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Le développement durable de la Mauritanie reste tributaire de la promotion des langues maternelles, rappelle la Coordination des associations culturelles

La promotion et l’enseignement dans les langues maternelles constituent un levier essentiel pour la qualité de l’éducation, la cohésion sociale et le développement durable de notre pays, ont réaffirmé aujourd’hui samedi 21 février 2026, qui coïncide avec de la Journée internationale de la langue maternelle, annuellement célébrée sous l’égide de l’UNESCO, les associations culturelles nationales.

 

L’officialisation des langues nationales — pulaar, sooninke et wolof — constitue une étape déterminante pour consolider leur statut, ont indiqué ces associations dans une déclaration, selon laquelle, leur institutionnalisation garantit en effet leur protection et assure leur intégration effective dans les politiques publiques.

Toujours selon ces associations, l’enseignement officiel de ces langues nationales représente « un acte de justice linguistique favorisant l’inclusion, la participation citoyenne et la cohésion nationale ».

 

Lire l’intégralité ci-dessous l’intégralité de cette déclaration :

 

Déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle 2026

 

À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février sous l’égide de l’UNESCO, les associations culturelles nationales réaffirment avec force que la promotion et l’enseignement dans les langues maternelles constituent un levier essentiel pour la qualité de l’éducation, la cohésion sociale et le développement durable de notre pays.

 

Elles rappellent également que l’officialisation des langues nationales — pulaar, sooninke et wolof — constitue une étape déterminante pour consolider leur statut, garantir leur protection et assurer leur intégration effective dans les politiques publiques. Elle représente un acte de justice linguistique favorisant l’inclusion, la participation citoyenne et la cohésion nationale.

 

En Mauritanie, l’année 2026 marque la deuxième année du retour à l’expérimentation de l’enseignement des langues nationales — pulaar, sooninke et wolof — dans le système éducatif. Cette étape représente une avancée importante et porteuse d’espoir, fruit de plusieurs décennies de plaidoyer des acteurs culturels, éducatifs et de la société civile.

Cependant, force est de constater que cette expérimentation se déroule dans un contexte marqué par des insuffisances structurelles qui freinent son plein déploiement et compromettent son impact.

Nous relevons notamment :

  • Les difficultés persistantes dans la mise à disposition de l’Institut pour la Promotion et l’Enseignement des Langues Nationales (IPELAN) d’enseignants expérimentés et suffisamment formés ;
  • La léthargie, voire la non-existence effective, de la commission chargée de la mise en œuvre de la réforme du système éducatif prévue par la loi d’orientation adoptée en 2022 ;
  • L’absence à ce jour des décrets d’application indispensables à l’opérationnalisation complète de cette loi, pourtant promulguée depuis plus de trois ans, en particulier des décrets 65 à 70 relatifs aux langues ;
  • La timidité de la communication et de la mobilisation institutionnelle pour faire de l’enseignement en langues maternelles une priorité nationale clairement assumée.

Ces insuffisances entretiennent une situation d’incertitude et donnent le sentiment d’une réforme conduite sans pilotage stratégique clair, alors même que les enjeux sont majeurs pour l’avenir de notre système éducatif et pour la valorisation de notre patrimoine linguistique.

Dans ce contexte, l’officialisation des langues nationales apparaît comme un levier structurant permettant de donner un cadre juridique clair et durable à leur promotion, d’assurer une meilleure allocation des ressources et de renforcer la cohérence des politiques publiques en matière d’éducation, de culture, de médias et d’administration.

En cette Journée internationale de la langue maternelle, nous appelons les pouvoirs publics à :

  1. Accélérer l’adoption et la publication des décrets d’application des articles 65 à 70 de la loi d’orientation ;
  2. Engager un processus clair et inclusif visant à consolider le statut officiel des langues nationales dans l’architecture juridique et institutionnelle du pays ;
  3. Renforcer les moyens humains et financiers alloués à l’IPELAN, notamment par la mise à disposition effective d’enseignants qualifiés ;
  4. Lancer une campagne nationale ambitieuse de sensibilisation sur les bénéfices pédagogiques et sociaux de l’enseignement en langues maternelles ;
  5. Inscrire clairement cette politique dans une vision stratégique de long terme fondée sur le multilinguisme de maintien.

La reconnaissance, la promotion et l’officialisation des langues maternelles ne relèvent pas seulement d’un impératif culturel : elles constituent une condition essentielle pour une école plus inclusive, plus équitable et plus efficace, ainsi que pour une citoyenneté pleinement partagée.

Nous réaffirmons notre disponibilité à accompagner l’État et l’ensemble des partenaires dans la réussite de cette option, dans l’intérêt des générations présentes et futures.

Nouakchott, le 21 février 2026

La Coordination des associations culturelles (CAC)

Foires du Ramadan : les produits à bon marché c’est un leurre, témoignent des citoyens

Des citoyens ont critiqué les écarts de prix constatés au niveau des foires du Ramadan par rapport aux prix habituels, ainsi que la lenteur de l’organisation au niveau de ces magasins ouverts par le Gouvernement dans la perspective de favoriser l’accès du citoyen à des denrées alimentaires à bon marché.

En effet, les démarches à faire pour obtenir des produits de première nécessité prennent souvent une grande partie de la journée et constituent par conséquent une perte de temps précieux.

Une équipe de l’agence indépendante d’information Alakhbar a visité plusieurs de ces foires et interrogé des citoyens sur les prix plafonds effectivement pratiqués et sur la réponse faite par ces marchés à leurs attentes de baisse des prix durant le mois sacré.

Ces foires ont un impact considérable sur les citoyens et étaient censés contribuer à la baisse des prix, ce qui n’a pas été le cas, a confié Mohamed El-Mokhtar Ould Sid’Ebatt, selon lequel, ceux qui visitent les marchés constatent le contraire de ce qui est présenté dans les médias et supposé satisfaire les attentes des citoyens.

Ould Sidi Ebatt a qualifié la situation de « simple réduction superficielle », disant que les commerçants ont le pouvoir et ne vendent rien sans assurer une marge bénéficiaire. Les commerçants sont devenus puissants au sein de l’appareil État et agissent à leur guise en l’absence de tout contrôle, a-t-il souligné, disant que ce sont finalement les citoyens vulnérables qui en subissent les conséquences.

Mohamed El Mokhtar Ould Sid Abatt a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice faite aux citoyens ordinaires, contraints d’acheter ces produits subventionnés en quantité limitée, sans que leurs revenus soient pris en compte. Il a ajouté que s’ils en avaient les moyens, ils ne se rendraient pas à ces foires.

La faible différence de prix de ces produits, conjuguée aux difficultés d’accès, compromet l’objectif initial de proximité des services des citoyens, a-t-il ajouté, disant que cette différence aurait dû être suffisamment substantielle pour inciter à se déplacer.

Les citoyens ordinaires ne tirent aucun profit de ces expositions, a déclaré quant à elle Amina Mint Mohamed Fadel, selon laquelle il n’y avait aucune différence entre ces foires et le marché central.

Elle a même fait remarquer que certains produits, comme les œufs et le sucre, étaient moins chers sur les marchés traditionnels qu’au niveau de ces foires officielles.

Mint Mohamed Fadel a insisté sur le fait que les produits de première nécessité n’étaient pas disponibles au niveau de ces foires, mettant en exergue les obstacles rencontrés à l’achat de ces produits d’une part et les conditions imposées aux citoyens avant d’être servis, d’autre part.

Malgré les coûts de transport et le temps réquis en raison de la surpopulation, la différence de prix proposée par ces foires représente la seule option pour les personnes à faibles revenus, compte tenu de la hausse des prix sur le marché, a précisé pour sa part Salka Mint Mbarek, appelant à déplacer ces marchés publics dans les zones de Tarhil, afin que les habitants puissent en bénéficier sans être contraints de se déplacer loin de chez eux.

Se rendre à ces foires représente un coût important pour les habitants des périphéries de la capitale, d’autant plus que la différence de prix est minime, entre 20 et 30 ouguiyas, souligne quant à elle, Fatimetou Mint El Keïhel.

Les fraix du déplacement compense la différence de prix entre les produits sur place et ceux des commerces de proximité, accessibles sans bouger de chez soi, a-t-elle précisé. De plus, elle a déploré le mode de vente de la viande au niveau des foires, jugé insatisfaisant étant donné que ce produit est emballé d’avance et ne laisse par conséquent aucune place au choix.

Les autorités doivent augmenter la différente de prix entre les produits vendus lors de ces foires et ceux des marchés publics, a poursuit Mint El Keihel, soulignant l’urgence de baisser les prix et d’améliorer la qualité des produits proposés.

Le citoyen Ali Ahmed Jali s’est dit surpris par les prix pratiqués, disant préférer faire ses courses dans les commerces de proximité plutôt que de sortir de chez lui.

Ould Ahmed a également été surpris par les prix élevés des produits exposés, y compris les produits locaux, insistant sur la nécessité de prix abordables pour tous.

Le professeur Iyahi Ould Mohamed a constaté pour sa part les longues files d’attente et a plaidé pour une meilleure organisation afin de fluidifier la circulation des clients.

Cérémonie de signature de l’accord portant adhésion de la Mauritanie au programme ACCORD

Le ministre de la Santé, M. Mohamed Mahmoud Ould Ely Mahmoud, a présidé, ce aujourd’hui vendredi 20 février 2026, la cérémonie de signature de l’accord portant adhésion de notre pays au programme ACCORD « Pour un monde en meilleure santé », financé par les laboratoires Pfizer.

Le programme « Accord for a Healthier World » (Accord pour un Monde en Meilleure Santé) de Pfizer est une initiative pionnière visant à réduire les écarts mondiaux en matière de santé. Lancé en 2022, ce programme propose l’intégralité du portefeuille de médicaments et de vaccins de Pfizer, sans but lucratif, à 1,2 milliard de personnes vivant dans 45 pays à faible revenu.

Objectif principal

L’objectif est de s’attaquer aux problèmes d’équité en santé en éliminant les barrières financières et logistiques. Il ne s’agit pas seulement de fournir des produits, mais de s’assurer qu’ils atteignent réellement les populations qui en ont besoin.

Pays bénéficiaires

Le programme couvre 45 pays, principalement en Afrique subsaharienne, mais aussi en Asie et en Haïti.
Cela inclut :

· Tous les 27 pays à faible revenu (selon la classification de la Banque mondiale).
· 18 pays qui sont passés du statut de faible revenu à celui de revenu intermédiaire (tranche inférieure) au cours des 10 à 20 dernières années.

Produits inclus

Au départ, Pfizer s’était engagée à fournir 23 médicaments et vaccins brevetés. L’offre a depuis été considérablement élargie :

· Aujourd’hui, le programme met à disposition tous les médicaments et vaccins pour lesquels Pfizer détient les droits mondiaux (à la fois les nouveaux produits et les produits existants).
· En 2023, l’offre a été étendue à environ 500 produits, incluant désormais de nombreux médicaments dont le brevet a expiré.
· Actuellement, 67 médicaments et vaccins sont disponibles dans le cadre de ce programme, dont environ 40 % figurent sur la Liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) .

Domaines thérapeutiques couverts

Le portefeuille couvre un large éventail de maladies, répondant à la fois aux maladies infectieuses et au fardeau croissant des maladies non transmissibles dans ces pays :

· Oncologie (cancer du sein, leucémie, etc.)
· Maladies inflammatoires et immunologie
· Maladies rares
· Maladies cardiovasculaires et métaboliques
· Maladies infectieuses (comme le COVID-19, la méningite)
· Vaccinologie (pneumocoque, méningocoque, COVID-19)
· Troubles neurologiques et psychiatriques

Les trois piliers du soutien

Pfizer reconnaît que fournir les produits ne suffit pas. L’entreprise collabore donc avec les gouvernements et les organisations mondiales de santé pour renforcer les systèmes de santé à travers trois piliers :

1. Formation des professionnels de santé : Développement de programmes éducatifs spécifiques à certaines maladies et création de plateformes d’échange pour partager les meilleures pratiques.
2. Renforcement des chaînes d’approvisionnement : Aider les pays à surmonter les défis logistiques, notamment en matière de gestion de la chaîne du froid (essentielle pour les vaccins). Par exemple, des experts Pfizer ont déjà formé des ingénieurs sanitaires au Rwanda.
3. Optimisation des voies réglementaires : Travailler avec les autorités nationales et régionales pour accélérer les processus d’approbation, permettant aux médicaments et vaccins d’arriver plus rapidement aux patients. En décembre 2023, Pfizer a organisé une table ronde réunissant les chefs d’agences de régulation de 10 pays africains pour discuter d’un cadre réglementaire panafricain plus efficace.

Mohamed Ould Mohamed Lemine 

 

Les programmes sociaux spéciaux du gouvernement pour le Ramadan 2026 en chiffres

Le Président de la République Mohmaed Cheikh Ghazouani, a supervisé mercredi passé à Nouakchott, à la veille du début du mois béni du Ramadan, la cérémonie de lancement des programmes sociaux spéciaux pour le mois de Ramadan 2026.

Ces programmes qui s’inscrivent dans le cadre du lancement de la deuxième édition des expositions Ramadan 2026, portant sur une très grande opération de soutien économique et social destinée aux citoyens, ont fait l’objet d’un exposé présenté par la  Ministre du Commerce et du Tourisme, Mme Zeinebou Mint Hmednah.

La ministre a passé en revue à cette occasion  les neuf expositions organisées au niveau de la capitale, et le rôle qu’elles devraient jouer dans le service de la population et la stabilisation du marché, sous la supervision du Département du Commerce et du Tourisme, en collaboration avec les secteurs de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire, de l’Élevage, de la Pêche et des Infrastructures Maritimes et Portuaires, et en partenariat avec l’Union Nationale du Patronat de Mauritanie.

Ces programmes incarnent la vision du Président de la République visant à renforcer les valeurs de solidarité nationale et à garantir la disponibilité des produits de base à des prix subventionnés, contribuant ainsi à alléger le fardeau de la vie pour les citoyens pendant le mois sacré.

Dans le cadre du renforcement de la dimension sociale de cette initiative, Son Excellence le Président de la République a visité les entrepôts du Commissariat de la Sécurité Alimentaire dans la moughataa de Toujounine, où il a écouté des présentations détaillées des ministres concernés sur les programmes sociaux visant à soutenir les citoyens pendant le mois sacré.

Le programme comprend un volet spécial pour le Commissariat de la Sécurité Alimentaire, dans le cadre duquel les produits de base seront vendus à des prix subventionnés dans 35 centres répartis entre Nouakchott et les capitales des wilayas intérieures.

Environ 72 800 familles bénéficieront de cette opération, grâce à l’approvisionnement des centres en 7 140 tonnes de produits alimentaires, avec une enveloppe financière de 124 millions d’ouguiyas nouvelles, en plus de distributions alimentaires gratuites au profit de 25 000 familles à Nouakchott et des habitants des villes historiques : Oualata, Tichitt, Chinguetti, Ouadane et Djéol.

Le volet de la Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion (Taazour) comprend également l’allocation de 37,5 millions d’ouguiyas nouvelles pour l’ouverture de points de vente de produits alimentaires à des prix subventionnés tout au long du mois de Ramadan, en plus de la prise en charge de 22 350 familles démunies dans les capitales des moughataas intérieures via des cartes d’approvisionnement d’une valeur de 16 090 000 ouguiyas nouvelles.

Le volet “Taazour” comprend également l’allocation de 110 millions d’ouguiyas nouvelles pour approvisionner 1 284 épiceries en milieu rural en produits alimentaires, au profit de 96 300 familles démunies, et l’ouverture de 12 points de vente de viande rouge dans les capitales des wilayas intérieures à un prix subventionné de 140 ouguiyas par kilogramme, bénéficiant quotidiennement à 1 950 familles, ainsi que des distributions en espèces au profit de 56 544 familles avec une enveloppe financière d’environ 844 millions 516 mille 400 ouguiyas.

Le volet du Ministère des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel comprend le programme d’Iftar pour les jeûneurs, et les distributions alimentaires fournies par la Fondation Nationale des Waqfs, en plus de la revivification du Ramadan qui comprend de multiples programmes religieux via les médias publics audiovisuels et écrits.

Quant au volet du Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille, il vise à bénéficier à 10 000 familles dans toutes les wilayas du pays, y compris les femmes chefs de famille, les familles d’enfants polyhandicapés, les mères d’enfants autistes, les retraités de l’armée et des forces de sécurité, les personnes âgées des familles vulnérables, et les personnes atteintes de maladies chroniques, avec une enveloppe financière totale de 70 millions 26 mille 500 ouguiyas.

L’opération Ramadan de cette année comprend la distribution gratuite de 232 tonnes de poisson au profit de plus de 23 000 familles, en plus de la poursuite de la vente via 476 points de distribution de la société de distribution de poisson, répartis sur tout le territoire national, à des prix subventionnés.

Le Premier ministre appelle à accélérer le processus de recrutement de centaines de fonctionnaires et agents

Son Excellence le Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay, a présidé, ce mercredi, dans les locaux du Premier ministère, la réunion du Comité ministériel chargé du recrutement de 3000 fonctionnaires et travailleurs contractuels pour l’État, dans le cadre de l’achèvement du processus préparatoire de cette importante opération nationale.

Cette réunion vient couronner une série de rencontres de coordination tenues par le Comité afin d’élaborer un programme clair et précis pour l’organisation du concours, garantissant une transparence totale et l’égalité des chances entre tous les candidats.

Les autorités supérieures de l’Etat tiennent fermement à ce que le dit concours reste circonscrit au recrutement des compétences nationales selon les plus hauts critères de mérite et de respect des procédures légales en vigueur.

Dans le cadre du renforcement de la transparence et de l’égalité entre tous les candidats, il a été décidé d’introduire des niveaux avancés de numérisation qui réduiront tout impact négatif sur le processus de recrutement, indique-t-on.

Au cours de la réunion, le Comité a examiné les arrangements techniques et organisationnels adoptés, qui seront mis en œuvre pour l’organisation de ce concours.

Le Premier ministre a insisté au terme de cette rencontre sur la nécessité d’accélérer l’achèvement des étapes restantes dudit concours.

Il a appelé également à créer les meilleures conditions pour le démarrage effectif du processus de recrutement dans les plus brefs délais.

Mauritanie–Union européenne : un partenariat nécessaire face aux passeurs et à la crise des réfugiés

La Mauritanie traverse une période où, en plus des crises à gérer, elle doit affronter une autre difficulté : une mise en cause injuste et souvent caricaturale de son action. Certains acteurs médiatiques et militants, parfois relayés depuis l’extérieur, présentent notre pays comme coupable par principe, en parlant de “violations systématiques” et en omettant le contexte, les contraintes opérationnelles et, surtout, les efforts réels engagés pour sauver des vies, démanteler des réseaux criminels et respecter la loi. Cette lecture à charge ne rend service à personne : elle alimente la défiance, fragilise les réponses pragmatiques et fait le jeu des passeurs.

Il est tout aussi injuste — et, disons-le, tout aussi populiste — de s’en prendre à notre partenariat avec l’Union européenne comme s’il s’agissait d’une soumission ou d’un marchandage honteux. Cette accusation est sans fondement : elle nie la réalité des menaces, l’ampleur des flux, la brutalité des réseaux criminels et le poids humain et budgétaire assumé par la Mauritanie. Elle sert surtout à produire une indignation facile, sans proposer la moindre alternative crédible. Dans une crise qui tue en mer et déstabilise des régions entières, refuser par principe une coopération structurée et durable, c’est faire de la politique-spectacle — pas de la protection des personnes, ni de la souveraineté.

La Mauritanie encaisse, depuis plusieurs années, un choc à deux faces. Concret, parce que notre pays fait face simultanément à deux dynamiques qui se nourrissent l’une l’autre : l’intensification des départs irréguliers vers l’Atlantique, et l’installation durable d’une crise de réfugiés à l’Est. Concret aussi, parce que ces phénomènes ne se résument ni à des chiffres, ni à des slogans : ils bousculent des équilibres sociaux, économiques et sécuritaires, et exposent des vies humaines.

Sur le front migratoire, il faut partir des faits. En 2024, les îles Canaries ont enregistré 46 843 arrivées, un record qui a replacé la route atlantique au centre des préoccupations européennes. Dans ce contexte, la Mauritanie est devenue l’un des principaux points de départ, donc l’un des principaux pays exposés à l’action de réseaux criminels qui monnayent la détresse et mentent sur la traversée. Or, l’action menée depuis 2024–2025 produit des résultats. Les autorités espagnoles ont indiqué qu’en 2025, jusqu’à fin octobre, les arrivées aux Canaries avaient diminué de 59% par rapport à la même période de l’année précédente ; la Croix-Rouge, citée par Reuters, fait état d’une baisse de 61% du nombre d’embarcations arrivées “depuis la Mauritanie” sur l’année glissante arrêtée au 16 décembre. Ces chiffres ne tombent pas du ciel : ils reflètent une politique de démantèlement des filières, de surveillance maritime, et d’interceptions qui vise un objectif simple — casser l’économie des passeurs — tout en évitant que l’Atlantique ne continue d’être une fosse commune.

Dans le même temps, à l’Est, la Mauritanie assume une responsabilité rarement reconnue à sa juste mesure : celle d’un pays de refuge. Selon les données du HCR et des autorités, notre pays accueille près de 300 000 réfugiés, dont environ 170 000 Maliens enregistrés. Cette réalité a des conséquences quotidiennes sur les territoires d’accueil, notamment dans le Hodh El Chargui : pression sur les services de santé, accès à l’eau, besoins éducatifs, emploi, cohésion sociale entre réfugiés et communautés hôtes. Ceux qui, à distance, donnent des leçons devraient regarder ce que signifie réellement, pour un État, accueillir durablement une population déplacée de cette ampleur, dans un environnement sahélien déjà fragilisé. Dans le même temps, les forces de l’Africa Corps commettent des atrocités contre nos frères sans que cela n’agite le débat public mauritanien.

C’est à l’aune de cette double crise qu’il faut juger la coopération avec l’Europe. Certains voudraient la réduire à une formule commode : “externalisation” d’une politique européenne. C’est intellectuellement paresseux et, surtout, politiquement dangereux. La réalité est que la Mauritanie ne peut pas, seule, absorber un choc régional alimenté par l’insécurité au Sahel, l’emprise des trafics, et l’attrait mortifère d’une route maritime. La coopération est nécessaire parce qu’elle combine trois dimensions indispensables : des moyens, des capacités, et une relation de long terme. Les autorités européennes ont annoncé un paquet de 210 millions d’euros en appui à la gestion des migrations, à l’aide humanitaire liée aux réfugiés, et au soutien à l’emploi et à l’entrepreneuriat. Cette coopération n’est pas un “deal” de circonstance : elle s’inscrit dans une relation construite dans la durée. La fiabilité d’un partenaire, ce n’est pas seulement le montant annoncé à un instant T ; c’est la capacité à construire, à financer des dispositifs, à former, à évaluer, à corriger, et à rester présent quand la pression monte.

Cela n’empêche pas — au contraire, cela oblige — à être exigeant sur le respect des droits. Oui, des organisations rapportent des abus, des expulsions et des situations qui posent question. La réponse n’est pas la rupture, qui laisserait le terrain aux passeurs et aux extrêmes ; la réponse, c’est l’encadrement : procédures, formation, contrôle, responsabilité, accès au droit. C’est aussi cela, un partenariat sérieux : investir dans l’efficacité, mais aussi dans les garde-fous. La Mauritanie a besoin d’outils pour lutter contre des criminels ; elle a aussi besoin d’un appui pour consolider l’État de droit quand la pression augmente.

La coopération avec la France illustre, à une échelle très opérationnelle, ce que peut produire une relation stable. Le 26 janvier 2026, un projet de 24 mois a été lancé pour renforcer la réponse pénale contre le trafic de migrants et soutenir les victimes, avec un financement annoncé d’un million d’euros et l’implication directe de l’ambassade de France et d’Expertise France. Quand on veut réellement réduire les départs, on ne se contente pas d’intercepter : on remonte les filières, on professionnalise la chaîne pénale, on protège les personnes exploitées. Et quand on veut stabiliser durablement, on agit aussi sur les causes profondes. Début février 2026, l’ambassadeur de France rappelait que, via l’AFD, la France soutient dans le Guidimakha et le Gorgol des actions touchant 7 000 jeunes, a contribué à la construction et à l’équipement de cinq collèges pour plus de 2 000 élèves, et appuie des programmes agricoles bénéficiant à 6 600 familles. Ce sont des éléments très concrets : école, perspectives, sécurité alimentaire. C’est aussi cela, la réponse à long terme.

La Mauritanie ne demande pas l’indulgence. Elle demande d’être jugée sur des réalités, pas sur des caricatures. Dans une période où les crises s’additionnent, notre pays tient une ligne difficile : protéger ses frontières sans renier son humanité ; lutter contre les trafiquants sans alimenter l’arbitraire ; accueillir des réfugiés tout en préservant la cohésion des communautés hôtes. L’accord de coopération avec l’Europe est nécessaire parce qu’il donne des moyens et du temps, parce qu’il s’inscrit dans une relation structurée, et parce qu’il peut — s’il est conduit avec exigence — concilier l’efficacité et le droit. Ceux qui préfèrent la stigmatisation à l’analyse devraient proposer une alternative crédible. Il n’y en a pas : il n’y a que le travail, la durée, et des partenariats fiables.

Yedaly Fall

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