconnaissable et incontrôlable en raison d’une surpopulation faisant de ce quai naturel, non pas un lieu de transit pour les produits de pêche et de commerce de gros, mais également un marché de détails caractérisé par le désordre et l’indifférence.
Un paradoxe inquiétant entre abondance des ressources, cherté des prix et négligence sanitaire, au détriment direct du consommateur et de la santé publique.

MML

Signature d’une convention de partenariat entre la Banque Centrale de Mauritanie et le Programme Alimentaire Mondial

La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont conjointement signé, hier mardi 27 janvier courant, une convention de partenariat, visant à renforcer la coopération entre deux institutions, en matière de promotion de l’inclusion financière.

L’accord, paraphé par le  Gouverneur de la BCM M. Mohamed-Lemine Dhehby et le Représentant et Directeur Pays du PAM Dr Aliou DIONGUE,  cible plus particulièrement, notamment les femmes, les jeunes et les populations en situation de vulnérabilité, indique, la BCM sur compte Linked In.

La convention s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF 2023–2028) portée par la Banque Centrale de Mauritanie et mise en œuvre à travers le Programme d’Appui à la Finance Innovante, Inclusive et Durable (PAFIID), apprend-on.

À travers ce partenariat, la Banque Centrale de Mauritanie réaffirme son engagement en faveur de la modernisation du système financier, du renforcement des systèmes de paiement et de l’élargissement de l’accès aux services financiers formels, soulignent la même source. Le Programme Alimentaire Mondial mettra à profit, en vertu de cette convention, son expertise en matière de transferts monétaires et d’interventions auprès des populations vulnérables, en vue de favoriser des solutions financières durables et adaptées.

La convention prévoit la mise en place de mécanismes de coordination et de suivi afin d’assurer une mise en œuvre efficace des actions conjointes et d’en maximiser l’impact, en cohérence avec les priorités nationales de développement.

 

Prisme du Bledard : Conduire a Nouakchott ou l’hypothétique Hara Kiri.

Conduire à Nouakchott est un parcours du combattant et des efforts permanents sur les nerfs.

Du véhicule qui double par la droite à celui qui s’arrête subitement devant ainsi que celui qui bloque toute la circulation pour un brin de causette du chauffeur avec un passant ou autre ami venant en sens inverse, le chaos et les avc(s) ne sont jamais loin. hhhhhh

Conduire à Nouakchott aujourd’hui reste une prouesse et une roulette russe qui ne dit pas son nom. Une arrivée à destination saint et sauf avec sa voiture est une baraka certaine surtout que la majorité des usagers de la route ici arrivent à peine à réciter le code de la route par cœur.

On se pose souvent la question comment ont-ils eu le permis de conduire du moment qu’ils n’ont aucune notion du code de la route?

Un conseil, démarrons toujours nos voitures avec un verset du Saint Coran pour éviter un carré du PK 7. hhhhhh

Qu’ALLAH nous protège des dangers de la route.

Yacoub Doumoctar

 

Ould Diay : le surplus en légumes et pommes de terre prévu dans une ou deux années sera exporté à l’extérieur

Le Gouvernement œuvre à la réalisation d’une révolution agricole en Mauritanie, a affirmé le Premier ministre Mokhtar Ould Diay, selon lequel, la pandémie de la “COVID-19” a fait naître la conviction de la nécessité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Les mécanismes nécessaires sont disponibles, à savoir les terres agricoles, l’eau et la main-d’œuvre, a ajouté le Chef du Gouvernement, au cours de son grand Oral, le week-end dernier à l’Assemblée nationale, , à l’occasion de la présentation devant les députés du bilan 2025 et des perspectives 2026 de l’action de son équipe.

Toujours selon lui, l’autosuffisance a été atteinte dans le domaine du riz, avec des progrès notables dans le domaine des légumes, où un bond en avant a été réalisé dans la production, en plus de la fourniture des financements nécessaires à ce secteur.

L’autosuffisance sera atteinte au cours d’une ou deux années, a affirmé Ould Diay, disant qu’un surplus dans le domaine des légumes et des pommes de terre, sera exporté dans les mêmes délais, générant ainsi des devises.

Le forgeron face au complexe de l’autruche… Par Ely Sid’Ahmed Krombelé

Baissez la garde mesdames et messieurs…Cette publication n’est pas un réquisitoire, ni une satire, même pas une raillerie à l’encontre d’une frange importante de nos sociétés qui résident principalement en Afrique de l’Ouest et en Mauritanie. Au contraire, ces écrits ont pour but de révéler et faire comprendre l’origine d’une stigmatisation dès la naissance ; d’abord contingente mais également anachronique depuis l’avènement des empires moyenâgeux ouest-africains.

Il y a une altérité selon qu’on est forgeron du Mali d’où ce sobriquet tire son origine, du Fouta ou surtout de la Mauritanie Arabe.

Cette discordance est sans doute due aux usages coutumiers des uns et des autres.

Toujours est-il qu’être forgeron aujourd’hui en Mauritanie est un malaise, certes timoré, mais palpable. Ce rang social, ou plutôt cette condition a été corrompue à travers les siècles pour se transformer en fin de compte en un véritable complexe de l’autruche.

En effet, quand on est face à un problème qui semble insurmontable, on fait tout pour l’ignorer, comme l’autruche qui enfonce le membre qu’elle a de plus rudimentaire, à savoir, sa tête dans le sable dès que le danger est imminent.

La notion du « forgeron banni » provient d’une vengeance des princes du Mandé, suite à la défaite en 1235 du roi du Sosso, le redoutable et surtout visionnaire Soumaoré Kanté, fils de Diarra Diarisso. Soundiata Konaté, vainqueur de la bataille de Kirina, intronisé Mansa (empereur) sous le patronyme de Keita, établit la charte de Kouroukan Fouga en 1236.

Cette charte a tissé l’ébauche d’une stratification de la société mandingue, dans laquelle le forgeron, incarné par le vaincu Soumaoro (Soumangourou pour les français), est diabolisé.

On a la légitimité de se poser la question : en quoi cela concernait-il les forgerons de Mauritanie. Et pourquoi sont-ils de nos jours stigmatisés, craints pour leur pouvoir en « sorcellerie », rebutés dans leur quotidien par toutes les sociétés ouest-africaines.

En Mauritanie Arabe, ils subissent une véritable leucotomie?

Pourquoi, la caste des griots, encore une invention moyenâgeuse malienne, semble plus acceptée, intégrée, mieux, plus empathique pour ces ensembles ouest-africains et arabo-mauritaniens ?

Pourquoi ce qui ne devrait être qu’une répartition, un pourvoi en emplois pour les forgerons, les griots, les cordonniers, les pêcheurs etc…au 13ème siècle, s’est-il pérennisé, au point d’affecter, sept siècles plus tard l’amour propre de certains de nos concitoyens ?

  A/ Après la victoire, la diabolisation :

Les Soninké sont les précurseurs d’une grande partie de la civilisation ouest-africaine. Après avoir quitté le Nord de la Mauritanie (Chinguetty, Ouadane), ils seraient également les fondateurs de l’empire du Ghana, dont la capitale, Koumbi Saleh se trouvant à quelques encablures de Timbédra.

La disparition de l’empire du Ghana, va pousser les Soninké vers des contrées plus clémentes, tout le long des frontières Mali-Mauritanie-Sénégal. Une autre partie des Soninké se dirigera vers l’intérieur du Mali actuel, dans la province qu’on appelle le Mandé. Aussi la province du Sosso était sous la domination totale du roi Soumaoro Kanté, grâce à son savoir-faire, son innovation, sa maîtrise du feu, du martelage de métal.

C’est en retournant son neveu Fakoly, qui connaissait beaucoup de ses secrets, c’est en lui « offrant » comme épouse sa sœur, que Soundiata Keita a pu venir à bout de cet homme, savant avant l’heure. C’était alors la naissance de l’empire du Mali, dont l’influence s’étendit sur presque la majorité des actuels pays de l’Afrique de l’Ouest…

Et depuis ce jour de 1235, on a diabolisé toute la descendance des Kanté, les taxant de sorciers, de parias etc…Aussi tous ceux qui se sont adonnés à la forge, leurs descendants auront subi les mêmes stigmates.

 B/ La Mauritanie ne fait pas exception :

On ne choisit pas ses voisins, puisqu’une partie de la Mauritanie Arabe fait toujours frontière avec le Mali. Les échanges entre les deux peuples finissent souvent en métissage culturel, surtout du temps de l’émirat des Arabes Beni Hassane Oulad M’Barek, vivant alors dans les deux Hodhs et l’Assaba.

En effet la notion de griot, de forgeron est une invention malienne. Si les Oulad M’Barek avaient besoin des premiers ancêtres des griots tels Ely Nbeith Ould Haiballa, Dreidely Ould Siahmed Awlil, ou le Targui Agg Moktar, pour chanter leurs louanges de qualité, les forgerons eux, fabricants d’armes, étaient indispensables à toute épopée homérique ou guerrière.

Mais ce qui n’était qu’un gagne-pain pour le forgeron, un métier de subsistance, s’est transformé à travers les siècles en un véritable supplice. De nos jours, le forgeron est honni, soit craint, parce que « sorcier », soit banni, parce « portant la guigne ».

Ces clichés lui collent à la peau, de par des sociétés rétrogrades, conservatrices, peu poreuses au changement des mentalités.

Nous aurons constaté qu’une simple opinion colportée d’une lointaine contrée, du fin fond du Mali médiéval, a pu corrompre la raison, les procédés généraux de la pensée discursive, l’esprit scientifique, voire mêmes les canons liturgiques de notre sainte religion musulmane.

Une absurdité voudrait que quand on nait forgeron par descendance, qu’on le reste aussi de par sa lignée ascendance.

Un déterminisme génétique, dogmatique, contraire aux préceptes de notre sainte religion.

Le complexe de l’autruche chez le forgeron s’exprime par deux attitudes. Il y a ceux qui, face à cette anachronique condition humaine se résignent tout en faisant l’indifférent. C’est la majorité silencieuse. Une autre minorité composée cette fois d’intellectuels, de cadres supérieurs civils ou militaires, sans doute traumatisée par cette lobotomisation abjecte, prône, pour sortir de cette orbite, une résistance contre cet ordre social établi, de l’exorde à l’épitaphe. Je leur concède la convenance et la forme de leur lutte, mais il ne faut pas que leur combat contre la frustration se mue en une incontinence à vouloir heurter la dignité des autres par leur impériosité de pacotille. Surtout quand ces inquisiteurs exercent des fonctions régaliennes, qui exigent encore plus de la retenue, du professionnalisme et de la rigueur. /.

 

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