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« Lampedusa : Le Migrant Zéro » : un roman qui met en scène trois destins croisés

Le nouveau roman mauritanien «Lampedusa: l’immigrant zéro », de Mohamed Saleck Ould Brahim, auteur du roman «Le mystère de l’Évangile de Barnabé», est désormais disponible dans les librairies à Nouakchott.

Rappelons que ce roman vient d’être publié par la maison d’édition « Dar Joussour Abdelaziz », qui l’a exposé recemment au Salon international du livre au palais des expositions «Le Kram» à Tunis.

«Lampedusa: l’immigrant zéro: Trois voix se font entendre, et trois destins se croisent dans ce roman

«Les récits étonnants de trois personnages différents, au cœur d’une cruelle tragédie humaine :

Koumba : mère de trois jeunes migrants, elle porte dans son cœur la douleur de la séparation et, l’espoir des retrouvailles.

Al-Mami, surnommé Moreno : officier de la garde côtière à la retraite, il est hanté par les accidents maritimes dont sont victimes les migrants et, se livre à la lutte contre les souvenirs du passé…

Alejandro : Chef d’un influent réseau de passeurs dont le destin bascule de la criminalité vers la poursuite d’un objectif noble.

Au fil des chapitres du roman, chaque personnage raconte sa propre histoire. Les événements du roman révèlent des facettes humaines poignantes, mettant en lumière les enjeux de l’immigration et la lutte pour la survie dans un monde plein de défis.

La Mauritanie affiche une fermeté sans précédent face semeurs de la haine et des germes de la division

En Mauritanie, le champ d’application des poursuites judiciaires contre les discours de haine controversés publiés sur les réseaux sociaux s’élargit progressivement.

Plusieurs publications et déclarations ont fait l’objet de poursuites pénales, alimentant un débat politique et juridique croissant sur les limites de la liberté d’expression et les conditions nécessaires au maintien de la paix civile dans un pays où les questions d’identité, de discrimination et de cohésion sociale demeurent des sujets sensibles du discours politique.

Dans ce contexte, le juge d’instruction de la cinquième chambre du tribunal de Nouakchott Ouest a ordonné l’incarcération de Khadija Mohamed Salek Sidi El Mokhtar, en réponse à la requête du parquet de son placement sous contrôle judiciaire et l’émission d’un mandat de détention. Cette décision faisait suite à la publication par la blogueuse d’une vidéo sur les réseaux sociaux.

L’action en justice a été engagée suite à la large diffusion d’une vidéo dans laquelle une femme tenait des propos jugés offensants et racistes à l’encontre de la communauté Haratin (les descendants d’anciens esclaves en Mauritanie). Ces propos incluaient des descriptions considérées comme insultantes et dégradantes pour la dignité humaine et la cohésion sociale, comme le fait de qualifier les Haratin d’ignorants et de les comparer à des ânes. Ces propos ont suscité une vive indignation et une vague de condamnations sur les réseaux sociaux.

Le procureur a inculpé la femme d’« incitation à la violence contre un groupe ethnique », de « propos racistes visant à porter atteinte à la paix civile et à la cohésion sociale par le biais des réseaux sociaux », ainsi que de diffamation, de calomnie et de diffusion en ligne de propos injurieux. Ces accusations reposent sur l’article 11 de la loi contre la discrimination, l’article 2 de la loi sur la protection des symboles nationaux et l’incrimination des atteintes au prestige de l’État et à l’honneur des citoyens, les articles 348 et 349 du Code pénal et les articles 22 et 23 de la loi sur la cybercriminalité.

La femme en question avait été arrêtée quelques jours auparavant par l’Unité de lutte contre la cybercriminalité, qui avait mené l’enquête préliminaire avant de la déférer au parquet puis au juge d’instruction – une procédure de plus en plus fréquente dans les affaires liées aux contenus numériques et aux discours de haine.

Cette affaire s’inscrit dans une série de cas similaires survenus en Mauritanie ces derniers mois, notamment celui des députés Mariam Cheikh Dieng et Qhamou Achour, membres du mouvement IRA, qui est devenu l’une des affaires les plus controversées du pays sur les plans politique et juridique.

Les autorités avaient arrêté les deux députées pour des diffusions en direct sur les réseaux sociaux qui, selon le parquet, contenaient des propos insultants envers les symboles nationaux, incitaient à la haine et portaient atteinte à l’ordre public.

Le parquet a soutenu que l’affaire relevait du « flagrant délit », arguant que le caractère public de la diffusion numérique rendait l’immunité parlementaire inapplicable, conformément à l’article 50 de la Constitution et à l’article 85 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Lors des audiences, l’accusation a requis des peines plus sévères, exigeant l’emprisonnement des deux parlementaires et la levée de leur immunité. Elle a fait valoir que leurs déclarations outrepassaient les limites de la liberté d’expression politique, constituant une « insulte aux symboles nationaux et une incitation à la discorde au sein de la société », compte tenu notamment de leur statut parlementaire et de l’influence de leurs discours sur l’opinion publique.

Le mouvement IRA et l’équipe de défense des deux députées ont affirmé en revanche que l’affaire comportait des dimensions politiques et relatives aux droits humains, et que les poursuites constituaient une atteinte à l’activisme de l’opposition et au discours sur les droits humains contre la discrimination et l’esclavage. Ils ont accusé les autorités d’instrumentaliser les lois relatives aux « symboles » et à la « cybercriminalité » pour restreindre la liberté d’expression et limiter l’espace de la critique politique.

Les audiences du procès ont également été marquées par des tensions et des manifestations de sympathisants du mouvement devant le Palais de Justice, sous haute surveillance policière.

Le mouvement IRA, dirigé par Biram Dah Abeid, est l’un des plus importants mouvements d’opposition de défense des droits humains en Mauritanie. Ces dernières années, il a été impliqué dans plusieurs affrontements avec les autorités sur des questions liées à l’esclavage, à la discrimination et à la liberté d’expression. Certains l’accusent d’« hostilité envers les Beydane », le groupe arabe de Mauritanie. Au cœur de la crise impliquant les deux députées, Biram Ould Abeid a appelé à l’apaisement des tensions et a présenté des excuses en leur nom pour certains propos offensants. Il a également réitéré ses critiques à l’égard de la loi sur les symboles nationaux, la qualifiant d’instrument de répression contre les opposants et les personnes vulnérables.

Les affaires récentes ne se limitent pas aux activistes et aux personnalités politiques, mais concernent également des militants et des blogueurs, parmi lesquels Warda Ahmed Souleymane, emprisonnée pour des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Cette affaire marque une nouvelle étape dans le renforcement du contrôle judiciaire des discours en ligne.

Les observateurs estiment que les autorités mauritaniennes s’orientent de plus en plus vers l’activation des dispositions légales relatives à la lutte contre les discours de haine, la discrimination et la cybercriminalité, afin de contrôler l’espace numérique et de contenir les discours susceptibles d’engendrer des tensions sociales, ethniques ou politiques, notamment compte tenu de l’influence croissante des réseaux sociaux et de leur transformation en arène centrale des conflits politiques et de la mobilisation populaire. À l’inverse, au sein des milieux de défense des droits humains et des médias, des questions se posent de plus en plus quant aux limites de cette approche et à sa capacité à garantir la paix civile ou à devenir un instrument de restriction de la liberté d’expression et d’opposition politique, en particulier au vu du nombre croissant de poursuites liées aux contenus numériques en peu de temps.

Il semble que le système judiciaire mauritanien se trouve aujourd’hui au cœur d’un dilemme particulièrement délicat : celui de concilier le devoir de protéger l’unité nationale et de prévenir l’incitation à la haine, et la nécessité de faire respecter les garanties constitutionnelles relatives à la liberté d’opinion, d’expression et d’activité politique et de défense des droits humains.

Entre ceux qui voient dans ces procès une nécessité légale pour endiguer les injures verbales et les discours discriminatoires et incendiaires, et ceux qui les considèrent comme le signe d’une restriction croissante de la sphère publique, tous les regards sont tournés vers le pouvoir judiciaire, organe qui déterminera l’issue du procès.

En pratique, la frontière entre opinion admissible et discours criminalisé s’est estompée, à l’heure où les plateformes de médias sociaux sont devenues l’acteur le plus influent pour façonner l’opinion publique et déclencher des controverses politiques et sociales en Mauritanie.

 

Mort de Maurice Freud l’homme qui aura bâti des liens, des itinéraires humains et des fidélités profondes entre des peuples

Il y a des hommes qui construisent des entreprises, d’autres qui bâtissent des empires commerciaux. Maurice, lui, aura bâti des liens, des itinéraires humains et des fidélités profondes entre des peuples, des territoires et des générations entières d’acteurs du tourisme saharien.

Pour chaque article romancé sur le désert, pour chaque émission exaltant l’aventure saharienne, pour chaque touriste tombé amoureux de la Mauritanie et adopté par ses habitants, il y avait souvent, quelque part derrière le décor, la main, l’intuition ou l’obstination de Maurice Freund.

Oui Maurice, tu as toujours été là. Pour le coup de pouce comme pour le coup de gueule. Et lorsqu’il fallait oser, tu étais toujours loin devant les autres.

Les plus indulgents parlaient d’un « outsider ». Mais ceux qui t’ont réellement connu savaient surtout que tu étais un homme libre, capable d’aller là où personne ne voulait aller, parce que derrière les destinations, tu voyais d’abord les populations locales, les équilibres fragiles, les vies qui pouvaient être transformées. Chez toi, il y avait toujours plus de passion que de calcul, plus de conviction que de logique marchande. Dans un secteur souvent dominé par les tableaux Excel et les études de rentabilité, Maurice restait guidé par une autre boussole : faire voler un avion, satisfaire un voyageur et permettre à des communautés entières de vivre dignement de leur hospitalité.

J’ai connu dans mon parcours beaucoup de “partenaires”. Mais des hommes comme Maurice Freund, je n’en ai connu aucun. Il était unique dans son genre..

Son retour sur investissement n’était ni boursier ni financier. Son bénéfice, c’était un avion qui atterrit à Atar, un guide qui travaille, un chamelier qui nourrit sa famille, un cuisinier qui apprend un métier, un touriste qui repart transformé par le désert et par la rencontre humaine.

Quand il a été décoré de la médaille de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par la Ministre Khadijetou Mbareck Fall, il a eu les larmes aux yeux. Un grand moment d’émotion. Pour Maurice c’était cela sa récompense, la reconnaissance.

Le tourisme saharien nous est presque “tombé dessus”. Mais il nous est tombé dessus parce qu’au même moment existaient deux visionnaires capables de lire l’instant favorable : Maurice Freund et Mohamed Saleck Heyine. L’un pour l’avion, l’autre pour comprendre immédiatement ce que représentait cette opportunité historique pour la Mauritanie et particulièrement pour l’Adrar. Avec Abderrahmane Doua et le partenariat Point Afrique/Somasert, ils avaient compris avant beaucoup d’autres ce pour quoi notre pays avait de véritables prédispositions.

Je parle volontairement de prédispositions plutôt que de potentialités. Car certains territoires sont naturellement faits pour certaines choses. Et le désert mauritanien, par son immensité, son silence, son hospitalité et son authenticité, portait en lui cette vocation rare.

À l’époque, rien n’était pourtant évident. Le produit désert était encore marginal. Les grandes destinations sahariennes traversaient des difficultés, notamment l’Algérie, pourtant référence majeure dans ce domaine. D’autres pays avaient investi depuis longtemps dans le balnéaire, les circuits culturels haut de gamme ou les infrastructures hôtelières sophistiquées. Nous, nous partions presque de rien.

Avec le recul, on mesure mieux encore l’ampleur de ce pari fou : lancer du jour au lendemain une activité touristique structurée sans véritable vivier local de professionnels. Et pourtant, les opérateurs de l’Adrar, mais aussi les populations elles-mêmes, ont démontré une extraordinaire capacité d’adaptation. Maurice y veillait personnellement. Il voulait que l’activité fonctionne, mais aussi que les Mauritaniens apprennent, progressent et deviennent les véritables acteurs de cette aventure. Guides, chauffeurs, chameliers, cuisiniers, artisans : toute une génération s’est formée dans le sillage de cette dynamique.

Des fortunes se sont construites autour de cette aventure. Mais Maurice, lui, restait fidèle à lui-même : capable de mettre son dernier euro pour faire décoller un avion vers une destination en laquelle il croyait.

Et quelle période ce fut…

L’Adrar allait connaître une activité touristique jamais égalée jusqu’à aujourd’hui. La saison 2006-2007 atteindra près de 22 000 visiteurs. Pour une région vivant essentiellement de l’économie oasienne et du tourisme, ce fut une transformation profonde. Une étude du PNUD avait même montré que l’activité touristique avait réduit de moitié la prévalence de la pauvreté dans la région.

Mais Maurice n’amenait pas seulement des touristes. Dans le sillage des avions arrivaient aussi la solidarité, les projets d’eau, les actions de santé, les soutiens éducatifs, les échanges humains. On venait en Mauritanie pour découvrir, mais aussi pour partager et apprendre. On venait pour le voyage utile.

Puis survint le drame.

Le 24 décembre 2007, l’assassinat abject d’une famille de touristes français fit brutalement tomber le rideau sur la destination Mauritanie. En quelques heures, notre pays basculait dans l’imaginaire international de terre d’hospitalité à territoire à éviter. Ce fut une onde de choc dévastatrice. Et ce jour-là, beaucoup d’entre nous comprirent à quel point le développement économique dépend aussi de la sécurité et de l’image sécuritaire.

Durant ces longues années de désert touristique, rares furent ceux qui restèrent réellement à nos côtés. Deux hommes pourtant ne lâchèrent jamais prise : Jean-Louis Schlesser avec l’Africa Eco Race qui jamais n’arrêta de venir et Maurice Freund.

Contre les “Conseils aux voyageurs”, contre les surenchères des assureurs, contre les réticences des compagnies aériennes et les inquiétudes diplomatiques, Maurice continua inlassablement le combat. Dix années durant, il chercha la moindre ouverture, la moindre faille permettant de ramener les avions vers Atar.

Jamais il n’abandonna.

C’est aussi avec lui que j’ai appris ce qu’était le lobbying au plus haut niveau. Maurice rencontrait des présidents, des ministres, des décideurs. Il plaidait sans relâche la cause de la Mauritanie. Il avait même porté ce combat auprès des présidents Hollande puis Macron pour obtenir une révision du “Conseil aux voyageurs”. Et il ne venait jamais seul : experts sécuritaires, opérateurs reconnus, personnalités crédibles accompagnaient systématiquement son plaidoyer.

Cette persévérance allait finalement payer en 2017 grâce à la mobilisation conjointe de la Ministre Naha Hamdi Mouknass en Mauritanie et du réseau d’influence activé par Maurice en France, avec notamment le Général Marc Foucaud, Lionel Habasque de Terres d’Aventure et plusieurs autres soutiens majeurs.

Je me souviens encore de cette course contre la montre pour finaliser le contrat de relance des vols charters. Le projet avait même été rédigé sur l’ordinateur de la réception du Monotel. Je ne me rappelle plus si j’étais au clavier et Lionel Habasque penché au dessus ou l’inverse! Mais nous avions notre contrat. Et le 24 décembre 2017, exactement dix ans jour pour jour après le drame qui avait tout arrêté, le premier vol test de relance atterrissait à Atar.

Quel symbole…

Dans l’une des photos, Maurice tenait ce sous son bras le contrat des avions comme un homme qui refusait depuis dix ans de laisser mourir une conviction.

Cette relance allait réussir. D’abord avec 14 rotations tests, puis avec le retour d’une saisonnalité normale la saison 2018-2019 avec la Ministre Khadijetou Mbareck Fall dans la même rigueur et expertise. Et derrière cette victoire, il y avait l’acharnement d’un homme qui n’avait jamais cessé d’y croire.

Même dans les dernières années, Maurice poursuivait encore cette idée du voyage utile et du développement durable, notamment avec Pierre Rabhi autour du projet de Maaden El Irvane dans l’Adrar.

Aujourd’hui, la Mauritanie, l’Adrar et tous les acteurs du tourisme saharien sont orphelins.

Parce qu’au-delà du professionnel, nous perdons surtout un homme rare : passionné, libre, obstiné, profondément humain et incapable d’abandonner ceux qu’il considérait comme les siens.

À tous ses proches, à sa famille, et particulièrement à mon frère et ami Philippe Freund, j’adresse mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.

Repose en paix Maurice.

Le désert n’oubliera pas ton nom

Mahmoud mmbn

De grands projets d’infrastructures seront lancés pour accroître la production d’eau, affirmé la ministre de l’hydraulique

Garantir l’accès à l’eau potable et améliorer les services d’eau sur l’ensemble du territoire national constituent des priorités stratégiques pour le département, a affirmé la ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mme Amal Mint Maouloud.

Ils représentant également  un défi permanent auquel le gouvernement s’efforce de répondre par la mise en œuvre de grands projets d’infrastructures visant à accroître la production d’eau et à assurer sa distribution, a ajouté la ministre, selon laquelle, le Président Ghazouani  a fait du secteur de l’Hydraulique une priorité absolue du gouvernement, compte tenu de son importance vitale pour la vie des citoyens.

Toujours selon elle, les projets mis en œuvre dans ce secteur ont connu un développement significatif au cours des 7 dernières années, passant en revue les principaux projets actuellement supervisés par son département pour développer et sécuriser la production d’eau.

La Mauritanie connaît, pour la première fois depuis son indépendance, la mise en œuvre simultanée de projets visant à développer diverses sources d’eau, parallèlement à la création de nouvelles sources pour répondre à la demande croissante, a poursuit Mme Amal.

Les projets de Dhar, d’Aftout El Charghi, de Bouhchicha, de Boulenouar, d’Aftout Es-Saheli et d’Idini, ainsi que les projets de forage de puits intérieurs, ont contribué de manière significative à l’augmentation de la capacité de production afin de répondre à la demande croissante résultant de la croissance démographique et de l’expansion urbaine du pays, a-t-elle souligné.

La production du projet Idini a atteint 55 000 mètres cubes par jour alos que la capacité de production du projet d’Aftout sahli passera de 115 000 à 225 000 mètres cubes par jour une fois les travaux terminés en 2028, a-t-elle révélé.

Par ailleurs, les travaux achevés de Dhar ont contribué à une augmentation de la production d’environ 3 000 mètres cubes par jour et les préparatifs sont également en cours pour un nouveau projet énergétique qui doublera la production, la portant à 20 000 mètres cubes par jour, a-t-elle souligné.

La deuxième phase du projet Aftout Charghi a permis d’accroître la production de 5 000 à 15 000 mètres cubes par jour, assurant ainsi l’approvisionnement en eau de plus de 400 villages répartis sur trois wilayas, a indiqué la ministre.

Les travaux de maintenance et d’extension du champ de Bouhchicha ont également permis d’augmenter la production d’environ 2 000 mètres cubes par jour, a précisé Mint Maouloud.

Concernant Nouakchott, le département continue d’améliorer la production des deux principales sources d’eau de la capitale : Aftout Sahli et Idini, avec la perspective de l’augmentation du projet d’amélioration de la production d’Idini de plus de 60 000 mètres cubes par jour, tandis que la deuxième phase d’Aftout sahli fournira 75 000 mètres cubes supplémentaires par jour, a dit la ministre.

Ces projets porteront la capacité de production de la capitale à environ 260 000 mètres cubes par jour d’ici la fin de l’année et devraient dépasser les 330 000 mètres cubes par jour d’ici 2028, a ajouté Mme Amal, révélant l’existence d’un projet de dessalement d’eau de mer à Nouakchott, d’une capacité de production allant jusqu’à 300 000 mètres cubes par jour.

Ce projet constituera à long terme une troisième source d’eau stratégique pour la capitale, notamment pour répondre aux besoins des zones périphériques et des nouveaux développements urbains.

Évoquant les défis à relever, la ministre a souligné que l’urbanisation anarchique représente l’un des principaux obstacles à l’accès universel à l’eau potable. Elle a appelé à une meilleure organisation des zones résidentielles afin de faciliter leur raccordement au réseau d’eau et d’alléger la pression sur les ressources en eau limitées.

Concernant l’assainissement, la ministre a expliqué que Nouakchott n’a jamais bénéficié d’un réseau d’égouts moderne et complet depuis sa création. Elle a indiqué que le département s’emploie actuellement, dans le cadre du programme d’urgence de la capitale, à résoudre le problème des eaux stagnantes en construisant et en étendant les réseaux de drainage des eaux pluviales, en construisant des stations de pompage et en vidant et comblant plusieurs étangs et marais.

L’opposition a battu le macadam pour exiger une baisse des prix des denrées alimentaires

Les partis de l’opposition ont organisé aujourd’hui dimanche 10 mai courant, un meeting populaire dans la place de la foire dans la moughataa d’El Mina relevant de la wilaya de Nouakchott sud.

La conjoncture actuelle demande le renforcement du processus démocratique, l’amélioration du climat politique et le renforcement des opportunités du dialogue et de la pluralité, ont martelé à cette occasion, les leaders de l’opposition, devant des foules enthousiasmées entourées par un imposant dispositif sécuritaire déployé par les autorités .

Les intervenants ont abordé aussi la situation économique et sociale du pays, appelant les pouvoirs publics à rendre disponibles les produits de base à des prix abordables, à renforcer l’appui aux couches vulnérables et à œuvrer pour l’amélioration des services essentiels.

Le meeting a connu la présence d’un certain nombre de dirigeants des partis et des formations politiques ainsi que de leurs militants et sympathisants.

Lu pour vous : Au crépuscule des traditions de Sidi Ahmed Cheine

Dans le paysage encore discret mais profondément vivant de la littérature mauritanienne contemporaine, Au crépuscule des traditions surgit comme un roman poignant, humain et résolument actuel. À travers une écriture sobre, sensible et parfois crue, Sidi Ahmed Cheine interroge les fractures d’une société en pleine mutation, tiraillée entre héritage ancestral et modernité.

Le roman plonge le lecteur dans la Mauritanie profonde, au cœur d’un univers nomade fragilisé par la sécheresse, les bouleversements sociaux et l’exode vers les villes.

Dès la préface, l’auteur plante le décor : un monde ancien s’efface lentement sous la pression des transformations climatiques et sociales. Les solidarités traditionnelles, les valeurs tribales et les modes de vie ancestraux se heurtent désormais à l’individualisme et aux exigences d’une vie urbaine souvent impitoyable.

Au centre du récit se dresse la figure de Mrayouma, jeune fille rebelle, intelligente et farouche, livrée très tôt à un mariage imposé avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Refusant d’être broyée par le poids des traditions, elle tente de tracer sa propre voie. À travers ce personnage féminin fort et complexe, l’auteur explore avec finesse les questions de liberté, de dignité, d’émancipation et de résistance sociale.

L’un des grands mérites du roman réside dans sa capacité à restituer avec authenticité les réalités socioculturelles mauritaniennes. Les scènes de vie collective, les préparatifs de cérémonies, les croyances populaires, les rapports de solidarité entre villageois ou encore le recours aux faqihs et aux pratiques mystiques donnent au texte une profondeur anthropologique remarquable. Le lecteur est transporté dans un univers vivant, presque palpable, où les odeurs, les silences et les tensions sociales prennent corps.

Le style de Sidi Ahmed Cheine se distingue par une narration fluide et imagée. Certaines descriptions frappent par leur intensité psychologique, notamment lorsqu’il évoque l’état de détresse intérieure de Mrayouma, tiraillée entre désespoir, colère et désir d’évasion. Le roman évite toutefois le manichéisme : les traditions ne sont ni caricaturées ni entièrement condamnées ; elles apparaissent plutôt comme un héritage complexe, parfois protecteur, parfois oppressant.

Au-delà du destin individuel de son héroïne, Au crépuscule des traditions raconte aussi l’histoire d’un pays confronté à ses propres contradictions. Il pose une question universelle : que reste-t-il d’une identité lorsque les repères qui la fondaient commencent à disparaître ?

Œuvre sociale, roman initiatique et témoignage culturel à la fois, ce livre mérite une place particulière dans les bibliothèques de tous ceux qui s’intéressent à la Mauritanie, aux mutations du Sahel et aux combats silencieux des femmes dans les sociétés traditionnelles.

Avec ce roman dense et habité, Sidi Ahmed Cheine confirme une plume prometteuse, capable d’allier mémoire, émotion et regard critique sur son époque.

Au crépuscule des traditions est bien plus qu’un roman : c’est une traversée sensible d’un monde qui vacille entre disparition et renaissance. Il s’inscrit dans une ligne de préoccupation ancienne qui prend sa source dans la naissance d’une Afrique, sortie des entrailles d’une colonisation, qui devait ouvrir les yeux sur une réalité : l’effacement des traditions africaines. Au XXe siècle déjà, des auteurs comme le burkinabè Nazi Boni (1909 – 1969) s’en étaient préoccupés.

Dans son roman Le Crépuscule des Temps anciens, publié en 1962, il décrit une société africaine traditionnelle bouleversée par la colonisation ; mettant en évidence la disparition progressive des coutumes, des croyances et des structures communautaires face à l’influence occidentale.

Plus de soixante ans plus tard, Au crépuscule des traditions reprend ce même questionnement dans un contexte différent. Chez Nazi Boni, on trouve une volonté de sauvegarder la mémoire culturelle des peuples africains au moment où les anciens repères s’effondrent.  Chez Sidi Ahmed Cheine, ce ne sont plus seulement la colonisation ou l’influence étrangère qui menacent les traditions, mais aussi les mutations sociales, l’urbanisation, la sécheresse, l’exode rural et l’individualisme moderne. Le monde nomade mauritanien apparaît fragilisé, tandis que les solidarités ancestrales se désagrègent progressivement. C’est ce qui constitue en soi une originalité dans la démarche littéraire de l’auteur mauritanien qui aborde un sujet troublant avec la lucidité d’un homme moderne pétri dans une diversité culturelle perceptible dans son vécu mauritanien d’une part et dans sa trajectoire russe et française d’autre part.

Source: Initiatives News

 

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